Cf. Méth. grecq. § 168. — 2. Grec, à{j.cp
dis-jungëre (disjoindre) , dis-pônëre (disposer). S s'assimile avec f: differre (différer); elle tombe devant les consonnes douces, et i devient long : dï-mïttëre (congédier), dï-rïgère (diriger); elle se change en r devant ëmo et habeo : dïr-ïmëre (séparer) , dïr-ïbëre = dis-habere (distribuer). La racine est duo (deux) : dis pour dûïs.
3° .Remarque, comme en français, retour, mouvement en arrière : rë-pellëre (repousser) , rë-dûcëre (ramener) . Cette particule prend un d euphonique devant les voyelles : rëd-îre (revenir) ; elle a en général la même valeur que rétro.
k° Se signifie de côté, à l'écart : së-pônëre (mettre en réserve), sê-dûcëre (tirer à part). C'est la même particule que dans séparer, séduire.
5° Sus exprime direction de bas en haut : sus-pendëre (suspendre), sus-tïnëre (soutenir). Sus est employé comme mot complet dans la locution susque dêque (de haut en bas). Cette particule vient probablement de subs pour sub; cf. § 103, I.
6° Vë marque privation : vë-sânus (privé de son bon sens), vë-cors (fou, en délire).
Rem. Amb , dis, re et se entrent en composition avec des verbes et avec des adjectifs , sus avec des verbes et vë avec des adjectifs seulement.
A ces six particules il faut ajouter les deux suivantes, qui donnent au mot composé une signification contraire à celle du simple.
1° In, négatif en latin comme en français : justus (juste), in-justus (injuste) ; prôbus (probe) , imprôbus (méchant) ; gnârus (qui sait), i-gnârus, pour in-gnarus (qui ne sait pas). Cette particule n'entre en composition qu'avec des adjectifs ou des participes pris adjectivement. Il n'y a exception que pour quelques verbes tirés d'adjectifs où elle figure déjà , comme imprôbâre, ftimprobus (désapprouver); ignôrâre , d'ignarus (ignorer).
2° Ne bref, également négatif : ne-scio (je ne sais), në-queo (je ne peux) , në-fâs (crime) , në-fastus (criminel) . Ve disparaît devant les voyelles : nullus pour ne-ullus, nunquam pour ne-unquam , excepté dans neuter pour ne-uter, neutiquam pour ne-utiquam. Quelquefois il se contracte : nôlo pour në-vôlo, nëmo pour ne-homo... Ne est quelquefois remplacé par nëc ou nëg : nëc-ôpinans (qui ne s'attend pas) , neg-lïgëre (négliger) , nëg-
ôtium (affaire) ; ou par ne long : nê-quâquam (nullement). L'usage enseignera le reste.