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PROPORTIONS

pas encourir le reproche de les avoir omises. Nous aimons beaucoup mieux mettre l’élève à même de prendre luimême, chaque fois, les mesures proportionnelles que son modèle lui présentera. Comptez et recomptez plutôt dix fois qu’une le nombre de têtes contenu dans l’ensemble et dans ses différentes parties; et faites le plus sincèrement possible ce que vous croirez avoir vu sans vous inquiéter de ce qu’a pu faire avant vous tel ou tel.

Vos observations préliminaires faites, attaquez votre esquisse par grandes lignes, cherchant tout d’abord la direction des formes et non les formes ellesmêmes ; appliquez-vous à bien établir, en même temps que le mouvement, les proportions du corps, soit en hauteur, soit en largeur. Surtout, occupez bien toute votre page. Rien n’est désagréable comme une figure qui danse dans un grand papier. Néanmoins, faites qu’elle y tienne ; il ne faudrait pas que les pieds ou la tête fussent si près du bord que* ces extrémités parussent prêtes à en sortir. — Votre figure

MÉTHODE POUR DESSIXER

tracée, vérifiez votre mise en place. Reprenez vos mesures, la tête vous sert d’unité pour mesurer toutes les parties du corps. Combien de fois la tête est-elle contenue dans la longueur des bras, des jambes, du buste, entre les deux épaules, entre les hanches, etc., etc. ; — naturellement la perspective, c’est-à-dire l’obliquité plus ou moins grande dans laquelle vous voyez telle partie du corps modifie considérablement les proportions absolues de ces différentes parties, — assurez-vous donc que toutes vos proportions sont rigoureusement exactes par rapport à la position du modèle et à la place que vous occupez devant lui ; — cet examen accompli et les corrections nécessaires faites, établissez les grandes ombres avec un ton très léger, puis les grands plans de demi-teinte, en vous rendant bien compte de la cause de ces demi-teintes par rapport à la lumière. Votre modèle est en plâtre, c’est dire qu’il est de la même couleur partout ; les différences de tons naissent donc simplement des différences d’éclairage, et ces différences d’éclairage elles-mêmes ont pour cause des différences dans la direction des plans du modèle. Tel ton est plus foncé que tel autre parce qu’il reçoit la lumière plus obliquement, et les grands clairs indiquent les plans qui sont placés visà-vis de la lumière. Ayez cela bien présent à l’esprit en travaillant, vos travaux seront plus rapides, parce que vous ferez un travail plus intelligent, et ensuite, lorsque vous copierez la nature vivante avec ses variétés de couleurs, qui contrarient quelquefois le modelé, vous aurez plus de facilité à vous y reconnaître. — Un modèle vivant que vous avez toujours à votre disposition, qui ne se tachera jamais de la longueur des séances, et qui y mettra toujours toute la complaisance possible, c’est vous-même. Non pour l’ensemble, bien entendu, mais pour la tête ; placez-vous devant une glace, et faites votre portrait. — Puis vos proches, vos amis; que tout le monde y passe. — Il est avantageux de faire le portrait d’une personne que l’on connaît bien, parce qu’il arrive souvent que la personne

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