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CHAPITRE TROISIEME

DE r.A GAMME DIATONIQUE MAJEURE ET DE LA GÉNÉRATION DES TONS MAJEURS.

On donne le nom de gamme diatonique majeure, on simplement gamme majeure, à l’air type ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut, qui a servi de base à tout notre système musical. Pour nous en faire une idée nette, écrivons-la en ligne verticale, en employant un espace plus grand pour les secondes majeures et un espace moindre pour les secondes mineures; mais sans rien préjuger, d’ailleurs, comme je l’ai déjà dit, du rapport qui existe entre une seconde majeure et une mineure.

Seconde majeure.

Seconde majeure.

Seconde majeure.

Seconde majeure.

Seconde majeure.

y I Seconde mineure.

I Seconde mineure*

Cette échelle nous montre la disposition des secondes majeures et des mineures dans la gamme. On voit que cet air commence par deux secondes ma-

jenres ut-rê of ré-mi , auxquelles succède une sec«Yrtu** tnmmrc mi-fa : puis viennent les trois aufrcs secondes majeures fa-sol, sol la et la-si, stirmon- Vs de la dernière seconde mineure si-üt. (Vérifiez. J

Une observation très - importante se présente ici. Ces divers dcfïrès de /échelle n’indiquent point des sons déterminés, absolus, provenant d’un nombre de vibrations toujours le môme : ils expriment simplement des rapport», des intervalles entre un premier son, pris arbitrairement à une hauteur quelconque et que l’on appelle ut, et d’autres sons désignés par les mots ré, mi fa, SOL, la, si, ut. Mais ces rapports, ces intervalles sont constants, invariables; c’est-à-dire, que l’uT peut Ôtre pris à une hauteur quelconque; mais une fois Put déterminé, tous les autres sons se trouvent aussi déterminés d’une manière invariable, puisque le ré doit faire avec Put une seconde majeure; le mi une tierce majeure; le f.a une quarte mineure; le sol une quinte majeure; le la une sixte majeure; le si une septième majeure, et Put aigu une octave. (Vérifiez,en cherchant les intervalles que je viens de nommer,dans le tableau général des intervalles , p. 208 et 209.) En un mot , fixez la hauteur de l’ux, tout le reste sera déterminé ; chaque note représentera un son en rapport fixe d’intervalle avec Put.

Il résulte de là : 1® Que le son principal dans une gamme est le son attribué à Put, puisqu’il sert de point de départ, de mesure, à tous les autres; 2” que chacun des autres sons remplit dans la gamme une fonction spéciale, distincte, qui n’appartient qu’à lui ; ainsi, le ré seul fait seconde majeure avec Put de départ, le mi seul fait tierce majeure, le fa quarte mineure, etc,, et ainsi de chacun des autres.

Pour rendre plus frappant le rôle que chacune des notes remplit dans la gamme, on a nommé chacune d’elles de manière à rappeler en quelque sorte la position qu’elle affecte ou la fonction qu’elle remplit. Ainsi :

L’uT, étant la base de la gamme , le son qui sert de mesure à tous les autres, celui qui donne le ton pour les prendre, a reçu le nom de tonique;

Le sol, étant le plus aigu des sons harmoniques fournis par une corde vibrante, celui qui domine les deux autres, a été nommé dominante :

Le MI, dans l’accord harmonique, étant placé entre Put et le sol, au milieu du groupe, a été nommé médiante ;

Enfin, le si, ayant une tendance marquée à se rapprocher de Put placé audessus de lui, a été regardé comme sentant en quelque sorte cet ut, ce qui lui a valu le nom de sensible.

Tels sont les noms donnés aux quatre notes impaires de la gamme ; i" ou tonique; 3* ou médiante; 5* ou dominante; ou sensible. Quant aux notes qui forment intervalle pair avec la base , le ré, le fa, le la, elles on/ reçu le nom de la note plac^ immédiatement au dessus d’elles. Ainsi :

Le RÉ, placé sous la méâiante , est appelé sotis-'sTfDiANTE. iie FA, placé sous la dominante, est appelé sous-dominante.

Le LA, placé sous la sensible, est appelé sous-sensirle.

Nous dirons donc que chacune des notes de la gamme a une 'propriété particulière', l’UT sert de point de départ à toutes les autres, et chacune des autres notes fait avec l’ux un intervalle déterminé , invariable. Mettons en relief les noms de propriété des notes de la gamme.

Notes impaires.

Sensible.

Sous-sensible.

Dominante.

Sous-dominante.

Médiante.

Sous-médiante.

Tonique.

