‹ Méthode nouvelle pour le traitement des déviations de la colonne vertébrale; précédée d'un examen critique des divers moyens employés par les orthopédistes modernesChapitre 10 sur 11 · HT A EXTENSION PROGRESSIVE · texte numérisé non relu

HT A EXTENSION PROGRESSIVE

En observant quels changemens apporte ^ la conformation du corps de l’homme la pratique de certaines professions, on peut être conduit à préjuger l’avantage que présenterait l’imitation des actes qui les constituent, pour remédier à une diôbrmité inverse de celles qu’ils tendent à produire. C’est ainsi que l’attitude droite et la démarche presque roide des individus qui portent habituellement des fardeaux maintenus en équilibre sur la tête , ont inspiré à Andry la pensée de

fonselller le même moyen, comme propre à produire le redressement de l’épine. Le succès a couronné plusieurs fois une rtiéthode aussi simple. Le docteur Wilson (i), qui l’a mise en pratique pendant plus de seize ans, l’a vue constamment arrêter les progrès de la difl’ormité , et souvent amener une guérison complète. Nous avons déjà expliqué comment ce moyen , qui , à le considérer superficiellement , peut paraître directement contraire au but qu’on se propose, est cependant tout-à-fait conforme aux notions physiologiques que nous posscnlons sur la contractilité musculaire et les stimulans qui peuvent la mettre en jeu. Non-seulement les extenseurs directs se fortifient par le surcroît d’action qu’ils sont contraints de déployer pour empêcher la tête chargée d’un poids additionnel d’entraîner le tronc en avant, mais il est facile dé démontrer que les muscles latéraux eux-mêmes sont obligés de redoubler d’efforts pour redresser l’épine si elle est déviée. Nous avons vu que lorsque la colonne verté-

(i) VVilMn , on Üiu joints and bones.

ibrale présente des courbures bilatérales, les muscles psoas ne s’insèrent plus à sa base d’une manière symétrique, et que la progression semble se faire obliquement. Outre le mouvement de translation par lequel le corps se dirige vers un point déterminé, il décrit donc à chaque pas un arc de révolution autour de son axe ; or , si un solide repose sur la tète par une étroite surface, sans lui être fixé , il est évident qu’entraîné d’abord par* l’impulsion directe qu’il partage avec le tronc , il s’échappera par la tangente de la courbe que décrit consécutivement le point de sustentation. Pour conserver un corps pesant en équilibre sur le sommet de la tête pendant la progression , l’individu affecté de déviation latérale est déterminé instinctivement à redresser autant «[ue possible la colonne vertébrale , et par conséquent à mettre en jeu les nombreux faisceaux musculaires qui meuvent les vertèbres les unes sur les autres j il n’est donc pas étonnant que la répétition fréquente de cet exercice puisse corriger les difl'ormités de l’épine lorsqu’elles ne sont point très -prononcées et qu’elles ne

datent pas d'une époque éloignée. Voici de quelle manière on peut la pratiquer ; Un petit tabouret de pied recouvert d’un tapis , étant rcnvcrsi* , sera placé eu équilibre sui* la te te ; on le surmontera d’un poids surnuméraire d’environ huit ou dix livres j conservant alors l’attitude la plus droite possible, la personne qui s’exerce devra marcher directement vers un point lixe *, elle apprendra â saisir elle-même le tabouret avec les deux mains , à l’élever perpendiculairement à la hauteur de la tête, en maintenant les épaules relevées *, cet exercice ne devra pas se prolonger chaque fois plus d’un quart-d’heme , mais il faudra le répéter souvent dans la journée. Est-il nécessaire de dire qu'une assez longue |>er8évérance peut seule en assurer le succès ? Malheureiftement la simplicité de ce moyen n’a rien qui séduise l’imagination et invite les personnes étrangères à l’art à y mettre la confiance qu’il mérite.

On a recommandé , comme un exercice propre à rétablir la l’cctitude de la colonne vertébrale , l’action de soulever un poids à l’aide d’une corde qui passe sur une poulie de

renvoi fixée au plafond de l’appartement. Ce moyen peut avoir quelque efficacité , si l’on agit sur la corde seulement avec le bras qui correspond à l’épaule la moins élevée dans le plan transversal du corps, et non point dans le plan antéro-postérieur , ainsi que nous l’avons vu faire. Le poids ne doit pas.excéder une certaine limite j car s’il demande des efforts trop considérables , les fléchisseurs du tix)nc sont mis en contraction j ce qui peut produire ou augmenter l’excurvation de la colonne vertébrale.

Quelques orthopédistes ont pensé que l’action de ramer pouvait avoir, une influence favorable sur la guérison des difformités de l’épine, en fortifiant les extenseurs du tronc et les muscles qui attachent les omoplates à la colonne vertébrale j mais le raisonnement et l’observation sont également contraires à cette opinion. Pour s’en convaincre, il suffit de décomposer l’exercice du rameur dans les divers mouvemens qui le constituent. Lorsque l’extrémité de la rame qui plonge dans l’eau commence à s’appuyer sur le liquide , celle qu’embrassent les mains est dans son plus

grand rloigiioment de la base sur laquelle le corps repose ; le tronc est courbe en avant par l’action des fléchisseurs : dans le mouver ment qui succède, les muscles sacro -lombaires et longs dorsaux se contractent avec force pour redresser la colonne vertébrale; mais il est évident que celles de leurs fibres qui s’attachent à la partie supérieure de l’épine agissant sous un angle plus aigu, et par conséquent avec moins d’efficacité que les fibres inférieures , à cause de la forme convexe que le levier présente en arrière , le redressement de celui-ci ne doit pas s’opérer instantanément dans toute sa longueur.

Chaque vertèbre est ramenée successivement de bas en haut sur la verticale, en sorte que pendant presque toute la durée du mouvement la partie moyenne de l’épine est placée entre deux forces contraires , l’attraction qu’exercent supérieurement les fléchisseurs des membres thoraciques , et l’effort des extenseurs des lombes. 11 est facile de concevoir qu’il en doit résulter une compression trèsforte de la partie antérieure du corps des vertèbres et leur affaissement. L’expérience con-

firme parfaitement ce que nous venons de dire , car on remarque que les bateliers présentent tous une excurvation de la colonne vertébrale.

Il serait possible néanmoins d’utiliser la machine ingénieuse que nous avons vue chez M. Delacroix, et au moyen de laquelle on peut imiter Faction de ramer , si l’on adaptait à son extrémité inférieure une verge élastique agissant sur la tête , par un cordon , pour provoquer la contraction des extenseurs de la région cervicale et de la partie supérrieure du dos.

Pour remédier à l’inégalité de hauteur des épaules, qui n’est qu’une conséquence de la déviation latérdife de l’épine, on a conseillé l’action de faire tourner d’une seule main, sur son axe , une roue , au moyen d’une manivelle qui , dans sa révolution , s’élève aussi haut qu’il est possible d’atteindre. Ce moyen paraît assez rationnel. En effet , si le bras qu’on exerce correspond à la concavité dorsale de l’épine, il est évident que l’omoplate, attirée par les muscles qui l’attachent à l’humérus, réagira sur la colonne vertébrale pour effacer

ses inflexions. Il faut cependant observer que le mouvement ne se faisant point dans un plan directement transversal, on met en action les fléchisseurs du tronc , ce qui' pourrait avoir l’inconvénient d’accroître l’excurvation antérieure du rachis, si elle compliquait la déviation latérale.

