Methode Pour Etudier la Langue Sanscrite
Le livre que nous offrons au public est fait, avant tout, pour les Français. Quand nous entreprîmes nousmêmes l’étude de la langue sanscrite, nous n’avions pour nous conduire dans cette voie difficile, que des guides étrangers, ou, pour mieux dire, des ouvrages composés d’après le système indien, presque exclusivement suivi des savants de l’Europe. Or, ce système dont nous n’examinons pas ici la valeur, a pour des Français un inconvénient des plus graves : celui de leur présenter la langue sanscrite sous un aspect insolite, et de troubler chez eux les habitudes grammaticales contractées pendant l’éducation classique : habitudes excellentes, produites par des livres élémen-
l'HKKACK.
taires bien conçus, où la clarté s'unit a la connaissance philosophique des langues.
L’Université de France, qui doit être la régulatrice de l’enseignement public en Europe et môme dans le
monde entier, n’a point adopté sans de bonnes rai-
sons le système grammatical auquel elle s’est définitivement arrêtée. Appliquer les mêmes principes à l’étude du sanscrit, pourra sembler à quelques personnes une nouveauté d'autant plus hardie que cette langue n’est pour ainsi dire pas représentée en France dans l’enseignement public. Mais, outre quelle l’y sera tôt ou tard, nous ferons observer que, de toutes les langues du groupe indo-européen, le sanscrit est, avec le zend (et le perse), l’idiome qui ressemble le plus au grec et au latin : mêmes racines; mêmes flexions; suffixes souvent communs aux quatre langues; enfin, une syntaxe presque la même, au moins dans son ensemble. Ces airs de famille, aujourd'hui reconnus de tous, veulent être constatés dans la grammaire, comme ils l’ont été dans les lexiques, cômme ils le sont dans les ouvrages spéciaux de plusieurs savants.
Telle a été la principale raison qui nous a décidés
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