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s’anéantir une à une ses plus légitimes espérances, il meurt à Paris, le 30 août 1822, à l’ûge de Pascal et de Mozart, abreuvé de tous les dégoûts que la médiocrité jalouse, que la calomnie, et — il faut le dire — que rindifférence et l’ingratitude de la foule suscitent presque toujours aux novateurs honnêtes gens!... A ce double titre, Galin devait être martyr
Galin n’avait pas assez vécu pour briser les obstacles que la malveillance intéressée sut opposer à la diffusion complète de son enseignement. Aussi, quand il mourut, son École ne se trouva pas assez forte pour résister aux dilapidations des plagiaires et aux mutilations sacrilèges dont plusieurs de ses disciples ne craignirent pas de se rendre coupables, dans la vue d’attacher leur nom à l’œuvre du Maître, ou de faire pis encore, de s’approprier cette œuvre !... Qu’en résulta-t-il? C’est qu’au lieu de continuer la lutte avec l’instrument dans toute son intégrité, dans toute sa puissance, ceux qui avaient cru dérober une locomotive, alors qu’ils ne s’étaient emparés que d’une roue, d’une chaudière ou d’un piston, n’ayant qu’un fragment isolé — et partant inutile — de la puissante machine, n’en purent rien retirer, et que, loin de continuer et de pousser en avant l’œuvre du créateur, ils ne firent que la discréditer, en la rendant — à tort — solidaire de leur ignorance et de leur mauvaise action... Est-il étonnant qu’ils aient tous disparu, et qu’ils aient entraîné l'École dans leur chute méritée?...
Mais, en publiant son livre, Galin avait assuré son œuvre; et c’est de ce livre qu’est sortie l’École nouvelle, grâce au dévouement de M. Aimé Paris.
En effet, M. Aimé Paris, qui avait été l'élève et l’ami de Galin, voyant qu’aucun des disciples du Maître ne songeait à continuer sérieusement son école, prit le parti — héroïque pour un homme qui avait la voix fausse — de reprendre l’œuvre de Galin, pour sauver du naufrage une des plus belles découvertes des temps modernes, si riches en découvertes merveilleuses. Ici commence la troisième phase de l’histoire de la méthode : les travaux des successeurs de Galin.
Déjà, et dès 1823, un an après la mort de Galin, M. Aimé Paris, dans le hut de faire connaître les travaux de son maître, avait ajouté à chacun de ses cours de mnémotechnie cinq leçons publiques et gratuites de musique, dans lesquelles il exposait les bases de la méthode nouvelle. Voici le nom des villes dans lesquelles il fît ces expositions scientifiques, et les époques auxquelles elles eurent lieu :
1823. — Lyon. — Rouen. — Nantes.
1824. — Bruxelles. — Gand. — Anvers. — Louvain.
1826. — Bruxelles. — La Haye. — Amsterdam.
1827. — Lauzanne. — Genève. — Bordeaux.
1828. — Lille. — Douai.
J829. — Orléans. — Amiens. — Le Havre. — Gaeu. — Strasbourg. — Metz. —
Nancy. — Besançon.
1830. — Grenoble. — Marseille. — Aix. — Montpellier. — Toulouse. — Limoges.
— Clermont-Ferrand. — Saint-Etienne.
1831. — Lyon. — Dijon. — Troyes. — Reims. — Rennes. — Brest. — Lorient.
— Nantes. — Angers. — Poitiers. — Tours.
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1832. — Rouen. — Boulogne-S.-M. — Dunkerque. — St.-Quenlin. — Laon. — Nîmes.
1833. — Avignon. — Toulon. — Marseille. — Lyon. — Grenoble.
1834. — Besançon.
