ART. IL
Quelles dispositions doit-on exir ger dans un enfant de douze à treize ans pour l'admettre à la premièi:e communion ?
nfaut que Fenfant n'ait point d'habitude au péché mortel , ou , sïl e^ avait une , il faut qu'il soit suffîsamr ment corrigée ( Nous expliquerons plus bas ce root suffisamment daos l'art icle/i^é//!/^^.) Il faut de plus qu'iji ait fait quelques efforts pour mieux
remplir ses devoirs. Je m^explique :
si vous dites simplement à un enfant qu'il doit s'abstenir du mensonge , de la dissipation à l'église et dans ses prières, de la négligence dans son travail.... Tenfant promettra tout et ne tiendra rien ; ou , s'il fait quelque chose , vous ne le saurez , parce qu'il s'accusera toujours d'avoir menti , d'avoir été distrait à l'église , d'avoir causé pendant l'étude ; pour le nombre il dit au hasard. Il faut donc lui prescrire de se retenir de mentir , quand il* y fera attention avant que le mensonge soit fait ; de se remettre à lire dans son livre quand il s'aperçoit qu'il est distrait à l'église ; de reprendre son travail , quand il s'aperçoit qu'il perd son temps à l'étude ; et lui en;^
Joindre de commencer sa prenûère confession par vous dire combien de de fois il a retenn un mensonge qu'il allait faire , combien de fois il a repris son livre à Fëglise et s'est remis à travailler à Fétiide : . .. par là vous voyez quels efforts il a faits pour se corriger , et vous Vaccoutumerez à combattre et à vaincre ses passions. Peu à peu vous vous assurerez de sa bonne volonté.
Art. m.
Ih» temps et de la manière de faire la confessioo
^nérale.
QuESTioi!^ !.'•. — Dans quel temps fst'll à propos que Fenfant fasse sa confession générale ? £st-ce un mois
ou seulement huit jours avant la première communion ?'
* Réponse. — Il semble plus avantageux de ne faire la confession générale que peu de jours avant la première communion, parce que les enfans , mieux instruits, mieux préparés par les exhortations qui précèdent , sont plus touchés de Dieu , s'accusent ' mieux , sont ordinairement pénétrés de sentimens de piété.
Mais il y a ici un inconvénient à craindre , c'est qu'un certain nombre d'enfafts ne déclarent qu'alors des péchés pour lesquels il soit nécessaire de différer, et qu'il ne soit pas possible de les admettre. Cependant , les fsimilles qui comptaient là de^us ont pris de$ arrangemens^n conèë-.
qnence, elles ont acheté des habits, elles ont invité à la cérémonie ; le délai les fait murmurer et occasione au confesseur des visites importunes* Il faut donc , pour parer à cet in** convénient, que le confesseur n'attende pas pour prendre son parti que le temps de la confession générale soit venu , mais qu'un ou deux mois auparavant , comme pour apprendre l'enfant à s'examiner , il lui fasse parcourir les commandemens de Dieu et de l'Ëglise , les péchés capitaux , et qu'en insistant sur ceux où il peut trouver des habitudes mortelles , il fasse faire d'avance à l'en-faut l'aveu de ses habitudes , s'il en a ; qu'il emploie ensuite le temps qui reste à retirer J'enfant de ses habitudes ; et 9 si l'enfant est /docile apx -
avis qu'on lui donne , il faudra Vevr tretenir dans Fespérance d'être admis , sinon le confesseur Favertira de bonne heure qu'il faut différer pendant quelque temps pour se préparer à la première communion, et il le chaînera d'en avertir ses supérieurs.
Question H. — Quelle méthode doit -on employer pour aider les enfans à bien faire leur confessioa générale ?
