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DEGRÉS DE COMPARAISON DANS LES ADVERBES

§ 99. Les adverbes en ë, en ô et en ter peuvent recevoir les degrés de comparaison comme les adjectifs dont ils viennent :

Doctus,

savant.

docte ,

doctiûs,

doctissïmë.

Pulcher ,

beau,

pulchrë ,

pulchriûs,

pulcherrïmë.

Ornâtus ,

orné,

ornatë ,

ornatiûs,

ornatissïmë.

Tutus,

sûr,

tutô,

tutiûs,

tutissïmë.

Fortis ,

courageux,

fortiter,

fortiûs,

fortissimo.

Audax ,

hardi,

audacter,

audâciûs ,

audâcissïmë.

Prûdens, prudent, prudenter, prudentiûs, prudentissïmë.

Rem. 1. On voit que c'est le comparatif neutre de l'adjectif qui sert d'adverbe : doctior, doctius. Quant au superlatif, il forme son adverbe en ê, comme tout autre adjectif en us : doclissimus, doctissïmë.

2. Quelques adverbes manquent de positif : ainsi l'adjectif ùber (fécond) forme seulement uberius et uberrimë; ou de comparatif : nôvus (nouveau), novë, novissimë ; mëntô, meritissimô (ablatif pris adverbialement) .

3. Un petit nombre d'adverbes qui ne viennent pas des adjectifs , ont aussi les deux degrés de comparaison : sœpë, sœpius, sœpissimë; diû, diûtiûs, diûtissimë ; ou un seul : sëcûs (autrement) , sëciûs (moins) ; sâtis (assez) , sâtius (mieux) , sans superl. ; nûpër (dernièrement), nuperrïmë (très-récemment), sans comparatif.

1. L'interrogation, F affirmation , la négation, le doute, tombent en général sur le verbe être, ou exprimé (Cela est-il juste? Cela n'es? pas juste), ou renfermé dans le verbe attributif (Je n'ai pas \u Rome = Je ne suis pas ayant vu Rome). Les quatre autres espèces d'adverbes modifient exclusivement l'attribut.

96 CONJONCTIONS

DES CONJONCTIONS

§ 100. Les conjonctions unissent ensemble les propositions et en marquent le rapport, ainsi qu'il sera expliqué dans la Syntaxe. Elles unissent aussi les différentes parties d'une même proposition.

tes principales conjonctions sont les suivantes :

Français. Latin.

et et, que (enclitique1), ac, atquë. (On évite, par euphonie, de mettre ac devant une voyelle).

ou vël, aut, ve (enclitique).

ni nëque, nec, = et non; nëve, neu, = vel non.

mais sëd, ât, ast, vërum; vërô et autem (après un mot).

or atquî, porro, et encore vero, autem.

donc ergo, ïgïtur, ïtâqaë (ita-que, et ainsi).

car nam, ënim, ëtënim, namquë, nempë, quippë.

cependant. . . . tâmën, attamen, verumtamen.

et cependant. . atqui.

c'est pourquoi, qudrë, quamobrem, quâpropter, quôcircâ, proindë.

si. si, et entre deux verbes, an, num, utrum.

soit que sïvë, et par contraction, seu.

à moins que. . nïsï, et par contraction, ni.

sinon si non, si minus, sïn minus, sîn aliter.

mais si sîn, sîn autem, sin verô.

pourvu que. . . sî modo, dummôdô, ou dum et modo seuls.

quoique etsî , ëtiamsi, tametsi, quanquam, quamvïs , lïcët.

afm que. .... ut, quô (avec un comparatif).

de peur que. . në= ut non.

que... ne. . . . quîn, quômïnùs (quo et minus, moins).

parce que quia, quônïam, quôd.

puisque quum ou cum,

lorsque. quum ou cum, quando.

tandis que dum (s'emploie aussi pour dire jusqu'à ce que).

jusqu'à ce que. dônëc (signifie aussi tandis que, tout le temps que).

avant que antëquam, priusquam, ou ante..., prius... quam.

après que. . . . postquam, posteâquam (signifie aussi depuis que). dès que ut prîmum, ubi primum, sïmùl, simul aç ou atque.

1. On appelle enclitique une syllabe qui se joint au mot précédent, de manière à faire corps avec ce mot : paterque materque (et le père et la mèr,e). Gf. Méth, grecq. §§ 270 et 405.

CONJONCTIONS. 9

Français. Latin.

comme ut, sïcùt, vêlût, utï, sicutï, velutï, tanquam, ceu.

comme si quasi, perindé ac si, perindè quasi.

de quelque manière que. ut ut, utcunqué, quomodocunquë.

en tant que ut, utpôtê.

que ut, et dans les comparaisons, quant.

Rem. 1. En latin comme en français1, une partie des conjonctions sont des mots simples : et, vel, nam, si, etc. Les autres sont ou des mots composés : et-enim, quam-ob-rem, si-ve, ne-que, ne-ve , at-tamen, sic-ut , vel-ut, tam-quam, ou un assemblage de mots qui restent séparés : si modo, ut primum, simul atque. Ces dernières sont proprement des locutions conjonctives.

2. La plupart sont empruntées à d'autres parties du discours ; ainsi dans quamobrem, quapropter, quocirca, on reconnaît des prépositions avec leurs compléments; verum et vero sont des cas de l'adjectif verus (vrai) ; quamvis est formé de l'accusatif quam et de l'indicatif vis, et signifie proprement, « autant que vous voulez; » licet n'est autre chose que le verbe licet (il est permis) ; quum est un ancien accusatif neutre de qui, quœ, quod. Presque toutes pourraient s'analyser ainsi.

3. On ne doit donc pas être surpris de voir sur le tableau des conjonctions des mots déjà cités parmi les adverbes. En effet , dès qu'un adverbe rappelle à la pensée ce qui vient d'être dit, il établit une liaison entre deux propositions , et , à ce titre , des adverbes comme ideô, idcircô, proptereâ (pour cela) , prœtereâ (outre cela), intereâ (pendant ce temps, cependant), scilicet (c'est-à-dire), prennent en quelque sorte le caractère de la conjonction2. Réciproquement on peut considérer comme adverbe la conjonction et, qui signifie de plus, et qui s'emploie souvent pour etiam (même).

4. Tous les adverbes qui servent à interroger, comme an, numrj utrum, cur, ubi, unde, quando, quomodo, quantopere, deviennent conjonctions , lorsqu'ils sont entre deux verbes, et que par conséquent l'interrogation est indirecte , comme dans cette phrase : « Dites-moi pourquoi vous avez fait une telle action : » Die mihi cur hoc feceris.

1. Et comme en grec. Cf. Méth. grecq. § 164. — 2. MêmeMéth. § 273, nqj. 2.

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