‹ Méthode dé̀quitation basée sur de nouveaux principes augmentée de documents inédits; de rapports officiels en faveur de làpplication de la méthode aux chevaux de troupesChapitre 6 sur 61 · A M. BAUCHER · texte numérisé non relu

A M. BAUCHER

Paris, le H mai 4842.

« M. le Maréchal ministre de la guerre me fait savoir, Monsieur, sous la date du 20 mai, qu'il a lu avec beaucoup d'intérêt le rapport quo je lui ai transmis sur les expériences qui ont été faites à Paris, à l'effet de constater si votre méthode d'équitation devait être appliquée avec avantage aux corps des troupes à cheval.

h Le Ministre me charge de vous exprimer tous ses remerctmenls pour le zèle et le désintéressement dont vous avez fait preuve jusqu'à présent dans l'intérêt de l'art et de l'armée. Toutefois, Son Excellence ne peut et ne doit pas continuer de disposer de votre temps sans vous accorder en retour une juste indemnité. Elle aurait désiré que les crédits mis à sa disposition permissent d'organiser sur une échelle étendue la continuation des expériences de votre méthode; mais les règles qui régissent la spécialité de l'emploi de ces crédits ont apporté des obstacles à la réalisation de ses intentions.

« La commission que je préside a été d'avis qu'il y aurait lieu de vous allouer une indemnité de 5 francs par jour pour chaque officier qui monterait à votre manège, et elle a en même temps proposé à M. le Ministre de détacher à Paris, pendant deux mois, le capitaine-instructeur et on officier des régiments placés dans un rayon de vingt-cinq lieues autour de la capitale Cette disposition s'appliquerait naturellement aux régiments en garnison à Chartres , Beauvais, Provins, Versailles, Melun, Compiègne, Meaux, Saint-Germain et Fontainebleau. Les vingt officiers de ces dix régiments et les

six officiers des (rois régiments stationnés à Paris, montant chaque jour à votre manège, auraient occasionné une dépense journalière de 130 francs La situation du budget et l'absence de tout crédit spécial pour uno dépense de cette nature n'ont pas permis d'accueillir cette proposition comme elle était formulée, 01 M. le Maréchal ministre de la guerre a pensé qu'en se bornant à faire monter ces vingt-six officiers tous les deux jours, il atteindrait le double but do ne pas compromettre le succès des expériences, et de renfermer la dépense dans des limites étroites et nécessaires. Celte disposition sera de ma part l'objet d'une observation ; je préviens le Ministre que j'ai autorisé les officiers à monter tous les jours, sauf à abréger le temps de leur séjour à Paris.

a J'ai demandé également que M. votre fils fût autorisé à se rendre à Lunéville, afin que je puisse, en qualité de commandant du camp, y faire faire sous mes yeux l'application de la méthode. J'ai exprimé en outre le désir que les capitales-instructeurs et un officier des régiments qui sont en garnison dans un rayon d'une vingtaine de lieues de cette place y fussent appelés pour être initiés à notre système. Ces propositions, qui ont pour but et qui auront pour résultat de mettre le plus grand nombre de régiments possible à même d'appliquer, s'il y a lieu, la méthode on cours d'essai, ont paru à M. le Ministre susceptibles d'ôtro accueillies.

« Bien que je considère l'expérience qui a été faite sous ma direction comme concluante, surtout en ce qui concerne le dressage des jeunes chevaux, et bien que M. le Ministre apprécie aussi ces résultats, S. Exc. pense cependant, d'accord avec la commission, qu'il est nécessaire de continuer les essais. En effet, votre méthode, fût-elle môme jugée définitivement par la commission, et dût-elle réaliser tous les avantages que vous en attendez, ne saurait s'imposer à l'opinion publique. Elle aura ses opposants dans l'armée comme dans la classe civile; c'est le sort de toute idée nouvelle. Il faut

donc d'abord qu'elle se fasse connaître, qu'elle se propage, et qu'elle soit généralement adoptée avant que le département de la guerre consacre et légalise cette adoption.

« Je vous annonce donc, Monsieur, que, d'après ces considérations, M. le Maréchal ministre de la guerre a arrêté les dispositions ci-après :

a 1° Les jeunes chevaux de l'école de cavalerie seront dressés d'après la méthode Baucher, sous la direction de M: le chef d'escadron commandant le manège, qui recevra en temps opportun Tordre de revenir à Paris, pour se familiariser de plus en plus avec ce système de dressage ;

« 2° L'application de la méthode sera continuée dans le 5 e de cuirassiers, dans le 3 e de lanciers, dans le 3 e d'artillerie et dans la garde municipale. Elle sera introduite dans le 5 e do dragons, nouvellement arrivé à Paris.