En tout, cinquante quatre expositions de cinq leçons chacune, faites de 1823 à 1834, dans quarante-six villes différentes, en France, en Belgique, en Hollande et en Suisse. — Ceci ne fut que le prélude. Mais quand M. Aimé Paris vit que l’École disparaissait par l’incapacité des successeurs de Galin, ii ne se contenta plus de ces expositions abrégées, qui, bien que répandant l’idée partout, ne laissaient nulle part de résultats pratiques, capables de faire souche; et, dès lors, il se voua complètement à la propagation de la méthode, qu’il n’a plus abandonnée depuis 1834, c’est-à-dire depuis trente ans!.. Cent quarante cours ont été faits par lui depuis cette époque. Ce fut à Strasbourg, en 1829, qu’il créa la langue des durées, ce merveilleux complément du chronomériste de Galin. Durant sa longue carrière professorale, il a imaginé une grande quantité de procédés et d’instruments, dans le but d’élucider les questions théoriques : Je signale seulement un de cçs instruments, YOEdipe musical, qui résout avec une merveilleuse facilité les problèmes les plus compliqués de modulations. Parmi les nombreux ouvrages qu’il a publiés, il y en a un surtout qui est d'une grande valeur : c’est le Manuel musical, recueil de plus de 2,400 airs, classés et analysés pour l’élude. Sans le dévouement de M. Aimé Paris, l’École actuelle n’existerait probablement pas.
Sa sœur, M'*® Nariine Paris, aujourd’hui M“* Émile Chevé, n’avait point connu Galin ; en 1823, elle avait suivi, pendant trois mois, le cours de M. Lemoine, l’un des successeurs de Galin, et n’avait puisé à ce cours que le goût de la musique et le désir de l’approfondir dans le livre du Maître. Travaillant d’abord dans le seul but de s’instruire, elle formulait, sur le papier, les exercices que Galin n’avait fait qu’indiquer ; puis, quand elle en eut ainsi écrit un certain nombre, elle voulut en essayer la puissance sur les enfants qui l’environnaient, s’imposant la loi de ne les jamais aider autrement qu’en remaniant les exercices qui leur avaient offert trop de difficultés, et en essayant, le lendemain, ce qu’elle avait modifié la veille. Ce travail d’expérimentation, commencé en 1827, dure encore aujourd’hui, 1864; et on peut dire, en toute vérité, que pendant ces trente-sept années. Madame Chevé n’a pas passé un jour sans expérimenter ses exercices sur ses élèves particuliers, ou sans y retoucher, dans le but d’enlever la pierre d’achoppement qu’elle avait rencontrée la veille. Aussi, ces exercices sont-ils une des œuvres les plus patientes qui aient pu être accomplies par une seule personnel... Ils sont le résultat de plus de quarante mille leçons particulières, données par la même personne, dans le but constant d’expérimenter sur les organisations les plus diverses. C’est à cette œuvre pratique que Galin croyait ne pouvoir consacrer moins de dix ans... Madame Chevé en a consacré quatre fois autant!...
Tous les exercices pratiques de la Méthode, la Méthode instrumentale tout .entière, et les bases de notre Méthode élémentaire (^Harmonie, appartiennentà Madame Chevé ; c’est donc à elle que l’École doit son code pratique.
Enfin, mon tour arriva de venir unir mes efforts à ceux de mes aînés, Aimé et Ntnine Paris, Je professais, à Paris, les mathématiques et la plupart des science» édition do 1863,
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médicales, lorsque M. Aimé Paris vint, en 1836, y faire des cours de musique cl de innemoteelmie, auxquels il me convia. C’est donc à M. Aimé Paris que je dus mon initiaUon aux idées de Galin, qui me rendirent très-heureux, en me permettant de comprendre enfin cette science musicale qui avait si longtemps fait mon désespoir, durant ma cariicre maritime. — Ce ne fut cependant que huit ans plus tard, au mois de janvier 1841 — après l’expérience faite sur les soldats du gymnase de Lyon — que j’abandonnai complètement la carrière médicale, que j’avais suivie pendant vingtquatre ans, pour me livrer exclusivement à la propagation des idées de Galin.
Depuis cette époque, lié de cœur et d’intention avec M. Aimé Paris et Madame Émile Chevé, je n’ai pas quitté la broche, non plus qu’eux; et, pendant que M. Aimé Paris répandait les idées de Galin en province et à l’étranger, Madame Chevé et moi, nous fondions l’École de Paris. — Depuis 1844, mes cours de Paris n’ont subi que six mois d’interruption, en quatre vacances, pour aller établir la méthode à Brest et à Genève.
Ces six mois excepté', mes cours n’ont jamais cessé à Paris, où j’achève, en ce moment, mon deux cent dix-neuvième cours. C’est avec les élèves de mes premiers cours publics de 1849, (^ue j’ai constitué la Société chorale de l’École Galin-Paris-Chcvé, qui, dans ses quatorze années d’existence, a donné cent quatre-vingt dix-sept séances publiques. C’est elle qui, au Concours de Paris — en 1833 — a fait reculer toutes les Sociétés chorales françaises et étrangères et tous les Conservatoires, sur le triple terrain de la lecture à première vue, de Vécrilure sous la dictée, et de la transposition crite sur toutes les clés et dans tous les tons-, c’est encore elle qui a publié le Répertoire des chœurs de l'École, riche déjà de plus de seize cents pages grand in-octavo.