Nous allons examiner l’un des exercices gymnastiques qui a été le plus recommandé, et qui peut en elfet être tn;s-utile dans certaines difformités de la colonne vertébrale , mais que l’on ne doit point prescrire indistinctement dans tous les cas sans varier la manière de s y livi-er ^ nous voulons parler de l’escrime. Dans les divers mouvemens qu’il exige , presque tous les iiiAcles sont mis en action , mais non pas avec un égal déveloj>pement de leurs forces , en sorte que la prépuiulérance vicieuse de quelques-uns d’entre eux j)ourrait en èti’e augaienti» si le sens de la difformité correspond précisément à ceux qui sont le plus exercés. Expliquons ceci par un exemple, en supposant qu’il existe une déviation bilatérale , présentant sa convexité dans la région dorsale à droite, et sa conca-

l'Jl

vite dans celle des lombes du même côté : lorsque la personne ainsi conformée fait des armes , au moment où elle se met en garde le poids du corps est porté en grande partie sur le membre abdominal gauche le bassin un peu renversé en arrière , mais de niveau , parce que la jambe est légèrement fléchie sur la cuisse. Le carré des lombes du côté gauche et ses auxiliaires sont fortement contractés pour retenir l’épine sur la base de sustentation ; ils lui impriment vers les lombes une courbm’e dont la convexité est tournée de leur côté, et qui nécessite une inflexion inverse dans la région dorsale. On voit que cette première attitude est tout-à-fait dans le sens delà difformité que nous avons supposée, et serait propre à l’accroître si elle était souvent répétée. Dans la seconde position , lorsqu’une Ijotte est portée à fond, une des courbures de l’épine s’efface complètement j c’est celle de la région lombaire , parc'2 que le poids du corps étant distribué sur les deux membres abdominaux , ne nécessite plus l’inégale contraction des carrés des lombes •, mais la courbure dorsale n’est jx)int redressée , elle est

seulement modifiée par un accroissement de son amplitude', elle décrit maintenant un arc (jui appartient à un cercle d’un plus grand rayon , parce que le bras , fortement étendu , agit sur la partie inférieure de la région dor-, sale par les fibres obliques du grand dorsal.

Dans l’ensemble des mouvemens qui le constituent , l’escrime serait donc une cause aggravante de l’espèce de diflermité que nous avons imaginée, si le bras qui est armé du fleuret correspondait à l’épaule la plus élevée. Pour le rendre’ utile dans une pareille donnée , il est évident qu’on ne devrait faire des armes que de la main gauche.

Lors<iu’il n’existe aucune inflexion latérale, et que le sujet ne présente qu’une tendance vers une excurvation antérieure , cet exercice pratiqué dans un mode quelconque est parfaitement indiqué , parce que les attitudes <pi’il demande diminuant d’arrière en avant la l>ase de sustentation, obligent les muscles extenseurs de la colonne vertébrale à redoubler l’énergie de leurs contractions pour as-r surer la stabilité de l’équilibre.

D’après cette discussion, on voit que l’es»

crime doit convenir plus spécialement aux jeunes sujets du sexe masculin , moins exposés aux déviations latérales que les jeunes filles, mais contractant plus facilement une courbure antérieure de l’épine par l’attitude habituelle du travail auquel ils se livrent durant le cours de leurs études. Une autre raison semble leur réserver presque exclusivement cet exercice, c’est la délicatesse de nos mœurs, qui se blesse de tout ce qui peut enlever au sexe le plus faible quelque chose de la grâce timide de son maintien pour lui faire contracter l’assurance d’une démarche virile.

Si nous avions classé, suivant leur efficacité reconnue, les divers moyens que nous donne la gymnastique pour affermir une conformation régulière, ou corriger|f celles qui offrent quelques défauts indépendans d’une altération organique, nous aurions mis au premier rang la natation. On sait que ce£ exercice fut cultivé avec le plus grand soin par les nations les plus belliqueuses de l’antiquité, qui le regardaient comme très-propre à fortifier le corps et augmenter le courage. Les Ro-

mains , couverts <lc poussière et inondés de suéiir après les jeux du Chanijwle-Mars ”, les Lacédémoniens, harassés de leurs simulacres de comlxits, se plongeaient dans les eaux du Tibre ou de VEurotas pour y puiser une vigueur nouvelle. L'histoire nous montre les légions traversant à la nage, tout armées , les rivières les plus profondes, et nos ancêtres, les intrépides Gaulois, surmontant l’impétuosité des fleuves les plus rapides. Si l’on considère le déploiement de forces et la succession de mouvemens ({u’exige l’action de nager, on concevra sans peine comment l’hahitude de s’y livrer peut accroître l’énergie musculaire, affermir ou rétablir la régularité des formes. Le corps , plongé dans un fluide dont la pression se distribue avec égalité à toutes ses parties et le stmtient mollement, conserve le libre exercice de toutes ses puissances contractiles. Lorst|ue sa conformation est parfaitement symétrique, il doit, pour se maintenir en équilibre sui’ sa face antérieure, faire agir, avec une intensité rigoureusement égale, les muscles qui mctlent en mouvement les membres supérieurs et infé-

vieiiis, iloïil l’extension et la flexion alternatives constituent l’action de nager. Si l’on s’efforce de s’élever contre le courant, en suivant le mode que les nageurs désignent sous le nom de coupe^ les muscles propres de l’épine s’unissent aux muscles accessoires pour lui faire décrire une suite d’ondulations plus ou moins étendues , et ils participent ainsi à l’accroissement de vigueur qui résulte de la répétition fréquente des mêmes actes.

Examinons maintenant ce qui doit arriver lorsque la colonne vertébrale est déviée, et offre , par exemple , une convexité dans la région dorsale à droite , coïncidant avec une concavité du même côté dans celle des lombes, sorte de difformité la plus fréquente. Nous avons remarqué que le côté droit du thorax était alors plus développé que le côté gauche , tandis que la hanche gauche était plus volumineuse que la droite. Si le corps , dont les deux parties latérales manquent ainsi de symétrie , est plongé dans un liquide , n’est-il pas évident que son centre de gravité ne se trouvera plus sur la ligne moyenne qui diviserait en deux parties égales le parallé-

. logramme formé par les points d’applicatioif des quatre puissances qui doivent lutter contre la pesanteur? la poitrine, offrant à droite une aire plus étendue, s’enfoncera moins de ce côté, et le corps ne pourra reposer sur son plan antérieur, si les muscles qui meuvent les membres abdominaux et thoraciques déploient une égale énergie; de plus, si le nageur veut s’avancer vers un but déterminé , il ne saurait y parvenir, en exerçant dans son rhythme accoutumé la contractilité des muscles des deux membres thoraciques, dont une fâcheuse habitude a rompu l’équilibre naturel. Par quelle combinaison de ses forces . parviendra-t-il donc à se maintenir, d’une part, dans la position qui est la plus favorable à l’acte de la respiration , et de l’autre , à suivre la ligne de progression qu’il s’est tracée? n’est -il pas conduit, par la seule ins- » piration de l’instinct, à imprimer aux abducteurs du bras gauche , et par ceux-ci aux muscles fpii lient l’omoplate à la colonne vcrti'brale, un degré de contraction inaccoutumé qui puisse soulever le côté correspondant de la poitrine, et faire équilibre à

