‹ Méthode dé̀quitation basée sur de nouveaux principes augmentée de documents inédits; de rapports officiels en faveur de làpplication de la méthode aux chevaux de troupesChapitre 16 sur 61 · MÀ MÉTHODE A L ÉTRANGER · texte numérisé non relu

MÀ MÉTHODE A L ÉTRANGER

Tandis qu'ici ma méthode suscite des dénigrements systématiques, elle est étudiée , discutée et impartialement jugée à l'étranger. Mes écrits ont été réimprimés en Belgique et traduits en hollandais ainsi qu'en allemand. 11 y a même eu plusieurs traductions différentes dans cette dernière langue : une notamment par M. Ritgen, lieutenant au i m * • régiment de houlans prussiens, et l'autre par M. de Willisen, lieutenant-colonel au 7 m ' de cuirassiers prussiens.

Je crois devoir reproduire une lettre qui m'a été adressée, l'année dernière, par le frère de M. de Willisen, commandant des gendarmes d'élite, aidede-camp de Sa Majesté le roi de Prusse, ainsi que l'avant-proposde la nouvelle traduction prussienne. Ces documents ont déjà paru dans le Journal des Haras (livraison de septembre 1843). Je me fais également un plaisir de citer les réflexions suivantes, dont ce journal faisait précéder celte communication.

« Parmi les critiques dont la méthode d'éqaitation de M. Baucher a été l'objet, le reproche do n'être pas nouvelle n'a pas manqué d'être mis en avant par ceux-mêmes qui ne croyaient pas devoir lui en adresser d'autres. Ainsi, nous avons entendu les uns citer nos anciens écuyers, et prétendre que M. Baucher n'était qu'un plagiaire adroit, qu'un mosaïste habile , qu'un compilateur patient et ingénieux, qui avait su réunir en corps de doctrines tous les éléments épars de l'ancienne équitation italienne, française et allemande, et s'approprier ainsi, comme sa propre invention , ce qui n'était que le résultat de ses lectures. D'autres prétendaient que, de temps immémorial, la nouvelle méthode de M. Baucher, en ce qui concerne principalement le dressage des chevaux, au moyen des assouplissements; etc., était mise en pratique dans tous les manèges de l'Allemagne et notamment en Prusse, à Berlin. C'était avec une telle assurance que ces derniers s'exprimaient ; ils disaient si positivement qu'ils avaient vu, de leurs yeux vu (plusieurs même avaient fréquenté ces manèges comme élèves), qu'il était difBcile de ne pas croire à ce qu'ils avançaient avec lant d'assurance. Nous-mêmes, nous l'avouerons, nous avions cru trouver dans nos souvenirs quelques raisons pour appuyer, sinon toutes ces assertions, du moins une partie, et nous étions très-portés à nous persuader que la plupart des doctrines de M. Baucher, concernant le dressage des chevaux, étaient en usage depuis fort longtemps dans les manèges de Prusse.

« Nous ne nous érigeons point en défenseur du système de M. Baucher, nous ne venons pas non plus nous présenter poûr combattre ses doctrines en équitation : mais nous devons continuer à mettre les faits sous les yeux de nos lecteurs; et si nous avons accueilli les critiques, nous devons aussi douter place <w éloges.

« En réponse aux personnes qui prétendent que la m£r

thode Baocher est connue et pratiquée en Allemagne depuis des siècles, nous no croyons pouvoir mieux faire que de publier l'avant-propos de la première édition d'une traduction du traité de cet habile écuyer, faite par un officier supérieur de cavalerie prussienne, M. de Willisen ; elles y trouveront des preuves incontestables que rien de semblable n'était connu et pratiqué en Prusse avant la publication de cet ouvrage.

« Une lettre de M. de Willisen , frère du précédent et major-commandant des gendarmes d'élite, aide-de-camp de sa Majesté le rot de Prusse, sera aussi une autre preuve non moins convaincante du cas qu'on fait à Berlin des principes de M. Baucher et de ses ouvrages.