Réponse. — La meilleure méthode est de leur dire qu'on doit s'examiner sur tous les commandemensy et voir quels péchés on a commis contre chaque commandement ; de celte manière : à quoi oblige le premier commandement ? à telles cho~ seS) etc. K'avez-vous pas manqué
de faire vos prières , d'apprendre votre catéchisme, etc.? Qu'est-ce que Dieu nous défend par le deuxième commandement ? N'avez-vous pas juré? etc. ; ainsi des autres. Pour leur faciliter encore davantage cet examen , il faut leur dire de parlageip leur vie en troîs époques : i.? le temps qu'ils ont passé dans la maison paternelle ; 2.® celui qu'ils ont passé dans une pension ; 3.® celui qu'ils ont passé au collège ; et de s'examiner en particulier sur les péchés qu'ik ont commis dans cha*^ cune de ces époques : cette division les aide beaucoup. Avez-vous manqué de faire vos prières quand vous étiez chez vos parens? étiez -vous sujet à mentir, à jurer , quand vous étiez en pension? avez-vous conti-*
une après que vom êtes venu au collège ? Quand il s'accuse de quelque péché mortel , comme vol, impureté , il faut lui demander si cela arrivait souvent , et , lorsqu'on voit qu'il y a habitude , demander :
1.® Quand cette habitude a com— mencé ? 2.® depuis combien de ten^ps ils ont cessé de commettre ce péché ? On conçoit alors les deux termes; il est aisé ensuite de leur faire dire combien de fois par jour , par semaine j par mois , par année , ils sont tombés dans le péché ; s^il y a eu quelque interruption et conibieii de temps ont duré ces intervalles de sagesse , etc. ? Par là on connoît bien la force de Fhabitude et Fétat de leur âme.
Remarquez que chaque fois que
*9 Fenfant se présente pour faire cm
continuer la confession générale , il fant toujours lui faire déclarer les péchés qu'il a faits depuis sa dernière confession ; sans cette précaution , il y en a qui se laisseraient aller au péché ) dans cette vue que tout sera compris dans la confession générale et qu'il n'y aura qu'à ajouter quelque chose an nombre de fois ; ce qui ne coûte pas beaucoup.
Question III. — Commet^ doit-on interroger sur le sixième comman-i dément les jeunes enfans que l'on dispose à la première communion?
Répokse. — 11 faut le faire avec une extrême réserve , de peur de leur apprendre ce qu'ils ignorient. .
3o Il n'est pfts raure de tronver des per&ouaes qui se plaignent dWoir apprl& le mal [par les questions indiscrètes qu'un confesseur imprudent leur a faites dans leur enfance.
iVoici , ce me semble , la marche qu'il faut suivre : on leur demande s'ils n'ont pas eu de mauvaises pen~ sées? s'ils répondent, non y il ne faut pas s'en tenir là, mais leur demander s'ils n'ont pas été avec des camarades qui n'étaient passages , s'ils ne les oiy: pas entendu tenir de mau- .vais discours , s'ils ont toujours été bien modestes dans leurs jeux , dans leurs regards ? IJuand ils avouent qu'ils ont eu de mauvaises pensées , il laut leur demander à quoi ils peneoicnt ? s'ils marquent de l'embarras y on ajoute ; «. A quelle occasion
St 'W ces mauvaises pénsëes vons sont- ^» elles venues dans Tesprît? n'é- » toit-ce pas quelques mauvais li- » vres , quelques mauvais discours , ^> quelque mauvais tableau ? » S'ils répondent oui^ on leur demande s'ils tiennent ou entendent souvent de mauvais discours, s^ls ont lu plusieurs mauvais livres , et quels livres ? On commence à juger par là du degré de corruption qui est dans leur esprit et dans leur cœur; on avance , et parlant toujours de ce qu'ils avouent : « Et ces mauvais » livres ne vous ont-ils point inspiré » de mauvais désirs ? » S'ils disent ouif on ajoute : « Avez* vous fait ce » que -vous désiriez ? combien de » fois? dites-moi , mon fils , ce que » vous avez fait ; ne craignez point y
» Dieu vous pardonnera , si vou»
» dites tout. Vous ne voulez plus le *> faire , n'est-ce pas ? »• Ils ne man- ({uent pas de dire qu'ils ne le feront plus, «t Eh bien ! dites , mon fils , •» tout ce que vous avez fait , et tout >» vous sera pardonné ; au lieu que M si vous ne disiez pas tout j le bon * Dieu ne vous pardonneroit pas et » vous feriez de plus un sacrilège. »
Alors , s'ils disent qu'ils se sont touchés déshonnétement , ou bien qu'ils ont fait des indécences , on ajoute :
« Et vous étiez donc seul ? car vous « lie l'eussiez pas fait devant un » autre. » S'ils disent qu'ils étaient seuls , on voit assez ce qu'ils ont pu faire , et il ne s'agit plus que de connaître s'il y a habitude, si elle dure tncore , qu'elle est la fréquence des
actes. S^ils disent qu4ts étaient deux , ajoutez ; « C'était uîi de vos petits » camarades ? » Par la réponse on découvre si c'était un petit garçon.
