‹ Méthode lexicologique. ABC du style et de la composition; petits exercices pour amener insensiblement les élèves à rendre leurs pensées; synonymie des mots; propriété des mots;Chapitre 91 sur 101 · C1TB · texte numérisé non relu

C1TB

V élève remplacera chaque tiret par le mot que réclame le sens.

Au sein de cette horrible — de la nature, le taureau — d'affreux mugissements; les éclairs, la foudre et la pluie, qui tombait par — , lui imprimaient une terreur qu'il exprimait par ses — . Il se trouvait alors dans un enclos, exposé à toute la — des éléments, et sa position commençait à n'être plus — . Le fermier, craignant qu'il ne lui arrivât quelque mal, — qu'on allât le chercher pour le conduire dans la grange. Mais tous les domestiques étaient tellement — par l'orage, qu'aucun d'eux ne se laissa — ni par les mugissements du taureau ni par les ordres du — , et qu'ils n'osèrent aller au secours de l'animal. Le frère du fermier, qui avait du — , s'en chargea enfin et résolut — en même temps la — du taureau et la — des éléments. Il se couvre d'un grand manteau , se rend près de l'animal qui était tout tremblant, le — de la main, dénoue sa longe et le conduit sans — à la grange, au milieu de cette — de désolation. Depuis ce — , le frère du fermier — ce qu'il voulut du taureau. Cet animal semblait — un véritable plaisir à recevoir sa nourriture de son ancien —, aujourd'hui son ami; il est devenu pour lui doux comme un — .

tâO» EXEBCICE

l'oïu>0!snance de m. de satnt-germaih

V élève remplacera les mots en italique po.r leurs synonymes, de manière que le sens soit le moins possible altéré.

Lorsqu'il parut une ordonnance de M. de Saint-Germain qui modifiait la discipline et iniligeait aux soldats français la punition des coups de plat de sabre, la cour, la ville et Tarmée disputaient avec emportement pour et contre cette nouveauté. Un matin, je vis entrer dans ma chambre un jeune homme d'une des plus nobles familles de la cour. Il avait l'air teut à fait sérieux. Il me pria de congédier mon valet de chambre. Quand nous fûmes seuls : « Que veut dire, lui dis-je, une visite si matinale et un si grave début? S'agit'il de quelque nouvelle affaire d'honneur? — Nullement, dit-il; tuais il s'agit (\\m point très-important pour moi et d'une épiimve que je suis positivement résolu de taire; elle te paraîtra sans doute bien bizarre, mais il me la laut pour achever de m'instruire sur la grande discussion qui nous occupe tous. On ne juge bien que ce qu'on a connu et éprouvé par soi-même. En te communiquant mon dessein, In comprendrai tout de suite que c'est à mon plus intime ami seul que je pouvais le conlier, et c'est lui seul qui peut m'aider à le réaliser. En deux mots, voici le tait ; je veux connaître positivement l'impression que peuvent produire des coups de plat de sabre sur un homme robuste j courageux, bien constitué , et jusqu'à quel point son obstination pourrait, sans faiblir, supporter ce châtiment; je te prie donc de prendre ton sabre et de m'en donner des coups jusqu'^ ce que je dise : c'est assez. » Éclatant de rire à ce jpropoSy je 6s l'impossible pour le convaincre de la folie de sa propo-

iî8 STNONYMIE

sition; mais tous mes efforts furent vams; il insista, me pria, me swpplia de lui faire ce plaiiir, avec autant d'ardeur que s'il eût voulu obtenir de moi le plus grand service. Enfin , j*y consentis, résolu, pour lui prouver sa sottise, d'y aller bon jeu, bon argent. Je me mis donc à l'œuvre; mais, a mon grand étonnement, le patient réfléchissant froidement sur rimpression de chaque coup, et réunissant tout son courage pour supporter la douleur, ne disait mot et tâchait de se montrer impassible. Ce ne fut qu'après m'avoir laissé recommencer une vingtaine de fois cette épreuve, qu'il me dit : « Ami, c'est assez; je suis satisfait y et je comprends à présent que, pour dompter beaucoup de défauts, ce remède doit être efficace. »

lftl« EXERCICE

SUITE

L'élève remplacera chaque tiret par le mot que réclame le sens»