l’excès d’énergie qu’une longue habitude d fait acquérir aux muscles correspondans du ])ras droit ? Dans l’action de nager, les extrémités supérieures et inférieures opposées étant congénères, pour faire suivre au corps la meme direction , le membre abdominal droit sera simultanément étendu avec plus de vitesse, pour combiner son action avec celle du bras gauche et soutenir la han«he droite au même point d’immersion que son opposée. Or, voici l’influence qu’exerce sur la conformation de l’épine le concours de ces deux actions ; Le grand pectoral et le dentelé à gauche tendent à produire une plus grande expansion de ce côté du thorax, pendant que les muscles trapèze et rhomboïde correspondans , fortement contractés pour fournir un appui à l’omoplate, effacent la concavité de la région dorsale. A droite, le carré des lombes, qui unit le bassin à la colonne vertébrale, tirant sur la région lombaire, diminue la concavité qu’elle présente dans ce sens •, l’épine sera donc redressée par deux forces, agissant parallèlement en sens contraires , et appliquées au milieu des deux

courbures opposées : deux autres résulUits non moins importans sont produits par les efforts que le sentiment de la conservation de l’équilibre dans une position favorable à l’acte de la respiration inspire au nageur. Les extenseurs de la région cervicale et de la partie supérieure du rachis se contractant pour maintenir la tête élevée au-dessus du liquide, acquièrent par cet exercice un surcroît d’énergie. D’une autre part, la facilité avec laquelle on se maintient à la surface de l’eau étant relative au dévelopjx'mcnt de la poitrine, le nageur fait de grandes et longues inspirations , pour augmenter sa capacité et diminuer ainsi sa pesanteur» spécifique. Leur répétition, en fortifiant les muscles intercostaux, relève les côtes all’aissées, et tend à remédier directement à l’iinc des suites les plus fâcheuses des déviations de l’épine.

On voit donc <pie sans calcul , sans aucune sorte d’attention, le nageur est invité à déployer précisément le système de force le plus propre à combattre les causes de la difformité dont il peut être affecté. Faut-il s’étonner, après ces considérations, dont la

justesse ne sera point contestée^ que la natation conseillée par des praticiens qui savaient en apprécier les avantages, ait obtenu des succès que les orthopédistes modernes attendent vainement de leurs machines? M. Portai , pour ne citer que cette grande autorité entre beaucoup d’autres, a rapporté plusieurs exemples frappans de guérison amenée par ce moyen , et nous sommes encore à apprendre qu’une seule cure complète ^ solide et incontestable , ait été opérée par les instrumens qu’un empirisme grossier a récemment introduits dans la pratique, et dont la crédulité colporte les merveilles supposées* Si au lieu de ces établissemens, où une cupidité lout-àfait mercantile rançonne la tendresse des parens, des médecins, pleins de savoir autant que de délicatesse^ fondaient un institut destiné à l’éducation physique des jeunes personnes du sexe d’une constitution débile, et au traitement rationnel des difformités qu’elles peuvent contracter, entre les exercices gymnastiques qui devraient en faire la base, sans doute la natation serait mise en première ligne. Des bassins spacieux seraient

creusés à cet efl'et, et remplis d’eau entretenue à une température relative à la saison ; toutes les précautions seraient prises pour que les jeunes personnes, confiées à des surveillantes habiles dans l’art de nager , * pussent se livrer assidûment à cet exercice , avec décence et sûreté. C’est en faveur d’établissemens semblables, auxquels applaudiraient à-la-fois la science et l’humanittî, que les membres de la haute administration devraient réserver cet intérêt qu’usurpe souvent le charlatanisme, et dont il abuse pour entraîner le public dans ses déceptions.

Depuis un certain nombre d’années, des philantropes éclairés, inquiets de l’abâtardissement progressif dont les abus d’une civili-. .sation très-avancée menacent les générations naissantes, ont tenté de faire revivre les institutions gymnastiques des Anciens, comme le moyen le plus efficace que l’on puisse opposer à la dégradation de l’espèce humaine.' Le professeur .lahn, à Berlin, M. Clias, à Berne, et à Paris un noble espagnol, le colonel Amoros, ont fondé dt'S gymnases destinés au développement des facultés physiques des jeunes su-

jcls du sexe masculin. Les plus heureux résul-. tats ont été obtenus par les exercices qu’ils y ont mis en pratique. Introduits en Angleterre , dans l’asile royal militaire , sous la direction de M. Clias, telle a été leur salutaire influence, que sur plusieurs centaines d’élèves qui s’y sont livrés pendant quatre mois , pas un seul n’est entré à l’infirmerie : il a été constaté qu’ils avaient entièrement détruit, dans la maison des orphelins de Berne ^ des habitudes vicieuses et solitaires qui sont le fléau de la jeunesse et le désespoir des instituteurs. Des sujets de la constitution la plus chétive, et qui semblaient condamnés à terminer, en proie à toutes les infirmités, l’existence la plus misérable , ont acquis, par leur moyen, une santé florissante. Nous ne citerons de cette puissante influence de la gymnastique qu’un seul exemple, et nous l’empruntons à l’ouvrage de M. Clias.

Un enfant, parvenu à l’âge de trois ans,' pouvait à peine se soutenir*, à cinq, il marchait d’une manière imparfaite et protégé par des lisières ; ce ne fut qu’aprèsla seconde den- Çtlon qu’il commença à marcher sans soutien ,

mais il tombait firqueniinenl sans pouvoir so relever. Abandonne par l(*s hommes de l’art, il parvint ainsi jusqu’à l’âge de dix-sept ans: alors les reins et les extrémités inférieures pouvaient à p<ûne supporter le haut du corps*, les bras étaient d’une faiblesse extrême et repliés vers le tronc; le rapprochement des épaides comprimait la poitrine et gênait la respiration ; les facultés morales étaient totalement engourdies, et l’on n’apercevait aucun signe de puljerté.

Au mois de novembre !8i5, cet infortuné fut présenti* à M. Clias par plusieui’s de scs élèves, qui le supplièrent de le recevoir dans son académie : en l’admettant, on mesui’a ses forces; celle de pression des mains appliquées au dynamomètre égalait l’eflbrt desenfans de sept à huit ans; les forces de traction, d’ascension et d’élan étaient nulles.

Il parcourait avec une peine infinie une ' étendue de cent pas dans l’espace d’une minute deux secondes, et ne pouvait plus se soutenir en atteignant le but.

Un poids de quinze livres, porté sur place, le faisait chanceler, et un enfant de sept ans

le teirassail avec une incroyable facilité.

Cinq mois après qu’il eut été soumis au régime du gymnase , la force de pression de ses mains égalait cinquante^ au moyen de ses bras il s’élevait à trois pouces de terre, et restait ainsi suspendu pendant trois secondes ; il sautait trois pieds en largeur, parcourait cent soixante- trois pas dans une minute, et portait, dans le même espace de temps, un poids de trente-cinq livres sur ses épaules. Enfin , en 1 8 1 7 , il grimpa , en présence de plusieurs milliers de spectateurs, jusqu’au haut d’un cable isolé de vingt pieds ^ il répéta la même manœuvre au mât de cocagne, franchit avec élan six pieds en largeur et parcourut cinq cents pas en deux minutes et demie ; il fait maintenant cinq lieues sans se gêner, et les exercices ont fait succéder à une maigreur affreuse un embonpoint convenable, et une forte santé à son état valétudinaire.