« 3° Les régiments de cavalerie et d'artillerie stationnés dans un rayon de vingt-cinq lieues autour de Paris détacheront pour deux mois le capitaine-instructeur et un lieutenant, qui viendront étudier la méthode Baucher. Le lieutenant sera, autant que possible, choisi parmi ceux qui ont suivi le cours de l'école de cavalerie, soit comme officiers d'instruction, soit comme officiers-élèves.

« Ces officiers seront placés sous les ordres et la direction de M. Grenier, chef d'escadrons au 9 e cuirassiers.

a 4° M. Baucher fils se rendra au camp do Lunéville, il y séjournera pendant les mois de juin, juillet et août. Les capitaines-instructeurs et un lieutenant des corps de troupes à cheval stationnés à Toul, Nancy, Haguenau, Épinal, Strasbourg, Schelestadt, Sarguemines, Commercy, Golmar, Saint- Mihiel et Verdun, seront appelés à Lunéville pendant les mêmes mois pour y étudier le système Baucher. Ces officiers seront placés sous les ordres et la direction de M. Mermet, chef d'escadrons au 2« de cuirassiers;

<i 5° M. Raucher fils recevra une indemnité de 500 Francs par mois, payables sur les frais de la remonte générale ;

• 6* Chacun des corps de troupes à cheval et des établissements de remonte recevra deux exemplaires de votre ouvrage intitulé : Méthode d'équitation basée sur de nouveaux principes;

« Vous recevrez une indemniné de 5 francs par jour pour chaque officier qui montera dans votre manège.

« Les dispositions que je viens de vous communiquer prouvent, Monsieur, que M. le Ministre de la guerre veut que l'armée mette à profit les progrès que vous avez fait faire à l'équitation. Je m'applaudis d'être appelé à seconder les intentions de M. le Maréchal, et vous me trouverez en toutes circonstances disposé à rendre justice à un talent que chaque jour j'apprécie davantage.

«Recevez, je vous prie, Monsieur, l'assurance de ma considération particulière et de mes sentiments distingués.

« Le lieutenant général, « Marquis Oudinot. »

ËQUJTATION BAUCHER.

RAPPORT DU CHEF D'ESCADRONS GRENIER, CHARGÉ DU COMMANDEMENT DES OFFICIERS DÉTACHÉS A PARIS, PAR DÉCISION MINISTÉRIELLE DU 20 MAI 18*2, POUR ÉTUDIER LA MÉTHODE D'ÉQUITATION DB M. BAUCHER.

Versailles, le 25 jui)leH842.

« Les officiers détachés à Paris, par décision ministérielle, en date du 20 mai 1842, pour étudier la méthode d'équitation de M. Baucher, étaient au nombre de vingt-deux, le capitaine-instructeur et un lieutenant par régiment. Ils ont travaillé tous les jours, depuis le 1 er juin jusqu'au 15 juillet, en deux reprises, Tune de dix heures et demie à midi, l'autre de trois heures et demie à cinq heures. Il y a eu trente-neuf jours de travail.

« M. Baucher donnait toujours la leçon lui-même, et en ma présence. Il a établi dans le travail une progression à l'aide de laquelle il a démontré sa méthode d'équitation, en eipliquant successivement, d'une manière claire et précise, les principes sur lesquels elle est basée.

« Les explications orales étaient presque toujours données à chacun en particulier, et l'application sur le cheval immédiatement exigée. M. Baucher ne quittait l'officier auquel il s'adressait qu'après s'être assuré par des questions que son

— te —

explication était comprise. Il sollicitait les observations de chacun, et donnait à chaque principe qu'il avait émis tous les développements qui lui étaient demandés.

« Cotte manière de donner la leçon parut étrange dans le commencement; elle était nouvelle pour nous, qui jusqu'alors avions reçu et donné des leçons d'équitalion dans les manèges par des explications faites à voix haute, et dont chaque écolier devait profiter suivant son intelligence. Ainsi, non-seulement les principes d'équitation étaient nouveaux, mais la manière de procéder était nouvelle aussi.

« Les officiers appelés à Paris pour étudier la méthode d'équitation de M> Baucher n'étaient pas tous arrivés avec la croyance qu'on pût leur apprendre quelque chose. La moitié de ces officiers sont capitaines-instructeurs, les autres sont des lieutenants appelés à le devenir. Aussi dans le commencement il y avait peu de confiance, de la part des officiers, dans leur nouveau professeur, quelquefois de l'opposition, mais toujours de la bonne volonté et du zèle.

« Peu à peu la confiance est venue, l'opposition a disparu, mais ce n'est qu'au bout du premier mois, après vingt-cinq leçons environ, que tous les officiers, sans exception, avaient compris la méthode et reconnu la supériorité des principes de M. Baucher sur ceui qui étaient connus de nous.

