‹ Méthode lexicologique. ABC du style et de la composition; petits exercices pour amener insensiblement les élèves à rendre leurs pensées; synonymie des mots; propriété des mots;Chapitre 54 sur 101 · LA SERINE CHARITABLE · texte numérisé non relu

LA SERINE CHARITABLE

L'élève remplacera les mots en italique par leurs synonymes, de manière que le sens soit le moins possible altéré.

Dans une grande volière remplie d'oiseaux de différentes espèces, on avait placé un nid de rossignols, et le propriétaire de la volière ne manquait pas, chaque jour, de faire disposer la pâtée mêlée de larves de fourmis et de petits vers, qui compose la meilleure nourriture de ces oiseaux. Le père et la mère ne purent supporter la prison, malgré le soin qu'on prenait de fournir à tous leurs besoins; le rossignol mourut d'abord; la femelle le suivit bientôt; un petit restait et mendiait la becquée par ses cris. Une serine avait observe ce triste et nouveau ménage, et, ce qui est plus merveilleux^ elle avait compris qu'il fallait au jeune rossignol des aliments d'une nature toute spcctUc, Elle fut tou-

SYNONYMIE DLS MOTS $1

chée par la misère du pauvre orphelin; mais les vermisseaux, cette nov.rrîture animale, lui causaient un très grand dégoût. Elle tergiversa longtemps, allant du petit au vase qui contenait sa pâtée, et du vase au petit. Enfin, la ManY(^ surmonta la répugnance ; elle saisit une becquée et la porta d'un vol précipité à Toiseau , puis alla promptement se laver le bec. Elle donnait de la sorte jusqu'à trois becquées, laissant entre elles un petit intervalle , et se lavant scrupuleusement le bec à chaque becquée. Elle ne se résignait à en donner trois nouvelles qu'après un temps assez long, témoignant toujours combien Teffort lui était douloureux, et continuant de même les lavages. Le petit fut élevé; il chérissait sa nourrice; mais le serin, qui avait toléré l'éducation du rossignol au nid, se mit à battre le rossignol voltigeur : de telle sorte qu'on fut contraint d'enlever celui-ci de la volière, pour lui conserver la vie.

LA CONSOLATIOIS DAISS LE MALHEUrt

L'élève remplacera les mots en italique par leurs synonymes, de manière que le sens soit le moins possible altéré*

Un pauvre derviche allait à la Mecque pour exécuter le pèlerinage que tout bon mahométan doit faire une fois dans sa vie. Il marchait nu-pieds, car il n'était pas assez riche pour acheter des chaussures. Le sable échauffé sur lequel il marchait lui faisait éprouver de vives souffrances , et ses pieds déchirés le forçaient souvent à interrompre son pieux voyage. Le derviche déplorait vivement sa cruelle destinée, et taxait d'injustice la Providence, qui lui refusait même les dons qu'elle accorde aux animaux des forêts. Comme il entrait

dans k ville de Kuia, ii vit devant le portique de là grande

mosquée un pauvre homme qui avait eu les deux jambes coupées. Ce triste spectacle ramena le pèlerin à de meilleurs sentiments. « Mes plaintes contre la Providence sont injustes, dit-il; mon sort est bien moins déplorable que celui de cet hôn^îne, et je devrais me trouver iieureux de n'être pas réduit à me traîner comme un ver dé terre. » Il entra dans la mosquée, confessa sa faute dans un acte de sincère repentir, et rep'nt sa route avec plus de courage. Au bout de quelques jours, là marche avait raffermi ses pieds, et il arriva à La Mecque, sans autre accident (jue d'avgir ressenti un peu de fatigue.

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