‹ Methode generale du catichisme v.2Chapitre 8 sur 65 · M. JiOUDOIN · texte numérisé non relu

M. JiOUDOIN

donnances (le leurs évéques! Pour nous servir toujours de comparaisons particulières, à l'exemple de notre bon Maître, je demande à ces pasteurs ce qu'ils feraient, s'il prenait fantaisie à cette belle noblesse de leur marquer qu'ils laissent leurs valets sans aucun aliment; je dis plus, leurs chevaux même? Qu'ils s'examinent par une sérieuse rentrée en eux-mêmes, et ensuite je n'aurai qu'une question à leur faire : Faut-il plus de courage pour résister aux caprices d'un gentilhomme, quand il s'agit de la perte d'un cheval, que lorsqu'il est question de fouler aux pieds le sang d'un Dieu par la perte des âmes qui périssent, parce qu'on leur ôte le pain de la doctrine chrétienne ?

La sixième excuse qu'on allègue, est la peine qu'il faut prendre, si l'on veut s'acquitter dignement de l'obligation que l'on a de faire le catéchisme. Mais c'est ici où il faut crier comme pour les autres prétextes vains et ridicules : 0 ténèbres ! ô aveuglement ! Que l'on repasse un peu dans son esprit tous les travaux des hommes, et que l'on considère ce qu'ils prétendent par toutes ces peines ; que, sans sortir des villages , on fasse réflexion sur toutes les fatigues des pauvres paysans, des laboureurs, des vignerons, durant tout le cours de l'année; que l'on compare ensuite le peu de peine qu'il faut souffrir, à tous ces travaux momentanés; que l'on compare la récompense infinie donnée pour ce peu de peine à tout le fruit que les hommes remportent de toutes leurs fatigues, et ensuite que l'on juge si cette excuse a la moindre apparence de solidité.

Enfin la septième excuse se prend de ce que Ton ne peut pas mieux faire; mais nous avons déjà dit qu'un liomme qui ne peut pas s'acquitter d§ sa charge, ou par soi-même, ou par quelque autre, est obligé de s'en défaire; et je demande, dans l'exemple que j'ai cité dans le

chapitre précédent, im homme serait-il satisfait, si, donnant une pension à un autre pour être nourri, on lui disait en recevant néanmoins son argent, qu'on ne peut pas lui donner sa nourriture? Serait-ce une excuse recevable en toute bonne justice, si, pour s'en défendre, on alléguait que les infirmités corporelles, le défaut de santé ou bien Tincommodité des affaires ne le permettent pas? N'est-il pas vrai que celui qui tient le pensionnat serait condamné ou à nourrir son pensionnaire ou à ne pas prendre son argent, et même à restituer celui qu'il aurait reçu pour le temps pendant lequel il ne l'a pas nourri?

L'on a beau dire que l'on fait tout de son mieux; car si , en faisant tout de son mieux. Ton ne peut pas s'acquitter de son devoir, c'est une excuse qui n'est pas recevable. Je demande à un pasteur qui s'en sert, si un homme se mêlait de lui faire des souliers, et qu'en faisant de son mieux il gâtât tout, trouverait-il sa raison bonne, s'il lui disait qu'il ne peut pas mieux faire? Ne lui serait-il pas défendu en justice de faire un métier qu'il ne sait pas, quand il protesterait cent fois qu'il y fait son possible ? 0 mon Dieu et mon souverain ! ô ciel ! ô terre ! et cependant il ne s'agirait que de la perte des souliers ; ici il s'agit de la perte des âmes, de l'éternité, de Dieu même, de la profanation du sang de Jésus Christ, et l'on y est insensible ! Voilà quelques-unes des excuses dont certains pasteurs tâchent de se couvrir devant les hommes ; mais qui leur seront bien inutiles devant la lumière infinie de Dieu.

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