‹ Methode Pour Etudier la Langue SanscriteChapitre 3 sur 60 · POUR LÀ SECONDE EDITION · texte numérisé non relu

POUR LÀ SECONDE EDITION

Depuis la première édition de cette Méthode (1859), un fait notable a eu lieu : sur la demande et avec le concours de l’Académie de Stanislas, l’une des imprimeries de Nancy, celle de Madame Ravbois, s'est procuré des caractères dcvanâgaris. Sa maison est en France la première, et jusqu’à présent la seule, qui tienne cette ressource à la disposition du public.

Nous avons donc pu répondre au vœu de beaucoup de personnes, en introduisant dans notre grammaire le dêvanàgari à côté de sa transcription romaine.

Outre cette amélioration, il nous a été possible, grâce à des soins constants et à des moyens d'impression* plus parfaits, de faim disparaître les fautes inséparables de tout début, inévitables surtout dans la première édition d’un livre où les faits de la langue étaient présentés sons un jour tout nouveau, et mis en concordance avec ceux des langues classiques.

Nous avons fait droit aux critiques bienveillantes qui nous ont été adressées, soit dans les journaux, soit dans nos relations particulières :

WF.imSSKMKNT.

Sans apporter au fund du livre aucun changement capital, nous avons modifié ou développé un assez grand nombre de passages, de manière à aplanir encore les difficultés de l'étude et à rendre le sanscrit tout à fait accessible, et aussi abordable que le grec, le latin ou l’allemand.

Un savant critique nous avait demandé d'introduire dans notre ouvrage les formes usitées dans le Vêda : malgré le désir que nous en aurions eu, nous n'avons pas cru devoir le faire. 11 y a trop de différence entre le sanscrit et la langue du Vèda pour qu’il soit avantageux de les réunir en une seule étude. Notre livre est une Méthode élémentaire du sanscrit classique, destinée à en faciliter, à en abréger l'étude, par une réduction des formes de la langue aux régies les plus simples et les plus générales. Cette pensée nous a même conduits à rejeter dans un Supplément, pareil à celui de la Grammaire grecque, les mots irréguliers ou difficiles à analyser. Nous ne pouvions donc pas, sans détruire le principal mérite reconnu à notre Méthode, la clarté, y répandre, comme une sorte d'ombre, les formes d'une langue qui n’est pas le Sanscrit parfait (sanskrtam) et qui exige une étude à part.

Selon nous, l'idiome du Vèda mérite une grammaire spèciale, ou tout au moins un Appendice détaché de la grammaire sanscrite. Et par là nous entendons que cet appendice servirait soit de complément, soit de préambule, non-seulement à l’étude du sanscrit, mais encore à celle du zend, du perse, du latin, du grec, de l'allemand, et des autres idiomes âryens de l'Europe et de l’Asie. Nous avons l'espérance de pouvoir l'offrir un jour au public.

L’accueil fait à notre première édition nous a'montré que beaucoup de Français aujourd’hui veulent enfin étudier l’Orient, et surtout l’Inde. Le public veut en connaître les idées religieuses, politiques, sociales, en un mot la civilisation. Les professeurs commencent, à comprendre qu a la suite de tant d’essais chimériques, il faut chercher dans le sanscrit presque seul les origines de nos langues anciennes et modernes. Les historiens entrevoient là un monde à découvrir, monde à peine

AYKIITISSKMKNT.

signalé par les Anciens, et dont les idées ont pourtant exercé une grande influence sur l'Occident. Les philosophes sentent déjà que pour échapper à la routine des vieilles écoles, il faut remonter aux sources fécondes où l’Inde a puisé. Les artistes, s’ils font effleuré le Levant, n’ont encore rien demandé au véritable Orient; mais, le jour où ils l’auront abordé, ils y verront s’ouvrir une mine inépuisable de sujets nouveaux pour la peinture et pour la poésie (1). Que dirons-nous des hommes politiques? Sinon qu’ils sont plus que personne intéressés à propager l'étude de l’Orient, puisqu'ils représentent toutes les tendances et tous les besoins de notre nation. L'Eglise aussi a des Missionnaires qui. jusqu'à ce jour, n'ont point fait de prosélytes on Orient, faute d’avoir connu l’Orient. Il importerait donc aux Evêques d'organiser puissamment l’étude du sanscrit dans les maisons où se forment les futurs propagateurs de la Foi.

A toutes ces classes de personnes nous offrons les moyens d’aborder sans efforts une étude si attrayante et si féconde, et d’v faire de rapides progrès.

ftut en imprimant cette seconde édition, nous venons de publier un premier texte (la Bhagavad-GUd, ou le chant du bienheureux), avec une traduction française presque littérale. Nous préparons, de plus, un Dictionnaire sanscrit, contenant, comme appendice, les étymologies grecques et latines. Avec ces trois livres fondamentaux, toute personne ayant fait ses classes pourra apprendre en fort peu de temps les éléments du sanscrit, et se mettre en état de pénétrer par une, large voie dans la connaissance de l'Orient. t

Août 18f»l.

(1) Afin de répandra quelques lueurs sur cet horizon et de frayer celle voie nouvelle, il se compose eu ce moment dans l’Ecole de Nancy un volume de vers intitulé : MfoiTAîioas oiuxmus. Les deux premiers de ces petits poëmes fout déjà partie des Mémoires de l’Académie de Stanislas.

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