‹ Méthode pour confesser les enfansChapitre 9 sur 9 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Manière de condaire les jeanes geoB après leur première communion*

Vi'EST après leur première commua nion que les enfans sont^xposés atte'

|>liis grands dangers ; c'est alors l'àg^ des passions ; d'ailleurs leurs camarades qui leur ont laissé le 'temps de s'y préparer, font alors plus d'eftbrts poui^ les engager à yiVre comme les aut)*es : il est donc nécessaire de leur fournir les moyens de per^ «évérer. La pratique qui paroît la meilleure pour les empêcher de se relâcher dans leurs petits exercices de piété , et suflout dans la fréquentation des sacremens , c'est de leur faire écrire par eux-mêmes quelques résolutions qu'on leur a suggérées dans le temps de la première communion ; comme celle de sç confesser au moins une fois chaque mois , de faire tous les jours à la «ainte messe une petite prière à k «ainte Viciée et à Leur Angje :gardien ^

de continuer à éviter les mauvaises

conapagnies , et de relire chaque semaine ces résolutions. On fera bien aussi de leur suggérer cette prière :

€< Mon Dieu , je suis résolu de vous » servir , afin que vous me bénis- » siez pendant cette vie et que vous » m'accordiez votre paradis dans » Vautre. » Les enfans qui ont fait leur première communion ont, dans les collèges , un grand obstacle à vaincre, c'est le respect humain y la crainte d'être appelés bigots , qui les détourne surtout de la sainte communion : de là leur affaiblissement ; ils se relâchent dans tous leurs de- ' voirs et tombent dans de mauvaises habitudes ou dans les anciennes. Il faut donc s'appliquer beaucoup aies fortifier contre ce malbeurc^ux r«s^ pect hamaiii.

MtniëFC d'interroger lur le tixièmt précepfc ^ on jeune homme de quioxe à seize axu.

Question I/* — Faut-il , quand îl s'accuse d'attouchemens déshonnêtes , l'interroger sur l'effet ?

Réponse/ — i.« Je ne ferois aucune question là > dessus au jeune homme avant quatorze ans ?

2.° Pour un jeune homme au-dessus de cet âge , je me contenterois de demander si ces attouchemens ont duré ; si cela n'a pas duré , je supposerois que l'action a été sans suites. Si j'ai heu de ci;oire qu'il ignore l'effet , je ne lui feroh aucune question qui puisse le lui apprendre; mais si c'était un libertin qui se fût permis toute espèce d^ propos et de

lectures , je lui feroîs avouer Tefiet , tnàis de manière à lui en inspîrer % dégoût et rhorreur ; quoi ! jus- ^^â â^ ordures ?

Nota. Il est bien nécessaire de dire à ces jeunes gens que tout ce qui peut arriver malgré eux^ et à quoi ils n*ont dQnné volontairenient aucune occa-' 8|on , n^est point un péché et ne les ijènd point coupables. Sans cet avertissement , ils se troublent , augmehtent les tentations, et se mettent en danger d'y succomber.^

Question II. — Gomrnent faut-il se conduire avec les jeunes gens qui, smrès leur première communion , s adressent à vous pour la première fois?

RÉP0I7SE. — !.•* n ne faut pas o/*-

dinairement leur donner Fabsolu— tîon à la première confession , quand même il n'y auroit rien de ce qui oblige à la différer ; il est prudent d'attendre qu'on les connoisse mieux.

2.<* S'ils et oient engagés dans àts habitudes mortelles , et qu'ils avouent néanmoins qu'ils ont communié depuis peu de temps , on leur demande s'ils étoient dans cette habitude avant leur pren^iière communioa , s'ils l'avoient déclarée k leur confesseur ; et , en cas qu'ik l'aient déclarée , ajoutez : « Vous avez donc » été sage quelque l;fmps aupara- » vant ? » Vous en trouverez qui ne s' étoient abstenus de leur péché d'habitude que pendant huit jours avant ieur première communion , «t qiu

sont retombés très -peu de temps après , et même qui ont été dans cet usage do fréquenter les sacremens mariante habitu. Il est nécessaire de renmonter^vec eux de communion en communion , jusqu'à ce qu'on en trouve une bien faîte , c'està-dire après une épreuve sufBsante pour bâtir sur un fondement solide, et reprendre toute leur vie passée depuis cette époque , par une revue exacte , sans les troubler, ni blâmer le confesseur qui les absout trop facilement.

QuESTioîï III. — Quand faut - il entendre la confession générale d'un pénitent qui dans un moment de grâce vous déclare qu'il a caché ]us^ qu'à présent tel péché ?

