‹ Méthode élémentaire de plain-chant, à l'usage des séminaires, des chantres et organistesChapitre 35 sur 37 · V. Qu-ia a- pud te pro- pi- ti- a ti- o · texte numérisé non relu

V. Qu-ia a- pud te pro- pi- ti- a ti- o

est^ et prop-

ter le- gem

tu- am

susti-

nui- te

p=^g|-^Bgg-BF^»BgB|g^^»BRi^

Do- mi-ne.

Quiconque aura étudié avec soin , dans les §§ V et VI de cette méthode, la théorie de la tonalité du plain-chant , reconnaîtra sans peine le huitième ton dans ce fragment.

ait. Je D'ai rien dit des Kyrie et Gloria des messes, parce qu'ils se trouvent dans tous les Graduels , et parce que c'est la partie du chant romain qui a subi le moins d'altération. La tonalité en est bien décidée et ne laisse point de doute, lorsqu'on a connaissance des lois de cette tonalité.

Les livres de chant ne diffèrent pour ces parties de l'office que dans leur emploi : ainsi , telle messe qui est en usage dans certaines localités pour les solennels majeurs, est chantée dans telle autre aux solennels mineurs , ou même aux doubles; la messe des doubles est aussi quelquefois employée pour la messe des anges , etc.

115. Les proses, appelées séquences dans le chant romain, sont d'un usage moins fréquent dans ce chant que dans le parisien, où l'on en a admis plusieurs modernes à temps rhylhraés.

Les proses se chantent immédiatement avant l'Évangile. Il y en a de plusieurs espèces : la plus simple est celle qui n'a qu'un seul chant qui se répète sur tous les versets; telle est celle des vêpres de la Vierge {Stabat Mater), dont le chant, à longues notes et h temps égaux , scande les paroles comme des spondées , excepté h la fin de chaque division de strophe. En voici le commencement :

'Br^"g~[z":zz-*~'~»ijzj

stabat Mater do-lo-ro-sa Juxta crucem lacrymo-sa, dum pendebat

:eh=*:

iii4z»3

Fi' li-us. Cujus a- nimam gementem, contristatam et dolentem per-

BI=z5lMZt:5MgI*IH

iransi-vit gla-di-us, etc.

La seconde espèce de proses ou séquences est celle qui se compose de deux ou trois phrases de chant, dont chacune se répète alternativement deux fois. Telle est la prose de la messe des morts {Dies irœ), telle est celle des vêpres du Saint-Sacrement Lan (la, Sio7i). Elle se chante aussi à temps égaux et longs.

La prose de la messe de Pâques ( Victimœ paschali laudes) , qui appartient à cette espèce, y introduit pourtant une variété, en ce que la première phrase n'y est point répétée, et en ce qu'elle n'est pas absolument syllabique, car on y trouve quelques notes liées sur une seule syllabe.

La troisième sorte de prose est celle dont les paroles sont rhythmées par des longues et brèves alternatives , comme celle du dimanche de la Pentecôte, dont voici le commencement :

Ye-nl sanctc Spi-ri-tus, et c-mlt- le cœ- li- lus lucis tu-œ

• Il y a beaucoup de versions difTOrcnlcs du chant de celle Prose dans les divTSCs édilions de Graduels 3 celles de la plupart des éditions françaises porlcnl :

iJt

Ye-ni sancte Spi- ri-lus, et e-mit-te cœ- li-tus, lu-cis lu-aB

ra- (li-uiiî.

mais jamais les chants composés d'après une bonne théorie de la lonalilé n'ont pré enté d'exemple du saut de sixie majeure marquée de l'asUrisquc *.

Le Graduel de Rouen (Paris, Fr. R<'gnault, 1536, in-4") fournil une leçon de cette pro-^e qui parait préférable, pour la régularité du rhylhme, à toutes les autres versions, et que je n'ai trouvée que là, ou dans les anciens livres ; la voici ;

ife*:

Ye-ni sancte Spi-ri-tus, et e-mit-te cœ- li-tus lucis tu-œ

ra- di-um.

