‹ Méthode pour étudier la langue latineChapitre 166 sur 260 · SYNTAXE · texte numérisé non relu

SYNTAXE

Sali, (alors furent portées des lois qui ont permis aux condamnés d'aller en exil) ; des lois, par lesquelles lois l'exil a été

2. C'est sur ce principe qu'est fondée la construction suivante : Quant quisque norit artem, in hac se exerceat, Cic. (que chacun s'exerce dans l'art qu'il connaît) ; in hac arte, quant artem norit. Ce tour a beaucoup d'élégance lorsque le relatif est placé au premier membre , et que l'antécédent est un substantif K

§ 231. Relatif entre deux noms différents.

Lorsque la proposition relative a pour attribut un nom substantif, il arrive très-souvent que le relatif prend le genre et le nombre de ce nom , au lieu de se régler sur son antécédent : Thebœ, quod caput Bœotiœ est, in magno tuntultu erant, Tit. Liv. (Thèbes, capitale de la Béotie, était dans une grande agitation) ; quod au singulier neutre, en accord avec caput.

Decem Tabularum leges perlatœ sunt, qui nunc quoque fons omnis publia privatique juris est, T. L. (on porta les lois des Dix Tables2, qui sont encore aujourd'hui la source de tout le droit public et privé) ; qui au masculin sing. , s' accordant avec fons.

La même chose a lieu avec l'accusatif qui complète la signification de certains verbes, comme nommer, appeler (§243) : Animal hoc plénum rationis et consilii, quem vocamus hominem, prœclarâ quâdam conditione generatum est a supremo Deo, Cic. (cet animal plein de raison et de réflexion, que l'on appelle l'homme, a été créé par le Dieu suprême avec de nobles privilèges) 3.

Rem. Cicéron aurait pu dire également animal quod vocamus hominem; et en général on doit faire accorder le relatif avec l'antécédent , lorsque la proposition relative est indispensable pour déterminer le sens de la principale. Ainsi dans cette phrase, Est in Britanniâ flumen , quod appellatur Tamesis, Ces. (il y a dans la Bretagne un fleuve qu'on appelle la Tamise) , quod s'accorde en genre avec flumen, parce que c'est précisément ce substantif qui a besoin d'être déterminé. lien est autrement de l'exemple où il s'agit de Thèbes, la proposition quod caput Bœotiœ est pouvant être supprimée sans que la pensée cesse d'être complète.

1. Cf. Méth. gr., § 286. — 2. Tite-Live, II, 3/t. Un peu plus tard, le nombre des Tables fut porté à douze. — 3. Cf. Méth. gr., § 288.

§ 232. Relatif se rapportant à plusieurs antécédents.

Si le relatif se rapporte à plusieurs noms à la fois , il suit les règles exposées pour les adjectifs, §§ 207 et 208 : Vir et mulier qui adsunt (l'homme et la femme qui sont présents); qui est au pluriel à cause des deux antécédents ; au masculin , parce que l'un des deux est du masculin, et qu'ils désignent des personnes.

Benefwium et injuria, quae inter se contraria sunt (§ 208, III) ; quœ est au pluriel neutre, parce que les deux antécédents expriment des choses et ne sont pas du même genre. La proposition quœ contraria sunt doit être considérée comme une apposition : « Le bienfait et l'injure , choses qui sont opposées. »

Envisagé sous ce point de vue , le relatif neutre peut se rapporter aussi à des noms du même genre : Fortunam nemo ab inconstantiâ et temeritate sejunget, quœ digna certe non sunt deo, Gic. (personne ne séparera l'idée de fortune de celles d'inconstance et de légèreté, choses qui certes sont indignes d'un être divin).

§ 233. Relatif avec les pronoms personnels.

Quand le relatif a pour antécédent un pronom personnel , le verbe dont il est le sujet s'accorde en personne avec ce pronom, exactement comme en français : Moi, qui ai lu, ego, quilegi; toi, qui as lu, tu, qui legisti; et ainsi, nos, qui legimus; vos, qui legistis.

Le pronom antécédent peut être sous-entendu : Adestoteomnes animis, qui adestis corporibus , Gic. (soyez tous présents d'esprit , vous qui êtes présents de corps).

Il peut être suppléé par un vocatif : Judices, qui ex legejudicatis, legibus obtemperare debetis, Gic. (juges, vous qui rendez la justice en vertu de la loi , vous devez obéir aux lois) .

Relatif contenant en lui-même la valeur d'une conjonction.

§ 234. I. Qui 'pour et is , is enim , etc.

Le relatif, étant destiné à lier deux propositions, contient en lui-même la valeur d'une conjonction et d'un adjectif démonstratif, que le français est quelquefois obligé d'exprimer séparément : Magna vis est conscientiœ , quam qui negligunt, se ipsï indicant, Gic. (la force de la conscience est grande, et ceux qui la bravent se dénoncent eux-mêmes) ; quam pour et eam.

