BENOIT XIV
contre lui, quand la fameuse apologie de (Jerson vint les forcer à déposer tout à la fois et leur orgueil et leur erreur.
1:2. Ce serait manquer à notre devoir que de ne pas avertir les parents, les tuteurs, tous ceux que cela regarde, ({u'ils sont strictement tenus les dimanches et les fêtes, d'amener à leur paroisse les enfants qui vivent sous leur dépendance, afin qu'ils y reçoivent l'enseignement religieux. Dans les temps primitifs, les parents étaient les seuls maîtres enseignant à leurs enfants ce qu'ils avaient appris de leurs ancêtres, et ce qu'ils tenaient immédiatement de Dieu; cet enseignement simple et pieux, se transmettant de génération en génération, était un précieux patrimoine, et un monument vivant pour la religion : c'est ce que nous apprend le sixième chapitre du Deutéronome : « Ce que je t'ordonne en ce jour se gravera dans ton cœur, et tu le transmettras de bouche à tes enfants. »
En proclamant lui-même sa loi au milieu de nous. Dieu ne laissa pas que d'imposer aux parents l'obligation de l'expliquer soigneusement à leurs enfants : « De même que^ious sommes tenus, dit saint Augustin, de vous instruire dans nos églises, de même vous êtes obligés d'instruire dans
lani iiidignarcntur, ob cclebrem ipsins Gcrsonis apologiani iasUini simul ac scntentiam (Icpoiicre coacli sunt.
li. Miincris noslri ralioni plurimiim déesse videbimiir, iiisi parentes, liitores, cai'terosque, ad quos pcrliiicnt, moncauuis ea nccessaria conditioue obstiictos esse, ut domiiùris t'cstisque dicbus illos, qui sub eoriiin potestate constitiuintur, ad paroclnani adducaut, ubi christiaiiam logeui addiscant. Initio rerum parentes crga libcros magistri oflicio pie ac simpliciter fun-i^ebaiilur, et quon tradita a majoribus acceperant, (juneDeus ipso significavcrat, siinid conjiingentes, in posteros lucc clarissima himina propagabant, alqiie ita rcligionis monumenta, velut patriinoniuni in lilios dimanabant, sicut babetur Deuterononiii c. 6 : « Kruntiiue bœc, qufe ego pneeipio tibi liodie, in corde tuo, et « narrabis ea tiliis tuis. » ^cd postquani Deus populo suo ccrtam le-
VOS maisons ceux qui y vivent sous votre obéissance. » C'est pourquoi, dç nos jours, il est nécessaire pour accomplir un si important devoir que les parents eux-mêmes conduisent leurs enfants à leur propre curé, qui les catéchisera en prenant à cet effet la place et Tobligation des parents, en acceptant sur ce point toute leur responsabilité. Ceux-ci peuvent faire mieux encore, en assistant euxmêmes au catéchisme de leurs entants, en recueillant avec une pieuse avidité les instructions du pasteur dont ils retireront un grand fruit ; car les mystères de notre religion renferment de grandes et sublimes leçons qu'on ne découvre qu'en se familiarisant avec eux par la réflexion etTaudition d'une exposition simple et souvent répétée : d'ailleurs, dans les catéchismes , on enseigne bien des vérités qui surpassent l'intelligence des enfants, dans l'espoir qu'ils les comprendront et les apprécieront plus tard quand ils seront arrivés à la maturité de l'âge.
Saint Augustin disait : « La profondeur des livres élémentaires du chrétien est telle^ que si dès ma première enfance jusqu'à la décrépitude de la vieillesse je n'avais étudié qu'eux seuls avec la plus grande application et sans relâche, j'y trouverais encore chaque jour un nouveau
gem proposuit, parentibus etiam cdixil, ut ipsam libcris suis dilig'enler explicarent : « Quomodo ad nos pertinet (ait S. Augustinus) in (( Kcclcsia loqui vobis, sic ad vos pertinet in doniibus vestris agerc, « ut bonam rationcni reddalis de lis. qui vobis sunt subditi. » Itaquc si boc î^ravissinio prœccpto liberari velint, iilios suos parocbis imbuendos comniiltant. qui loco parentuin destinanfur. Quod si cuni libcris ipsi quoquc parochum in ccclcsia doccnteni audiant, singularem ex ipsius voce doctrina(|uc utiUtatem consequentur. Si((uideni magnum (piiddani ac sublime continent in se religionis nostrœ myste • ria, ut Veritas divino quodam hnnine co niagis detegatur, quo siepius illa in animum ac sernioiieni revocantur. Plurima insuper pueris trathmtur, qUcB tanien ipsi intelligentia complecti; non possunt, nisi cuni ad maturani cetatcm pcrvenerint : « Tanta (inquit S. Augustinus) est « christianorum profunditas litterarum, ut in eis ([uotidic prolicereni, « si cas solas ab ineunte pueritia uscpie ad decrepitani scnectutem,
progrès, iiiic lumière plus vive. Dans tous les mots, comuic dans toutes les idées contenus dans ces livres, il y a, pour celui qui arrive à les saisir, une sagesse si haute, que FÉcriture dit elle-même : L'homme après avoir vieilli et s'être épuisé dans Têtu de commence seulement alors à entrevoir la sublimité de la vérité chrétienne! . .