Si VenËint dit oui, ajoutez : «r Et a vous vous êtes donc caché , pour » qu'on ne vous vît point ? en quel » endroit étiez*-vous ?» Si c'étoit à Fétude ou aux lieux d^aisance , vous voyez assez ce qu'ils ont pu faire ; mais si l'enfant répond que c'était la nuit ou à l'écart , il faut lui demander si l'autre est venu le trouver, s'il était déjà couché , s'il s'est levé polir le venir trouver , s'il est resté long-temps , comment il a fait pour n'avoir pas froid ; tâcher de savoir ^ par ces différentes interrogations , s'il est entré dans son lit , et combien de temps il y est resté ; alors il n^
a plm qu^à engager Fenfant à lui-même Taction. « Dites , mon 1» fils , ce qu'il a fait. » S'il répond qu'il ne sait pas comment dire cela.
|« Dites comme vous pourrçz , dites l» de votre mieux ; c'est tout ce que I» Dieu demande de vous. »
£n un mot , je l'interrc^erais sur les lieux , le temps, la durée, la situation, de manière à déguiser plutôt qu'à demander l'espèce ; il vaut beaucoup mieux rester en deçà.
Mon principe est, toutes les fois que j'ai lieu de croire que mon pé*xiitent peut ignorer ou ignore quelque péché , telle circonstance d'un péché , que je dois m'arrêter , suspendre mes interrogations , et l'exhorter de mon mieux à dire luir même comme il pourra ce qu'il a fait.
MaÎ6 , dtra-t-on , s'il y avait un cas réservé ? D abord ^ ordinairement ^ avant quatorze ans poar les gainons et douze ans pour les filles , il n'y a point de cas rése^rvés ; en second Ueu , j'ai toujours soin d'avoir cinq ou six cas réservés que j'applique lorsque j'ai un doute fondé. Mais, ajoute-t-ott , l'enfant aura un jour de i mquiétude quand il sera instruit. A cela je réponds : quel mal , quand même il s'accuserait pbjs parfaitement de ce péché ? D'ailleurs , qui m'empêche de lui dire que j'ai des pouvoirs particuliers pour l'alw soudre ?
Art. IV,
Méthode pour traiter Us pécliét d'habitwk*
On appelle habitude la pente , la facilité à se laisser allée aa pécbé:
tontes les fois qiie l'occasion se présente. Il peut y avoir habitude pour un péché que Ton commet rarement ; si l'occasion se présente rarement ; au contraire , il se peut faire qu'il n'y ait point d'habitude dans un péché que l'on commet souvent , si lorsqu'on y tombe , on le fait toujours avec peine et répugnance.
Mais comme on doit traiter ceux qui tombent souvent dans le péché' de la même manière à peu près que* ceux qui tombent dans le péché' d'habitude, cette distinction entre l'habitude^et la réitération des actes né sert pas beaucoup dans la pratique.
Question I.'® — Faut- il éprouver tous les pécheurs d'habitude avant Àe les absoudre ?
Méi». — Excepté cinq, à dix gîis rafM?
j[)orté$ dans là conduite deseonfes^*" seurs ( voir à la fin de l'oui^rage) on ' lie pent absoudre un pécheur d^habi^ tudc qu'après Vavoir éprouvé". La raison en est qu'on ne se défait pas touft d^un coup d'une habitude ^ mais peii à peu ; et quand ni£me le eoeur serait changé ^ le confesseur né peut s'eni • assurer que par les effets : à frue^ Obus eonun cognosceiis eos.
