‹ Méthode lexicologique. ABC du style et de la composition; petits exercices pour amener insensiblement les élèves à rendre leurs pensées; synonymie des mots; propriété des mots;Chapitre 52 sur 101 · LE SOMMEIL DES PLANTES · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DES PLANTES

L'élève remplacera les mots en italique par leurs synonymes, de manière que le sens soit le moins possible altéré.

Pendant la nuit, les plantes affectent une certaine disposition de leurs feuilles et de leurs rameaux, une manière d'être enfin différente de celle qu'elles observent durant le jour, et cet état, pour être plus sensible chez les unes que chez les autres, n'en est pas moins commun à toutes. Il se manifeste vers la fin de la journée, et cesse au lever du soleil. C'est à Linné que l'on doit en partie la découverte du sommeil des plantes. Il avait reçu d'un naturaliste étranger des graines, assez rares alors, d'une espèce de lotus appelé pied d'oiseau ; il cultiva avec soin les plantes qu'elles produisirent, et parvint à en obtenir des fleurs. Un soir, comme il visitait, une lanterne à la main, les hôtes de son jardin, il va revoir ses lotus, et sa surprise est extrême en ne retrouvant plus ces mêmes fleurs dont la vue, le matin même, l'avait si agréablement dédommagé de ses soins. Il appelle ses jardiniers, les accuse de négligence, les soupçonne d'infidélité et se retire fort mécontent. Le lendemain, après avoir longtemps évité d'approcher ses lotus , et de se chagriner par la vue du désastre qui l'a si fort aftligé la

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veille^ ii se trouve contraint de passer auprès. Quelle est sa surprise! ses fleurs sont retrouvées , et il les a bien comptées, il ne lui ei manque pas une. C'est au soir qu'il remet une autre visite , et qu'il espère approfondir ce mystère in^ concevable. Le soir, il revient et s'assure de la présence des fleurs (ju lotus ; mais elles sont cachées par une disposition toute particulière des feuilles, disposition qui ne se remarque pas dans le jour. « Mon lotus dort, » s'écrie Linné, et, comme les paroles du génie ne se perdent jamais, on appela « sommeil des plantes » ce singulier phénomène.

LE VIEUX CHÊNE d'aLLOUVILLE

L'élève remplacera les mots en italique par leurs synonymes, de manière que le sens soit le moins possible altéré.

Cet arbre, qui est une des merveilles de notre pays, se trouve dans le cimetière du village. Il a dix mètres de tour au pied, et huit à hauteur d'homme. Ses branches énormes s'étendent au loin et produisent un vaste ombrage. D'après les investigations des antiquakes de Normandie, aimi que d'après les remarques des naturalistes, ce chêne n'a pas moins de neuf siècles d'existence. Au sommet de l'arbre, un petit clocher que domine une croix en fer couvre une petite chambre d'anachorète garnie d'une couche formée dans le bois. Le bas du tronc a été creusé en chapelle, et cette chapelle fut dédiée à la Vierge, vers l'an it)96, par le curé d'Allouville. Pendant la Révolution, on tenta de brûler ce vénérable monument de la piété de nos ancêtres ; mais les habitants s'y refusèrent av(^c force, et réussirent à le sauver. L'aspect de cet ai'brc antique excite peut-être plui» d'intérêt

que Ses édifices les plus grandioses de l'antiquité. 11 nous semble qu'il y a réellement quelque chose de plus imposant dans cette végétation sans cesse renaissante^ qui a vu un s% grand nombre de /bsses se fernicr et s'ouvrir, dans cette écorce vive qui palpite sous les doigts y que dans les pierres muettes et froides des vieux tenipies ; et nous ne connaissons pas d'iiistoire qui nous ait plus &mu que la tradition humble et ingénue qui raconte aux étrangers les rois, les guerriers qui se sont appuyés conire ce tronc antique, les troubadours qui l'ont chanté, ou les orages qui l'ont frappé sans jamais le consumer.

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