‹ Méthode dé̀quitation basée sur de nouveaux principes augmentée de documents inédits; de rapports officiels en faveur de làpplication de la méthode aux chevaux de troupesChapitre 35 sur 61 · FLEXIONS ET MOBILISATIONS DE LÀ CROUPE · texte numérisé non relu

FLEXIONS ET MOBILISATIONS DE LÀ CROUPE

V Le cavalier tiendra les rênes de la bride dans ht main gauche, et celles du bridon croisées l'une sur l'autre dans la main droite, les ongles en dessous ; il ramènera d'abord la tête du cheval dans sa position perpendiculaire par un léger appui du mors; après cela, s'il veut exécuter le mouvement à droite, il portera la jambe gauche en arrière des sangles et la fixera près du flanc de l'animal jus-

qu'à ce que la croupe cède à cette pression. Le cavalier fera sentir en même temps la rêne du bridon du même côté que la jambe, en proportionnant $on effet à ta résistance qui lui sera opposée* De ces deux forces imprimées ainsi par la rêne gauche et la jambe du même côté, la première est deslinée à combattre les résistances, et la seconde à déterminer le mouvement. On se contentera dans le principe de faire exécutera la croupe un ou deux pas de côté seulement. (Planche 13.)

2? La croupe ayant acquis plus de facilité de mobilisation, on pourra continuer le mouvement de manière à compléter à droite et à gauche des pirouettes renversées. Aussitôt que les hanches Céderont à la pression de la jambe, le cavalier, pour arriver à l'équilibre parfait du cheval, fera sentir immédiatement la rêne opposée à cette \mhe. Son effet, léger d abord, augmentera, progressivement jusqu'à ce que la tête soit inclinée du, eôté vers lequel marche la croupe, et comme pour la voir venir. (Planehe 14).

Pour faire bien comprendre ce mouvement, j'ajouterai quelques explications d'autant plus importantes qu elles sont applicables à tous les exercices de Féquitation.

Le cheval, dans tous ses mouvements, ne peut conserver un parfait et constant équilibre sans une combinaison des forces opposées, habilement ménagée par le cavalier. Dans la pirouette renversée,

par exemple, si, lorsque le cheval a cédé à la pression de la jambe, on continue à opposer la rêne dn même côté que cette jambe, il est évident qu'on dépassera le but, puisqu'on fera usage d'une force devenue inutile. Il faut donc établir deux moteurs dont l'effet se balance sans se contrarier ; c'est ce que produira dans la pirouette la tension de la rêne opposée à la jambe. Ainsi on débutera par la rêne et la jambe du même côté, jusqu'à ce qu'il soit temps de passer à la seconde partie du travail, puis avec la bride tenue dans la main gauche, enfin, avec la rêne du bridon opposée à la jambe. Les forces se trouveront alors maintenues dans une position diagonale, et, par suite, l'équilibre sera naturel, et l'exécution du mouvement facile. La tête du cheval, inclinée vers le côté où se dirige la croupe, ajoute beaucoup au gracieux du travail, et donne au cavalier plus de facilité pour régler l'activité des hanches et maintenir les épaules en place. Le tact seul pourra, du reste, lui indiquer l'usage qu'il doit faire de la jambe et de la rêne, de manière à ce que leurs effets se soutiennent mutuellement sans jamais se contrarier.

Je n'ai pas besoin de rappeler que pendant toute la durée do ce travail, comme toujours, du reste, l'encolure doit demeurer souple et légère, la tête ramenée et la mâchoire mobile* Tandis que la main de la bride les maintient dans cette bonne position, la main droite, à l'aide du bridon, com-

bat les résistances latérales et détermine les inclinaisons diverses, jusqu a ce que le cheval soit assez bien dressé pour obéir à une simple pression du mors. Si, en combattant la contraction de la croupe, nous permettions au cheval d'en rejeter la roideur sur l'avant-main, nos efforts seraient vains et le fruit de nos premiers travaux perdu. Nous faciliterons au contraire l'assujettissement de l'arrière-main en conservant les avantages que nous avons déjà acquis sur l'avant-main, et en forçant à rester isolées les contractions que nous avons encore à combattre.

Le jambe du cavalier opposée à celle qui détermine la rotation de la croupe ne doit pas demeurer éloignée durant le mouvement, mais rester près du cheval et le contenir en place, en donnant d'arrière en avant une impulsion que l'autre jambe communique de droite à gauche ou de gauche à droite. Il y aura ainsi une force qui maintiendra le cheval en position, et une autre qui déterminera la rotation. Pour que la pression des deux jambes ne se contrarie pas, et pour arriver de suite à s'en servir avec ensemble, on placera la jambe chargée de chasser la croupe plus en arrière des sangles que l'autre, qui restera soutenue avec une force égale à celle de la jambe déterminante. Alors l'action des jambes sera distincte : l'une portera de droite à gauche et l'autre d'arrière en avant. C'est à l'aidede celtedernière que la main place et fixe les jambes de devant.