« Avant de partir, chaque officier m'a remis un rapport sur le travail pendant notre séjour à Paris, sur son opinion particulière, relativement à la méthode, sur l'application qu'on peut en faire dans la cavalerie. Tous reconnaissent avoir tiré un grand parti du travail pour le dressage de leurs chevaux et pour leur instruction propre en équitation. Tons approuvent la nouvelle méthode et désirent son application dans les régiments.

« En exprimant aujourd'hui mon opinion sur Va méthode d'équitation de M. Baucher, je puis donc m'appuyer de celle

de vingt-deux officiera de cavalerie qui, par leur position d'instructeurs, peuvent être considérés comme juges compétents.

a La méthode d'équitation de M. Baucher est positive et rationnelle, elle est facile à comprendre, surtout quand on l'étudié sous la direction de quelqu'un qui la connaît. Elle est attrayante pour le cavalier, donne le goût du cheval et de l'équitation ; elle tend à développer les qualités du cheval, surtout celle de la légèreté, qu'on aime tant à trouver chi r. le cheval de selle. Mise en pratique dans les régiments de cavalerie, elle doit produire les meilleurs résultats, et faire faire à celte arme un immense progrès. Appliquée au dressage des jeunes chevaux, elle développe l'instinct du cheval, lui fait trouver, aisance et agrément dans la domination du cavalier ; elle le préserve de la ruine prématurée qu'entraîne souvent un dressage mal entendu -, elle peut abréger le temps qu'on donne a l'éducation des chevaux ; elle intéresse les cavaliers qui y sont employés. Ceux-ci, dès lors, apportent dans ce travail on goût et un soin qui leur profitent comme instruction et préservent le cheval de tout mauvais traitement. Appliquée à l'instruction des officiers, des sous-officiers et du peloton-modèle, elle donnera le goût de l'équitation, qui, on ne cesse de le répéter, se perd tous les jours dans la cavalerie. Connue des instructeurs, elle fera disparaître ce qu'il y a de monotone et d'aride dans cette partie du service.

« J'évite, dans ce rapport, d'entrer dans aucun détail sur les principes d'équitation de M. Baucher, qui sont parfaitement expliqués dans les ouvrages qu'il a écrits. Toute dissertation serait superflue; je crois peu à l'équitation écrite, c'est un art qu'on n'apprend que par la pratique et sous la direction d'un bon maître. Aussi je pense que c'est moins dans les écrits de M. Baucher qu'à son manège qu'il faudrait aller puiser ses principes. A leur arrivée à Paris, les officiers

qui croyaient connaître la méthode de M. Baucher par ses ouvrages la jugeaient de manières différentes; après l'avoir entendu professer pendant un mois, ils la comprenaient de la même manière, et en reconnaissaient la bonté et la justesse. M. Baucher est certainement un praticien habile, mais il est surtout un professeur clair, précis et persuasif.

« Je crois que, pour répandre la nouvelle méthode d'équitation dans la cavalerie, pour qu'elle y fût comprise et qu'elle y portât le résultat qu'on peut en attendre, il faudrait que chaque régiment pût envoyer successivement des officiers au manège de M. Baucher, comme il a été fait pour ceux que j'ai eu l'honneur décommander.

u Je crois qu'il faudrait porter à deux mois, au moins, le temps consacré aux leçons, et que les officiers en reçussent une chaque jour, qu'un manège fût mis entièrement à leur disposition, afin qu'ils pussent, à différentes heures de la journée, appliquer ce qui leur est enseigné à la leçon donnée par le professeur.

« C'est surtout à l'école de cavalerie que la méthode de M. Baucher devrait être connue.

« Le chef d'escadron du 9- cuirassiers, chargé du commandement des officiers détachés à Paris pour étudier la méthode d'équitation de M. Baucher,

a A. Grekieb. »

RAPPORT DEMANDÉ PAR LE COLONEL, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION, POUR ETUDIER LE DRESSAGE DES JEUNES CHEVAUX D'APRES LA ME- THODE DE M. BAUCBBR, ET RÉDIGE PAR M. DEBONDES, LIBUTENANT AU 9' DE CUIRASSIERS (1).

Répondre aux questions suivantes: 1° fâge et le signalement du cheval; 2°*'»7 était complètement dressé ou si son instruction était incomplète; 3° les résultats obtenus sur la soumission du cheval; 4° les avantages obtenus par le cavalier sous le rapport de Véquitation; 5« Vopinion de {officier sur ï application de la méthode au dressage des jeunes chevaux dans les régiments; 6° toutes les observations quil croit devoir faire dans l intérêt général, . lt ,

1° Age et signalement du cheval.— L'Escobard, sept ans, 1 mètre 376 B,m , bai marron, miroité, en tête, bordé, CQ.

2° S'il était complètement dressé ou si son instruction était incomplète.

3° Les résultats obtenus sur la soumission du cheval.