11 ne sera pas hors de propos de donner, à la suite de cette histoire, qui démontre le parti que l’on peut tirer de la gymnastique, quelques observations du docteur ShaAV, afin que l’on puisse apprécier par opposition.

et d’une manière expérimentale, le mérite des pratiques nouvellement introduites dans l’orthopédie. La première que nous citerons est celle d’une jeune fille de (]uinze ans dont les païens avaient coutume de venir passer l’hiver à Londres, et avaient eu, par conséquent, la facilité de prendre les conseils des praticiens les plus renommés. Lorsqu’elle fut jirésentéc au docteur Shaw , elle était réduite à un tel état de faiblesse, qu essayant de se lever pour que le médecin pût examiner la direction de l’épine, elle tomba en défaillance ; il lui était impossible de marcher ou seidement de se tenir delxjut sans être soutenue. Cette débilité extrême était le résultat manifeste de l’inaction complète dans laquelle on l’avait maintenue pendant deux ans qu’elle avait passés constamment étendue sur le dos. Bien loin que la déviation de la colonne vertébrale eût été corrigée par cette attitude, elle s’était accrue d’une manière déplorable. Les côtes s’étalent déformées an plus haut degré par la pression constante des épaules contre le plan sur le(piel elles reposaient. La jeune malade, ayant été soumise à un système de

lihllenient tout-à-fait clift'érent , devint, au bout de quelques semaines, aussi forte et aussi active que toute autre personne de son âge.

La fille d’un gentilhoinmp des environs de Londres est le sujet de la seconde observation. Suivant le rapport de sa mère, elle ne présentait d’abord qu’une légère déviation latérale de la colonne vertébrale, qui n’îiurait pas dû la retenir au lit un seul jour. Lorsque le docteur Sliaw fut appelé pour la voir , elle avait déjà passé dix-huit mois étendue en supination sur un plan incliné^ elle ne pouvait qu’avec peine faire quelques pas dans sa chambre , et il lui était absolument impossible de rester debout sans être soutenue ; l’épine ne paraissait que légèrement déviée lorsque la malade était couchée en pronation , mais elle se courbait complètement aussitôt qu’elle voulait se relever j leè côtes étaient beaucoup plus déprimées qu’on ne le remarque dans d’autres cas. Avec l’apparence de la force et de la santé, cette. jeune personne n’avait qu’un embonpoint trompeur, et qui dépendait plutôt de l’empâtement du tissu cellulaire que du développement des

muscles ; on ne pouvait douter que l’état de faiblesse de la malade n’eùt éu^ amené par le repos prolongé auquel elleavaitété condamnée, car, avant l’usage du plan , elle était vive et alerte ; comme dans le cas précédent, des exercices appropriés à la nature de la difformité ramenèrent les forces et diminuèrent la déviation de la colonne vcrU'brale à tel point, (pi’après quelques mois on pouvait à peine la reconnaître.

Le dernier cas que nous rapporterons est celui d’un gentilhomme de vingt ans , affecté , depuis près de douze d’une déviation tle l’t*pine. Conformément aux conseils de ses médecins j il s’était condamné pendant longtemps au repos le plus absolu, dans la position horizontale *, il ne la quittait jamais sans être soutenu par une de ces machines à extension verticale dont nous avons parlé. A la première visite du docteur Shaw , le malade ne put se lever pour le recevoir, et ayant essayé, à sa demande, de rester assis, il lui fut impossible de garder cette attitude au-delà d’une <lcmi-minute, sans être menacé de suffocation. Lorsqu’il était couché sur la face , la ré-

gion lombaire de Icpine paraissait droite, mais elle se courbait en plusieurs sens lors- (pi’il s’efforcait de se relever. Nous avons dit ailleurs comment, en chargeant la tête d’un poids additionnel , le docteur SliaAV parvint à restituer leur énergie aux extenseurs de la région cervicale. Après quelques mois d’un traitement fondé spéeialement sur les exercices d’une gymnastique appropriée à son état , ce jeune homme , qui avait passé près de la moitié de sa vie dans son lit, ou encaissé dans des instrumens de fer, acquit la faculté de se lever et de se mouvoir sans supports artificiels, et il put se livrer aux plaisirs de son âge.

Ces exemples suffiraient peut-être déjà pour établir la présomption que la méthode de traitement qui consiste à maintenir étendus sur un plan horizontal bu incliné les individus atteints de déviations latérales n’est propre qu’à rendre leur état plus fâcheux ; mais le docteur Shaw y a joint l’autorité d’un chirurgien célèbre qui, dans son immense pratique, a dû rencontrer un grand nombre de cas semblables. Sir Astley Cooper lui a assuré n’avoir jamais vu un seul exemple de

guérison obtenue par ce système j peut-être les partisans île l’extension continue penseront-ils que cette assertion ne j)eut s’appliquer à leur méthode , parce que les orthopé'distes anglais se bornant , pour la plupaj t , à soustraire la colonne vertébrale à l’action de la pesanteur , n’exercent aucune traction à ses extrémités ■, mais il ne saurait échapper aux esprits réfléchis que la distension passive des ligamens et des muscles est une circonstance aggravante qui doit rendre encore plus sensibles les résultats de la débiliti; profonde dans laquelle une longue inaction jette tous les organes.

INous croyons avoir rassemblé toutes les preuves , tant négatives que positives, qui peuvent établir dans la conviction du lecteur la supériorité des" exercices gymnastiques , choisis et appliqués avec discernement , sur tous les moyens orthopi’diques qu on a voidu leur substituer. Mais une grande difliculté se présente lorsqu’on veut les faire servir au traitement des jeunes |)ersonnes du sexe. Les plus cflicaces sont peu conformes aux idées de décence extérieure qu’une civilisation ex-

quise, pour ne pas dire corrompue,, a Introduites chez les nations modernes : non-seule- ' ment nos mœurs rte supporteraient point ces jeux de la palestre , où les vierges de Sparte venaient toutes nues s’exercer à la lutte, mais il est douteux qu’elles ne fussent pas offensées de la plupart des exercices adoptés dans les gymnases des hommes , tels que le saut , l’escrime, l’action de grimper à un cable flottant ou à un mat, la natation ^ etc. Nous avons cherché à suppléer à ces puissans moyens dont l’art est trop souvent privé , à l’aide d’un mécanisme qui nous paraît satisfaire en grande partie aux mêmes conditions. La figure n°. 3 représente l’appareil très-simple qui nous sert à remplir les indications les plus essentielles du traitement des difformités de l’épine : on voit que c’est une sorte de balançoire formée par un plan, mobile sur un axe horizontal , et élevée d’environ deux pieds au-dessus du sol. A chaque extrémité de ce plan est attaché un cordon qui s’élève verticalement pour aller passeï- sur une poulie fixée au plafond de l’appartement, et qui, changeant sa direction, la renvoie à une seconde

poulie, dont la ehappcest scellée dans le mur latéral opposé : celle-ci le transmet à run «les points d’un levier mobile au(picl on suspend un poids. Des anneaux disposés à une hauteur convenable servent à prendre un appui sur cliacun des cordons lorsqu’on veut se balancer sur la bascule (i).

