‹ Méthode pour étudier la langue latineChapitre 182 sur 260 · DES ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS · texte numérisé non relu

DES ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS

S 275. Hic. Ille.

D'après ce qui a été dit § 29 , ces démonstratifs ne s'emploient pas indistinctement. Hic désigne les objets rapprochés de celui qui parle , soit par le lieu , soit par le temps , soit par la pensée. Ille est opposé à hic et désigne les objets éloignés.

Quelquefois hic et ille ne servent qu'à déterminer davantage les mots qu'ils accompagnent : Catulus nonantiquo illo more, sed hoc nostro fuit eruditus, Gic. (Gatulus était savant, non à la manière des anciens, mais à la nôtre).

Souvent ils répondent au français celui-ci.... celui-là; l'un »... l'autre; le premier.... le second; l'usage le plus général est alors de représenter le premier substantif par ille, le dernier par hic : Ignavia corpus hebetat, labor firmat; illa maturam senectutem, hic longam adolescentiam reddit, Cels. (la paresse affaiblit le corps , le travail le fortifie ; celle-là avance la vieillesse, celui-ci prolonge la jeunesse).

§ 276. Iste comparé à Hic et à Ille.

Dans son acception primitive, iste signifie « celui qui est près

de vous, » comme hic signifie « celui qui est près de moi,*» etille « celui qui en est loin. »

En parlant aux juges, l'avocat désignera donc son client par hic (celui pour lequel je parle) , son adversaire par iste (celui qui est devant vous) , et toutes les autres personnes par Mi.

De l'idée d'adversaire , on passe facilement à celle du mépris ; de là vient qxfiste est souvent pris en mauvaise part : Ubi sunt isti, qui iracundiam utilem dicunt? Cic. (où sont ces gens qui disent que la colère est utile?)

Mais il peut aussi , comme exprimant un simple rapport à la seconde personne , être pris en bonne part : Homines sapientes et istâ auctoritate prœditi , quâ vosestis, Cic. (des hommes sages, et d'une autorité aussi grande que la vôtre).

§ 277. Ipse.

1. Le nominatif ipse se joint élégamment aux cas indirects des pronoms personnels [mihi ipse, me ipse, etc.), lorsqu'on veut attirer l'attention sur le sujet du verbe et le présenter comme agissant : Non egeo medicinâ; me ipse consolor, Cic. (je n'ai pas besoin de consolations étrangères; je me console moi-même), c'est-à-dire je suis moi-même mon consolateur. — Avarus sibi ipse nocet (l'avare se nuit à lui-même) ; c'est lui-même qui est l'auteur de son mal.

2. Mais si l'on veut montrer le sujet comme recevant l'action, ipse pourra s'accorder avec le pronom : Pompeium omnibus, Lentulum mihi ipsi antepono, Cic. (je préfère Pompée à tous les hommes, Lentulus à moi-même).

Rem. On dira pareillement, Multi sunt qui alios, nemo qui se ipsum oderit, où se ipsum est opposé à alios , comme mihi ipsi l'est à omnibus. Mais si l'opposition disparaît, ipse sera préférable : Nemo est qui ipse se oderit, Cic. (il n'est personne qui se haïsse soi-même).

§ 278. Is, eâ, id.

Ce démonstratif est celui qui répond le plus directement au français il, elle, le, la, et par conséquent sertie plus souvent de pronom de la troisième personne : Servus meus aufugit; is est in tua provincia , Cic. (mon esclave s'est enfui ; il est dans votre province).

§ 279. Is. . . . qui , is sum qui , avec le subjonctif.

Is produit quelquefois l'effet de notre article indéfini un suivi

de qui relatif, comme dans cette phrase : « Vous avez un consul qui ne craindra pas d'exécuter vos décrets, » H abêtis eum consulem, qui vestris decretis parère non dubitet, Cic. Les mots eum consulem qui... signifient un consul tel, que...; voilà pourquoi le second verbe est au subjonctif.

En ce sens, is9 ea, id , suivi de qui ou de ut, rend fort bien les gallicismes être homme a, être capable de : Non teputo eum esse, qui Jovi fulmen fabricatos esse Cyclopas in JEtna putes , Cic. (je ne vous crois pas homme à penser, capable de penser que les Gyclopes aient fabriqué la foudre pour Jupiter dans les cavernes de l'Etna =±= je ne vous crois pas tel, que vous puissiez penser). — Non is sum, ut mea me maxime délectent, Cic. (je ne suis pas homme à me complaire exclusivement dans mes propres idées = tel, que je me complaise...).

§ 280. Is sum qui , avec l'indicatif.

Lorsque tel que signifie celui que , le même que , ce que , il peut également se rendre par is*.. qui; mais alors on met le second verbe à l'indicatif : « Je suis tel maintenant que je fus toujours (je suis le même, je suis ce que je fus toujours), » Is nunc ego sum, qui semper fui. — « Je suis tel envers lui , que vous voulez que je sois (je suis celui, je suis ce que vous voulez que je sois) , » Ego is in illum sum, quem tu me esse vis , Cic.

Nota. Tel que se rend aussi pdrtalis.... qualis; cf. § 2oG.

§ 281. Idem, eadem, idem.

1. Le que français après le même, la même , se rend par qui, quœ, quod : « La règle de l'utile est la même que celle de l'honnête, » Eadem utililalis, quae honestatis est régula, Cic. — ■ « Les esclaves avaient les mêmes mœurs que le maître , » Servi iisdem moribus erant , quibus dominas (se. erat.)[.

2. On peut remplacer qui par et, ac ou atque : Virtus eadem in homine ac Deo est, Cic. (la vertu est de la même nature dans l'homme que dans Dieu = dans l'homme i£ dans Dieu).

§ 282. Ea demum amicitia est.

Hic, ille, iste, is, idem, employés comme sujet au nominatif ou à l'accusatif, s'accordent toujours en genre et en nombre avec le substantif qui leur sert d'attribut. En français, ces mots se rendent par ce , ce qui , ce que , ce a quoi , voila :

1. Sur remploi de l'ablatif pour exprimer une qualité, cf. § 334.

Idem velle atque idem nolle , ea demum firma amickia est,, Sali, (vouloir les mêmes biens, repousser les mêmes maux, voilà ce gui fait la solide amitié).

Animi est ista mollities , inopiam paulisper ferre non posse, Ces. [c'est une faiblesse d'âme, de ne pouvoir supporter un instant les privations) .

Euphrates philosophus affirmât esse hanc philosophiez partemy agere negotium publicum , Plin. Ep. I, 10 (le philosophe Euphrates affirme que c'est une partie de la philosophie , que de consacrer ses soins aux affaires publiques). »

Puto esse hanc necessitudinem , cui nullâ vi resisti potest , Cicf de Inv. II, 57 (j'appelle nécessité ce à quoi nulle force ne peut mettre obstacle).

Quae pertinacia quibusdam, eadem aliis constantia videri potest , Gic. (ce qui est de l'opiniâtreté pour quelques-uns, peut être de la constance pour d'autres).

§ 283. Celui, celle, non rendus en latin.

Celui , celle , etc. , suivis de la préposition de , ne se rendent jamais en latin. On sous-entend le nom que ces mots représentent , toutes les fois qu'il n'en résulte pas d'obscurité : Animi lineamenta sunt pulchriora quam corporis, Cic. (les traits de l'âme sont plus beaux que ceux du corps), quam lineamenta corporis1.

On le répète si la clarté l'exige : Nul la est celeritas, quœ possit cum animi celeritate contendere, Cic. (il n'y a pas de vitesse qui puisse lutter avec celle de la pensée).

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