Aux ouvrages publiés en commun avec Madame Émile Chevé, j’ai ajouté un volume de 800 Duos (1) et un de 600 airs, pour servir d’éléments de lecture et de dictée dans les cours. — Je passe sous silence la longue et si pénible polémique qu’il nous a lallu subir, — je dis : subir, puisque je n’ai jamais été l’agresseur, — et qui fait, à elle seule, un très-gros volume.
Tel est l’apport de chacun de nous aux travaux de Galin ; voilà pourquoi nous avons osé joindre nos noms à celui de notre vénéré Maître; nous voulions encore nous réserver le droit de sauvegarder son œuvre de la rapacité des plagiaires et desconlrefaetours,.ccs harpies de nos sociétés modernes. — J’ajoute que, à ma connaissance, personne encore, français ou étranger, n’a ajouté une idée ou un exercice à la somme des travaux qui constituent, aujourd’hui, la Méthode Galin-Paris-Chevé. Cette méthode est donc exclusivement française, chose rare dans les grandes découvertes, où toutes les nations apportent, plus ou moins, leur contingent de travail : ici, tout est Français!.. C’est peut-être pour cela que certaines personnes repoussent quand même une idée qui ne porte point encore l’eslarapille étrangère!... Il est bon de ne pas tomber dans le chauvinisme-, mais il est mal dé n’avoir plus à cœur l'honneur national !...
Terminons cet historique abrégé, en indiquant les principales conquêtes de l’École nouvelle, dans le cours de ces vingt dernières années.
(l) Mon fils, 4mand Chevé, a fait environ 300 des 800 secondes parties deï ces 800 Ouosi il de plus fait trois ou quatre premières parties.
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De 1844 à 1848, ont parn les ouvrages qui, après le livre de Galin, ont fourni ttnft les moyens de propagation : les outils du travail étaient, en effet, la première choie à conquérir : à créer...
En 1847, conversion, 5 nos idées, de la moitié des professeurs officiels des écoles communales de la ville de Paris, et d’un grand nombre de musiciens distingués. Je dois à la vérité de dire que MM. A. Tbys et J. Rondonneau sont les premiers musiciens qui soient venus étudier la méthode nouvelle: ils l’ont adoptée depuis 1847.
En 1841), l'Association Polytechnique adopte la méthode, et me prie de faire un de ses cours-, M. Magin-Marrens, maire-adjoint du XI* arrondissement, me demande d’ouvrir un cours à l’École de Médecine. Ces grands cours exercèrent une action puissante sur l’opinion publ que, et causèrent l’abandon, par les adultes, de presque toutes les Écoles officielles du soir.
En 1849, adoption officielle de la Méthode pour toutes les écoles communale* de la ville de Rouen, par suite d’un concours dans lequel les élèves de M. Aimé Part* prouvèrent leur grande supériorité sur ceux de la méthode usuelle.
En 1850, fondation de la Société chorale de l’École, qui, sur son terrain, chan~ ter, lire à première vue, écrire sous la dictée, a fait une immense propagande et un très-grand nombre de conversions et de prosélytes.
En 1852, la Méthode avait déjà fait assez.de progrès, pour qu’un jury, pris exclusivement dans l École officielle, voulût bien, sur ma demande, organiser un concours inteinational, auquel il appela toutes les Sociétés chorales françaises et étrangères et toutes les Écoles de musique.
Le jury était composé de MM. IIectok Berlioz, Président ; Henri Réber, Vice-- Président -, T.\jan-Rogé et Ai.lyre Bl p.eaü, ScmVai'rcs ; A Elvvart, A. Thys, Aimé Maillakt, Edmond Memkrée, Émile Prcdent, F. Dklsarte, Félicien David, Feudlnano Hiller, F. Seghkrs, G. Meyerbeer, Gustave IIèqi'et, Henri Blanchard, J. Armixcaüd, Kastner, Jacques Offexbacu, L. Besozzi, Léon Kreutzer, L. Massarï, Louis Lacombk, Lefébure-Wely, Meifrfd, Rosenhain, Th. Gouvy, Th. Schloesser, Tilmant aîné, Vieüxtemps, Victor Massé.