Afin d'accélérer les résultats, on pourra dans lé commencement s'adjoindre un second cavalier qui se placera à la hauteur de la tète du cheval, tenant les rênesde la bride dans la main droite et du côté opposé à celui où se portera la croupe. Celui-ci saisira les rênes à 16 centimètres des branches du mors» afin d'èire bien à même de combattre les résistances instinctives de l'animal. L'écuyerqui est en selle se contentera alors de soutenir légèrement les rênes du bridoh, en agissant avec les ja m bfc§ comme je viens de l'indiquer. Le second cavalier n'est utile que lorsqu'on a affaire à un Cheval d'tin naturel intraitable, ou pour seconder l'inexpérience du cavalier en selle ; mais il faut autant què possible se passer d'aide, afin que le praticien juge par lui-même des progrès de son fcheval, tout en cherchant le moyens d'augmenter ses efletsdetact.

Bien que ce travail soit élémentaire* il condUirà néanmoins le cheval à exécuter facilement ftll pas tous le* airs de manège de deux pistes. Après huit jours d'un exercice modéré, on accomplira ainsi sans efforts un travail que l'ancienne école n'osait essayer qu après deux ou trois ans d'étude et de tâtonnements.

Lorsque le cavalier aura habitué la croupe du cheval h céder prompteraenl h la pression des jambes, il sera maître de la mobiliser ou dé rhtimobi- Ksèr à vol 01 lté, et pourra, par conséquent, exécuter les pirouettes ordinaires. 11 prendra k cet effet

une rêne du bridon dans chaque main : Tune sep* vira à déterminer l'encolure et les épaules du côléoù Ton veut opérer la conversion, l'autre à seconder la jambe opposée, si elle était insuffi*sanle pour contenir la croupe en place. Dans le principe, cette jambe devra être placée le plus en arrière possible, et n'exercer son contact qu'autant que les hanches se porteraient sur elle* Une progression bien ménagée amènera de prompts ré* sultats; on se contentera donc, en débutant, dé quelques pas bien exécutés pour rendre immédiatement au cheval, ce qui suppose cinq ou six temps d'arrêt durant la rotation complète de* épaules autour de la croupe.

Ici se terminera le travail en place; je vais expliquer comment on complétera l'assouplissement de l'arrière-main, tout en commençant à combi* ner le jeu de ses ressorts avec ceux de la partie antérieure.

DU REGULEE*

— Les caractères les plus flegmatiques oui leurs moments d'eiaspéralion quand ils soot poussés h bout.

-«■Les sciences n« rétrogradent momentanément qo* pour marefaer eosuile avec plus de rapidité,

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La mobilité rétrograde, autrement dit reculer, est un exercice dont on n'a pas assez apprécié

l'importance, et qui cependant doit avoir une trèsgrande influence sur l'éducation du cheval. L'eûlon pratiqué du reste d'après les anciens errements, c'eût été sans succès, puisqu'on ne connaissait pas la filière des exercices qui doivent le précéder. Le reculer diffère essentiellement de cette mauvaise impulsion rétrograde qui porte le cheval en arrière avec la croupe contractée et l'encolure tendue; ceci est de l'acculement. Le vrai reculer assouplit le cheval et ajoute de la grâce et de la précision à ses mouvements naturels. La première condition, pour l'obtenir, est de conserver le cheval dans la main, c'est-à-dire souple, léger du devant, d'aplomb, équilibré dans toutes ses parties. L'animal ainsi disposé pourra donner aisément à ses extrémités antérieures et postérieures une mobilité et une élévation égales.

C'est ici qu'on sera à même d'apprécier les bons effets et l'indispensable nécessité de l'assouplissement de l'encolure et des hanches. Le reculer, assez pénible les premières fois pour le cheval, le portera toujours à combattre nos effets de mains par la roideur de son encolure, et nos effets de jambes par la contraction de la croupe : ce sont là ses résistances instinctives. Si nous ne pouvons en prévenir les mauvaises dispositions, comment alors obtiendront-nousles flux et les reflux de poids, qui doivent seuls déterminer la parfaite exécution du mouvement? Si l'impulsion qui, pour le reculer,

doit venir de l'avant-main , dépassait ses justes limites, le mouvement deviendrait pénible, impossible, et donnerait lieu, de la part de l'animal, à des brusqueries, à des violences toujours funestes pour son organisation.

D'autre part, les déplacements de la croupe, en détruisant le rapport qui doit exister entre les forces corrélatives de l'avant et de l'arrière-main, empêcheraient aussi la bonne exécution du reculer. L'exercice préalable auquel nous l'avons assujettie nous facilitera les moyens de la maintenir sur la ligne des épaules, pour entretenir la translation nécessaire des forces et du poids.