A la seule inspection de cette machine^ il est facile de se représenter la conformation que doit prendre l’épine à chacune de ces oscillations. Lorsque l’extrémité droite du plan est abaissée, le bras gauche est fortement tendu , et supporte une partie du poids du corps ^ il agit ainsi sur la région dorsale de

(i) La ruchcrche des cuaditions d'équilibre de rette machine donne , pour l'cxprcs-sion de chacune des forces , lu

relation

«lans laquelle p représente le poids , l la longueur du levier , h la distance de la première poulie de renvoi à l'eitrèmité fixe du levier , et x la longueur variable du cordon correspondant qui achève le triangle.

Il est facile de reconnaître par cette équation que le mou vement , une fois imprimé à la balançoire dans un sens quelconque , doit s'accélcrer d'une manière très-sensible ; rar l'un des cordons ne peut perdre de sa longueur sans que

l epine pour la rendre convexe à gauche : en meme temps le bassin, incliné à droite, attire dans le même sens , par le carré des lombes, la partie inférieure de la colonne vertébrale. Examinons maintenant par quels efforts le plan est ramené dans une situation horizontale. Au moment où le bras gauche prend un appui sur le cordon correspondant , les muscles qui le fléchissent et ceux qui vont de l’omoplate à l’épine se contractent avec force ; les intertransversaires et transversaires épineux de la région dorsale du même côté s’unissent à eux pour efl’acer la convexité que le rachis offre dans ce sens ; un mouvement léger de rotation est imprimé de droite

l’autre ne s’allonge d’une quantité égale ; en sorte que si l’une des forces croît suivani une progression arithmétique , l’autre décroît dans le même rapport , et leur différence devient de plus en plus grande. On voit donc qu’au moment où l’on veut changer le sens du mouvement , il est nécessaire de déployer des efforts plus ou moins considérables , mais ils n ont pas de durée , parce que le jeu de la machine vient promptement à leur aide , et les muscles appelés en contraction sont bientôt soulagés : aussi peut-on se livrer sans fatigue a cet exercice pendant un temps assez long , et il est en général un amusement pour les jeunes personnes.

à gauche aux apophyses ëpiueuses -, le mouvez ment de bascule commençant à s’exécuter, le bassin, qui était incliné de gauche à droite, tend à se rétablir sur une ligne horizontale , et ramène à gauche la région lombaire ; les transversaires épineux de droite concourent à redresser la partie inférieure du raehis, et font déerire aux vertèbres un are de révolution de gauehe à droite. Lorsque le plan a regagné son niveau , l’épine est droite, les épaules sont portées en arrière par l’action des rhomboïdes et des trapèzes, qui se préparent à fournir un appui aux muselcs des bras, et la poitrine est dilatée par les muscles pectoraux et dentelés. Si le mouvement continue, on voit l'épine s’infléchir suivant des courbures absolument opposées*, on remarquera que, dans cette suite d’oscillations, les extenseurs tle la colonne vertébrale et ses fléchisseurs latéraux sont mis successivement en action, pendant que le corps, se balançant verticalement dans un plan transversal, laisse reposer les fléchisseui s antérieurs. Si la conformation du sujet est parfaitement symétrique, il est évident que la machine étant montée de ma-

riière à exiger les mêmes efforts, soit qu’on là fasse mouvoir d’un côté ou d’autre , les puissances contractiles qui agissent latéralement seront uniformément développées, etdevront acquérir assez de force pour suppléer, dans l’occasion, aux extenseurs directs, sans changer la forme dü rachis.

Aucun des appareils que l’on a proposés pour exercer les extenseurs du tronc et redresser l’épine, tels que le tremplin mécanique de M. Delacroix, le plan mobile du docteur Shaw , ne satisfait aussi complètement aux indications essentielles que nous nous sommes efforcé de mettre en évidence dans le cours de ce mémoire. En effet, dans les mouvemens que l’on peut exécuter à l’aide du tremplin , quoique le corps reste à-peu-près droit , cependant il y a contraction des muscles fléchisseurs pour fournir un appui aux pectoraux spécialement exercés. Lâ poitrine est à la vérité dilatée, mais l’épine n’est pas soumise à ces flexions latérales alternatives par lesquelles les couches musculaires profondes, logées dans les gouttières vertébrales, ressaissisent leur antagonisme naturel, et acquièrent assez de

force pour contribuer cfSicaceinent au main>» tien de la rectitude du tronc. On peut faire la même observation sur l’appareil du docteur Shaw : l’action des extenseurs propres et accessoires de la colonne vertébrale, dans les mouvemcns alternatifs d’ascension et de descente sur le châssis mobile, tend, à la vérité, à les fortifie!' j mais dans cette sorte d’exercice Içs fléchisseurs latéraux restent aussi dans un état passif, et conservent l’inégalité anormale de leurs puissances contractiles.

L’influence de celui que nous proposons devient remarquable dès le premier temps ^que Ton s’y livre’, on sent les épaules portées en arrière^ la démarche est plus droite et plus sûre , tous les mouvemens plus faciles et la respiration plus grande. On ne saimait s’étonner de ces eûets, si l’on considère qu’il place le corps dans une attitude à-peu-près semblable à celle de l’escrime, alternativement de l’un et de l’autre côté , et qu’il réunit de plus quelques-uns des avantages de la natation, puis({ue la colonne vertébrale, presque suspendue à l’aide des bras , est soulagée , en partie, de l’action de la pesanteur, et qu’elle dé-

tnt les mêmes ondulations dont nous avons démontré l’utilité pour opérer le redressement de ses courbures. On peut donc conseiller avec conBance le jeu de la balançoire que nous venons de décrire, lorsqu’il s’agit d’affirmer une conformation régulière, mais pour laquelle on craint soit l’influence des attitudes vicieuses que nécessite la cultüre des arts , ou cette atonie musculaire qui '^ccompagne une croissance rapide (i). Serait-il aussi efficace, si l’épine était déjà affectée de déviation latérale? 11 semble d’abord qu’il faudrait modifier l’appareil , et rendre plus difficile le mouvement dans le sens opposé à celle des épaules qui est la plus élevée ; mais si l’on réfléchit qu’en exigeant des muscles homologues de l’im et de l’autre

(i) Les gens de lettres avares du temps que les lois de l’hygiène leur prescrivent de consacrer chaque jour à l’erercice de la promenade, pourront trouver dans celui que nous proposons un moyen de concilier avec le soin de leur santé toute l’assiduité que demandent leurs travaux. Les oscillations qu’il imprime à tous les viscères sont très-propres il prévenir la stase du sang dans le- système de la veine-porte , stase à laquelle il faut attribuer un grand nombre d'affections hypocondriaques .

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côté, dont Im foi’ces ont cessé d’êlre égales ^ de vaincre la même résistance j on soumet en réalité les plus faibles à déployer un degré d’énergie inaccoutumé, on concevra qu’on doit parvenir, avec le temps, à rétablir l’antagonisme dans sa juste mesure. Du reste, le méeanisme que nous avons indiqué se prête avgc la plus grande facilité à toutes les modifications qui peuvent convenir à chaque cas particulier et accroître la puissance de son action. Ainsi, lorsque la courbure dorsale est convexe adroite, on placera à une plus grande hauteur l'anneau sur lequel s’appuie la main gauche, on augmentera la résistance qu’il faut vaincre pour faire incliner la bascule de ce côté. Les conditions d’équilibre de la machine donnent plusieurs moyens d’atteindre ce but. Soit que l’on augmente, adroite, la distance de la seconde poulie de renvoi à l’axe du levier correspondant, que l’on se serve d’un poids plus considérable , ou qu’on l’éloigne du point d’appui, l’un ou l’autre deceschangemens multiplie la force qui soulève le plan mobile de gauche à droite.