Le programme des épreuves du Concours fut ainsi fixé par le jury, qui le fit publier dans plus de deux cents journaux, et l’envoya à toutes les Sociétés chorales dont il put avoir le nom :
« Première épreuve. Exécution de trois chœurs, appris à loisir.
« Deuxième épreuve. Exécution d’un chœur inédit, composé exprès pour la circonstance, le même pour tous les concurrents, et qui ne leur sera délivré pour l’étude que vingt-quatre heures avant l’exécution publique. Ce chœur sera fourni par le jury.
« 1 roidéme épreuve. Lecture à première vue, en solfiant, d’un chœur inédit, composé exprès pour la (ircoiislaiice, le meme pour tous les concurrents, et qui leur sera délivré séance tenante. Ce chœur sera fourni par le jury. Chaque Société lira sur récriture qui lui conviendia le mieux.
« Quatrième épreuve. Ecrire un air sous la dictée. Cet air, inédit, fourni par la jury, cl le même jiour tous les concurrents, sera vocalisé à chaque société par son directeur. Chacun des membres de chaque société sera tenu de livrer, au jury, sa copie écrite sur celle des huit clés et dans celui des quinze tous qui lui seront imposés pur le jury, »
Bien que le jury tout entier fût pris dans l’Éco’e dont tious venions combattre les pr;ncii es, personne do l’ani-icnne École ne se présenta, malgré les instance» réitérée* du jury! Et la Société chorale de l'école Galin-Paris-Cbevé osa seule i ' lùuter e»
programme, alors sans précédent, et encore aujourd’hui sans imitateur. Les expériences furent subies par elle, le 12 juin 1853, à la salle Sainte-Cécile, en présence de quinze cents personnes. Le résultat fut tel, que le jury, à V unanimité, Gt la déclaration suivante : « La Société chorale dirigée par M. Émile Chevé a subi, d’une « manière satisfaisante, les épreuves imposée par le réglement. »
Pour la première fois, une masse de cent quatre-vingts personnes, non musiciennes de profession, avait lu à première vue, en public; avait pris, à l’audition, une dictée musicale vocalisée, et avait écrit cette dictée sur toutes les clés et dans tous les tons!
Ce Concours fut un coup terrible pour la vieille école, qui n’a pas encore osé venir écrire sous la dictée et qui s’essaie — à peine — à la lecture à première vue.
A la suite du Concours de Paris, M. le ministre de la Guerre, me conGa, sur la demande du commandant d’Argy, l’éducation musicale des élèves-militaires du Gymnase normal de la Faisanderie. — Deux expériences successives furent faites sur deux séries différentes d’élèves. — L’année révolue, et les deux expériences reconnues concluantes, la méthode fut déGnitivement adoptée dans l’établissement, et le cours conGé à M. le capitaine de Feraudy, qui, devenu directeur de l'École, s’est fait suppléer par M. le lieutenant Vigneaux. — Elle fait partie du programme ofGciel, et, chaque année, plus de deux cents élèves, ofGciers, sous-ofGciers ou caporaux, vont porter, dans tous les régiments de l’armée, les connaissances musicales qu’ils ont acquises au Gymnase et que plusieurs professent à leur tour.
1857. La Méthode est introduite à l’École Normale supérieure et à l’École prépararatoire de Sainte-Barbe.
1858. La Méthode est introduite à l’École Polytechnique.
1858. M. le comte Sollohub, chambellan de l’empereur de Russie, chargé d’étudier la question de l’enseignement musical en Allemagne, en Italie, en France, etc., adopte, après mùr examen, la Méthode Galin-Paris-Chevé pour la Russie. Appelé par le gouvernement russe, des circonstances particulières m’ont retenu en France.
1859. Vingt membres de notre Société chorale forment, sous la direction de mon Gis, Amand Chevé, la Chapelle Russe, qui devient une chapelle modèle.
1859. La fondation de l’Opinion Nationale fut une chose heureuse pour l’École ; Dès 1851, M. Adolphe Guéroult avait suivi mes cours; en 1858, M. Alexis Azevedo fut gagné à l’École par la lecture de la Méthode. Tous deux nous ont prêté, dans leur journal, un appui constant. M. Azevedo, surtout, par ses fonctions spéciales, n’a cessé depuis six ans, et ne cesse chaque jour de nous prouver toute sa conviction et tout son bon vouloir à l’endroit de la méthode. MM. About et Sarcey ont fait de même.