« Ces dernières questions se touchent, et l'historique des progrès d'un cheval aussi mal doué que le mien pour le service do la selle me semble un argument puissant en faveur de la méthode qui a pu opérer un tel changement. Ce n'est pas à dire que mon cheval soit déjà parvenu à un degré complet d'instruction, mais le point de départ et le point d'arrivée, telle est la question, je pense.

(1) Aujourd'hui capitaine-instructeur au 8 e régiment de hussards.

t° Degré d'instruction du cheval avant la méthode.

a Or, quel est le point de départ ? Un carrossier d'une charpente extrêmement forte, et très-vigoureusement musclé; mais l'encolure massive, surchargée môme, la tête trèsfoiteet lourdement attachée, puissance très-grande dans le devant, le train de derrière moins fortement constitué ; dos jarrets défectueux, prédominance des parties antérieures sur les parties postérieures. Aussi, avant d'être soumis à la méthode, mon cheval, s'appuyant sur le mors, m'opposait par ses contractions d'encolure des résistances qui paralysaient % complètement tous les moyens que l'ancienne équitation pouvait me suggérer pour m'en rendre maître. Ce cheval m'nyant appartenu pendant les dix derniers mois d'un cours que je viens de suivre à Saumur, je dus y recevoir tous les conseils de mes professeurs, plus experts que moi en matière d'équitation.

« Mais je dois l'avouer, ni mors dur ni mors doux, ni douceur ni violence, rien ne pouvait y faire ; il m'arrivait chaque jour, travaillant dans le rang à l'école de peloton ou d'escadron, de passer du deuxième rang au premier, victime de l'extrême légèreté de ma main. Tout rendre, avoir constamment les rênes flottantes, telle était la plus expresse recommandation qui m'avait été faite pour empêcher mon cheval d'aller trop vite. Le mal était donc incurable, car la légèreté de la main est un de ces remèdes que prescrit l'ancienne équitation , comme souverain pour toutes les maladies équestres; et le remède avait échoué.

2° Degré d'instruction du cheval ayant été soumis à la méthode.

« Je n'essaierai pas de le dissimuler, lorsque M. Bauchor commença à m'instruire dans sa méthode, peu de temps

avant notre réunion à Paris, je me faisais un malin plaisir de

lui amener un sujet que je croyais destiné a donner un dé* menti à la méthode. L'expérience m'a offert une leçon aussi profitable pour moi qu'elle l'a été pour mon cheval. Le lourd carrossier est devenu, par sa légèreté, un cheval de selle ; il est plus que ramené , il est au rassembler presque complet. Déjà môme j'obtiens sur lui les premiers commencements du piaffer. Si quelques contractions se manifestent encore au galop, elles sont toutes produites par ma faute, et ces fautes» inhérentes aux anciens principes d'équitation dont j'étais imbu, m'amènent naturellement à parler des progrès que j'ai pu faire moi-même en équitation avec les leçons de mon nouveau professeur.

3° Les avantages obtenus par le cavalier sous le rapport de

l'équitauon.

« J'ai perdu ce respect réglementaire, mais exagéré, que j'avais pour la sensibilité des flancs de mon cheval. Mes jambes , au lieu de tomber naturellement de leur -propre poids, se sont (n'en déplaise à l'ordonnance) assez rapprochées des flancs du cheval pour essayer de prendre leur part dans l'action que je dois imprimer aux forces de l'animal.

« L'adhérence plus grande de mes cuisses et de mes jambes m'assure en môme temps plus do solidité. Ainsi, je crois avoir gagné plus de moyens d'action et plus de moyens de tenue.

« Ces deux qualités doivent être recherchées par tout cavalier. Reste pour l'instructeur militaire une autre part plus grande, mais aussi plus difficile : ce sont les conseils, les leçons qu'il doit donner aux hommes dont l'instruction lui est confiée. Quels progrès ai-jc pu faire dans cette voie? Je dois l'avouer, les enseignements que j'avais reçus jusqu'à ce jour laissaient un tel vague dans mon esprit, que je ne donnais qu'à regrel un conseil en équitation.

a Tel est le point où j'étais arrivé après deux cours faits à l'école de cavalerie, et faits, j'ose le dire, avec tout le zèle, sinon tout le succès possible. J'en appelle à tous les officiers de l'armée , qui comme moi sont enfants de celte école ; eux soûls, ce me semble, ont droit de juger les doctrines qui s'y professent. Et, qu'ils le disent avec moi (dût-on les traiter d'enfants ingrats), que leur r es te- 1- il des leçons qu'ils ont suivies? Quel rôle peuvent-ils jouer comme instructeurs militaires en équi talion? Eh bien ! aujourd'hui des données positives sont entre nos mains. J'ai reçu, ainsi que chacun des officiers qui ont suivi les leçons de M. Baucher, des principes dont l'exactitude rigoureuse, mathématique, ne doit plus laisser aucun doute dans l'intelligence la moins heureuse. Je dois toujours savoir maintenant où est le mal. La position du cheval me le démontre. Je dois toujours savoir avec quelles armes il faut combattro ce mal ; ces armes sont une autre position donnée aux forces du cheval, qui permette, qui commande le mouvement.

