Ex quo se. tempore, et non ex quibus
Diu est quum appartient au langage familier : Illi haud sane I diu est quum dentés exciderunt , Plaut, (// n'y a pas longtemps ! que ses dents sont tombées).
Ut, que, afin que, de sorte que.
La conjonction ut ayant déjà paru dans beaucoup d'exemples, nous nous bornerons ici à quelques observations particulières.
§ 502. Ut (que) est fréquemment sous-entendu avec les verbes qui expriment un désir, une volonté, un conseil; le subjonctif suffit alors pour indiquer le rapport des deux propositions : Malo te sapiens hostis metuat , quam stulti cives laudent, T. L, (j'aime mieux que vous soyez craint par un sage ennemi , que loué par des citoyens insensés).
Ut avec le subjonctif équivaut souvent au français pour , suivi de l'infinitif : Esse oportet ut vivas, non vivere ut edas , Cic. (il faut manger pour vivre , et non vivre pour manger).
§ 503. Les antécédents naturels de ut sont ita, tant, sic, adeo, tantum, tantopere (tant, tellement, si) , et les déterminatifs is, talis , tantus , etc. Ces mots sont toujours placés au premier membre, et ut avec le subjonctif au second : Aristides in tantâ paupertate decessit, ut, qui efferretur, vix reliquerit, C. N. (Aristide mourut dans une telle pauvreté , qu'il laissa à peine de quoi suffire à ses obsèques). L'auteur eût pu dire également : ita, tam ou adeo pauper decessit, ut= mourut si pauvre que....
Cette construction fournit le moyen de rendre le français assez pour, surtout lorsqu'il est précédé d'une négation ou d'une interrogation : « Personne n'est assez méchant pour vouloir le paraître = n'est si méchant qu'il veuille..,» Nemo tam malus est, ut videri % velit, Qtl. — On dit rarement satis ut 2.
1. Ne confondez pas cette pensée avec : «Cet homme n'est pas si méchant, aussi méchant qu'il veut le paraître, » Jlle non tam malus est , quam vult videri.
2. En voici quelques exemples : Cic. de Offic. III, 18 : Satin' est hoc, ut non deliquisse j videantur ? ( est-ce assez pour qu'ils ne paraissent pas coupables ? ) Cic. pro Syll. 16 : Non-
dum statuo te virium satis habere, ut ego tecum luctari debeam. Tit. Liv. VIII, 35 : Hic
\ tibi dies satis documenti dederit, ut pati légitima imperia possis. Mais ces exemples, où
1 salis est déterminé par un génitif, n'autorisent pas à dire satis diues, salis magnus , satis
I potens, ut... D'un autre côté, on ne doit employer tam... ut, que lorsqu'on peut tourner
assez pour- par tellement que, sans altérer le sens. Is, ea, id, étant moins fort que tam, y
suppléera quelquefois heureusement : « Vous avez , je pense, assez de lumières pour discerner
facilement le vrai du faux, » Eam opinor tibi esse prudentiam, ut verum a falso facile
discernas. Cf. §516, n° 12,
Rem. 1. Ita... ut a quelquefois un sens restrictif : Equités romani vobis ita summum ordinis consiliique concedunt, ut vobiscum de amorereipublicœcertent, Cic. (les chevaliers romains, tout en vous reconnaissant pour le premier ordre et le conseil suprême de l'État, vous le disputent néanmoins en dévouement à la patrie). On irait directement contre la pensée de l'auteur, si l'on traduisait ita ut par tellement que; le sens propre est : avec cette restriction que. Ce tour, qui a beaucoup de finesse, ne doit être imité que lorsque toute équivoque est impossible.
2. Ut exprime souvent, non un but, mais un résultat; il répond alors au français en sorte que , de sorte que : Arboribus consita Italia est, ut tota pomarium videatur, Varr. (l'Italie est toute plantée d'arbres, de sorte qu'elle ressemble à un grand verger). S 504. Ut remplacé par Quo.
On emploie quo au lieu de ut, devant un comparatif : Ager novatur et iteralur , quo meliores fétus possit edere, Cic. (un champ reçoit un premier et un second labour, afin qu'il puisse porter de meilleurs fruits). Quo représente ut eo : afin qu'il porte des fruits d'autant meilleurs ; cf. § 258. S 505- Ut remplacé par Qui, quae, quod.