Les prétendus réformateurs du chant parisien ont adopté une partie de ce rhythme, mais en y intercalant une intonation du plus mauvais goût, que voici :

-*♦-♦ **gMS

Ye-ni sancte Spi- ri- tus,

ir»:

et e-rait- le cœ- li- tus lu-cis

fei

tu- œ ra- di-um,

i^niï

ra- dium. Ve-ni Pater pau-peruip, ve-ui da-tor mu- ncrum, ve

JE

ni lumen cor- dium. Conso-la-lor op-ti-me, dulcis hos-pes a- ni-

niae, dulce re-fri- ge- n-um,ctc.

Cette prose n'existe pasdans l'ancienne messe de la Pentecôte : les Missels des dixième et onzième siècles n'ont avant l'Évangile que Vallelida avec son verset : Veni sancie spi^ ritus , repte Uiorum corda fulclinm , etluiamoris ineisignem accende. C'est évidemment ce verset qui a donne naissance à la séquence. On a trop abusé , dans les livres de chant des églises de France, de l'usage de ces proses rîiytlimées dans le mètre iambique.

116. h' Offertoire ^Q chante après le Credo, et immédiatement après que le célébrant a dit: Doirwms vobiscum , et que le chœur a répondu : Etciim spiritu tiio. V Offertoire, comme Vi?itroït , le graduel, le trait, Vallelida et la communion, sont des pièces particuUères du jour; il faut les chercher dans le Propre du temps , dans le Propre des scnnis , ou dans le Commun des saints, ou enfin dans les Messes votives.

117. Le Smicius et le Benedictus soni la suite, ou plutôt la fm de la Préface : on le chante immédiatement après que le célébrant a achevé celle-ci. Le chant de ces parties de la messe se trouve dans la classe de la messe du jour, grand ou petit solennel , double, semi-double, simple, etc.

118. VAgnus Dci se chante avant la communion , et après que le prêtre ayant dit : Pax Domini sit semper vobiscum, le chœur a répondu : Et cum spiritu tuo. Le chant de cette partie de la messe appartient aussi à l'une des classes qui viennent d'être nommées et se trouve dans le Graduel.

119. La Comimmion doit être entonnée après que le prêtre a dit trois fois en voix parlée : Domine non sum dignus , etc.

120. V Offertoire, le Sanctus, VAgnus et la Communion, sont des chants réguliers qui ne présentent aucune difficulté pour reconnaître le ton.

S xni.

Du eliant des parties fie VOflice du soir et de 1» nuit, ou du matin.

121. V Antiphonaire est divisé comme le Graduel en Prop-e du temps et Commun des saints.

122. Dans les grands Antiphonaires destinés au chœur, on trouvait autrefois le chant

de Matines, de Laudes, de Prime, de Tierce, de Sêxte, de None , de Vêpres et de Coîtipfc, parce que ces offices se chantaient aux différentes heures de la nuit et du jour, particulièrement dans les communautés religieuses d'une institution austère. Ainsi , Matines ou Vigiles se chantaient à minuit ; Laudes au point du jour et avant le lever du soleil ; Prime, dans la première heure du jour, calculée au temps de l'équinoxe, c'est-à-dire à six heures du matin , suivant le système qui fait commencer le jour à minuit ; Tierce était l'office de la troisième heure du jour (neuf heures); ^ej^re l'office de la sixième heure (midi) ; None , l'office de la neuvième heure (trois heures de l'après-midi); Vêpres à la dernière heure du jour, avant le coucher du soleil ; Coniplies, une heure après le coucher du soleil (le jour accompli).

Le relâchement progressif de la règle a fait réunir plusieurs parties des offices de la nuit et du matin en une seule qui s'appelle aujourd'hui les Matines , et celles du soir en une autre qui se nomme les Vêpres; celles-ci sont ordinairement suivies du Salut. Ce sont ces deux grandes divisions qui composent les Heures que tout prêtre est tenu de réciter chaque jour dans son bréviaire.

123. Il faut chercher dans les livres de chant notés l'usage de l'église à laquelle on est attaché pour les Invitaloirc s , Psaumes, Antiennes et hymnes dont se composent les Matines et Vêpres.