« C'est avec plaisir que nous enregistrons ces faits : car, si nous attendons que l'expérience et le temps aient consacré la bonté du système et l'utilité de la généralisation de son application dans la cavalerie pour le louer sans restriction et l'appuyer de toutes nos forces, nous n'avons pas attendu jusqu'à ce jour pour apprécier les connaissances, les travaux et les efforts de son auteur dans une carrière qui, quoiqu'il arrive, aura été parcouruo avec honneur et gloire, ej non sans utilité pour l'art, par M. Baucher. »

LETTRE DE M. LE MAJOR DE WILLI8BN, COMMANDANT DES GEN- DARMES D'ÉLITE, AIDE DE CAMP DE SA MAJESTÉ LE ROI DE PRUSSE, A M. BAUCHBR.

« Monsieur,

a Après avoir lu, dans le Journal des Haras , que vous aviez été chargé par M. le Ministre de la guerre de faire des essais de votre méthode sur des chevaux de troupes, je me suis procuré votre livre; je l'ai étudié, j'ai mis à exécution votre méthode sur mes propres chevaux et sur ceux des gendarmes d'élite, dont j'ai l'honneur d'être commandant. Les résultats ont été parfaits ; j'ai obtenu tout ce que je désirais; les allures des chevaux se sont développées d'une manière étonnante.

a Votre méthode, jugée par tant d'officiers intelligents et introduite en conséquence dans l'armée française, n'a plus besoin d'éloges.

« La gloire de votre nom est désormais assurée dans les annales de l'équitation, et quiconque veut reconnaître la vérité de vos principes et l'efficacité de votre méthode ne fera que s'ennoblir sans rien ajouter à votre gloire : il témoignera seulement de son tact et de son jugement, qui lui auront fait comprendre ce que vous avez eu la sagacité de démontrer.

a Je ne peux que former les vœux les plus vifs pour que votre méthode soit entièrement et immédiatement introduite

dans notre armée, si la cavalerie veut maintenir sa réputation justement acquise: car elle existe sous l'empire de conditions difficiles à remplir, vu le mode de recrutement en usage, suivant lequel les cavaliers ne restent que trois ans au service.

« Pour rendre plus facile la réalisation de ce vœu, mon frère, commandant du 7 e régiment de cuirassiers, a traduit votre ouvrage remarquable, et m*a chargé de vous faire parvenir celte traduction, avec les assurances de sa haute considération.

« M. Seydler (1) m'envoie la dernière édition de votre ouvrage, et je regrette infiniment que nous ne l'ayons pas eue plus lôi ; mais j'espère qu'une seconde édition de la traduction, qui sera 'bientôt demandée, donnera les rapports qui sont très-intéressants , ainsi que les nouveaux chapitres, dont celui sur l'instruction du cavalier est de la dernière importaient fera une tout aussi grande révolution dam cet art. que votre ouvrage Va fait dans l'art de dresser le cheval.

« J'ai eu l'honneur de remettre au roi la lettre et le livre quo vous y aviez joint. Sa Majesté en a pris connaissance avec le plus grand empressement, et vous donnera sûrement une marque de sa royale satisfaction.

« Agréez , Monsieur , l'assurance de mon respect et de mon admiration,

« Signé de Willisbw , t Major et aide-de-camp du Roi.

« Berlin, 4" mai 4843. »

(1) Ecuyer prussien de mérite, qui est venu passer deux mois au manège de M. Baucher pour étudier sa méthode.

AVANT-PROPOS DE LA TRADUCTION EN ALLEMAND DE La MÉTHODE DH H. BAUCHBR, PAR M. DB WILLlSBN, LtEOTENANf "COLONEL DU 7* CUIRASSIERS (PRUSSE).

« Après que les résultats les plus positif* m'eurent donné la preuve la plus convaincante que, de toutes les méthodes qui eiistent, celle de M. Baucher est la meilleure, je pensai qu'il était utile de la traduire. Cette traduction me sembla dans le principe plus facile que je ne l'ai trouvée parla suite; il m'était surtout impossible de rendre partout en allemand, comme je le souhaitais, les expressions techniques françaises, avec leur clarté et leur concision, pour les mots ar/oques, acculement, assouplissement , ramener, rassembler, etc. Je ne trouvais dans la langue allemande que des expressions incomplètes : c'est pourquoi j'ai mis en français tous les mots auxquels je n'ai pu trouver un équivalent clair en allemand.

