‹ Methode generale du catichisme v.2Chapitre 6 sur 65 · M. BULUOiX · texte numérisé non relu

M. BULUOiX

qu'on lui aura prêté, s'il vient à mourir par sa laute. Eli! que pensons-nous que fera la justice de Dieu, si une ànie est (Uunnée par la faute de son pasteur? Mon Dieu! si nous savions bien regarder les choses dans la luniièi'c divine, nous verrions très-clairement que d'avoir une seule àme s-ous sa cliaige, est plus que si Ton était chargé du gouvernement de tout le monde. Ah ! si les pasteurs entendaient bien cette vérité, lorsqu'ils disent qu'ils ont peu de charge, parce que le nombre de leurs paroissiens est petit! Un Dieu fait homme nous l'a fait bien entendre, lorsque, tout Dieu qu'il est, il s'arrête à une fenmie pour l'instruire des vérités du salut. Ce n'est donc pas une excuse recevable au jugement de Dieu, de dire que l'on ne fait pas le catéchisme, parce que l'on a peu de monae dans une paroisse.

La troisième excuse est que le catéchisme sert peu, que les personnes n'en profitent pas; mais cette excuse est bien faible, puisque le Fils de Dieu, dans les exemples qu'il nous a laissés en sa précieuse et divine vie, nous apprend bien qu'il ne faut pas se rebuter, ni se lasser d'enseigner les voies du salut à ceux qui n'en font pas l'usage qu'ils en devraient faire. Il y a plus, ce débonnaire Sauveur n'a jamais cessé d'annoncer sa divine doctrine, qui est la doctrine chrétienne, quoiqu'il sut bien qu'il lui en coûterait la vie et qu'elle serait rebutée par la plupart de ceux qui l'écoutaient. C'est pourquoi le grand apôtre, qui était tout plein de son esprit, avertit de deux choses : de prendre soin des âmes par la doctrine qu'on leur doit donner, mais de le faire avec toute sorte de patience ; il veut dire que l'on doit souffrir avec douceur le peu de capacité qu'elles peuvent avoir pour apprendre les choses qu'on leur enseigne, la grossièreté de leur naturel, le peu de succès que l'on a dans les peines que l'on prend; quelquefois l'inutilité de tous ses soins. Hélas ! combien

d'âmes sont damnées, pour lesquelles Jésus-Christ est mort, et qui n'a pas laissé de donner son sang- et sa vie pour elles, quoiqu'il connût très-clairement que son amour et ses soufl'rances leur seraient inutiles par leur malice ! Il faut même supporter bénignement les ingratitudes, les rebuts et les mépris de ces âmes, à l'imitation de notre débonnaire Sauveur, qui non-seulement en a bien souffert d'autres de la part des Juifs qui l'ont crucifié, mais qui tous les jours en supporte incomparablement davantage de nous. Cependant, hélas! qui y pense bien sérieusement? sa divine conduite doit être la règle de la nôtre.

La quatrième excuse est que, si l'on fait le catéchisme, les peuples n'assisteront pas à la sainte messe ou aux offices divins. Pour répondre à cette excuse, il faut dire que l'on doit agir avec prudence ; qu'ordinairement parlant , dans les campagnes, il faut prendre garde de n'être pas long et qu'une petite demi-heure peut suffire; mais, après cet avis, il faut considérer que Dieu demande des adorateurs en esprit et en vérité, et non pas seulement un peuple qui l'honore du bout des lèvres. Que servira à ce pauvre peuple d'assister à la messe et aux offices divins, s'il ignore les vérités fondamentales de la religion? Que lui servira même de les connaitre partâitement, s'il ne pratique ce qu'elles lui ordonnent? Mais n'est-il pas nécessaire de l'animer, de le presser à l'observance des lois d'un Dieu par de fervents discours et de saintes exhortations? Que l'on remarque ici une des grandes ruses du diable, qui se sert de ce malheureux prétexte pour porter les pasteurs à négliger de donner la nourriture spirituelle qu'ils doivent à leurs ouailles. Le maudit esprit qu'il est, sait bien que les âmes ne seront pas sauvées seulement par un culte extérieur, et tous ses efforts tendent à détourner l'esprit intérieur qui fiiit adorer Dieu

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