T. Liv. X, 36. — 3. Cic. pro S. Roscio
d'Auguste , même lorsque celui de l'indicatif aurait suffi : Canis per flumen, carnem dum ferret, natans, Phèdre.
2. Dum se traduit souvent par en suivi du participe présent : Homines dum docent, discunt, Sén. (en enseignant, on s'instruit).
3. Dum, donec et quoad, dans le sens de tant que (quandiu), prennent également l'indicatif.
Catilina erat timendus, sed tandiu dum mœnibus urbis continebatur, Gic. ( Catilina était redoutable , mais seulement tant qu'il se trouvait dans les murs de Rome).
Donec eris felix, multos numerabis amicos, Ovid. (tant que vous serez heureux , vous compterez beaucoup d'amis).
Cato , quoad vixit, virtutum laude crevit, G. N. (tant que Caton vécut, la gloire de ses vertus ne fit que s'accroître).
§ 494. Dum, donec, quoad, signifient aussi jusqu'à ce que, et alors , comme ils marquent un but ou une intention , ils veulent le subjonctif: Irati différant ultionem, donec defervescat ira, Gic. (que l'homme irrité diffère sa vengeance, jusqu'à ce que sa colère soit calmée = en attendant qu'elle se calme).
Après exspectare et les autres verbes qui signifient attendre, dum se traduit par que : Exspecta dum Atticum conveniam , Cic. (attendez que j'aille trouver Atticus).
Rem. 1. Souvent, après donec, le verbe se met au parfait de l'indicatif; donec signifie alors jusqu'au moment ou : De comitiis, donec rediit Marcellus, silentium fuit, T. L. [jusqu'au retour de Marcellus = jusqu'au moment où Marcellus fut de retour, on ne parla pas de comices).
2. Quand le premier verbe est accompagné d'une négation , donec se traduit bien par que. . . ne : Non desinam, donec hoc perfecero , Ter. (je ne cesserai pas que je n'aie accompli ce dessein = jusqu'au moment où je l'aurai accompli).
§ &95. . Antequam, priusquam.
avant de, avant que, s'expriment par antequam , priusquam (ou ante — , prius, quam), avec le subjonctif. Ce mode se met au présent , si le premier verbe est au présent ou au futur : « La tempête menace avant d'éclater, » Tempestas minatur , antequam surgat, Sén. — à l'imparfait ou au plus-que-parfait, s'il est à l'un des temps du passé : « La tempête menaça longtemps avant d'éclater, » Diu minuta est antequam surgeret. « Le germe des plus grandes vertus fut souvent étouffé , avant qu'elles eussent pu être utiles à la république , » Sœpe magna in-
doles virtutis, antequam reipublicœ prodesse potuisset , exstincla fuit, Cic.
Rem. Lorsque la conjonction tombe sur un fait considéré par celui qui parle comme ayant eu lieu ou devant certainement avoir lieu , on peut employer l'indicatif, soit au parfait : Membris utimur prius, quam didicimus cujus eâ utilitatis causa habeamus, Cic. (nous nous servons de nos membres avant d'avoir appris pour quel usage ils nous ont été donnés); — soit au futur antérieur : Antequam aliquo loco consedero, nonlongas a me litteras exspectabis, Cic. (n'attendez pas de moi de longues lettres , avant que je me sois fixé quelque part = avant le moment où je me serai fixé).
On trouve même le présent de l'indicatif après ces conjonctions , mais jamais l'imparfait ni le plus-que-parfait. Quant au parfait du subjonctif, Cicéron l'emploie bien plus rarement que les écrivains du siècle suivant1.
§ 496. Postquam, posteaquam, ubi, ut, ut primum.
Les conjonctions postquam, posteaquam (après que, depuis que), quando (quand) , ubi, ut, ut primum (dès que, aussitôt que) , prennent l'indicatif et se joignent surtout aux temps de l'action accomplie :
Parfait : Eo postquam C césar pervertit, obsides, arma poposcit, Ces. (après que= lorsque César y fut arrivé , il demanda des otages et des armes) .
Plus-que-parfait : Aristides, sexto fere anno postquam erat expulsus, inpatriam restitutus est, Corn. N. (Aristide fut rappelé dans sa patrie , environ six ans après qu'il avait été banni = après son Bannissement).
