ABLATIF D'ORIGINE ET DE CAUSE
A l'idée de point de départ se rattache :
1° Celle d'oRiGiNE : Jove natus et Maiâ, Cic. , et au même endroit : ex Jove et Junone natus. Dans les expressions générales , comme ortus equestri loco (issu d'une famille de chevaliers) , nobili génère natus (de naissance noble) , on ne met pas de préposition.
2° Celle de cause : In culpa sunt, qui officia deserunt mollitiâ animi , Cic. ( ceux-là sont coupables , qui manquent à leurs devoirs par faiblesse d'âme). On dit de même : Amicitiœ
causa (par amitié) ; Emolumenti sut gratta (par intérêt personnel); Meâ causa (à cause de moi) ; Tua gratta (à cause de vous, à votre considération); Eo consilio, eâ mente (dans ce dessein).
Ablatif avec les verbes dolere, gaudere , fidere , etc.
§ 327. Conformément à ce principe, les verbes dolere, gaudere, lœtari, fidere, con fidere, niti, gloriari, veulent à F ablatif sans préposition le nom de la chose qui cause la douleur, la joie, la confiance , la vanité : Oportet delicto dolere, correctione gaudere, Cic. (on doit s'affliger de la faute, se réjouir de la réprimande). — Nemo potest cor ports firmitate aut fortunœ stabilitate confidere, Cic. (personne ne peut compter ni sur la vigueur du corps , ni sur la stabilité de la fortune) . — Optimorum consilio atque auctoritate niti , Cic. ( s'étayer des conseils et de l'autorité des gens les plus vertueux). — Quidam vitiis suis gloriantur, Sén. (quelques-uns font gloire de leurs vices) .
Rem. 1. Avec les noms de choses, fidere et confidere prennent également le datif : fidere aliquâ re et alicui rei. Avec les noms de personnes , ils ne prennent que le datif : tibi confido.
Quant à diffidere (se défier) , son complément régulier est le datif, soit de la chose , soit de la personne : diffidere omnium saluti; diffidere sibi. On le trouve rarement avec l'ablatif.
2. Gloriari admet quelquefois la préposition de : De tuis divitiis intolerantissime gloriaris, Cic. (tu te vantes de tes richesses avec un orgueil insupportable) .
Ablatif avec les verbes passifs,
§ 328. Le complément indirect des verbes passifs , exprimant la cause d'où résulte une action , se met à l'ablatif; sans préposition , si c'est un nom de chose : Dei providentiâ mundus administratur, Cic. (le monde est gouverné par la providence divine) ; avec a ou ab, si c'est un nom de personne : Darius ab Alexandro victus est (Darius fut vaincu par Alexandre).
Rem. 1. Les verbes neutres dont la signification est analogue à celle du passif, prennent aussi l'ablatif de la cause : In Africa campi solis ardore arescunt (les campagnes de l'Afrique sont desséchées par l'ardeur du soleil). — Duobus diversis vitiis, ava-