‹ Méthode pour étudier la langue latineChapitre 191 sur 260 · ABLATIF D'ÉLOIGNEMENT ET DE SÉPARATION · texte numérisé non relu

ABLATIF D'ÉLOIGNEMENT ET DE SÉPARATION

L'ablatif, indiquant primitivement le lieu d'où l'on part, sert de complément indirect aux verbes qui marquent éloignement

1. Nous plaçons l'ablatif immédiatement après le génitif à cause des nombreuses analogies que ces cas ont entre eux, analogies telles qu'ils s'emploient quelquefois l'un pour l'autre, et qu'ils se partagent les fonctions de notre préposition DE. On peut dire en général que le génitif répond à DE placé après un nom, et l'ablatif à DE précédé d'un verbe.

et séparation, comme abire , exire , cedere , decedere (s'en aller, sortir, se retirer), arcere , prohibere , exciudere (écarter, éloigner, exclure), abstinere (s'abstenir), liber ar e , vindicare (délivrer, affranchir) .

Cet ablatif est le plus souvent précédé des prépositions a, de, ex : Scipionis consilio atque virtute Annibal ex Italia decedere coactus est, Cic. (le génie et le courage de Scipion forcèrent Annibal à sortir de l'Italie. — Homines ab injuria naturas nonpœna, arcere débet, Cic. (c'est la nature, et non le châtiment, qui doit éloigner les hommes de l'injustice). — Mtatis excusatio non vindicat a labore, Cic. (l'excuse de l'âge ne dispense pas du travail).

Souvent aussi on le joint immédiatement au verbe : Amicitia nullo loco exclnditur, Cic. (l'amitié n'est exclue d'aucun lieu). — Cur paupertatem deorum aditu arceamus? Cic. (pourquoi empêcherions-nous la pauvreté d'approcher des dieux? — Libéra te metu mortis, Sén. (affranchis-toi de la crainte de la mort). — Abstinuit vino, Hor. (il s'est abstenu devin). — Prœsidio decedere, T. Liv. (abandonner son poste). — Magistratu se abdicare (se démettre d'une magistrature).

La préposition a est nécessaire avec les verbes alienare , avertere, deterrere (éloigner, détourner), disjungere, divellere, secemere, separare (séparer) , repellere, propulsare (repousser) , chasser) ; et avec les intransitifs differre, distare, discrepare, abhorrere (différer, être éloigné), disseniire, dissidere (n'être pas du même avis).

Rem. L'adjectii alienus (étranger, contraire) se construit, comme le verbe alienare , avec l'ablatif précédé de la préposition a : À sapiente nihil tant alienum est, quant rei falsœ assentiri , Cic. (rien ne convient moins au sage que de donner son assentiment à ce qui est faux) .

Quelquefois la préposition n'est pas exprimée : Negant id esse alienum majestate deorum, Cic. (ils nient que cela soit au-dessous de la majesté des dieux)1.

§ 324. A blatifavec les verbes petere , accipere , etc.

Les verbes qui signifient demander, recevoir, emprunter, obtenir, et autres semblables , ayant pour résultat de faire passer une chose d'un lieu dans un autre, veulent à l'ablatif, avec a ou

1. Aliemis se trouve même, quoique plus rarement, avec le génitif et avec le datif. Cicéron en oflïe quelques exemples.

2/tO SYNTAXE PARTICULIÈRE.

ab, le nom de la personne à laquelle on demande , ou dont on reçoit quelque chose : Abs te peto ut mihi ignoscas, Cic. (je vous prie de me pardonner = je demande de vous que vous me pardonniez). — Accepi litteras a pâtre meo (j'ai reçu une lettre de mon père). — Mutaari pecunias ab aliquo (emprunter de l'argent à quelqu'un).

Si le complément indirect du verbe est un nom de chose inanimée , on emploie e ou ex : Summapi lœtitiam ex tuo reditu capio , Cic. (je ressens une grande joie de votre retour) .

Acheter de ou à quelqu'un se rend par emere de aliquo ou ab aliquo : « Il dit avoir acheté de Sylla les biens de Roscius , » Bona Roscii de Sylla se dicit émisse, Cic.

Avec haurire (tirer de, puiser à) , Cicéron dit également : haurire aquam deputeo ou ex puteo (tirer de l'eau du puits) ; et au figuré : res haurire aoue fontibus (puiser les choses à leurs sources) ; e (ou ex) est le plus usité.

§ 325. Ablatif avec les verbes audire , quaerere , etc.

Comme , lorsqu'on apprend quelque chose de quelqu'un , on tire de lui une connaissance , les verbes audire (entendre) , quœrere (s'informer) , et autres de signification analogue , se construisent , comme les précédents , avec l'ablatif précédé de ex et quelquefois de ab : Audivi ex majoribus natu, et ailleurs, a majoribus natu, Cic. (j'ai entendu dire à des vieillards).

Avec les noms de choses , il faut toujours employer ex : Magna sœpe intelligimus ex parvis, Cic. (nous tirons souvent de grandes lumières des plus petits indices). — Cognovi ex tuis litteris (j'ai appris par votre lettre) .

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