On peut employer l'imparfait de l'indicatif, s'il s'agit d'une action prolongée ou répétée : Eros comœdus, posteaquam e scena sibilis explodebatur2 , confugit in domum Roscii, Cic. (le comédien Eros, se voyant chassé de la scène par les sifflets, se réfugia dans la maison de Roscius).
Rem. Toutes ces conjonctions prennent le subjonctif, lorsqu'elles dépendent d'une proposition déjà subordonnée; ainsi l'on dirait : Narrât Cicero Erotem comœdum, postquam e scena sibilis exploderetur,, in domum Roscii confugisse.
1. Le parfait du subjonctif et le futur antérieur sont identiques à toutes les personnes, excepté à la première du singulier ; mais les exemples de celle-ci suffisent pour constater
2. L'imparf. explodebatur annonce qu'on le sifflait chaque fois qu'il paraissait sur la ! scène.
§ A97. Quum , puisque.
Quant marque la cause ou le temps. Quand il marque la cause, il est représenté en français par puisque , comme , ou par l'emploi du participe , et alors il veut toujours le subjonctif: Quum solitudo et vita sine amicis insidiaruni et metùs plena sit , ratio ipsa monet amicitias comparare, Gic. (une vie isolée et sans amis étant pleine =puisque ou comme une vie isolée et sans amis est pleine d'embûches et d'alarmes , la raison même nous avertit de former des liaisons d'amitié).
Rem. Nous avons vu, § 235, R. 2, que la conjonction quum peut être suppléée par le relatif qui, quœ, quod. Souvent, au lieu du relatif seul, on trouve quippe qui, ut pote qui, ut qui, toutes locutions qui signifient puisque , attendu que , comme étant : Mihi quidem tribunorum potestas pestifera videtur , quippe quae in seditione et ad seditionem nota sit , Cic. (pour moi, la puissance des tribuns du peuple me semble pernicieuse, comme étant née = puisqu'elle est née dans la sédition et pour la sédition).
Ces trois locutions veulent le subjonctif; le peu d'exemples où elles sont jointes à l'indicatif doivent être considérés comme des exceptions.
S 498. Quum, lorsque.
Lorsque quum exprime un simple rapport de temps , et qu'il signifie quand ou lorsque, il prend l'indicatif :
Présent : Qui non propulsât injuriam a suis , quum potest , injuste facit, Cic. (celui qui ne défend pas les siens de l'injustice , quand il le peut, est injuste lui-même).
Futur : Dabo operam ut te videam , quum id satis commode facere potero, Gic. (je tâcherai de vous voir, lorsque je pourrai le faire sans trop de difficulté).
Futur antérieur : Morati melius erimus, quum didicerimus quœ natura desideret, Cic. (nos mœurs seront meilleures, lorsque nous aurons appris ce que demande la nature).
Parfait: Quum Cœsar in Galliam venit, alterius factionis principes erant Mdui, alterius Sequani, Ces. (lorsque César pénétra dans la Gaule, les Éduens étaient chefs d'un parti, les Séquanes de l'autre).
L'imparfait même et le plus-que-parfait peuvent se mettre à l'indicatif, lorsqu'on ne veut marquer que la simultanéité de deux faits , sans présenter l'un comme la cause de l'autre : Fuigentes gladios hostium videbant Decii, quum in aciem eorum
irruebant1 (les Décius voyaient briller les glaives de l'ennemi, lorsqu'ils se précipitaient au milieu de ses bataillons).
Ils s'y mettent surtout, lorsque le mot relatif quum est précédé ] de ses antécédents naturels tum, eo tempore, etc., ce qui en ;! français peut être rendu par dans le temps ou , a l'époque ou : | Dionysius tyrannus ea ipsa quœ concupierat, ne tum quidem , I quum omnia se posse censebat2, consequebatur (Denys le tyran, lors même qu'il croyait pouvoir tout, n'obtenait pas les choses j qu'il avait le plus vivement désirées).
§ 499. Quum avec l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif.
Mais il est rare que deux faits simultanés ou qui se suivent n'exercent pas l'un sur l'autre une influence quelconque , et l'on j confond aisément l'idée de cause avec celle de temps. Aussi, dans le récit historique , où les événements s'enchaînent de manière que l'un amène l'autre, l'imparfait et le plus-que-parfait précédés de quum se mettent généralement au subjonctif: Zenonem, quum Athenis essem , audiebam fréquenter , Gic. (lorsque j'étais à Athènes, j'assistais souvent aux leçons de Zenon).
