‹ Methode generale du catichisme v.2Chapitre 7 sur 65 · II. M. BOUDO-X · texte numérisé non relu

II. M. BOUDO-X

en esprit et en vérité. Pourifiioi ilÉglise, toutes les fois, je le répète, toutes les fois que 1 oiîN4lèhPe- le.ti'ès-saint sacrifice de la messe, fait-elle toujours lire qitelcpie-obose du saint Évangile ? Mais pourquoi lire le saint Evangile, dont la langue n'est pas entendue du vulgaire, si on n'en donne quelque explication, soit de la partie de l'évangile que Ton vient de réciter, soit de quelque autre vérité du même évangile, selon qu'il est à propos? Mais pourquoi les saints conciles ordonnent-ils aux pasteurs d'annoncer la parole de Dieu tous les dimanches et les fêtes ! Ce pauvre peuple qui a de la peine à entendre la doctrine chrétienne, en cela témoigne qu'il n'en sait pas le prix et la valeur, et c'est ce qui doit presser davantage à l'en instruire. Il est vrai que souvent les pauvres gens de la campagne font peu de cas de la parole de Dieu ; mais c'est qu'à peine ils connaissent Dieu, et voilà un motif bien pressant pour travailler à leur en donner connaissance. Hélas î nous l'avons dit, plusieurs viennent à la sainte messe par pure routine, parce que c'est la coutume.

La cinquième excuse est que le catéchisme est ennuyeux aux gentilshommes : ainsi les pasteurs, sous ce prétexte, ne le font que dans les temps où il n'y a presque personne; car il n'est que trop vrai que le peuple grossier ne s'arrête pas ordinairement à écouter la doctrine de Jésus-Christ, si on ne la lui annonce dans des temps où il se trouve assemblé et arrêté, comme par exemple, après l'évangile. Mais je demande à ces pasteurs si la considération des gentilshommes le doit emporter sur celle qu'ils doivent avoir pour un Dieu? Si leur voix doit se faire entendre et crier plus haut que la voix du sang de Dieu même? S'ils doivent se mettre en peine de les contenter davantage que de lui plaire? Si la crainte qu'ils en peuvent avoir doit avoir plu* de force que celle des redoutables jugements divins? Encore un peu, encore

fuels secours ces gens leur doniic- ^biit devant le ti'il)unai du souvemiii "choses. L'on dira que ces gentilslionniies n'assisteront pas à la messe; mais faut-il pour leur dérèglement, que les âmes rachetées du sang- d'un Dieu périssent par déiaut de nourriture spirituelle? Faut-il que le pasteur, même avec ses ouailles, tomhe dans le précipice d'une damnation éternelle? Mais avec quelle disposition ces messieurs prétendent-ils assister à nos mystères redoutahles, qu'ils tâchent d'en anéantir les salutaires effets? Je ne puis taire ici ce que je sais, un désordre, une insulte à Dieu de quelques gentilshommes, que l'on peut regarder comme l'ahomination de la désolation dans le lieu saint : gens d'horreur, hien plutôt que gens d'honneur ! gens sans foi, et pires que les infidèles qui défendent à un pauvre curé de la campagne de ne donner aucune instruction les dimanches et les fêtes, lorsqu'ils y assistent, parce que la parole de Dieu les ennuie; gens qui portent le véritable caractère des réprouvés, selon la doctrine de l'Évangile. Tl y en a d'autres qui feront avancer le temps de la célébration du très-saint sacrifice, parce qu'ils veulent aller à la chasse; des dames qui le feront retarder notablement, parce que c'est leur commodité ; et cependant la plupart des peuples perdent la sainte messe, et les pasteurs ne trouvent pas de temps pour leur annoncer la sainte parole. Il y en a quelquesuns qui se mêlent de donner des ordres pour le service divin, pour le faire réciter à voix basse, parce que c'est plutôt fait. Voilà l'aveuglement criminel de cette noblesse vraiment roturière aux yeux de Dieu et de ses anges, qui s'amasse un trésor de colère pour le jour du jugement. Mais quelle faiblesse à un pasteur de s'y laisser aller !. Quel plus grand dérèglement de préférer les sentiments et les inclinations de ces ennemis de Jésus-Christ, aux or-

Page 1