D’après ce que je viens de dire, on voit que notre gamme est un air invariable, quant à la disposition des intervalles qui le constituent ; mais que la tonique peut représenter le premier son venu Or, on a dû chercher le moyen de pouvoir à volonté prendre cette tonique à une hauteur déterminée, en rapport avec le caractère de la musique, et avec le diapason de la voix ou de l’instrument appelé à la chanter. Il a donc fallu convenir d’un son unité, d’un son qui, ne variant point, servît de terme de comparaison h tous les autres et permît à l’auteur de dire : Prenez pour tonique un son qui fasse, à l’aigu ou au grave, tel intervalle avec le son -unité Ce son- unité, on n’a pu le prendre dans la nature, puisque nous n’avons pu encore y découvrir de son flxe, absolu-, il a donc fallu créer un instrunnent qui pût le donner à volonté. Cet instrument, nommé diapason (1), est une espèce de petite pince en acier trempé, dont les branches, mises en vibration par un écartement forcé, produisent un son que l’on appelle LA ; c’est ce LA qui sert à prendre, soit en montant, soit en descendant, le son

(1) Ce mot a plusieurs sip;nifications : 1® Pour les anciens , il désignait la consonnance de l’octave ; 2® il signifie certaines tables où sont marquées les mesures des instruments et de toutes leurs parties (Rousseau); 3° il signifie encore l’e'tendue d’une voix ou d’un in- «trumenti il signifie enfin l’instriim'nt qui sert aujourd’liui à prendre le ton.

que 1 auteur a fixé comme tonique. Ainsi, le la étant supposé un son fixe, inva* riable, l’auteur peut dire : prenez pour tonique la seconde, la tierce, la quarte, etc., majeure ou mineure, au-dessus ou au-dessous du la. Le son qui forme avec le la rintervalle fixé par l’auteur étant une fois obtenu, on le prend pour tonique, en le nommant ut, et les autres noies de la gamme se trouvent par cela môme déterminées. C’est-à-dire que notre instrument musical ayant la faculté de prendre le son ionique à la hauteur que l’on veut (dans les limites de son étendue), nous appliquons toujours à ce son le nom d’uT, bien que ce ne soit pas celui que le diapason lui donne.

Mais les instruments de musique créés par nous , étant beaucoup moins parfaits que celui dont nous a dotés la nature, ne peuvent pas, comme notre larynx, prendre l’UTà une hauteur quelconque. Les sons chez eux sont produits par la vibration de cordes fixes ou de tubes déterminés , de sorte qu’on ne peut les faire ni plus aigus ni plus graves que ne les donne la corde ou le tube. 11 en est résulté que quand la propriété de tonique a été dévolue à un autre son qu’à l’uT du diapason, au ré , par exemple , ce ré, formant tierce mineure avec le fa, qui se trouve occuper la place de médianle dans la gamme commençant par RÉ, et la médiante devant faire tierce majeure avec la tonique, le fa n’a pu être la médiante du ré. Il faut donc, en commençant la gamme par le ré, éliminer

le FA, et le remplacer par un son plus aigu que lui, et qui fasse avec le ré une tierce majeure , comme doit faire la médiante avec la tonique; il faudra aussi que l’uT, devenu sensible quand le RÉ est tonique, soit remplacé par un son plus aigu, et qui fasse avec le ré une seconde mineure pareille à celle que le si fait avec Tut, quand I’ut est tonique. Ces deux changements peuvent seuls rendre l’air qui commence par le ré pareil à celui qui commence par Tut, c’est-à-dire à notre gamme type. (Vérifiez sur la colonne à droite.)

Ce que je viens de dire du bê pris pour tonique, pouvant s’appliquer à chacune des autres notes désignées par le diapason pour remplir la même fonction , un problème important se présente ici; le voici : une autre note que I’üt étant prise ])Our tonique, construire sur celte nouvelle ïom'çue une gamme parfaitement semblable à la gamme modèle d’uT, c’est-à-dire constituée comme elle par la succession de deux secondes majeures, une seconde mineure, trois secondes majeures et une seconde mineure.

Keprenons l’échelle d’uT, et remarquons d’abord que les deux tétracordes (1) BT, RÉ, Ml, FA et SOL , LA , SI , üT sont parfaitement égaux, puisque chacun d’eux

\‘*) f ftracordc, quatre cordes, qtiatre notes, air de quatre notes par degrés conjoints.

est formé de deux secondes majeures surmontées d’une se- 4 conde mineure. (Vérifiez.) On peut donc écrire le tétracorde 3 inférieur à côté du supérieur, et réciproquement; c’est-à-dire écrire dans le premier cas, le fa à côté de la tonique aiguë; et, dans le second, écrire le sol à côté de la tonique grave, comme le montre l’exemple ci-contre. Des deux côtés, on a le même air.

Prenons d’abord le cas dans lequel le tétracorde supérieur SOL, LA, SI, UT, étant placé à côté de l’inférieur, la dominante SOL se trouve prise pour tonique; et achevons la gamme de sol, en observant les distances convenues pour les secondes majeures et pour les secondes mineures.

Le SOL étant tonique, chacun des autres sons de la gamme d'uT peut-il remplir le nouveau rôle que lui assigne sa place dans la nouvelle gamme. En d’autres termes, la distribution des secondes majeures et des secondes mineures est-elle la même dans les deux gammes d’uT et de sol?

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