Ce mode s'emploie surtout pour rendre le participe français : « Glodius , sachant que Milon devait nécessairement se mettre en route pour Lanuvium , partit lui-même subitement de Rome, » Quum sciret s Clodius iter necessarium Miloni esse Lanuvium , Jxomâ subito ipse profectus est, Gic.
Voyez des exemples du plus-que-parfait , § 418.
Rem. 1. On emploie le subjonctif à tous les temps , lorsque la proposition , annoncée par quum exprime non un fait , mais une simple hypothèse : Difficile est tacere, quum doleas, Cic. (il est difficile de se taire quand on souffre = si l'on souffre) ; — ou lorsqu'elle dépend d'une autre proposition déjà subordonnée : Num tu ingemuisse
1. Cic. Tusc. II, 24. — 2. Id. Tusc. V, 20. Tum, quum censebat : à l'époque où il croyait. Tum, quum cerner et , eût affirmé d'une manière moins positive et moins forte : à une époque où il pouvait croire. On trouve dans une môme phrase, de Leg. Agr. II, 24, le subjonctif d'abord, puis l'indicatif , sans doute avec la même différence de point de vue. En général , le subjonctif est nécessaire si quum est au premier membre , et tum au second : Quum in hanc sententiam pedibus omnes issent, tum demumlitterœ a Terentio consule allatce sunt, T. L. (tous s'étaient rangés à cet avis, lorsqu'enfin on apporta une lettre du consul Térentius).
3. Le départ de Clodius est la conséquence du voyage projeté par Milon , et ici l'idée de cause est liée intimement à celle de temps.
Epaminondam putas , quum unâ cum sanguine vilam effluere sentiret? Cic. (croyez-vous qu'Epaminonclas poussât des gémissements, lorsqu'il sentait sa vie s'échapper avec son sang)1?
2. Le plus-que-parfait du subjonctif exprimant seulement qu'un fait en a précédé un autre, celui de l'indicatif est indispensable, quand il s'agit d'une action habituelle et plusieurs fois répétée : Verres , quum rosam viderat, tum incipere ver arbitrabatur, Cic. (Verres croyait le printemps arrivé, lorsqu'il avait vu une rose). Quum rosam vidisset annoncerait un fait particulier, et serait suivi d'arbitratus est : Verres , ayant vu une rose , crut le printemps arrivé.
§ 500. Fuit tempus quum. — Vix,.. quum.
1. Il fut un temps ou s'exprime par fuit tempus quum , suivi du subjonctif: Fuit tempus quum Germanos Galli virtute superarent, Ces. (il fut un temps où les Gaulois l'emportaient en courage sur les Germains)2.
% A peine... que se rend par vix ou vixdum au premier membre, quum au second: « A peine avais-je lu votre lettre, que Postumus Gurtius est arrivé chez moi , » Vixdum epistolam tuam legeram, quum ad me Postumus Gurtius venit, Cic.
§ 501. MuM anni sunt quum.
Après une expression qui marque la durée dans le passé , que se rend par quum avec l'indicatif: « Il y avait déjà beaucoup d'années qu'il ne s'était élevé de querelles entre les magistrats patriciens et les tribuns, » Permuki anni jam erant, quum inter patricios magistratus tribunosque nulla certamina fuerant , T. L. Quum n'est ici qu'un simple relatif : Beaucoup d'années s'étaient écoulées pendant lesquelles, etc. ; voilà pourquoi il est suivi de l'indicatif.
D'après cette analogie, la phrase citée § 374 : Me abhinc duos etviginti annos mortuus est, pourrait être remplacée par celle-ci : Duo et viginti anni sunt, quum mortuus est, ou encore ex quo 5 mortuus est = depuis qu'il est mort.
1. Cic. in Verr. de Sign. 62, emploie cependant les indicatifs petebatur... deferebatur, après une proposition infinitive.
2. On trouve aussi l'indicatif : Fuit quoddam tempus , quum in agris hommes passim , bestiarum more , vagabantur, Cic. delnv. I, 2. Cf. pro Plane. 25. Varron exprime la mê. Je idée avec le subjonctif : Fuit tempus, quum rura colerent homines, ne que urbem haberent. Cette manière est la plus ordinaire. On dit aussi fuit quum, en sous-entendant tempus. — Sur la manière d'expliquer soit le subjonctif , soit l'indicatif, cf. § 506, R. 4 et 2.