a On peut avec beaucoup de succès, d'après d'autres principes, dresser des chevaux; on en a dressé avant M. Baucher : mais pas un ouvrage n'a donné tant de lumières sur l'éducation des chevaux; aucune autre méthode n'a enseigné des moyens aussi sûrs et aussi simples, ni présenté aussi positivement un pareil résultat. Celui qui veut monter à cheval avec sûreté et agrément doit être complètement maître d'un cheval obéissant et juste. Pour obtenir ce résultat, M. Baucher donne le plus sûr moyen et indique la route la plus courte.

a La connaissance exacte des obstacles que présente le cheval pour l'amener à obéir aisément; la manière simple, facile à comprendre et à exécuter, pour faire disparaître ces obstacles, distinguent cette méthode de toutes celles qui l'ont précédée, et la rendent du plus haut intérêt pour tous les cavaliers.

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« Les relations intimes qui s'établissent entre le cavalier et le cheval donnent au premier une telle sûreté pour la main et les aides, au cheval tant de souplesse et d'obéissance, que ja- . mais, jusqu'à ce jour, on n'avait obtenu un résultat semblable.

« Jusqu'à présent il n'avait été donné à aucun écuyer de trouver, même approximativement, des moyens et une route aussi clairs et aussi sûrs que ceux qui sont contenus dans cet ouvrage pour dresser un cheval. L'essai en donnera la preuve la plus convaincante lorsque l'on appliquera les principes qu'il renfermé : mais on ne pourra considérer comme essai que celui qui sera fait en suivant rigoureusement les prescriptions de la méthode. H n'y aucune méthode, et cela est prouvé, qui puisse mettre les chevaux aussi sûrement dans la main et dans les jambes du cavalier; aucune autre ne réussit à développer au tant d'adresse et d'assurance chezlo cheval et chez le cavalier ; le cheval se sent à son aise, le cavalier en est le maître absolu, et tous les deux s'en trouvent bien.

a M. Baucher est véritablement le premier qui ait prescrit un système d'équitation naturel et suivi ; il est arrivé, par des moyens simples et sûrs, à un but inconnu jusqu'à présent; quiconque voudrait nier la première de ces vérités ne pourrait nier la seconde.

a Cette nouvelle méthode est d'autant plus importante pour l'instruction de la cavalerie, qu'en l'appliquant, il est non-seulement très-facile de rendre complètement souple et obéissant tout cheval quelque peu propre qu'il soit au service, mais que l'on parvient encore aisément à rendre chaque allure aussi étendue et aussi durable que la construction ét les forces de l'animal le permettent : ce résultat ne s'obtient que lorsque le cheval est complètement dans la dépendance du cavalier et dans un état d'assouplissement parfait.

« La méthode ne se borne pas à indiquer les moyens dont Oh doit se servir pour obtenir la régularité de position et de mouvement, aussi bien à une parade qu'à un exercice; elle

donne en outre les moyens à employer poar se préparer à tous les mouvements rapides et serrés des évolutions militaires sur un champ de bataille.

« La nouvelle méthode enseigne encore, ce qui est fort important, les moyens les plus certain» pour arriver à ce que le cavalier soit parfaitement d'accord avec son cheval, que tous deux puissent se comprendre et se fier mutuellement l'un à l'autre avec assurance, de façon à ce que le cheval obéisse aussi ponctuellement que le cavalier le guide avec sagesse et habileté. Au lieu d'être obligé de dresser péniblement les chevaux, chacun d'après notre système particulier, nous n'aurons plus, grâce à celte méthode, à nous occuper que d'un seul cheval, car elle a reconnu que tes mômes moyens sont applicables à tous les chevaux. Je n'ai pas besoin d'énumérer les avantages que peut en tirer l'instruction* du cavalier, car, grâce à elle, il échappera au martyre qu'il éprouve lorsque les leçons lui sont données sur des chevaux maladroits et mal dressés. Les cavaliers seront plus tôt maîtres de ces chevaux mis, et acquerront en six semaines une position qui arrivera d'elle-même, et leur tact se développera beaucoup plus promptoment.