« Je crois donc avoir répondu, mon colonel, à la question qui nous est posée sur les progrès personnels quo nous avons pu faire en équitation. Je n'hésite pas à le dire, ma solidité est plus grande, mes moyens d'action plus puissants; mes principes, comme instructeur, mieux arrêtés, plus clairs, doivent être plus convaincants pour les cavaliers que je serai appelé à instruire.

4° L'opinion de l'officier sur l'application de la méthode au dressage des jeunes chevaux dans les régiments.

« Ce n'est pas seulement à l'intelligence du cavalier que parlent les moyens fournis par la nouvelle méthode, mais bien encore à celle du cheval lui-même; n'est-ce pas dire par conséquent combien le dressage des chevaux devra , sous son influence, marcher plus rapidement, plus sûrement*

« Je ne me donnerai pas la peine de relever les futiles objections qui ont pu être présentées à ce sujet. J'ai moi-même soumis à la méthode vingt-huit jeunes chevaux dans mon régiment , et malgré tout ce que pouvait avoir d'incomplet une instruction transmise par un officier qui n'avait que des notions encore trop élémentaires, j'ai obtenu les résultats les plus prompts et les plus satisfaisants. Mes cavaliers étaient loin d'être choisis, ayant été recrutés pour la plupart parmi les hommes démontés du régiment. Mais leur attention toujours fixée par cet échange de concessions qu'ils essayaient d'établir entre eux et leurs chevaux ; — mais ce maniement constant d'un cheval d'abord roide et stupide, qui se pétrissait sous leurs mains, prenait réellement une autre forme, et finissait par deviner toutes les intentions de son maître ; — cet exercice continuel de l'intelligence du cavalier qui la développe sans la fatiguer j — tous ces bienfaits, en un mot, de la méthode Baucher, faisaient que l'éducation équestre de l'homme marchait de front avec celle de son cheval. J'ajouterai h ce propos que je comprends difficilement qu'une des plus fréquentes objections faites à l'application militaire du système Baucher ait été puisée dans l'inintelligence de nos hommes.

a Le jour où les instructeurs seront plus habiles, les hommes deviendront plus intelligents. J'ai hâte de franchir cette objection, car je craindrais d'être forcé d'avouer et de faire avouer à mes collègues en instruction que l'inintelligence équestre n'était pas seulement le partage des simples cavaliers. Mon amour-propre national ne s'humilie pas au point de croire qu'un cavalier français soit destiné à ne jamais aborder les plus petites difficultés de l'équitation dont le cavalier allemand atteint , dit-on , les sommités. Mais le temps nous manque 1 dira-t-on. 11 me semble que c'est surtout quand on est pressé qu'on doit prendre le chemin le plus court. Ce n'est pas à dire pour cela qu'on doive préci-

piter l'instruction du cheval, et c'est un des écueils que je redoute surtout pour chacun de nous autres ; gardons-nous bien de l'impatience de jouir trop vite.

« Limitée par le temps, notre éducation , celle de nos chevaux a dû être improvisée par notre professeur ; il a dû môme franchir rapidement les échelons intermédiaires pour nous faire passer successivement en revue toutes les difficultés de son équitation. Cette lâche, je la considérais comme impossible; aujourd'hui jo vois qu'elle ne Tétait pas, du moins pour lui. Mais rappelons-nous cette recommandation qu'il nous a si souvent, si expressément faite : « N'oubliez « pas que chaque jour doit amener un progrès, mais qu'il « n'y a que les progrès lents et positifs qui puissent assurer « l'éducation du cheval; méfiez-vous des improvisations, qui « disparaissent aussi rapidement qu'elles sont nées. »

ii Je crains donc, mon colonel, que ce terme de quarantecinq jours, fixé pour le dressage du jeune cheval, ne soit considéré par beaucoup d'officiers, victimes d'un zèle mal entendu, que comme le plus grand avantage de la méthode. Ces fautes devront être commises souvent; mais à qui faudra-t-il s'en prendre? uniquement aux anciennes doctrines.

« Le dressage du cheval se résumait pour nous dans une série de mouvements répétés à satiété, jusqu'à ce que la routine, aidée de quelquo peu d'usure, fît, à force de temps, un animal hébété et disgracieux qu'on appelait un cheval dressé, parce qu'il ne lui restait plus assez de vigueur pour se défendre.

a Tout à coup des moyens nouveaux et sûrs sont livrés entre nos mains. Quelques jours ont suffi pour nous faire obtenir de brillants résultats; une première victoire nous fait tout oser, à nous si peu habitués à des victoires équestres. Oui , c'est l'impuissance de l'ancienne méthode qui nous livre sans défense contre les séductions d'un premier succès; pauvres hier, riches aujourd'hui, nous sommes des

parvenus en équttation, nous croyant tout permis jusqu'à ce qu'un échec vienne nous apporter un salutaire avertissement.