1859. M. le duc de Morny, gagné à nos idées, forme une Société de patronage pour la propagation de la Méthode Galin-Paris-Chevé. Ce comité est ainsi composé : Son Excellence M. le duc de , président-, MM. Rossini, le prince Poniatowski, viceprésidents-, le comte Olympe Aguado, le comte Onésime Aguado, Arlès-Dufour, le général de Courtigis, Gevaert, Félicien David, le baron Dubois, Lefébure-Wély, Magin-Marrens, Edmond Membrée, le comte Joachim Murat, Offenbach, Ravaisson, Ernest l’Épine, secrétaire.
La création du Comité de patronage Gt une telle impression sur l’opinion publique, que vingt-trois personnes considérables (1), sentant qu’il y avait péril en la demeure
(1) Les signataires de la brochure étaient : MM. Auber, Carafa, Clapisson. Ermei, Victor Foucher, Casimir Gide. Charles Gounod. F. HaHévy. Jomard, Général Mellinet, Edouard Monnais, Niedermeyer, Edouard Rodrigues, Ambroise Thomas. Varcollier, Berlioz, Dietsch, Georges Kastner, J. P’Ortigue, Pasdeloup, Bazin, Verdy, Meyerbeer.
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et pensant entraîner cette opinion publique, qui tournait contre leur système, se réunirent pour publier en commun une brochure contre la Méthode et contre moi.
Le Comité de patronage, trouvant sa responsabilité engagée, crut devoir répondre, et adressa aux vingt-trois signataires les trois propositions suivantes :
« 1® Que chaque école expose scientifiquement au tableau, ses principes et ses « moyens d’action ;
« 2* Que des expériences pratiques et comparatives soient faites sur les résultats « déjà obtenus de part et d’autre;
« 3® Que deux expériences parallèles, sur deux masses tout à fait étrangères à la « musique, soient tentées; l’une, sous la direction de MM. Pasdeloup et Bazin, direc- « teur de l’Orphéon, ou de toute autre personne qu’il plaira aux signataires de la « brochure de désigner; l’autre, sous la direction de M. Chevé. Ces trois expériences « faites, on saura définitivement à quoi s'en tenir, et une fois édifié, on cessera, de K part et d’autre, une polémique inutile et indigne de l’art.
« Les uns et les autres nous cherchons la vérité, nous la trouverons mieux ensemble.»
MM. les vingt-trois défenseurs du passé n’acceptèrent pas... La raison, la justice, la lumière : ce n’était pas ce qu’ils cherchaient...
Sous les auspices du Comité de patronage ont eu lieu (1860 et 1861) trois grandes séances au cirque Napoléon et une séance expérimentale au lycée Louis-le-Grand, qui eurent un grand retentissement. C’est à l’une de ces séances que M. Rouland, ministre de l’instruction, pressant publiquement ma main dans les siennes, me dit avec énergie : « Courage, M. Chevé, courage ! »
Le Comité de patronage a organisé, dans ses salons, des expositions de la Méthode pour les gens du monde et les artistes -, un cours normal pour les professeurs ; il a ouvert à Paris plusieurs cours publics dont le premier fut confié à mon fils, Araand Chevé. Il donne son appui moral aux professeurs de province qui le réclament. — L’École doit une profonde reconnaissance à tous ces hommes bienveillants qui l’ont spontanément prise sous leur patronage. Je remercie en particulier M. Ernest l’Épine, qui, en sa qualité de secrétaire du Comité, en a été l’âme, et a dù subir tous les ennuis, tous les dérangements inévitables en pareille occurrence. Pour ma part, je lui en ai suscité beaucoup.
4861. Par les soins de M. le pasteur Montandon, la ville de Genève me confie les écoles de musique pendant un mois, puis elle adopte la Méthode pour tout le canton. L’année suivante le conseil d’État me donne l’inspection de ses écoles.
1861. Le ministre de l’Instruction publique, M. Rouland, me charge d’expérimenter la Méthode à l’École normale de Versailles.
1861. SurlerapportdeM. l’Inspecteur-Général deCourtigis, le ministre de la guerre, M. le Maréchal Randon, me charge d’enseigner la Méthode à l’École militaire deSt-Cyr.