Le cavalier, pour commencer le mouvement, devra d'abord s'assurer si les hanches sont sur la même ligne que les épaules, et le cheval léger à la main ; puis il rapprochera lentement les jambes, pour que l'action qu'elles communiquent à larrière-main fasse quitter le sol à l'une des jambes postérieures, et que le corps ne cède qu'après l'encolure. C'est alors que la pression immédiate du mors, forçant le cheval à reprendre son équilibre en arrière, produira le premier temps du reculer. Dès que le cheval obéira, le cavalier rendra immédiatement la main pour récompenser l'animal et ne pas forcer le jeu de sa partie antérieure. Si la croupe se déplaçait, il la ramènerait à l'aide de la jambe, employant au besoin la rêne du bridon du même côté.

Apres avoi r déûni ce que j'appelle lë vrai reculer* je dois dire ce que j'entends par Yacculement. Ce mouvement est trop péhible pour le cheval* trop* disgracieux et trop contraire au bon développe-* ment de son mécanisme, pour qu'il n'ait pas frappé tout homme qui s'occupe tin peu d equiialion. On accule un cheval toutes les fois qu'on refoule trop ses forces et son poids sur la partie postérieure} où compromet dès lors l'équilibré» et l'on rend imposa sibles la grâce* la cadence et la justesse. La légère* téj toujours la légèreté I voilà la basé, la pierre de touche de idute belle exécution. Avec elle lout de* vient facile, tant au cheval qu'au cavalier. Oti corn* prendra d'après cela que la difficulté de l'équhation ne consiste pas dans la direction h doUner* âtt cheval, mais dans la position à lui faire prendre* position qui pourra seule aplanir tdus les absldtfeëi En effet, si le cheval exécute, c'est lè cavalier qui disposé : & celui-ci donc la responsabilité 4 êe tdttt frai mouvement*

Il suffira d'exercer pendant huit jdOrd (h dfiq minutes par leçon) I» cheval au reculer péttr l'amener à l'exécuter avec facilité. Oh se côhlefi* tera, les premières Ibis, d'un pas ou deu* en âfc**rière, suivis d'uu effet d'ensemble, augmentant ait far ët k mesure de ses progrès, jusqu'à ce qtt'll d'éprouvé pas plus de difficultés pour cette mât** che rélrogride que pour Ja marche eh avant.

Quel pas immense nous aurons alors fait fkkè

à l'éducation de notre élève! Au début* la conformation défectueuse de l'animal, ses contractions naturelles, les résistances que nous rencontrions partout, semblaient devoir défier à jamais nos efforts. Ils eussent été vains sans nul doute, si nous eussions employé de mauvais procédés; mais la sage progression que nous avons su mettre dans notre travail, l'annihilation des forces instinctives du cheval, l'assouplissement, l'assujettissement partiel de toutes ses parties rebelles, nous ont bientôt soumis l'ensemble du mécanisme au point de nous permettre de le dominer complètement, et de ramener le liant, l'aisance et l'harmonie entre des ressorts que leur mauvaise disposition paraissait devoir opposer toujours les uns aux autres. Comme je l'indiquerai plus lard en classant la division générale du travail^ on verra que huit ou dix jours suffiront pour obtenir ces importants réMiltats.

N'avais-je donc pas raison de dire que* s'il ne dépend pas de moi de changer la conformation défectueuse d'un cheval, je puis cependant empêcher les mauvais effets de ses défauts physique > ail point de le rendre propre à exécuter avec grâce et naturel le même travail que le cheval le mieux conformé? Eh assouplissant lès parties de l'animai sur lesquelles te cavalier agit directement pour le dominer et le conduire, en les habituant à céder sans difficulté ni hésitation aux diverses impressions qui leur seront communiquées, j'ai, par le

fait, détruit leur roideur, et ramené le centre de gravité à sa véritable place, c'est-à-dire au milieu du corps- J'ai résolu en outre la plus grande difficulté de Téquitation : celle de soumettre, avant tout, les parties sur lesquelles agit directement le cavalier, afin de lui préparer des moyens (faction infaillibles sur le cheval.

Ce n'est qu'en détruisant les forces instinctives et en assouplissant les diverses parties du cheval qu'on y parviendra. On livre ainsi à la discrétion de l'homme tous les ressorts de l'animal ; mais ce premier avantage ne lui suffira pas pour devenir un écuyer complet. L'emploi de ces forces qui lui sont abandonnées exige, pour l'exécution des différentes allures, beaucoup d'étude et d'habileté (1). J'exposerai dans les chapitres suivants quelles sont les règles à observer. Je vais terminer celuici par un résumé rapide de la progression à suivre dans les assouplissements.

(1) Un grand nombre d'amateurs ont pensé qu'il suffit de lire mon livre pour pratiquer habilement mes principes. En exceptant quelques organisations supérieures, je ne crois pas qu'il soit possible de réussir dans la pratique sans les leçons d'un professeur qui, seul, peut initier aux effets de mécanisme, toujours faiblement rendus par écrit ; c'est alors seulement que la lecture, quia ouvert les yeux, devient profitable. J'ajouterai qu'il faut être cavalier pour entreprendre avec succès tout ce que je prescris.

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