12^. Vhivitatoire, dont il vient d'être parlé , est un chant très-court qui précède le psaume Venite, exultemus , et dont le chant particulier se trouve dans les livres notés à l'usage des divers diocèses. Je crois devoir donner ici pour modèle l'invitatoire des Matines des dimanches de l'année , suivi du premier verset du psaume Venite exultemus. conformément au chant romain.

ZH

^in?S^9

Ei^iS— ^ ^e-

A- do-re-

mus Do-

minum. Qui fe- cit nos.

^jE^

Ps. Ve- ni-

>-ff

te, e-xul-te-mus Do- mi-no, Ju-bi-le- mus De-o sa-

iQ e;

lu- ta- ri no.- stro : prae oc-cu-pemus fa- ci- em e- jus in con

[fi:

ra-a-

;i^=si

fes- si- 0- ne , et in psalmis ju- bi- le- mus e-

125. Le chant du psaume Venite , exultemus, etc. , est toujours du même ton que Vinvitatoire; il varie dans les huit tons ; le chant romain en présente même dix variétés qu'on peut voir en entier dans le Directorium chori de Guidetti.

126. Après le psaume on chante l'hymne, qui, depuis l'octave de l'Epiphanie jusqu'au dimanche avant Quadragésime , et depuis le premier dimanche des Calendes

d'octobre jusqu à l'Avent , est : Prinio die guo Trlmtas, etc., et qui, depuis l'octave de la Pentecôte jusqu'aux Calendes d'octobre est : Nocte surgentes , etc.

127. L'hymne est suivi de trois nocturnes composés chacun de trois antiennes et d'autant de psaumes indiqués dans les livres de chant. Ce qu'on a vu précédemment sur la tonalité des antiennes et de la psalmodie renferme tout ce qu'on peut désirer savoir sur ce sujet.

128. A Laudes la première antienne est suirie du psaume : Domimis regtiavit, etc.; la seconde antienne précède le cantique Benedicto omnia opéra Domini Domino, etc. ; enfin, la troisième antienne est suivie du psaume : Laudate Dominumde cœlis, puis de l'hymne, qui, depuis l'octave de l'Epiphanie jusqu'au dimanche avant le Carême et depuis le premier dimanche des Calendes d'octobre jusqu'à l'Avent, est : Mtcrne rennn coiiditor , etc., et qui, depuis l'octave de la Pentecôte jusqu'aux Calendes d'octobre est : Eccejam noctis. Il faut consulter les livres du diocèse.

129. A Prime, après les prières dites par le prêtre, on chante l'hymne : Jam lucis oi'to sidcre , suivi de l'antienne et d'un Répons bref. C'est ici le lieu d'expliquer ce que sont les répons qui se chantent aux heures , et aux vêpres de certains jours solennels.

130. Le Répons, ainsi appelé parce qu'il est précédé dune leçon, se distingue en grand répons et répons bref.

Il y a des répons dans les huit tons du plain-chant.

Le grand répons est divisé en trois parties , dont la première s'appelle proprement répons ; la seconde est le verset ; et la troisième , qui n'est que la reprise du répons, prend le nom de réclame.

Le répons se termine toujours par la finale du ton : cette finale détermine le commencement du verset. Je crois devoir donner ici une table des commencements de C'i5 versets , pour les huit tons, avec la finale du répons de ces tons.

1" ton.

T ton.

S* ton.

^mtà

Finale Commencement Finale Commencement

du répons. du verset. du répons. dn verset.

Finale Commencement

du répons. du verset.

Zi* ton.

5* ton.

fr

rll-

6* ton.

Finale Commencement Finale Commencement

du répons. du veiset. du répons, du verset.

(ou)

Finale du répons.

fes

7* ton.

8* ton.

Commencement Finale Commencement

du verset. du répons, du verset.

(ou)

Finale Commencement du répons. du verset.

Le répons bref a un verset très-court qui est toujours suivi du Gloria Patri du même ton.

131» A Tierce, Sçxte et None , la disposition du chant de Toffice est la même qu'à

Prime, sauf l'hymne , qui varie suivant le ]0\\% Il faut consulter les livres du diocèse.