« Je crois donc, mon colonel, qu'on ne saurait trop mettre chacun on garde contre le désir d'improviser, et que quelques conseils, relatifs à cette question de temps, auraient dû être ajoutés à la méthode provisoire (1). Des erreurs de principes s'y rencontrent, erreurs involontaires, sans doute, mais qu'il importe de ne pas consacrer par l'ordonnance. Par exemple, dans le reculer il est dit : Si la croupe se déplace, on doit la ramener à laide de la jambe du côté où elle se jette, employant au besoin la rêne du filet ou de la bride du même côté. Ce n'est pas avec la jambe qu'on doit combattre une résistance, mais bien avec le filet ; notre professeur nous a assez répété ce principe.

« Le canevas qu'on nous présente me paraît bon, mais je regrette qu'on n'ait pas parlé des attaques. Sans les attaques, pas de ramener complet. Le cheval qui les a comprises est devenu à jamais la conquête du cavalier. Livrez-le ensuite à un cavalier maladroit, employez-le même à un service autre que celui de la selle , le jour où vous voudrez, vous le retrouverez tout prêt à vous répondrequand quelques attaques auront rappelé au foyer les forces qui s'étaient égarées sous une main inhabile. Est-il permis de dédaigner ou de craindre une arme aussi puissante, pour nos chevaux de troupes surtout, que les brusqueries de manœuvres peuvent faire sortir de la position du ramener, et qui n'y rentreront, je le répète, qu'au moyen des attaques.

« Je pense qu'il serait utile d'avoir dans chaque régiment

(1) Le travail fait à la hâte pour l'instruction spéciale des cbevaui de troupes, et d'après le dernier ouvrage de M. Baucber (Méthode d' Équitation basée sur de nouveaux principes), a été modifié dans quelques parties, d'abord par la commission de Luné-ville, et postérieurement par le comité de cavalerie.

un peloton-modèle. Je sais qu'il existe déjà réglementairement, mais je voudrais que les cavaliers qui en feraient partie, instruits aussi complètement que possible dans la méthode, pussent exécuter avec leurs chevaux toutes les difficultés que M. Baucher nous a fait aborder en si peu de temps : on pourrait ainsi juger du degré d'instruction équestre auquel peut prétendre la troupe. Ce serait un moyen de conserver, de perpétuer les excellentes doctrines que nous venons de recevoir. Chaque cavalier serait jaloux d'en faire partie quand il aurait admiré les succès de ses camarades.

a Ainsi, abréger singulièrement la route, obtenir des résultats qui étaient interdits aux anciennes écoles, ce serait déjà assez de titres pour recommander la nouvelle méthode. Elle en a d'autres encore ; on peut, au moyen de deux mots, résumer le parallèle qu'on serait tenté d'établir entre l'ancienne et la nouvelle équitation : dans les écoles françaises ou allemandes le cheval est assis, dans l'école Baucher il est équilibré.

« Dans les premières écoles, son éducation, péniblement acquise, a dû ruiner ses jarrets et ses hanches, et paralyser le jeu de ses épaules, condamnées à l'inaction. Il a payé cher une éducation incomplète. Chaque jour encore ces parties, que l'éducation a déjà altérées , doivent achever de s'user par cette répartition inégale ; témoin les jarrets si accidentés de nos chevaux de manège, témoin l'usure de leurs boulets, tandis qu'au contraire les épaules, restées vierges, s'engourdissent de jour en jour j chaque pas fait par un cheval dans une position semblable est un acheminement vers une ruine prématurée.

<c Dans l'école de M. Baucher, au contraire, non-seulement on n'altère pas la conformation organique, mais, pour surcroît d'avantages, en exerçant des parties faibles, on donne plus de souplesse et plus de ton à certains muscles, on répartit différemment les forces, de manière à alléger des parties

peu puissantes, et à forcer d'autres plus fortes à partager avec les premières le rôle qu'elles leur imposaient tyranniquement. Ce ne serait donc pas assez de dire que le cheval dressé par la méthode nouvelle n'a pas été altéré dans son organisme.

a On a mieux fait, on lui a donné une position et des aplombs que la nature lui a refusés. Oui, j'ose l'avancer, l'art s'est mis à la place de la nature ; et ce n'est pas blasphémer que de dire que la nature a été vaincue dans cette lutte.

a Grâce aux bienfaits de la méthode Baucher, l'équitation deviendra désormais dans la cavalerie un plaisir plein de charmes, au lieu d'être considérée comme une ennuyeuse corvée. Les chevaux seront soignés par les cavaliers en raison des services agréables qu'ils leur rendront, la proportion effrayante des pertes diminuera; enfin, tranchons le mot, la plus heureuse des innovations doit amener une bienfaisante révolution dans la cavalerie.