Répoiïse. — Il faut profiter de cet heureux moment pour lui faire accuser le pëchë ou les péchés qu'il a voit cachés, en faisant sur le-chaxnp une revue sur cet article ; si vous remettez à un autre temps , il est â craindre qu'il ne vous dise plus rien.

Quant aux autres péchés qu'il vous déclarera sans peine , il est mieux d'en remettre l'accusation à un autre temps où il aura fait des efforts pour se corriger ^ et où l'on a lieu d'espérer que l'on finira avec lui ; car si le pénitent ne se ny| pas en peine d'être absous , la confession générale est pure perte.

Question IV. —^ Quelle règle faut-il suivre , par rapport à la cotn-.

munion , avec les jeunes gens ? à qui doit-on accorder la fréquente com-< munion ?

RspoiifSE. — Quand un enfant se soutient dans les sentimens de piété où il était au temps de sa première communion , on peut lui accorder la communion de tous les mois; S'il y avoît moins de ferveur , je le réduirois à celle des grandes fêtes. En général , c'est par le fruit qu'on retire de la communion qu'il faut se régler pour la permettre plus ou moins souvent. Riais une chose bien importante à observer , c'est qu'on doit regarder comme un très-grand fruit de la communion, de tenir les passions enchaînées , quand même il n'y auroit pas une certaine

dëvoiîon sensible. Ainsi je croîroîs devoir accorder la fréquente eommunion , c'est-à-dire celle def chaque mois, ou même plus souvent , à un pécheur converti , auquel je verrois qu'elle est nécessaire pour ne pas retomber. Mais notre granct embarras est de déterminer les jeunes gens à communier hors la quinzaine de Pâques. Ce n'est pas le respect du sacrement qui les arrête ^ c'est la cfainte d'être appelés bigots.

Ce resjpect humain est la perte descolléges^ Un enfant commence par s'éloigner de la comnuinion , pour n'être pas bigot : de là le relâchement ; il s'affaiblit et tombe dans de mauvaises habitudes qui le mettent hors d'état de communier, même à Pâques.

Question V. — Quand un confesrseur de collège peut-il ordonner ou conseiller à son pénitent de découvrir au supérieur un libertin du même collège ? .

Réponse. — Il faut , pour l'obli- Çcr.à cette déclaration , quatre choses ; I .° que le mal soit bien prouvé ; 2.** que ce^raal soit contagieux et nuise à d'autres qu'à celui qui le fait ; S."* que le moyen qu'on emploie .pour instruire le supérieur ne donne aucune atteinte au secret de la confession et ne puisse la rendre odieuse ; 4-'^ qu'il n'y ^it aucun péril grave pour le délateur.

Par conséquent , s'il n'y a pas de preuve manifeste , si le mal ne doit

]Mis s'étendre à plusieurs , s'il y »

lieu de craindre <|ue cela n'éloigne les autres de la confession , si Ton ii*est pas bien sûr de la prudence du supérieur , qui pourra faire un éclat, il n'y a pas lieu à délation.

En général , il faut être extrêmement réservé à ordonner ou coiiseil- i

1er une délation , de peur qu'ea voulant remédier à un mal , on ea j occasione un plus grand. Il fau-« droit que l'on ne pût pas conaoître que c'est à l'occasion de la confession que le supérieur a été instruit ; ce ne seroit guères que dans le ca« où ce libertin seroit un domestique , ou un maître , ou un grand écolier, qui abuseroient , l'un de son autorité , l'autre de sa force , que je me déterminerois à faire faire la décla-

ration après lui avoir dicte sa leçon :

VoUà ce que vous direz , et rien de plus; et après lui avoir bien défendu d'en parler à d'autres qu'au supérieur.

Il faut , autant qu'il est possible , que ce soit le pénitent , et non pas le confesseur , qui fasse cette déclaration au supérieur ; il y a beaucoup moins d'inconvéniens. Cependant , comme il est difficile de déterminer un jeune homme à aller déclarer , dans le cas d'un danger pressant , si le confesseur s'en charge , avec la permission du pénitent , il faut qu'il ait cette permission par écrit , ^fin que si le jeune homme vient à désavouer , le confesseur ait la preuve en main. Voici un expédient qui a réussi : Le confe^ur a engagé to

!9« pénitent à lui écrire le foit signé de

sa main , en lui promettant de ne pas montrer la lettre , mais de la transcrire lui-même sans signature et d'apporter cette copie non signée au supérieur. Le seéret de la eonfes^ sion étoit m tutOy et Tenfant ne pouvoit nullement être compromis.

Mais la g^rande règle dans ces circonstances , c est de prendre conseil avant de rien ordonner au conseil-^ Jier.

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