Si l’on a bien saisi ce que nous avons dit,^

dans l’un des chapitres précédens , sur la manière dont se forment les déviations latérales de l’épine, et qu’on se rappelle la disposition particulière que les vertèbres des diverses régions prennent à l’égard les unes des autres, on ne contestera point que l’exercice qui vient d’être décrit n’agisse contre la difformité dans un sens directement opposé à sa nature et aux causes qui l’ont amenée.

Pour redresser les courbures vicieuses de la colonne vertébrale, les orthopédistes se sont bornés jusqu’ici à l’étendre parallèlement à une ligne droite; en dépassant cette limite pour lui imprimer des courbures inverses à celles dont elle est affectée pathologiquement, il est évident que l’on déprime avec plus d’énergie le bord le plus élevé des coins ligamenteux interposés entre les vertèbres. Ainsi , même sous le rapport purement mécanique , le balancement du corps sur le plan mobile que nous employons atteint plus sûrement que l’extension continue le but immédiat que l’on doit se proposer ; mais si l’on considère que l’épine ne reste point passive dans ce mouvement, que l’antagonisme de-

truîtde ses divers faisceaui: musculaires tend à se rétablir , enHn que les pièces qui la com» posent reprennent, par une révolution inverse à celle qu’elles ont décrite, leur situation normale relativement à l’axe spinal, on ne peut conserver aucun doute sur l’entière supériorité de ce mode de traitement.

L’utilité de la machine oscillatoire, dont la construction est d'ailleurs si simple et si peu dispendieuse, ne se borne point au redressement des courbures du rachis ; en variant le mode de s’en servir, on peut l’appliquer à leraplir plusieurs autres indications relatives au développement régulier des organes. Si , au lieu de maintenir dans l’extension les membres inférieurs pemlant que le corps se lialance sur le plan mobile, on les fléchit alternativement en les employant à produire le mouveu^nt, les omoplates sont poi'tées en ajrière d’une manière plus prononcée , parce que ce nouveau mode d’action, obligeant à s’appuyer davantage sur les cordons, nécessite une forte contraction des rhomboïdes et des trapèzes; la poitrine est dilatée plus sensiblement. Tous les muscles (|ui vont du bas-

«in aux membres abdominaux , agissant suc~cessivement avec une parfaite égalité , il est manifeste qu’ils doivent contribuer à développer cette cavité et lui donner la forme la plus régulière j car la nature a établi une coordination si parfaite entre les pièces du squelette et les puissances destinées à les mouvoir, que l’exercice de ces derniers favorise constamment la conservation dü type primitif assigné au corps humain. La flexion et l’extension alternatives des membres inférieurs , les oscillations consécutives des viscères contenus dans l’abdomen , appellent le sang vers l’utérus , et facilitent l’établissement des menstrues , ordinairement si pénible chez les jeunes personnes habituées à une vie sédentaire.

Divers instrumens plus ou moins compliqués ont été employés par les orthopédistes pour opérer le redressement des pieds-bots, et trop souvent ces appareils n’ont amené aucun résultat favorable. Peut-être n’est-il pas difficile d’ en donner la raison , si l' on remar-^ que qu’ils agissent tous sur les parties déformées comme si elles n’étaient point sensibles,

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et qu’ils entraTent l’exercice de leur motilitt', au lieu de régulariser le jeu des puissances musculaires qui s’y attachent.

Nous avons pensé que la balançoire pouvait être appliquée utilement à la cure de cette dernière espèce de difformité ^ le lecteur jugera si eette espéranee se fonde sur des données exactes. Voici la modiBcation que nous faisons subir à l’appareil pour atteindre ce but : au lieu d’une bascule formée par un seul plan , nous employons deux plans inclinés en sens contraires , sous un angle variable dont le sommet correspond au centre du mouvement. Si la difformité qu’il s’agit de corriger consiste dans le renversement des pieds de dehors en dedans , l’ouverture de l’angle est dirigée en haut; les deux plans sont au contraire inclinés de dedans en dehors, si le sujet marche sur le bord interne de la surface plantaire. Il est facile de concevoir comment, dans ces deux hypothèses, le balancement du corps sur les deux plans inclinés ramène les pieds dans une situation naturelle , distend les ligamens raccourcis , et de'veloppe les muscles qui peuvent maintenir

les parties dans une bonne conformation. Nous tomberions dans le défaut que nous avons reproché aux orthopédistes modernes , si , après avoir cherché à ramener aux notions d’une saine physiologie le traitement des difformités de la colonne vertébrale , en démontrant qu’il doit se fonder spécialement sur des exercices d’élection , nous rejetions d’une manière absolue les procédés nouvellement introduits dans la pratique. Ainsi , quoique l’extension (^ontinue, employée exclusivement, nous semble tQUt-à-fait incapable de produire une guérison complète et durable , cependant nous concevons qu’elle puisse , comme moyen accessoire , avoir quelque utilité. Si l’on borne son emploi à quelques heures de la nuit, et si on l’exerce dans une mesure et suivant un rhy thme convenable, elle n’offre plus l’inconvénient d’énerver les puissances musculaires , elle prévient les attitudes nuisibles que le corps peut prendre durant le sommeil , elle étend modérément les fibres ligamenteuses , et seconde ainsi l’heureuse influence des exercices gymnastiques auxquels le sujet se livre durant le jour. Mais pour obtenir ces résultats

secondaires , est-il besoin de ces appareils construits à grands frais*, et que les inventeurs nous présentent sérieusement comme des prodiges de génie sans lesquels point d’espoir de guérison ?

Nous allons faire voir qu’avec une dépense très - modique on peut adapter à un lit ordinaire un appareil d’extension que l’ouvrier le moins habile est capable de construire en quelques heures , qui donne à chaque instant la mesure précise de ses efforts, et dont le mode d’action est tout- à-fait en rapport avec la sensibilité des tissus organiques.

La première pièce de cette machine est une tige en fer ou en bois, qu’on fixe, comme un troisième support , à l’un des panneaux extrêmes du lit; nous lui supposons une hauteur de douze pouces, ce qui correspond à l’élévation la plus ordinaire du fond sanglé audessus du parquet. A deux pouces de son extrémité inférieure, est attaché, par une charnière, un levier de dix pouces, dont le mouvement angulaire se fait au-dessous du lit. Une petite poulie de renvoi est logée dans l’épaisseur de la tige, à trois pouces au-dessus

de la charnière , et reçoit dans sa gorge un cordon qui va se fixer, d’une part , au levier, à quatre pouces de son axe, et vient, de l’autre , se réfléchir sur une seconde poulie adaptée au panneau , qui lui donne la direction convenable pour tirer sur la tête. Un poids de douze livres est suspendu à l’extrémité du levier : pour qu’il y ait de la précision dans la mesure de la force développée, l’axe de la charnière et celui de la première poulie doivent être dans un même plan vertical , et le cordon doit être gradué par pouces , à partir de son attache au levier ( i ). En examinant les conditions d’équilibre de cette machine , on voit que la force initiale , qui est de dix livres lorsque le levier s’approche de la verticale , croît rapidement à mesure qu’il s’incline à l’horizon ; la longueur du cordon comprise entre la première poulie et le levier