1861. L’Athénée des Arts nous décerne une médaille en or.
1861. La Méthode est rendue obligatoire au Prytanée militaire de La Flèche; l’enseignement en est confié à M. le lieutenant Auvigne, élève du cours de la Faisanderie.
1861. La Méthode est introduite à Haïti, par M. Sicard.
1861. Un Comité de patronage se fonde à Toulouse pour la propagation de la Méthode Galin-Paris-Chevé, dont l’enseignement est confiée à M. Montlezun.
1862. La Méthode obtient la médaille unique de sa classe à l’Exposition universelle de Londres.
1862. Le Consistoire de Genève adopte la Méthode pour le chant sacré.
XXlUll —
4862. Le ministre de l’Instruction publique, M. Rouland, me donne le titre dt chargé de cours à l'École normale supérieure, cl décide que la Métliode sera désormais seule enseignée à l’École normale de Versailles.
48G3. Le ministre de rin>lmetion publique, M. Duruy, me confie l’enseignement musiial du lycée Louis-le-Grand, dottl quatre cent c nquanlc internes, sur huit ecnls, ont suivi mes cours de première année.
48G5. M. le maréclial H indou, ministre de la guerre, me confère le titre officiel de professeur de musique vocale dans les Écoles impériales Polytechnique cl spéciale militaire de Saint-Cyr.
48G3. Le Congrès scientifique de Chambéry émet le vœu que la Méthode Gulio- Paris-Chevé soit adoptée partout pour léchant religieux et pour le chant profane.
18Gi. Une cinquantaine d’eleves de l'École de Paiis, sous la direction de mon fils, SC présentent pour la première fois dans les concours d'Orphéon et obtiennent quatre premiers prix en quinze jours ;
Le 8 mai, à Saint-Denis, en troisième division.
Le 15 mai, à Melun, en deuxième division.
Le 22 mai, à Lyon, en première division. — Plus le prix de lecture à première vue.
Le 19 juin, les élèves militaires de l'Ecole de gymnastique se présentent au concours d’Orphéon, à Villejuif et obtient le 1" prix de leur division.
Un grand progrès à signaler est l’application de la méthode aux cours d’instruments. Toute l École de Paris connait les beaux résultats qu'obtient Mlle Eudoxie Alliv dans ses cours de piano, de l’emploi des exercices de Mme Émile Glievc et de la langue des durées de M.Aimé Paris- tout Genève connaît les résultats obtenus par M. Grasset, qui applique les n.cmcs moyens à l’étude des instruments en cuivre. Mon (ils Amand Chevé, SC sert également de la Méthode dans ses cours d’harmonie, cl l’aiiplique à rinsirumont sur ses élèves particuliers, comme le fait depuis longtemps M. Drouet, dans la .Meurihe.
L’École a aujourd’hui plus, de cent prolès>eurs avoués en province, sans compter ceux, très-nombreux, qui sont à Paris. — Elle en a beaucoup à l’étranger et jusqu’en Chine.
La Méthode est cn>cigncc dans beaucoup de régiments et à bord de beaucoup de nos bâtiments de guerre.
La Méthode a été traduite en allemand en 1860, par M. Stahl.
Paris, Caen, Strasbourg, Lausanne, possèJent le matériel nécessaire pour imprimer la musique en chiil’res, et en éditent beaucoup. — Un éditeur de Paris a commencé à éditer des chœurs en chiffres.
Des plagiaires et des contrefacteurs surgissent de tous-côlés, preuve qu'ils trouvent bons les travaux d )nt ils s’emparent.
Enfin, depuis 1849, l’Écoje a pu user, plus ou moins, de la presse périodique.
En 1850, elle avait le Franc-Juge, créé à Rouen par M. Aimé Paris, et la Musique, journal hebdomadaire de Paiis, publiait mes Lettres sur la Musique.
En 1834, le Itouennais, remplai é en 185G par la lîcform > musicale, furent mis par leur propriétaire-gérant, M. Roger, à la disposition de ['École. M. Louis Roger, qui appartenait à l’ancienne école, s’est converti à la nôtre, au point d’avoir fait de son journal le Moniteur officiel de l’École Galin-Paris-Ghevé.
Paris, 2'2 juin 1864 .
ÉMILE CHEVÉ
EXPLICATIONS INDISPENSABLES