« Cependant, qu'il me soit permis de le dire ici : des éludes plus prolongées que celles que nous venons de faire pendant six semaines peuvent seules donner des apôtres intelligents de la méthode Baucher.

« C'est avec un sentiment amer que j'ai vu cette limite de temps; d'autres plus heureux que nous viendront sans doute. Pendant longtemps encore la cavalerie est intéressée à réunir sous les leçons de notre professeur un certain nombre d'officiers. Mais alors un local plus vaste, des éléments plus complets qui permettent d'appliquer sur plusieurs chevaux au lieu d'un seul, feront que la tâche, entièrement accomplie, répandra dans la cavalerie des résultats inappréciables. Les esprits les plus rebelles, convaincus, comme nous le sommes aujourd'hui, diront avec nous :

« A Baucher la cavalerie reconnaissante !

45 juillet 4842.

c A. Desonôbs, « Lieutenant au 9- cuirassiers. »

ÉCOLE ROYALE DE CAVALERIE

SIXIEME BT DERNIER RAPPORT SUR LES EXPÉRIENCES DB LA NOUVELLE MÉTHODE D'EQUITATION DB M. BAUCHER.

« Les premiers essais sont terminés. Les mouvements principaux de l'école de peloton à cheval, la course des têtes, la charge, ont complété lo travail. Ainsi, trente-cinq leçons ont suffi pour parfaire l'instruction des chevaux dociles ou rebelles qui m'ont été confiés. L'ébauche du cheval, c'est-àdire le travail en bridon prescrit par l'ordonnance, réclamait à lui seul un laps de temps plus long, au bout duquel on osait à poine prendre la bride. Sous ce rapport, le nouveau système est d'une immense utilité pour la cavalerie.

« Mais la promptitude avec laquelle on peut mettre dos chevaux neufs dans les rangs n'est pas le seul avantage que présente la nouvelle méthode; elle garantit, en outre, la conservation du cheval ; elle développe ses facultés et ses moyens ; ceux-ci grandissent par l'harmonie, par le rapport des forces entre' elles, par leur usage rationnel et opportun. Ce n'est pas l'emploi immodéré de la force qui fait triompher d'un cheval rebelle, mais l'emploi bien combiné d'une force ordinaire. Le système Baucher doit être regardé comme éminemment conservateur, puisque le dressage bien gradué,

bien combiné, ne peut avoir de fâcheuses influences sur le physique du cheval, et que, dans son emploi, ses forces étant à la disposition du cavalier, c'est celui-ci, dispensateur absolu de ces mômes forces , qui devient responsable de la durée ou de la ruine prématurée.

« La vitesse des allures a été mise en doute et contestée. En effet, si on voulait lancer à la charge le cheval complètement ramené, il perdrait sans doute de son impulsion. Quant aux allures ordinaires, au trot allongé même, le cheval acquiert par le ramener une nouvelle vigueur, et la citation de l'auteur de la méthode , relative à cette allure, se vérifie très-bien par l'expérience; elle prouve, en outre, que les allures ne pourront que gagner en régularité et en précision, condition première de la rectitude des manœuvres, des bonnes marches et de leur prolongation avec moins de fatigue.

« La docilité qu'acquiert le cheval soumis à la mobilisation est chose digne de remarque. Dès le premier jour, pas un seul des chevaux qui viennent d'être dressés par la nouvelle méthode n'a été impressionné, ni par le feu, ni par les armes ou autres bruits de guerre; le cheval est tout à son cavalier.

« Cependant l'application de la nouvelle méthode n'est pas sans difficultés, surtout pour ceux qui sont peu disposés au zèle, à la persévérance qu'elle réclame. Ces qualités sont une condition indispensable pour réussir. Si elles n'existent pas généralement, espérons qu'elles ne manqueront pas de se développer avec le goût que fera renaître l'introduction d'un progrès si utile à la cavalerie. Il ne faut qu'essayer du système pour s'y livrer avec ardeur ; il est entraînant, il séduit et absorbe ceux qui le comprennent, qui en ont mûri la théorie si claire, si rationnelle; je dirai plus, grâce à cette théorie, l'équitation, considérée jusqu'à présent comme un art, devient une science exacte.

« Les expériences terminées aujourd'hui et qui font l'objet

do ce rapport ne militent pas seules en faveur du système de M. Baucher : celles que l'on continue sur les autres catégories de chevaux témoignent aussi de ses avantages, et fourniront, sans aucun doute, des preuves plus frappantes encore par les difficultés plus grandes qui seront vaincues.

