LA PELOTE
Un Génie parait un jour devant un enfant. Tiens, dit-il, prends ce peloton, c'est le fil de tes jours. Quand ta vie te paraîtra un fardeau tire le fil et tes jours passeront comme un éclair. Quand, au contraire, tu seras content de ton sort, ne touche pas au peloton, le temps s'arrêtera pour toi et tu ne vieilliras pas.
L'enfant reçoit avec joie le précieux cadeau et en fait bientôt usage.
Si j'avais 10 ans, dit-il, je n'aurais plus de bonne, personne ne m'empêcherait de jouer à ma fantaisie, je pourrais mire ce que je voudrais.
Pour avoir 10 ans, il dévide quelques tours du peloton.
L'enfant n'a plus de bonne, il est vrai, mais on lui a donné un précepteur. Chaque jour il tire un peu le fil pour abréger l'heure de la leçon. Si j'avais 20 ans, pense-t-il, je n'aurais
plus de précepteur, personne ne surveillerait toutes mes actions et je ne passerais pas toute la journée courbé sur mes livres. Il dévide tant la pelote, qu'il se sent de la barbe au menton. Me voilà heureux, s'éçrie-t-il, je suis libre! Mais il est bientôt dégoûté de cette liberté. Il envie le sort des hommes qui ont une position, une famille.
S'il tirait le fil, il aurait, lui aussi, tout cela. Et il dévide, il dévide si bien le peloton, qu'il occupe bientôt un emploi trèslucratif et habite une maison magnifique où il est environné de jolis enfants.
Mais le travail le fatigue et le babil de ses enfants l'ennuie. Si j'avais 20 ans de plus, pense-t-il encore, on me donnerait ma retraite et je marierais mes enfants. Le peloton est sous sa main, il le tire. Aussitôt le nombre de ses enfants a doublé et ses cheveux ont blanchi. Quand il voit ses brus il veut être grand -père. Il serait si heureux s'il avait des petits-enfants ; il aimerait tant à les faire sauter sur ses genoux. Les petits garçons et les petites filles arrivent, remplissant de leurs cris la chambre de leur grand-père. Mais les rhumatismes et les paralysies arrivent en même temps et le vieillard reste cloué sur son lit. Il peut, d'un geste, terminer toutes ses douleurs, car le peloton est toujours à côté de lui, mais il tient maintenant à la vie qu'il voit si courte. Un jour cependant, ses souffrances devenant insupportables, il tire le peloton et le voilà tranquille pour toujours.
Le jeune homme n'avait pas vécu plus de 2 mois depuis la la visite du Génie.
Exercice 31.
1. Que donne le Génie à l'enfant? — 2. Que représente le peloton? — 3. Aimeriez-vous à avoir un pareil peloton? — 4. Si vous en aviez un, tireriez-vous souvent le fil? — 5. Quel
âge désireriez-vous avoir? — 6. Pourquoi désireriez-vous avoir cet Age? — 7. Que feriez-vous si vous aviez cet âge? — 8. Que faisiez-vous quaud vous aviez dix ans? — 9- Aimiezvous beaucoup à jouer, quand vous aviez 10 ans? — 10. Quels jeux préfériez-vous ? — 11. Faisiez-vous tout ce que vous vouliez à dix ans? — 12. Abrégeriez -vous l'heure de vos leçons de français, si vous aviez le peloton du Génie? — 13.. Voudriez- vous être plus âgé? — 14. Voudriez-vous avoir 100 ans? — 15. Passeriez-vous toute la journée à étudier le français, si vous en aviez le temps? — 16. Vous avez 16 ans et moi 36 ; si vous aviez 30 ans quel âge aurais-je? — 17. J'ai 25 ans et vous 15 ; quel âge auriez-vous si j'avais 35 ans? — 18. Seriez-vous heureuse si vous aviez tout ce que vous désirez ?
— 19. Que vous faudrait-il, Monsieur, pour vous rendre heureux? — 20. Que vous faudrait-il, Mademoiselle, pour vous rendre heureuse? — 21. Enviez-vous le sort des autres? — 22. Envieriez-vbus mon sort si j'étais très-pauvre et très-malheureux?— 23. Pourrions-nous voir si nous n'avions pas d'yeux?
— 24. Si nous n'avions pas d'oreilles pourrions-nous entendre?
— 25. Entendrions-nous si uous n'avions pas d'oreilles? — 26. Mourrions-nous si nous ne mangions pas? — 27. Pourrionsnous vivre sans manger? — 28. Vivrions-nous si nous ne buvions pas? — 29. Apprendriez-vous si vous n'étudiiez pas?
Exercice 32.
1. Oui, si j'avais 90 ans je serais vieux. — 2. Je désirerais avoir toujours 30 ans. — 3. Non, je ne voudrais pas vieillir. — 4. Oui, si j'avais 10 ans je serais un enfaut. — 5. Oui, quand j'étais petit j'allais à l'école. — 6. J'étudiais. — 7. Oui, j'écoutais toujours le professeur. — 8. Oui, le professeur grondait ceux qui n'écoutaient pas. — 9. Oui, nous travaillions beaucoup en classe. — 10. Non, à 10 ans je n'apprenais pas le français. — 11. Oui, j'aimais beaucoup l'hiver quand j'étais enfant. — 12. Parce que l'hiver je glissais et patinais sur la glace. — 13. Oui, je tombais quelquefois. — 14. Non, quaud
je tombais je ne pleurais pas. — 15. Non, si nous n'avions pa9 de jambes nous ne marcherions pas. — 16. Non, si mon professeur était méchant je ne l'aimerais pas. — 17. Oui, j'aurais peur si je voyais un loup près de moi. — 18. Si je voyais un loup je fuirais. — 19. Non, si j'avais 50 ans je ne serais plus un jeune homme. — 20. Non , je ne serais pas encore un vieillard