‹ Méthode pour étudier la langue latineChapitre 74 sur 260 · MODES · texte numérisé non relu

MODES

Les modes (de modus, manière) sont personnels ou impersonnels.

Modes personnels,

§ 43. Les modes personnels sont des formes que prend le verbe , selon que la personne qui parle veut exprimer ou une affirmation ou un doute, un désir, une prière, un commandement.

I. Cette proposition, Dieu est grand, affirme une vérité sur laquelle celui qui parle ne conserve aucun doute ; le verbe est au mode Indicatif, et la proposition forme à elle seule une Phrase, c.-à-d. un sens complet.

II. Mais toute proposition n'est pas affirmative , et une phrase est souvent composée de plusieurs propositions. Dans celle-ci , je désire que Dieu nous soit propice , je reconnais deux propositions, une principale,^ désire; une subordonnée,^ Dieu nous soit propice. Le verbe de la première est encore à l'indicatif, parce qu'elle exprime un fait que j'affirme comme réel ; le verbe de la seconde est au mode Subjonctif, parce qu'elle exprime un fait qui n'existe encore que dans mon désir.

L'indicatif est donc le mode des faits réels ou supposés tels , et des propositions principales. Le subjonctif est le mode des faits incertains et des propositions subordonnées.

III. Enfin si je dis , soyez attentifs, ce n'est pas un fait que j'énonce, c'est une volonté que je signifie. Le verbe est au mode Impératif. Ce mode est celui du commandement; il s'emploie quelquefois pour la prière , comme dans cette phrase : grand Dieu, sois-nous propice.

Ces trois modes, l'Indicatif, le Subjonctif, l'Impératif, sont appelés personnels, parce que dans chacun d'eux la forme du verbe varie selon les personnes : je suis, tu es, il est; que je sois, que tu sois, qu'il soit, soyons, soyez, etc.

Modes impersonnels.

§ 44. I. Infinitif. Si j'analyse le mot lire, j'y reconnais l'idée du verbe être et celle d'un attribut (être lisant) ; mais celle du sujet n'y est pas exprimée , et l'action de lire n'est pas attribuée à une personne plutôt qu'à une autre. C'est ce qu'on appelle le mode Infinitif, c.-à-d. indéfini , indéterminé.

Ce mode peut servir de sujet à une proposition. En effet,

quand on dit, lire est le moyen d'apprendre, c'est comme si l'on disait, la lecture est le moyen d'apprendre.

11 peut se joindre à un verbe actif comme objet de Faction.

Dans/V veux lire, et je veux un livre* l'infinitif lire et le nom livre expriment également ce que je veux, ils sont également l'objet du verbe vouloir.

L'infinitif a donc beaucoup de rapportavec le nom substantii. Il en diffère, 1° en ce qu'il est toujours indéclinable et du genre neutre ; 2° en ce qu'il varie selon le temps qu'on veut exprimer : légère, lire ; legisse, avoir lu.

II. Gérondif. A l'infinitif se rattache un autre mode qu'on emploie dans les phrases latines qui correspondent à celles-ci : il est temps de lire; je consacre beaucoup de temps a lire; j'ai besoin d'un livre tour lire ; je m'instruis en lisant. Ce mode s'appelle Gérondif. Pour exprimer les rapports marqués en français par les prépositions de, à, pour, en, il a le génitif, le datif, l'accusatif et l'ablatif. Il se décline donc, et il est du genre neutre. Il suit la seconde déclinaison et n'a que le singulier. Il supplée aux cas qui manquent à l'infinitif.

"III. Supin. L'on range encore à la suite de l'infinitif une forme appelée Supin , dont la Syntaxe fera connaître l'usage. Le supin est un nom verbal de la quatrième déclinaison , qui n'a que l'accusatif et l'ablatif, et qui d'ailleurs est peu usité. L'accusatif s'emploie activement; l'ablatif a généralement le sens passif.

PARTICIPES

§ Û5. Nous avons dit, § 38, que/*? /& équivaut h je suis lisant. Le mot lisant, qui forme l'attribut de cette proposition , est ce qu'on nomme Participe. On l'appelle ainsi parce qu'il tient tout à la fois de l'adjectif et du verbe. Il tient de l'adjectif en ce qu'il sert à qualifier un substantif ou un pronom avec lequel il s'accorde dans la langue latine, en genre, en nombre et en cas. Il tient du verbe en ce qu'il marque un temps {lisant, ayant lu, devant lire). Ajoutez que sa forme elle-même est celle du verbe, modifiée d'une certaine manière : lego, je lis; legens, lisant.

Cette double nature explique pourquoi l'on a fait du participe une des neuf parties du discours. Considéré dans le verbe, le participe est, comme l'infinitif, un mode impersonnel.

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