VERBES PASSIFS PRIS DANS LE SENS RÉFLÉCHI
Véritable nature des verbes déponents.
§180. Parmi les verbes déponents énumérés au § 175, invehor et pascor sont, comme nous l'avons remarqué, des passifs pris dans le sens réfléchi. Il en existe plusieurs autres du même genre :
grâvâre, surcharger, accabler; grâvâri, se faire une peine de. Isetâre (arch.) , réjouir quelqu'un; laetâri, se réjouir. pignërâre, donner en gage; pignër&ri , prendre en gage. versâre, tourner; versSri, se trouver quelque part , s'occuper de.... vïdëre, voir/vidëri, paraître (se laisser voir).
Exceptez lœtari, dont l'actif est inusité , ces verbes s'emploient aussi dans le sens passif. Ils sont donc à la fois passifs et déponents. Rien de si facile que d'expliquer ce double caractère. La forme en or présente le sujet du verbe comme recevant Faction ; si cette action est faite par un agent étranger, le verbe est passif (amoraDeo) ; si elle est faite par le sujet lui-même , le verbe est réfléchi (pascor, lœtor, invehor), et , comme tel , il prend le nom de déponent , parce qu'il a en quelque sorte déposé le sens passif, lequel suppose un agent extérieur. Il ne faut donc pas s'étonner que tant de déponents se traduisent en français par des verbes réfléchis ou pronominaux, fungi (s'acquitter), irasci (s'irriter), nui (s'efforcer), queri (se plaindre), vesci (se nourrir), et une foule d'autres. Ceux même qui semblent purement transitifs pourraient se ramener à cette analogie : imitari (imiter, se proposer pour modèle), polliceri (promettre, s'engager à), mutuari (emprunter, se faire prêter), comitari (accompagner, se rendre compagnon), aspernari (mépriser, repousser loin de soi), aversari (avoir en aversion, détourner de soi) , etc. , etc.
Le verbe déponent des Latins est donc originairement destiné , comme le moyen des Grecs, à exprimer une action réfléchie K