C'est par cette analyse qu'on doit expliquer les exemples, quod caput est Bœotiœ , et qui forts est juris du g 231 : id enim est caput ; et is est fons 1.

Rem. Le relatif qui, quœ, quod, peut représenter de cette manière et is, sed is, is tamen, is enim, is autem, is ergo ; mais il n'est jamais employé pour is ou ille seuls, et il doit nécessairement avoir dans la phrase précédente un antécédent qu'il rappelle et auquel il se rattache. Si cet antécédent est une proposition entière , le relatif se met au neutre.

§ 235. II. Qui pour ut is, ut ille.

Il est aisé de voir que les propositions liées comme il vient d'être dit, équivalent à des propositions coordonnées, puisque et, sed, tamen, etc. , expriment des rapports de coordination. Mais qui renferme aussi la valeur de ut (afin que) , et alors la proposition relative est tout à fait subordonnée. L'exemple suivant fera sentir la différence de ces deux emplois du relatif :

Cœsar misit legatos, qui hoc dixerunt (César envoya des députés , qui dirent ceci) ; misit legatos, et ii dixerunt; les deux propositions sont coordonnées , au moins quant au sens.

Cœsar misit legatos , qui hoc dicerent (César envoya des députés pour dire, chargés de dire ceci) ; misit legatos, ut ii dicerent; la proposition relative est subordonnée aussi bien pour le sens que pour la forme.

Dans le premier cas , le narrateur rapporte également comme des faits l'envoi des députés et les paroles qu'ils prononcèrent ; voilà pourquoi il emploie l'indicatif dixerunt.

Dans le second cas , la proposition principale seule énonce un fait (César envoya des députés) ; l'autre n'exprime que l'intention de César (afin qu'ils dissent ceci) ; voilà pourquoi dicerent est au subjonctif.

Le français marque ce rapport tantôt parle subjonctif, comme le latin, tantôt par l'infinitif précédé de pour :

Ranœ regem petiere, qui dissolutos mores vi compesceret , Phèd. (les grenouilles demandèrent un roi , qui réprimât par la force le désordre de leurs mœurs) ; ut ille compesceret.

Homini natura rationem dédit, quâ regerentur animi appetitus, Cic. (la nature a donné à l'homme la raison, pour régler les mouvements de son âme) ; ut eâ regerentur.

Rem. 1. Lorsque nous disons que le relatif qui, quœ, quod,

i. Méth. gr„ § 290.

représente la conjonction ut et un démonstratif, il s'entend de soi-même que , si le verbe suivant est à la première ou à la seconde personne, qui équivaudra à ut ego, ut tu, ut nos, ut vos. 2. Le relatif supplée également quum (puisque) , quia (parce que), quod (de ce que), quamvis (quoique) , et en ce sens il est toujours suivi du subjonctif : O fortunate adolescens, qui tuœ virtutis Homerum prœconem inveneris ! Cic. (heureux jeune homme , qui as trouvé un Homère pour chanter ta gloire ! ou , que tu es heureux, ô jeune homme, d'avoir trouvé...!) quum tu inveneris.

§ 236. adjectifs relatifs qualis , quantus , quot.

Il faut ranger parmi les conjonctifs ou relatifs les trois adjectifs suivants (§ 115, II), qui expriment des rapports de qualité [qualis), de grandeur [quantus), de quantité [quot indéclinable) , et qui se rendent en français par que conjonction.

Ils appartiennent toujours à une proposition relative, dans laquelle ils déterminent le sujet ou le complément , et suivent les règles de qui, quœ , quod. Leurs corrélatifs dans la proposition principale sont talis, tantus, tôt.

Sujet. Plerique perverse amieum habere talem volunt, quales ipsi esse nonpossunt, Cic. (la plupart ont le tort de vouloir un ami tel qu'ils ne peuvent être eux-mêmes) .

Complément. Tan ta erat multitudo , quantam capiturbs nostra (il y avait une aussi grande multitude" d'hommes , que notre ville en peut contenir).

Lorsque l'antécédent n'est pas exprimé , il faut le sous-eniendre :

Scribe quantum potes, Cic. (écrivez autant que vous le pouvez) ; tantum scribe, quantum potes.

Souvent le relatif est placé avant son antécédent : Quot homines, tôt sententiœ, Ter. (il y a autant de sentiments que d'hommes, ou mieux : autant d'hommes, autant de sentiments)1.

Rem. Qualis, quantus, quot, servent aussi dans les interrogations directes ou indirectes, et alors ils n'ont pas d'antécédent. Interrogation directe : Quot sunt? Plaut. (combien sont-ils?) — indirecte : Die mihi quot sint (dites-moi combien ils sont) ; cf. § 472.

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