On a déjà remarqué, §§ 235 et 255, que le relatif^ quœ, quod, suivi du subjonctif, représentait souvent ut ego, ut tu , ut is ouille. Il peut s'employer de cette manière après les déter-^ minatifs is, talis, tanUis, et tam avec un adjectif : Innocentia est affectio talis animi, quœ noceat nemini, Cic. (l'innocence est une disposition d'âme qui fait qu'on ne nuit à personne ) = talis, utea; cf. § 279.
Il s'emploie surtout après les adjectifs dignus, indignas, idoneus : Voluptas non cligna est, ad quam sapiens respiciat, Séîi. (la volupté n'est pas digne d'attirer les regards du sage)= digna , ut ad eam. „ .
S 506- Sunt qui.
Qui prend également le subjonctif après les verbes est, sunt, reperiuntur, et autres semblables, que nous traduisons par : Il y a, il est, on trouve, il se rencontre [des personnes ou des choses qui....] : Nonnulli sunt, qui ea, quœ imminent, non videant, Cic. (il est des hommes qui ne voient pas les dangers qui nous menacent). — Est aliquid, quod non oporteat, etiamsi licet, Cic. (il y a telle chose qu'il ne faut pas faire , quoiqu'elh soit permise). — Qui se ultro morti offerant, facilius reperiuntur, quam qui dolorem patienter ferant, Ces. (on trouve plus fac*
SYNTAXE PARTICULIÈRE. 3o7
lement des gens qui bravent la mort, qu'on n'en trouve qui supportent patiemment la douleur).
Rem. 1. Dans les propositions de cette espèce , qui et le subjonctif qui en dépend complètent l'attribut, qui n'est pas suffisamment exprimé par sunt, reperiuntur (cf. § 241) : Sujet, hommes; Verbe, reperiuntur; Attribut, qui (=tales , ut ii) se morti offerant.
2. On trouve quelques exemples de sunt qui avec l'indicatif : Surit qui, quod sentiunt, invidiœ metu, non audent1 dicere (il est des nommes qui, dans la crainte de se faire des ennemis, n'osent pas dire ce qu'ils pensent). Ici le verbe sunt est employé comme attributif (§ 240), et qui non audent en est le sujet : Des hommes qui n'osent pas dire ce qu'ils pensent existent, se rencontrent.
Dans l'exemple suivant (déjà cité § 342), c'est multi qui est l'attribut : Sunt multi qui eripiunt aliis , quod aliis largiantur2 (il y a beaucoup de gens qui ôtent aux uns pour donner aux autres) =? les gens qui ôtent. . . . sont nombreux 3.
Du reste , le subjonctif est le plus régulier, et l'emploi de l'indicatif, assez fréquent chez les poètes, n'est en prose qu'une exception.
§ 507. Videre est qui. — Quotusquisque est qui.
Le subjonctif est indispensable,
1° Après reperies, reperias, reperire est, videre est homines qui. . . (vous trouverez , on trouve , on voit des hommes qui. . .)= homines taies , ut ii. . . ;
2° Après qui, quœ, quod, quand la proposition principale est négative : Nullum est animal , prœter hominem, quod habeat notitiam aliquam Dei, Gic. (il n'est aucun animal, excepté l'homme, qui ait quelque connaissance de Dieu) =animal taie, ut illud. . . ;
Ou quand elle est interrogative : Quis est qui non oderit protervam adolescentiam? Gic. (quel est l'homme qui ne hait pas une jeunesse effrontée?) —Quotusquisque est, qui, impunitate et ignoratione omnium propositâ , abstinere possit injuria? Cic. (combien y en a-t-il qui, sûrs de l'impunité et du secret, puissent s'abstenir de l'injustice?)
Rem. Aux locutions sunt qui, videre est homines qui, se rattache l'expression négative non desunt qui, toujours suivie du subjonctif : Nunquam deerunt qui diserti esse , quam boni, malint, Qtl. (il ne manquera jamais d'hommes qui aimeront mieux être des parleurs habiles que d'honnêtes gens).