Question IÏ. -^ Que doit-oni eat* iendre par épreuves ?
Réponse. — Pour qu'il y aîf épreu> te ; il ne suffit pas ^é lé péni'erit ait été quelque ten»ps san» comntet^' ité le péché ^ \\ faoi ^Qé k'etrasionf km qij^qae t\am% de aoniblal]^ Af
l'ancienneté de l'habitude , à la qiience des actes, et surtout aux efforts que fait le pénitent pour se porriger. Il est vrai qu'une habitude invétérée et dont les actes ont été extrêmement multipliés , se détruit plus difficilement ; mais il est vrai ^ussi qu^ plus une habitude est anpenne I plus les ^ctes ont été multipliés ; plus un pénitent qui s'en est abstenu pendant uii certain temps a ppposé une forte résistance , plus i\ ^multiplié les actes de cette résistance; et on çloit lui tenir cqmpte (de la force avec laquelle il a résisté , ^ussi bien que du nombre des résîs^ tanches.
Mais une règle plus sûre et plus ^împlé est , ce me semble , de cher-r fber à coimpitre quelle est à çe|
^ard la conduite des confessetin ffclairés , exacts , qui ne sont ni outrés , ni relâchés , et de suivre cette pratique : j'en ai conféré avec la plupart des confesseurs , et le résul-^ tat de ces conférences a été que, dans Tespèce d'habitude qui est la plus ordinaire , if falloit éprouver les pécheursr au moins un mois , quelquefois six semaines, ou même deux mois , selon que Ton est plus, ou moins content de son pâiitent , selon qu'il fait plus ou moins d'efforts « qu'il est plus ou moins fidèle à suivre les avis qu'on lui donne ; de manière qu'après le temps de sagesse ou de résistance , on puisse moralement juger, non qu'il ne retombera pas , mais qu'il est actuel -^ liment dans la sincère résolution de
.continuer à résister aux tentations ,
comme il a fait depuis quelque
iemps. La légèreté de Tâge , Finsta-
biiité de leur volonté , peuvent bien
- faire craindre qu'ils ne changent de
, dispositions; mais elles n'empêchent
pas de juçer prudemment qu'ac-
. tuellement ils sont bien résolus de
.résister aux tentations, et de les
. vaincre conune ils ont fait pendant
répreuve.
Mais , dit-on , il est d'expérience
• que sur vingt pécheurs d'habitude
\ qui se sont abstenus pendant les six
: semaines du carême , il n'y en a
peut-être pas deux qui se soutien-
' nent après les Pâques , et qui ne re-
-tombent dans leurs habitudes, les
uns plus tôt , les autres plus tard.
Je réponds que ce doute sur leur
persévérance est vague , et né jM^nt s^ appliquer à aucun d'eux en particulier : donc tous, me donnant les Tnémes marques de bonne volonté, ceux qui ne se soutiendront pas comme les;autres , ]e dois les absoudre tous la première atinée.
Mais ici se présente une difficulté réelle , savoir : que dois-je faire la deuxième année à Tégard de ceux qui, après Vépreuve comnrane, sont tombés dans leurs habitudes et >y sont restés jusqu'au commencement du carême , et qui , à l'entrée du carême suivant , ont, recommencé leurs efforts , ont résisté à leur habitudje? Cette épreuve , qui m'avait para suffisante la première année , n'est-eUe pas d'avance insuffisante à leur égard, puisque j'ai vu par ex-
p^rîence qu'elle iiè les arait pas em^ péchés de retomber après Pâques ?