« Je me résume, en disant que la nouvelle méthode doit être un grand bien, une amélioration incontestable pour la cavalerie. L'instruction élémentaire, applicable aux chevaux de troupe, sera facile et intelligible pour tous les cavaliers. Quant à l'équitaiion savante, dite haute école, elle sera du domaine des officiers et des sous-officiers hors du rang, et aura, comme partout, pour base l'intelligence, l'aptitude et le raisonnement, qualités indispensables pour en reculer les limites. L'école de cavalerie, terre classique de l'équitaiion, trouve déjà dans ce progrès un nouvel aliment à son zèle; jalouse des intérêts et de la prospérité de la cavalerie, instituée pour concourir à ses progrès, elle regarde généralement le système Baucher comme un bienfait et une nouvelle source de succès.

« Je fais donc des vœux pour l'adoption de la nouvelle méthode, et je désire ardemment sa prompte introduction dans la cavalerie.

Saumur, le 6 août 4842.

a Le chef d'escadrons commandant le maoége de l'école de cavalerie,

• De Notival. »

(Extrait du Spectateur militaire, 199* livraison).

ESSAI FAIT AU CAMP DE LUKÉVILLB DB LA NOUVELLE MÊTHODB D'ÉQUITATION SOUS LA DIRECTION DB M. BAUCHER FILS.

« // est des choses que tout le monde dit parce qu'elles ont été dites une fois. Cette vérité, mise en évidence par Montesquieu, est particulièrement applicable à l'équitation en France. On répèle sans cesse que le Français n'est pas cavalier : ce reproche est loin d'être entièrement fondé. Notre pays produit peu de chevaux, et n'étant pas de bonne heure familiarisés avec eux, nous ne leur accordons pas toujours les soins assidus et affectueux qui assurent le bon entretien de ce précieux animal ; cela est incontestable, mais le Français est cavalier en ce sens qu'il est adroit, agile, et qu'il possède au plus haut degré la hardiesse et l'intelligence. Ainsi, sans parler de la chevalerie, qui fit faire parmi nous de grands progrès à l'équitation, il faut reconnaître qu'à toutes les époques ce sont plus particulièrement les écuyers français qui ont reculé les bornes de l'art : pour le prouver, il suffit de rappeler les noms de Pluvinel, de la Guérinière, de Dupaty de Clam, de Lubersac, de Rohan, de Chabannes, etc. Tous ces hommes, et beaucoup d'autres que l'on pourrait citer, ont justement acquis une grande célébrité. Cependant il n'en faut pas conclure qu'après eux l'équitation doive rester stationnaire. Elle est susceptible encore de grands et importants perfectionnements.

« Passionné pour une science qui, depuis son enfance, est de sa part l'objet d'études aussi fructueuses que persévé-

-tarantes, M. Baucher, après avoir obtenu da cheval une soumission en quelque sorte magique, n'a pas voulu profiter seul de ses méditations ; il les a nettement formulées, et sa méthode écrite est aujourd'hui entre les mains de tous ceux qui s'occupent d'équitation.

« Lorsque tout indique qu'elle est appelée à faire une sorte de révolution, le ministre de la guerre ne pouvait pas la laisser grandir et se propager sans savoir quels avantages l'armée pouvait en retirer. Sur la proposition du comité de cavalerie, M. le maréchal duc de Dalmatie a décidé que l'application de cette méthode serait faite à Paris, à Satimur et à Lunéville, par des officiers instructeurs des différents corps de troupes à cheval ; et afin qu'une direction uniforme et méthodique fût donnée à ce travail, il a prescrit dans ces différentes localités que des commissions seraient formées sous la présidence du général Oudinot.

a Nous sommes parvenu à nous procurer un extrait du rapport qui a été adressé à cet officier général par la commission qui avait été spécialement chargée d'examiner à Lunéville la question dans tous ses détails. Ce rapport aura d'autant plus d'intérêt pour nos lecteurs, que la nouvelle méthode d'équitation est sujette à controverse, comme toutes les innovations. Les observations de la commission répondent à toutes les objections; elles sont le résultat de l'expérience, car la méthode a été appliquée sur une grande échelle, pendant plus de trois mois, au camp de Lunéville.

« La division de dragons et les instructeurs des différents corps de troupes à cheval qui faisaient partie du camp devaient exécuter, d'après les principes de la nouvelle méthode, en présence de LL. AA. RR. les ducs d'Orléans et de Nemours, des exercices équestres qui auraient eu plusieurs milliers de spectateurs. L'événement funeste qui a enlevé à la France le prince royal n'a pas permis que l'on donnât à ce travail l'éclat qui lui était destiné. Cependant M. le duc de

Nemours, voulant juger par lui-même des résultais obtenus, a fait faire devant lui une partie des exercices. »

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