132. Les Vêpres sont toujours composés de cinq antiennes, dont chacune est suivie d'un psaume du même ton , puis on chante l'hymne du jour.

133. V Hymne est une pièce de chant divisé par strophes ou couplets sur lesquels la mélodie se répète exactement.

Il y a des hymnes pour certains temps de l'année; d'autres pour certaines fêtes communes^ comme Tristes erant Apostoli , du commun des Apôtres, ou Sanctorum meritis , du commun de plusieurs martyrs; enfin, il y a des hymnes spécialement destinées à certaines fêtes, comme \eni Creator des vêpres de la Pentecôte.

13^. Les usages ne sont pas uniformes dans l'église pour les hymnes du temps; ainsi toutes les églises qui suivent le chaut romain ont pour l'hymne des vêpres de tous les dimanches de l'Avent : Creator aime siderum, tandis que le diocèse de Paris a pour le même temps Statuta décréta Dei, dont les paroles différentes sont placées sur le même chant

135. Les hymnes sont une des parties de TAntiphonaire qui ont subi le plus d'altérations. Par exemple , le chant de l'hymne : Creator aime siderum , qui est simple et peu chargé de notes dans le chant romain pur, et qui a pour commencement :

H jg — — ■ — 1.— ■ — ■ | — ^ — ■

Crea-tor aime si-derura, etc.

est plus chargé de notes dans les éditions modernes, où on lit :

Crc-a-tor aime si- derum.

En France , où la manie du chant rhythmé a fait altérer toutes les hymnes et les proses, c'est encore pis, car le chant est défiguré de cette manière :

ir?..« I ♦ ».TiiT*-i-vJ

Cre-a-tor aime sl-deram, SXtx-wz. lux creden-ti-um, Christl Re-

^^Ei

demptor om-ni- ura , E-xau- di preces sup- pllcum , etc.

C'est le chant ainsi dénaturé qui a été placé sur les paroles de Statuta décréta Dei, En cet état de chose le chantre doit consulter l'Antiphonalre de son église.

136. Après l'hymne , on chante l'antienne du Magnificat et ce cantique, puis l'oraison termine les Vêpres, qui sont immédiatement suivie-j de Compiles.

137 Après les prières et leçons, on chante à Compiles l'antienne, puis les psaumes h, 30, 90 et 133, suivis de l'hymne: Te Iticis ante terminum. Après le capitule, on chante le répons bref In vumus, avec son verset et le Gloria Patri , et l'on entonne ensuite le cantique de Siméon ; Aime Dimùiis, etc. Les prières et oraisons terminent les Complies

138. Le Salut j qui suit ordinairement Complies, commence en beaucoup d'églises par une première bénédiction , pendant laquelle on chante les premières strophes de l'hjTime de la Fête - Dieu , Pa?uje lingiia. Vient ensuite l'antienne de la Vierge , du temps. Ces antiennes sont au nombre de quatre. La première. Aima redemptoris mater, se dit depuis l'Avent jusqu'à la Purification ; la seconde , Ave Rcgina cœ/o?7/m /depuis la Purification jusqu'au jeudi saint ; la troisième , Regina cœli, depuis Pâques jusqu'à la Trinité ; enfin, la dernière. Salve Rcgina , depuis la Trinité jusqu'à l'Avent. Il faut consulter, pour l'usage de ces chants, plus ou moins altérés, les livres du diocèse.

139. Après l'Antienne, on dit l'Oraison , puis , en certaines églises, on chante la Prose de la Vierge, Inviolata; dans d'autres, VAve vei^m, puis les répons et antiennes: Sancta et immaculata virginitas; Félix es , Sacra virgo Maria, et Sub tuum prœsidium. Le salut est terminé par la dernière bénédiction, pendant laquelle on chante les dernières strophes de l'hymne de la Fête-Dieu : Tajitnm ergo , et Gcnitori, etc.

L'usage enseignera beaucoup de choses relatives à la pratique du chant dans l'église, trop longues à détailler dans un ouvrage de la nature de celui-ci.

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