(i) La force déployée par cet appareil est donnée par

l’équation F— P . où p représente le poids, < la partie

du levier comprise entre le cordon et le centre du mouvement , A la distance de la première poulie au point fixe du levier , et » la longueur variable du cordon.

sert à l’évaluer d’une manière simple et rigoureuse. Chaque pouce de développement donne un accroissement de dix livres à la puissance qui lire sur la colonne vertébrale. En adaptant un appareil semblable au panneau opposé, il est évident qu’on place l’épine entre deux forces agissant en sens contraire , et dont l’énergie augmente progressivement à mesure qu’elle cède à leur effort. Si cet accroissement paraissait trop considérable en. graduant le levier par pouces , on pourrait le réduire successivement à neuf, huit, sept li^ vres , selon que le poids s’avancerait sur ces divisions vers l’axe de révolution. Pour s’accommoder au peu d’étendue de l’espace où le mouvement du levier peut s’exécuter, on emploiera, comme poids, des globes de plomb, dont le diamètre n’excède pas trois pouces, à cause de la grande densité de ce métal. Cej)endant cette dernière indication n’est pas indispensable à suivre en général , parce que la révolution que décrit le levier est trèsbornée , la colonne vertébrale ne pouvant guère s’allonger au-delà de deux pouces, qui se distribuent sur les deux cordons. On peut,

par un nœud d’arrêt, déterminer le maii- Ilium de développement qu’on veut permettre au cordon , et par conséquent limiter les tractions exercées sur la colonne vertébrale. Nous aurions pu adopter d’autres données relativement à la distance qui sépare la charnière de la première poulie, et à la partie du levier comprise entre l’attache du cordon et le centre du mouvement ; mais nous avons été déterminés dans le choix que nous avons fait par l’avantage d’obtenir des résultats en nombres ronds , et de faire croître la puissance assez rapidement , sans employer des poids considérables.

Si l’on supposait que le fond sanglé fût élevé de dix-huit pouces au-dessus du sol , on pourrait, dans cette latitude, augmenter la puissance de la machine, et donner à son jeu plus de variété. Ainsi , avec un levier de seize pouces et un poids de vingt livres , en donnant quatre pouces à la distance qui sépare la charnière de la première poulie, ainsi qu’à la partie du levier comprise entre l’attache du cordon et le point fixe, la puissance,

partant de zéro, s’accroîtrait de vingt livres pour chaque pouce du cordon.

Cette dernière disposition paraîtra peutêtre préférable à toute autre, si l'on considère que, la tension des cordons suivant une progression rapide, on peut se borner, dans les premiers momens où l’on soumet la colonne vertébrale à l’action de l’appareil , à l’application d’une force très-modérée , qui , dans ses accroissemens successifs, se proportionne d’elle-même à la résistance qu’il s’agit de vaincre. La machine que nous proposons satisfait donc , sous ce rapport , à l’un des principes les plus essentiels de la chirurgie, qui est d’agir sur les organes par des efforts gradués. Les lits à ressorts ou à bascule ne présentent pas le même avantage ; car la force qu’ils déploient, loin d’augmenter, diminue à mesure que les tissus cèdent à l’extension exercée sur eux*, et pour obtenir, par leur moyen, des effets appréciables, on est obligé de les faire agir d’abord avec une intensité assez coosUlérable.

Les übres ligamenteiLses et musculaires qui

réunissent les vertèbres , fatiguées d’une longue distension , demandent par intervalles quelque repos ; il est done important que le sujet soumis à l’appareil extenseur puisse, à volonté, en suspendre l’aetion; or nul mécanisme ne se prête plus facilement à cette indication que celui qui vient d’être décrit; car, en saisissant avec les mains le cordon qui tire sur la tête, et ramenant le levier à la position verticale, on peut supprimer complètement l’extension.

Nous avons démontré que, dans l’étroite sphère de leur utilité, les divers lits mécaniques qui sont en usage justifiaient mal le luxe de leur construction ; nous avons indiqué quel appareil peut leur être substitué avec avantage sous tous les rapports de siuïplicité , d’économie , de précision et du meilleur mode à suivre lorsqu’on veut agir mécaniquement sur les organes. Pour remplir l’objet de ce mémoire, il nous reste adonner un résumé rapide des principes que nous y avons développes, et des conséquences pratiques qui en découlent.

£n considérant les déviations (ie la colonne

vertébrale, qui ne sont point accompagnées d’altération organique , comme produites par l’action d’une seule cause, les orthopédistes ont manque de l’une des données qui pouvaient les conduire à la solution du problème qu’ils se proposent, le redressement de ces courbures. La forme particulière qu’elles affectent, les circonstances qui favorisent leur développement, devaient leur indiquer qu’elles sont le résultat composé d’une réaction instinctive des puissances contractiles qui luttent contre la gravité , et de l’impulsion que celle-ci imprime au corps do l’homme dans ses divers modes de station. En faisant abstraction d’un élément aussi essentiel, ils ont raisonné à-peu-près comme le géomètre inexpérimenté qui prétendrait faire équilibre à deux forces qui se coupent sous un angle donné , au moyen d’une force unique appliquée en sens contraire à l’une d’elles.

L’erreur de mécanique où sont tombés les partisans exclusifs de l’extension continue n’est pas la seule qu’on puisse leur reprocher. En assimilant, dans l’application de ce procédé, les Bbres sensibles et contractiles des

animaux aux tiges flexueuses tîes végétaux qu’on peut redresser passivement, sans nuire à leur organisation, ils ont commis, en physiologie, une méprise beaucoup plus grave. En effet, si la première les empêche d’atteindre le but qu’ils ont en vue, la seconde les expose à rendre beaucoup plus fâcheux l’état auquel ils veulent remédier : avertis de ces aberrations de l’empirisme, indiquons sommairement la méthode à suivre pour éviter leurs conséquences.

Le premier soin du médecin consulté sur une déviation de l’épine doit être de reconnaître sa nature et l’apparence quelle présente. Il exclura des difformités dont il peut rationnellement entreprendre la guérison , toutes celles qui sont le produit d’un ramollissement pathologique du système osseux, lorsque, s’étant manifesté dès la première enfance , il a imprimé aux viscères une forme et une disposition anormales. Il s’abstiendra à plus forte raison , de toute manoeuvre violente à l’égard des sujets qui , à une époque quelconque, ont éprouvé les symptômes d’iine inflammation de quelqu’un des tissus qui

constituent la colonne vertébrale. Ici, le danger de toute action me'canique est des plus imminens. Si elle ne brise point les soudures (jui l'éunissent quelquefois les vertèbres entre elles, elle peut raviver une inflammation latente, et produire les accidens les plus graves : quelques exercices, dirigés vers le but d’augmenter l’énergie des extenseurs directs ou latéraux, peuvent seuls être conseillés avec st'curité. Si la diflbrmité est récente, si l’on peut rapporter son origine à quelque révolution importante de l’économie , telle qu’une impulsion nouvelle donnée à la croissance , ou les approches de la puberté ; si nul symptôme d’irritation scropbuleuse ne se manifeste, seul cas où l’art peut espérer et promettre un succès probable, le médecin s’attachera à déterminer la forme et la direction qu’affectent les déviations de l’épine. 11 y parviendra facilement, en pressant à plusieurs reprises sur la saillie des apophyses épineuses ; la rougeur des tégumens dessine bientôt le trajet qu’ellt'S suivent. Pour s’assurer du degré de mobilité des vertèbres les unes sur les autres, il fera balancer le stijet soumis à son