Je croyais tout fini, et — cette scène n'avait eu rien pour moi que de — ; mais, au moment oii j'allais — mon valet de chambre afin de m'iiabiller, le vicomte, en — tout à coup me dit : « Un instant, de — , tout n'est pas achevé ; il est bon que tu fasses cette — à ton tour. » Je l'assurai que je n'en avais nulle — , qu'elle ne changerait rien à mon — , qui était absolument contraire à une — si peu française. « Fort bien, me répondii-il; mais si ce n'est pas pour toi, c'est pour moi que je te le — : je te connais ; quoique tu sois un — ami, tu es très gai , un peu — , et tu ferais peut-être à mes — , avec les dames, un — très plaisant de tout ce qui s'est passé entre nous. » « Mais ma parole ne te — elle pas? repris-je. » « Oui, dit-il, sur tout autre — plus sérieux; mais, enfin , quand je n'aurais que la peur d'une — , c'est encore trop.

ET PROPRIÉTÉ DIÎS MOTS ii9

Ain«;i, îiii nom de — , rassure-moi complètement à cet égard m recevant à ton — ce que tu m'as bien voulu prêter de si — . D'ailleurs , je te le — , crois-moi , tu y gagneras , et tu seras bien — d'avoir jugé par toi-même cette nouvelle méthode sur laquelle on dispute tant. » Vaincu par ses — , je lui laissai prendre — fatale, mais, après le premier — qu'il m'eut donné, loin d'imiter sa — obstinée, je me — de m'écrier que c'était assez, et que je me — pour suffisamment — sur cette grave question. Ce fut ainsi que — cette folle scène. Nous nous embrassâmes en nous séparant; et quelque — que j'eusse de raconter Iç fait, je lui — le secret aussi longtemps qu'il le voulut.

DE l'est RIT d'ordre

L'élève remplacera les mots en italique par leurs synonymes, de manière que le sens soit le moins possible altéré.

C'est un préjugé malheureusement admis que l'esprit d'ordr-e n'appartient qu'aux âmes étroites. Aussi s'accuset-on dans le monde de manquer d'ordre , comme on s'accuse d'être trop bon, trop sincère, trop impressionnable, avec cette présomptueuse humilité qui n'est qu'un appel détourné aux éloges. Il y a dans cette croyan-ce une dangereuse erreur. On ne voit pas que si, chez les gens ordinaires, l'esprit d'ordre se tourne eu ridicules minuties, il faut en rendre responsable le caractère de ces gens, et non l'habitude de tout mettre à sa place. Ce n'est pas celle-ci qui rapetisse les âmes; ce sont, au contraire, les âmes sans noblesse aui la rapetissent en ne l'appliquant qu'aux petites

130 SVNONYMIK

choses; mais le mauvais usage que certaines personnes font d'une qualité ne prouve rien contre la qualité elle-même.

SUITE

U élève remplacera chaque tiret par le mot que réclame le sens.

Loin d'être incompatible avec le — de Tintelligence , l'esprit d'ordre le — et le facilite : il établit dans notre entendement une sorte de service régulier de toutes nos — , qui double la — de cliacune délies en ne les — agir qu'à ieur tour et en temps — , Mais c'est prirrcipalement sur le honneur qu'il a une — influence. L'esprit d'ordre — la vie, et la fait ressembler à une maison bien — dans laquelle le propriétaire — toutes ses aises ; il — ies regrets et assure l'avenir. Enfin, mille exemples que nous avons sous les — dans le monde, nous — que l'esprit d'ordre peut, à la longue, — rintelligcnce , la force, l'activité et toutes les qualités qui nous aident à — notre chemin dans l'existence, tandis qu aucune de celles-ci ne peut en tenir lieu. Les dons naturels ou — font arriver au succès; mais l'esprit d'ordre eeul — le succès profitable.