Ce qui vient d'être dit sur Tobligation, qu'ont tous les rurés, de catéchiser les entants de leurs paroisses, il faut (jue nous le disions aussi du devoir des instituteurs tenus pareillement d'instruire les entants de leurs écoles sur les premières vérités de la toi. C'est ainsi que l'a ordonné le concile de Latran, tenu sous Léon X. Le 17 juillet IG88, l'archevêque de Salonœ Novœ soumettait à l'examen de la sacrée Congrégation des conciles les questions suivantes :
1" Les instituteurs ecclésiastiques dépendants des yoninumes peuvent-ils être contraints d'enseigner le catéchisme aux enfants de leurs écoles?
2° Les instituteurs laïques placés dans les mêmes conditions y sont-ils tenus?
« maximo otio, sumnio studio, ineliori ingcnio conarcr adcUscerc. « Tanta non soluni in \crbis, vcrum etiam in rebuS; quœ intelligen- « dœ sunt, latet altitudo sapientiœ, ut hic contingat, quod Scriptura « quodaiu loco dicit : Cum consumuiaverit homo, tune incipiet. »
Sicut aiitciu de parochis , ita et de ludimagislris statucnduni est, quos a tradenda pucris christiana doctrina liberos et immuncs minime judicanms. kl primuni in Latcranensi synode sub Leone X probatum fuit, ut in cjus apostolicis Litteris explicalur. Archiepiscopus SuloucC novGC die J7 julii au. 1688 sacr. Congr. conc. haec examinanda proposuit.
« r An clericos tam minoruni quam majorum ordinum ad officium « ludimagistri exercendum a communitatibus conductos rogere possit, « ut pueros rudesques scholaros doctrinam christianam edoceant.
« 2o An ad idem cogère possit ludimagistros laicos itidem a com- « munitatibus conductos.
250 lilÉTHODE GÉNÉRALE DE CATÉCHIS.ME.
;^ Peut-on y obliger les instituteurs libres soit laïque^^, soit ecclésiastiques?
1° Quelles peines faudrait-il intliger aux instituteurs qui n^'accompliraient pas ce devoir?
La sacrée Congrégation, par une réponse datée du même jour, décida qu'on pouvait obliger tous les instituteurs indistinctement à enseigner le catéchisme à leurs élèves, et que pour y parvenir il fallait tout d'abord user des exhortations et ensuite des ordres même les plus formels. Souvent déjà nous avons mis en avant le décret par lequel Clément XI oblige les instituteurs à enseigner le catéchisme ; nous voulons et nous exigeons à cette fin que les examinateurs chargés de prononcer sur Tadmission des candidats n'admettent aucun professeur avant d'avoir la preuve qu'il possède la science compétente pour enseigner avec succès les vérités principales de la foi.
De| visiteurs nommés par nous inspecteront toutes les écoles, pour s'assurer, par des apparitions imprévues, et en se rendant un compte exact de chaque chose, si les maîtres exécutent nos ordres sur ce point, et pour les y contraindre par des peines dans le cas où ils s'obstineraient à nous résister
« 30 An ad idem cogère possit ludimagistro?, sivc cleriio?, sive lai- « cos a nemine conductos.
« 40 Qua pœna prœfatos ludimagistros cogère possit. » Ouibus eodem die eodemque aniio hsec brcviter sacr. Congrcg. re«pondit : « Posse prius hortando, et dcinde prœcipiendo. » Ob hanc caiisam Clemens XF, eo decreto, quod non scmcl in médium adduximus, ludimagistris eam conditionem imponit, ut pueros cliristiatiam Icgem cdoceant, quod nos ctiani pra?cipimus, et volumus, ut, qui ludimagistris cxaminandis prjppositi suut , nullum prorsus adniittant, nisi prius in illis omnibus, qua; ad (idem, ac religioncm pertinent, se penitus instructos pcritosque certe probavcrint. NonnuUos eli'^euius, qui scliolas repente invisant, ac seduSo explorent, utrum rem diligenter pcrficiant, ut justa detrectantes, meritis pœnis coerceamus
EXTRAIT