« Enfin, les hommes apprennent très-vite à mettre en pratique les moyens qui s'appliquent de pied ferme, et il en résulte pour eux un grand avantage : c'est que leur coup d'œil se forme pour reconnaître le moment où l'encolure devient flexible et la mâchoire sans contraction; d'un autre côté, leur main, sur laquelle ils peuvent fixer toute leur attention, acquiert plus de sentiment qu'elle n'aurait pu en obtenir dans un espace de temps plus long, si l'application avait eu lieu à cheval.

a Jusqu'à présent, les hommes d'un grand talent étaient seuls capables de dresser des chevaux, maintenant, en mettant en pratique cette nouvelle méthode, qui a clairement démontré les moyens de dressage, tout cavalier peut, dans

un espace de temps très -court, acquérir les connaissances nécessaires pour rendre un cheval propre au service.

« Je désire vivement que cet exposé sincère de mon opinion fixe l'attention sur ce livre, et je le recommande particulièrement à l'examen approfondi et sérieux de mes jeunes camarades.

« Quant au temps fixé par M. Baucher pour obtenir un dressage complet, je pense que ce résultat ne peut avoir lieu aussi promptement qu'il le dit, qu'en sa présence. Son habileté, son jugement, son tact, doivent sûrement, dans le temps prescrit, donner les résultats qu'il annonce ; mais celui qui commence à apprendre cette méthode, et qui est obligé de travailler d'après le livre, doit marcher lentement et mettre beaucoup de prudence dans l'application de principes qui lui sont inconnus. Il doit d'abord tâcher de perfectionner les notions qui lui sont familières, et chercher sans relâche â parfaire sa position, son assiette, son tact, l'obéissance et les allures de son cheval; il fera ainsi de grands progrès dans le dressage, et c'est alors qu'il pourra essayer d'appliquer la nouvelle méthode.

« Le lieutenant colonel du 7 e cuirassiers,

« DB WfLLISEN. »

Plusieurs essais d'application de ma méthode ont été faits dans la cavalerie étrangère, notamment en Prusse. Sa Majesté le roi de Prusse a daigné m'adresser, comme preuve de sa haute satisfaction , une magnifique tabatière d'or d'un admirable travail. J'ai lieu, assurément, de m'enorgueillir d'avoir obtenu le suffrage d'un monarque aussi éclairé. L'aide de camp de Sa Majesté le roi de Prusse,

M. de Willisen, auteur de la lettre dont j'ai parlé

plus haut, est venu dans ces derniers temps à Paris, tout exprès pour étudier et pratiquer mes principes sous ma direction. Il serait bien que les gouvernements étrangers, qui désirent faire l'essai de ma méthode, suivissent cet exemple et envoyassent à Paris des hommes de cheval habiles et instruits (1). Quelques mois d'enseignement et surtout de pratique, suffiraient pour les mettre à même d'approfondir mes théories dans leur entier, pour en suivre exactement la progression et en comprendre l'esprit. 11 est, en effet, presque impossible d'écrire dans un ouvrage la manière d'obtenir nombre d'effets de mécanisme; de simples conseils éclaircissent souvent des choses qui paraissent douteuses , et môme celles qu'on pourrait être tenté de considérer comme offrant des difficultés insurmontables. De quelque part qu'ils viennent , les véritables amis de la science et du progrès équestre seront toujours bien accueillis par moi, et je m'estimerai heureux de pouvoir leur communiquer le fruit de mes travaux et de mes découvertes.

(1) Inutile d'ajouter que ces envoyés devraient apporter en France le désir sincère de s'instruire, qu'ils devraient êlre disposés à ne juger que d'après leurs propres impressions et leur propre expérience, au lieu de se laisser circonvenir par mes détracteurs désintéressés. C'est ainsi que, l'année dernière, un capitaine hollandais, M. Van Capellan, envoyé par le ministre de la guerre des Pays-Bas pour étudier ma méthode, s'est contenté de causer une heure à peu près avec moi. Puis il s'est rendu à Sauniur, et sur la simple nouvelle de l'ordre donné par M. le général de Sparre, M. Van Capellan est reparti pour la Hollande. Voilà comment il a accompli sa mission.

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