\t^^^ EXERCIGB

l'hôpital aUFFKEDY, a la ROCHELLE

L'élève remplacera les mots en italique par leurs synonymêi^ de mmiière que le sens soit le moins possible altéré.

V<rs le commencement du tieizième siècle , alors que La Rochelle était ùidépendante et florissante, vivait un homm

imv censément riche et dont la fortune noblement amassée répandait partout le travail et le bonheur. Auffredy était le nom de ce généreux citoyen , qui devait être un exem;;^le éclatant de l'ingratitude des hommes et de la vicissitude du sort. Dix des navires d'Autfredy venaient d'être envoyés dans la Méditerranée, dont le commerce était à peu pr^s tout entier entre les mains des Rocheloisc Une année se passa sans qu'on annonçât le retour de ces navireSc Bientôt le bruit de leur perte circula, et le crédit d' Auffredy en fut ébranlé. 11 avait mis dans cette entreprise la plus grande partie de ses richesses , et lorsque des engagements antérieurs sui^vinrent, sa caisse ne put les remplir, il aurait pu demander des délais y mais il était l>omme d'honneur; la faillite n'était pas inventée, et l'eût-elle été, sa probité l'eût repoussée : il paya tout et fut réduit à la pauvreté. A cette époque, comme de notre temps y les malheureux avaient peu d'amis; ceux d' Auffredy le quittéi'ent insensiblement, et bientôt il se trouva seul. Plus taible, ii eût succombé à cette dernière calamité; mais notre courageux citoyen resta homme en dépit du sort ; il tut supérieur à son infortune.

Supportant sans rougir les nécessités de la misère , il se mêla aux hommes qui gagnaient leur vie à la sueur de leur front dans les travaux du port, et reçut le salaire de l'ouvrier des mains de ceux que naguère il invitait à sa table. Son héroïque résolution étonnait tout le monde; les uns Tadmiraient, les autres la tournaient en mo^/t^me; et ceux qui n'en avaient pas été témoins refusaient même d'y «Joi*ier foi.

132 gTNONYMIF ET PKOPRIÊTË DES MOTI

lft6« EXERCICE SLITE

L'élève remplacera chaque tiret par le mot que réclame le sens,

Auffredy seul n'était ni surpris ni — , et chaque jour on le voyait exerçant sur le port le — métier pour lequel il semblait né. Un soir^ cependant, fatigué d'avoir — pendant plusieurs heures de lourdes barriques d'eau-de-vie, il se reposait en — le retour de la marée, si intéressant dans nos ports de l'Océan. Le mouvement — , la vue de ces navires de toutes les — , arrivant chargés des produits de tous les climats, le — à des temps meilleurs et le plongeaient malgré lui dans de — réPexions. Tout à coup les pavillons de la tour Saint-Jean signalent des bâtiments à la marque si bien — de son ancienne maison. Un instant il crut être le — d'une illusion ; mais ces signaux étaient — , et bientôt une foule d'ouvriers et de matelots accourent, joyeux et — , lui annoncer que ses navires, qu'il croyait depuis si longtemps perdus, — chargés d'immenses richesses. Bientôt après, un facteur — lui-même, et lui apprit qu'après avoir placé, avec de grands — , un premier chargement, il avait trouvé les circonstances si — que, se livrant à de nouvelles — couronnées du plus grand succès, il avait décuplé le — de son maître. Par cet événement, Auffredy redevenait plus — qu'il ne l'avait jamais été. Il aurait pu — facilement de ses — amis; mais son âme, — dans le malheur, fut généreuse dans la — . Il oublia les injures des puissants, pour ne — que les privations et les soulfrances des homnies du peuple au milieu desquels il — . Il fut l'ami des ouvriers, et ses richesses inespérées furent — à la fondatioE de l'hôpital qui porte son nom.

DKVOBHJ^ POÉTI^^OES

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