N'ai-je pas lîeti d'appréhender que la crainte d'être remarqués , s^îls ne faîsbient pas leurs Pâques , en un inot qu'un niQtif humain a beaucoup influé sur leur changement apparent, et v qu'ils n'ont fait que suspendre leur habitude , pour la reprendre de nouveau après Pâques?
iVoici une réponse à cette difficulté qui est très-forte. Ou ces pécheurs de rechute se sont soutenus quelque temps après les . Pâques de Tannée précédente , et ne sont retombés dans leur habitude qu'après avoir eu coutume de résister, ou à l'occasion d'une tentation extraordinaire ^ pi alors je jugerois encore favora-.
t)|çinfint , et je ^eur ^qnnçrois en^
^OT^ Vabsolution dans la qulnzaf Ai| |âe Pâques ; ou ils sont retomb69- (dans, leur habitude presqu'aussitot , par exemple , le lendemain de leup communion paschale ;. et alojrs je jugerois l'épreuve comme insufii-r santé p^r rapport à eux , et j'exîgerois la deuxième année quelque chose de plus, soit du côté de la ferveur, soit du côté de la durée de l'épreuve , pour m'assurer raisonnablement que mon pénitent est mieux disposé cette année que la précédente. Au reste , il est bon de remarquer que je demai^derois beau-?
coup plus de stabilité dans un hon[>me que dans un -enfant , dont \a^ volonté est naturellement mobile e% changeante , et que la légèreté na^ |^^%Ue fait passer en peu de teinM
d'ttne disposition Irès-réellé et trè«sincère à une disposition tout-à-fait contraire.
Question V. — Quels avis faut-il donner à un pécheur d'habitude?
Réponse. — Il faut conunenter par exciter dans son cœur le désir d'être guéri. Sans ce désir , .toutes les pratiques .qu'on lui priescrirait seroient inutiles , puisqu'il ne les exécutera pas. Pour faire naître ce désir , il faut représenter aux pécheurs
. d'habitude la honte et la difformité
>de leur péché , les suites funestes de ce péché, leur faire envisager la
)inort comme prochaine , parce que le péché cause la mort à plusieurs , **
. ou par lui-même , ou en les mettant
hors d^état de soutenir les maladies cpii sont inévitables dans la vie ; leur peindre la sévérité des jugemens de Dieu , les horreurs de Fen « fer dont où. se rend digne en commettant le péché. Quand on les voit frappés dd jugement qu^ils méritent , on doit leur parler de la bonté de Dieu , leujr inspirer une vive confiance en sa miséricorde.. « Dieu » peut vous ^érir ; il n'y a point '> de maladie incurable pour un » médecin tout puissant : il vous » offre sa grâce , il attend que vous «veuillez être • guéri. Il ne dé- » pend que de vous d'employer les » moyens que je vais vous prescrire » de sa part. Fis sahus fieri ? II » répond qull ne demande pas » mieux. Eh bien ! je suis sûr
âf. qile vous serez bientôt délivra a ^ vous Toulez faire ce que je vais i» vous direw Ces remèdes sont in-»^ i» faillibles. Dieu Ta promis , il est i> fidèle dans ses ^romiesses. Ces re— » mèdes se réduisent a trois : la W— » gilance , pour éviter t^ut ee qui A peut vous porter au péché , vigi- » laie; la prière , pour votis fortifier » dans les tentations inévitables , »^ orale ; et la fréquerdation du sa-
* crement de pénitence qui vous- » rendra fidèle à employer les deux* A premiers remèdes en vous faisant
* renouveler souvent vosr résolit-' i* tions. »
Mais il faut énsi>ite entrer danis^ <|uelques détails ; voyez à quelle occasion votre pénitent est sujet à^ ioj:nber. Dans Tun c^est la négli^BecF.
a fie lever le niatin ; pre^tivezAm de se jeter hors du lit dès qu'on ï^ ëveiUé ; dans les antres c'est tel ou tel lien , teUe personne qu'ils fré-* qnentent, ou téi livre qu'ils lisent ; drdonnez-lenr d'éviter ce lieu, cette personne , de renoncer à cette lecture, ctC' En appliquant ainsi le remède au mal de chacun , voilà le premier moyen qui consiste à écarter le danger de la rechute ; le se-« tond est la prière qui est une arme puissante pour nous défendre quand BOUS sommes attaqués; Dieu accorde tout à une prière bien faite ; exhor-^ tez votre pénitent à prononcer basles prières communes à mesure que le lecteur les lit tout haut , cela fixe l'attention ; exhortez-le à porter soa livre à la messe et à demander toufr
. Si Un autre avis bien important ai leur donner , c'est que , slk ont le malheur de tomber une fois dans ce pëchë , ils ne se découragent pas , mats qu'ils se relèvent aussitôt y en demandant pardon à Dieu et reve^ nant trouver leur confesseur ; sans cela , qi^nd ils ont fait une chute ^ ils s'abandonnent à leurs passions et commettent dix péchés , parce qu'ils en ont fait uq.