observation sur le plan mobile^ en embrassant le tronc des dieux mains, les pouces réunis sur l’épine, il peut reconnaître, pendant les oscillations alternatives, si elle passe facilement et complètement de l’inflexion produite par l’abaissement du plan vers la droite à la courbure inverse qui doit résulter du mouvement dans l’autre sens. Lorsque la déviation peut être effacée en totalité, le pronostic est favorable , et il est permis d’augurer que l’exercice seul de la balançoire suffira pour amener un redressement durable *, dans le cas contraire, il est utile de joindre aux exercices gymn-astiques l’extension passive de la colonne vertébrale , opérée par gradation insensible , seul procédé qui soit conforme aux véritables notions physiologiques. Nous avons déjà dit, du reste, qu’il ne convenait point de donner à cette manœuvre autant de durée qu’ont coutume de le faire la plupart des orthopédistes. En eflet, si l’on se rappelle la fatigue qu’éprouvent les muscles lombaires après un séjour prolongé dans le lit , lors même qu’on a pu changer d’attitude dans le décubitus , on concevra sans peine de quel affaiblisse-

ment ils doivent être frappés à la suite de la pression qu’ils supportent, lorsque le corps est maintenu en supinadon sur un plan solide jiendant toute la nuit et une partie du jour. Un autre inconvénient de ce mode de décubitus est l’irritation qu’il apporte aux organes de la, génération. Soit qu’on explique cet éréthisme par le refoulement mécanique des fluides de la circonférence au centre, qui amènerait une congestion de la partie inférieure de la moelle épinière, dont on connaît la relation avec l’appareil reproductem' , ou (pi’on l’attribue à toute autre cause, il n’en est pas moins incontestable; et tous les hommes de l’art, qui , attachés au service des armées, ont partagé leurs fatigues et couché sur la dure, ont pu le constater plus d’une fois. La concentration des forces delà vie sur l'utérus, vers l’époque de la pubert»', étant une des causes du ramollissement accidentel qu’éprouve quelquefois le système osseux chez les jeunes filles, en le stimulant d’une manière quelconque, on donnerait une nouvelle activité au principe dont on prétend c“ombattrc les effets.

D’après ces considérations, nous pensons que l’on ne doit pas donner à l’extension une durée qui excède six heures : ce temps est suffisant pour produire les résultats secondaires que l’on a en vue , et il devra être pris sur la nuit. Le degré modéré de force avec lequel on agit d’abord sur le rachis, par le procédé que nous avons indiqué , permet l’arrivée du sommeil, qui n’est point interrompu par l’accroissement successif que prend la puissance extensive, parce que cet accroissement se fait par degrés insensibles et proportionnels à l’allongement des fibres ligamenteuses.

L’extension passive de la colonne vertébrale, ainsi que nous l’avons répété plusieurs fois , n’est qu’un moyen accessoire dont l’efficacité a été exagérée bien au-delà de ce qu’elle a de réel. Pour en donner une nouvelle raison , nous ajouterons que les forces qui la produisent, s’appliquant aux extrémités de la courbure qu’on veut redresser, leur effort se perd , en grande partie , à distendre les ligamens qui en sont les plus voisins. Nous avons démontré , d’ailleurs , qu’elles n’agissent point dans la direction convenable pour ramener

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les vertèbres sur la ligne qu’elles doivent décrire, et dont elles se sont éloignées par un mouvement combiné d’inclinaison latérale et de glissement spiral sur les facettes articulaires qui les unissent. Imiter dans un sens inverse l’action qui les a entraînées hdk-s de leur situation normale est le seul précepte rigoureusement rationnel qui puisse être proposé. Or, c’est seulement par l’intermédiaire de certaines puissances musculaires qu’on peut atteindre ce but , parce que, se distribuant aux divers points des courbures qu’il s’agit d’effacer , et suivant la direction la plus favorable , tout leur effort est utilement employé j ajoutez à cela que leur vigueur augmentant à mesure qu’elles s’exercent, elles deviennent capables de maintenir le redressement qu’elles ont opéré. Nous avons dit quels exercices paraissent le plus propres à les mettre en jeu*, à leur défaut, et dans l’impossibilité de s’y livrer d’une manière assidue, nous recommandons le balancement sur la machine dont nous avons donné le dessin (i).

(i) Nous lommct parvenu , à l'aide de ce mojcti »cul^, continué pendant trois mois, à obtenir le redreesemant pre»'

U faudra le répéter fréquemment dans la journée, sans le prolonger plus de dix minutes à chaque fois ; dans les intervalles , la personne soumise au traitement devra se reposer sur un plan incliné garni d’un sommier de crin , oïl elle pourra s’occuper de lecture. Si elle est obligée de consacrer quelques heures à l’étude des arts d’agrément ^ tels que le dessin et la musique , elle ne doit point s’y livrer d’une manière continue , mais l’interrompre fréquemm«nt , soit pour s’exercer sur la balançoire , ou pour donner quelques momens de repos aux muscles extenseurs , qu’il est essentiel de ne pas assujétir à des contractions trop prolongées. Pour développer leur énergie pendant la station assise , le docteur Shaw a proposé un appareil dont le méca-

que complet de la coloune vertébrale chez une jeune personne de douze ans , qui avait contracté une déviation latérale en s’eserçant avec assiduité à toucher du piano.

L’épaule droite était plus élevée que la gauche, et sou angle inférieur formait en arrière une saillie très-apparente ; des douleurs assez vives se faisaient sentir par intervalles dans la région dorsale , les cuisses et les jambes. Elles ont cessé avec la compression des nerfs qui sortent par les trous^ d« conjugaison , dont elles étaient probablement le résultat.

iiisme consiste aussi clans un levier mobile autour de l’une de ses extrémiu's, et supportant un {)oids dont l’effort augmente à mesure qu’il s’incline; un cordon qui vient embrasser la tête sollicite continuellement l’action des extenseurs avec une intensité variable. Cet instrument nous paraît très-utile pour les jeunes pianistes qui auraient quelque disposition à contracter une déviation de l’épine. Nous abandonnons les autres détails du traitement à la sagacité du médecin , qui trouvera dans les principes que nous avons développc's d’après les i-crits les plus recommandables qui ont paru sur cette matière, et dans ce que de longues réflexions nous ont fait y ajouter, des données suffisantes pour le modifier suivant les cas.

Dissiper le prestige <jue le cliarlatanisme s’est efforcé de répandre sur quelques procédés mécaniques , dont il met le secours infidèle à un prix excessif ; convaincre les gens de l’art, éloigné» des grandes cit«-s oii sont établis les instituts orthopédiques, que le traitement des difformités de la colonne vertébrale ne présente aucune spécialité, et que pour le diri-

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^ ger d’une manière plus rationnelle qu’on ne l’a fait jusqu’ici, il suffit des notions les plus ordinaires d’anatomie et de pathologie, tel est le but que nous nous sommes proposé. En combattant cette préoccupation trop générale qui ne suppose le succès possible que par des moyens compliqués*et dispendieux, nous avons voulu donner aussi à la tendresse des parens une consolation, en même temps qu’un encouragement à ne point négliger les conseils moins fastueux d’une médecine éclairée et consciencieuse.

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