‹ Méthode élémentaire de plain-chant, à l'usage des séminaires, des chantres et organistesChapitre 36 sur 37 · S XIV · texte numérisé non relu

S XIV

De l'émission de la voix et de la proiiouciatioii des paroles

daus le eliaiit.

l/iO. L'émission de la voix, dans la vaste enceinte d'une église, doit se faire d'une manière puissante et soutenue, ayant soin de respirer sans précipitation, après chaque repos indiqué dans le livre de chant , ou après la fin d'un mot, si la période est trop longue pour être fournie par une seule respiration. La bouche doit être bien ouverte, sans grimacer ni changer sa position naturelle, et le chantre doit s'attacher à donner tout ce qu'il a de volume de son , mais sans forcer sa voix, qui ne résisterait pas à des efforts constants.

\kl. Le son ne doit prendre ni le caractère guttural , ni le nasal, mais doit venir directement de la poitrine, et se projeter de l' arrière-bouche aux lèvres.

1U2. Une bonne prononciation aide beaucoup à l'émission d'une bonne sonorité de la voix; c'est pourcpioiil est bon de s'exercer d'abord à cette prononciation , en choisissant dans le Graduel et dans l'Antiphonaire les chants les plus syllabiques et les moins chargés dénotes, et prononçant d'abord les consonnes avec une sorte d'affectation , qui disparaîtra plus tard, mais qui donnera beaucoup de netteté à l'exécution.

1^3. A regard des chants qui ont plusieurs notes sur une seule syllabe, celle-ci doit être prononcée avec l'émission du son de la première note , ayant soin d'éviter que le son ne se dénature et ne donne un caractère nasal aux syllabes qui se terminent par m ou n^ défaut qui pourrait se reproduire fréquemment en France , ou le mau-

vais système de pronoiicialion de la langue latine multiplie les syllabes sourdes et nasales.

l/i^. Dans l'articulation de plusieurs notes sur une syllabe, les sons doivent ôtre liés, et l'on doit éviter de les saccader avec affectation.

Les défauts que je conseille ici d'éviter sont précisément ceux qui rendent l'exécution du plain-cliant si grossière et barbare dans la plupart des églises.

U5. Ajoutons une dernière observation. Les chants plus ou moins développés distinguent les jours solennels des simples fériés ; cela se remarque particulièrement dans les Kyrie, Gloria, Sanctiis et Agmis Dei des messes, qui sont très-courts dans les fériés simples. Les chantres ont l'habitude d'abréger encore la durée de ceux-ci par la rapidité du chant, par le motif que le salaire est ordinairement proportionné à la solennité de l'office : quelquefois cette rapidité, jointe à l'air de préoccupation et d'ennui des chantres , va jusqu'à l'indécence. Un pareil abus doit être sévèrement banni du chant de l'office divin.

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