Question VI. — Gomment il fout, se conduire avec un pécheur d^ha-^ bitude qui ne profite point des £|yis qu^on lui donne. Faut-il le renvoyer à un autre confesseur ?
Réponse. -^ Il ne faut opposer à f S(tç ipsensibiUlé ^'unç p9tieoc«
à tonte ëpreuve et une doucienr lAàU térable , de peur de rebuter, k pénitent et de lui ôter toute, confiance ; fie jamais se' rebuter ni; se lasser soi-^ xnéme , mais employer tous les xnoyens que Ton sait être propres à toucher : mp^ifs naturels, motifs surnaturels , motifs de crainte , motifs d'espérance , motifs de con-»
fiance ; en un mot faire usage de tout. Il ne faut pas i-envoyer ces sortes de personnes à un antre confesseur , surtout si elles vous* ont avoué ce qu'elle» cachaient à d'autres; mais on peut leur dire : «« Voilà » bien long-temps que je vous ex-; » horte à revenir à Dieu ; nous n a^ » vançons pas ensemble ; peot-êtrQ » nu autre confesseur vous ferait ^ plus d'impression que moi ; aiUn
y» rîcr^votis de la répugnance à es— » «ayer d'un antre ? Je ne venx que » votre sahit ; il ne m'importe pas » que ce soit tel ou tel confesseur » qui vous guérisse , pourvu que » vous soyez enfin guéri. Ce n!est » pas que je cherche à me déchar- » ger ; non , je vous offre mes ser- » vices ; je vous recevrai toujours à * bras ouverts ; mais si vous voyez >» que 1q changement puisse vous » être utile , il faudroit le faire. »
On se trouve encore quelquefois à leur dire : « Moii fils , voilà biea » du temps que j'eniploîe inutile- » ment à vous guérir ; toutes me$ » exhortations n'ont servi à rien \ •> tous les remèdes ont été inutiles:
» toutes les pénitences que je vous f» ai prescrites n'ont eu aucun e£fet;
5$ » jë rfaî fim tien à vous prescrire , » aussi je ne vous donnerai aujour- » d'hui de pénitence ; faites ce qu'il » vous p}aira. » Cela Iqs frappe çt devient quelquefois Toccasion d>un changement.
': Enfin on peut quelquefois abaiH donner l'attaque directe de leur pas- 'sion dominante, et les prendre de côté. C'est par exemple l'amour du plaisir ; eh bien ! on peut leur prescrire de se priver d'une partie ; de ' leurs récréations , en cédant leur place à un autre , de renoncer à p une petite friandise , ne fût-ce qu'un moineau. Par là on les accoutume peu à peu à rompre leurs inclinations , et à affaiblir leurs passions ; ils deviennent plus forts pour résister à leurs tentations , dan^ les
éboses illicites. Mais quoiqu'il' en soit, il ne faut pas perdre patience; après tout y on gagnie toujours quel<que chose ; on diminue le nombi« de leurs péchés ; et quand on n'arrêterait qu'un seul péché mortel en sst vie , on n'aurait* pas été inutile au monde. D'ailleurs les principes qu'on inculque au pénitent aoht une semence que Dieu fera sanctifier par la suite. Enfin le moyen le plus puissant est de prier pour eux-, et de les faire prier eiu{;-^mémes pour leur conversion»
Abt. V.
IfAnière ^t cpndaire un pénitent q^ eat daar l'occasion prochaine.
Oii appelle ûccusion d^ péché ce
qui nous porte à le commettre. EUd
e3t une occasion éloignée, quand toujours ou presque toujours on y i^ésiste; elle est occasion prochaine, quand toujours ou presque toujours on y succoinbe. Il y a des occasions qui sont prochaines de leur nature , comme les mauvaises lectures , etc.
Il y en a qui ne sont prochaines que par la mauvaise disposition 4^ P^^^ sonnes , comme sont certaines pro-* fessions , par exemple, la chirurgie , etc. Quelquefois Toccasioa prochaine est séparée de Fhabiiude , comrpe la sollicitation d'un libertin à regard d'un jeune homme qui ne Técoutp qu'avec répugnance. Souvent elle est jointe avec l'habitude , (Comme les mauvaises conversatioQJi à 1 égard d'un jeune homme <{ui lei
6o ^^ toujours à Toccasion du pëclt^.
Il ne s'agît certainement pas de faire Sortir le jeutie homme de cette maîson ; Toccasion n'est pas prochaîné ponr lui , elle n'est qu'éloignée ; il suffit de le fortifier contre ce danger , en lui disant d'éviter ce libertin , de demander à changer de place, de parler même durement au libertin , de le rebuter , d'aller pendant quelque temps avec le maître aux récréations...*
IL* Cas. — Je suppose un jeurie' homme qui recherche lui-même la compagnie des libertins , qui aime à s'entf etenir avec eitx de mauvaises clioses , etc. , il n'est pas à propos non plus de lui conseiller la sortie ; car. qu'y gagaeroit-il ? il trouvera
€i àîllears» des libertins comme dan¥ la maison qa'il quitte^ et il aurai bi€»ntot fait eonnoîssaiice avec eUXr C'est donc sans utilité pour lui ét^ avec ée grands inconvéniens pour la maison qu'il diffame ^ que se fe- Toit ce changement ; e'esl à son pen* chant pour le mal qu'il doit attri*buer le mal qu'il fait, plutôt qu'à l'occasion. Il ne reste donc plus qu'à le traiter comme un pécheur d'ha-* bitude«
Mais comment doit se conduire an confesseur à Tégard d'un jeune homme qui, comme le premier^ n^a pas d'habitude du mal , ne re« cherche point les mauvaises compagnies, mais qui est faible fil suc-« combeordinair€^ment aux occasions^ en qui par conséquent le péché a»
comme aviec le prëcëdent , par employer lous les remèdes qui peuvent «mpécher le jeune homme de succomber : ne pas se trouver seul avec la personne , etc.
2.^ Si c'était une servante qui portât au pécbé ^ prendre les moyens pour la faire sortir ; si c'était une sœur, il faudrait que le jeune homme demandât à aller dans un collée ^ ou chez un maître en apprentissage..
S^il n'en obtenait pas la permission , s'eji tenir aux remèdes précédens ;.
et DieUy qui non deest in necessarUs, le soutiendra d^uis le dang;en
fSr
Art. VI.
|ll« la prudence des confesseurs dans llmpositleié
de JMénitence.
' En général , la pénitence qije le confesseur impose comme médicinale , doit être contraire an vice qu'il s'agit de corriger, contraria 'eontrarriis curarUur, Ainsi on doit ordonn ner des actes d'humilité aux orgueil-^ leux , des aumônes aux avares , des privations aux voluptueux. La mê-^ me pénitence , comme satisfactoii^^ doit être proportionnée au nombre et à la grièveté des péchés qu'il s'agit d'expier : Pœnilenlia crimine jninor non siL ]VIais aussi il faut la considérer selon l'âge et les forcer dm
pi^nîteot. D'après ce principe , il ne faut pas impQS^ aux jeunes gens des pénitences ni trop fortes, ni trop longues^ «ni trqp multipliées*
Question L'* — Quelle pénitence (jèitTon imposer aixx ^tits eil£atns ?
' Rspoksb; ^*^ 11 e^:bon de leur donner .soavènt des actes de foi , d'es— fér&nœ et :de charité , qu'ils sont obligés de faire dès qu^ils ont Fâge de raison ; quelques prières courte»
à la sainte Vierge , ' qu'il faut leur faire regarder comme leur bonne mère ^ et à leur Ange gardien , pour lequel on doit leur inspirer beaucoup de respect et de dévotion.
Question II. — QueUes pénî-
M III I f"
ffenccs fant^îl iiliposer à ceux qnW dispose à la première communion?
RipoïiSE. — Il faut leur parler de cette importante action toute Tannée qui précède , diriger toutes les exhortations vers ce but 9 et joindre à : toutes les pénitences ces mots :
«V Mon Dieu , faites-moi la grâce » de me bien préparer à ma pre-* » mière communion ; » lenr donner souvent à réciter les actes qui sont dans leurs livres pour être récités avant la conirounion , de courtes. prières à la sainte Vierge et à Fange gardien , pour obtenir du bon Dieu , par leur intercession , la grâce de se bien -préparer à la première communion j, de manière
qvi'ih ne perdent pas de vue cettcf grande action.
Question IIL — Quelles pénitences doit-on prescrire à ceux qui ont fait la première communion et qui se soutiennent dans la piété ?
Réponse. — . Faire de la communion comme le centre où toute leur vie se rapporte. Ainsi, quelques prières qu'on leur donne à réciter , et qu'il faut varier ; que ce soit toujours la moitié du ten^)s pour re-. mercier Dieu de la communion qu'ils ont faite et ^ préparer à une nouvelle.
Question IV. — Quelles pénitences dpit-Qn prescrire à ceux qui
«9 H^ont pas d'habitude criminelle ,
-mais qui sont sujets à des fautes ,
comme la colère , la paresse , rin-«
docilité , eta ?
Répo!7Se. — Le confesseur doit attaquer chacun de ces défauts ea particulier , exposer à Tenfant les^ motifs qui doivent l'engager à les combattre , lui inspirer des résolu---^ lions propres à Ten corriger , les lui^ faire prendre dans la confession p et njouter à la petite prièi*e qu'il loi donne poui^pénitence , de renouve-^ 1er tous les jours sa résolution jus-' qu'à ce qu'il revienne à confessé;' car il me semble très à propos que la pénitence soit pour tout k ten^pi d'une confession à Tautre. :
Outre la satisfaction qui est dœ à Dieu, il y a aussi une réparatiox»
qui est due au prochain d'après cer^ tains péchés , comme la médisance ^ les scandales , le vol , les injures.
I.** La meilleure manière de réparer le scandale , c'est de changer*' de conduite , ou de donner bon:
exemple à ceux qu'on a scandalisés f il y aurait de l'inconvénient dans 4es collèges à prescrire une réparation formelle ; un jeune homme deviendrait l'objet des railleries de (Ses camarades et s'exposerait à succomber au respect humain. Si cependant il avoit porté directement au mal un camarade déjà sorti dis collège , et qu'une lettre lui pût être utile , il seroit bon de la lui faire écrire»
. 7\ a.* Quant au vol , si la chose volëc subsiste , il faut la faire rendre à qui elle appartient , quelque' légère que soit la matière , pour détourner les' enfans de ce péché. Si la chose ne subsiste plus , ou c'est à des parens que l'enfant a volé , ou c'est à des étrangers. Dans le premier cas , si la chose est légère , comme sont des friandises , il n'y pas lieu à restitution ; les parens sont censés faire la remise ; mais si la matière du vol est assez considérable pour aller jusqu'au mortel , alors un enfant est tenu à restituer quand il peut et autant qu'il peut : i.° en épargnant quelque chose sur ses me- ' niis-plaisirs et remettant cet argent sur le bureau de son père ou ailleurs , de manière à ce que le père
sur la religion et sur les mœurs ,
sont des propos en Taîr , qui ne font aucune impression ; les obliger à réparer, ce serait renouveler ce qu'ils, ont dit , et donner lieu à de nouvelles médisances ; alors la réparation est inutile , et même nuisible.
Si la médisance avait des suites , si un domestique , une servante , vn maître , avoient été renvoyés pour cela ; ou ils se trouveroient également bien placés , et il n'y auroit pas lieu à restitution; ou Us resteroient sans place , et alors le médisant seroit tenu de réparer ; ou si c*étoit une calomnie , il y seroit tenu , même aux dépens de sa propre réputation. Si un jeune homme s'accusoit d'être entré dans un complot pour faire chasser le maître par
.des calomnies capables de produire
cet effet , îl faudroit obliger ce jeune
homme à déclarer ce complot au
3upérîeur.