‹ Méthode pour l'enseignement de la langue francaise dans les écoles BerlitzChapitre 31 sur 87 · CHEZ LES BRIGANDS · texte numérisé non relu

CHEZ LES BRIGANDS

Edouard et Arthur sont dans une caverne bien humide, bien som- I -e, couchés sur une poignée de paille et ils cherchent le moyen r. i s'évader de la caverne comme ils se sont échappés du collège. — Il faut, dit Arthur, que nous fassions semblant de dor- 7iiir et que nous ronflions même très- fort pour leur ôter tout soupçon. Eu effet, les 2 enfants se mettent à ronfler à qui mieux mieux, si fort même qu'ils éveillent ceux des brigands qui sont déjà endormis. Est-il possible que ces gaillards-là nt dormir d'un si bon sommeil et que la peur ne les tienne pas éveillés, se dit le chef; il est rare que des enfants de leur âge soient si courageux ; il est bon que je ni* assure si leur sommeil est bien réel ... Il se peut quils dorment cependant . . . voyons ! et il leur approche la lampe de la figure. Un ronfleraent plus sonore s'échappe du gosier d'Edouard et éteint la Hmpe. Diable! dit le brigand, il est certain que celui-ci dort d'un i rofoud sommeil. Voyons l'autre. Il rallume la lampe et s'approche d'Arthur. Celui-ci sent l'haleine du brigand sur sa

figure mais il ne perd pas son sang-froid, il murmure tout bas, comme dans un rêve : ,,Oui, bonne maman, j'ai été bien sage, et ses deux bras entourent le cou de son terrible gardien, qui sourit à l'idée d'être appelé maman. Il est clair que celui-là aussi dort comme une marmotte. Mais réfléchissons un peu continue-t-il. Que puis-je faire de ces 2 enfants? Il est probable que les parents vont mettre la police sur nos traces, et il est difficile que nous échappions à ses recherches. Il vaut donc mieux que nous relâchions nos 2 prisonniers. Cette résolution une fois prise, notre voleur prudent ordonne à ses hommes de renfermer Edouard dans un tonneau défoncé d'un bout, mais qu'ils refoncent aussitôt. D'un coup de pied l'un des voleurs envoie le tonneau rouler en bas de la colline et le pauvre Edouard, peu habitué à ce genre de locomotion, perd bientôt connaissance.

Quant à Arthur, on l'attache à un arbre et toute la bande s'enfuit. Qu' Edouard, lorsqu'il revient à lui dans son tonneau, ait la certitude de sa fin prochaine, cela ne nous étonne pas. Il cherche bien à disjoindre les douves du tonneau, mais quoi qu'il fasse, et quels que soient ses efforts, le tonneau reste parfaitement clos. A moins que quelqu'un ne vienne à son secours il n'y a plus d'espoir pour le pauvre Edouard.

D'un autre côté, Arthur attaché à son arbre, se dit en luimême : — Pourvu que quelque loup n'ait pas l'occasion de passer par ici et qu'il ne lui prenne la fantaisie de dîner à mes dépens!— Ce n'est pas qu'il soit peureux, mais supposons que vous soyez à sa place! Il cherche dans sa tête un moyen qui puisse le tirer de cette fâcheuse position, mais il n'en trouve aucun ; la seule chance qu'il ait encore, c'est qu'un bûcheron le voie etaccoure le délivrer.

Mais revenons à Edouard.

Il se tourne et se retourne dans son tonneau, et collant un œil au trou de la bonde, il cherche à voir ce qui se passe au dehors.

Si limité que soit pour lui l'horizon, son espoir renaît à la vue du soleil qui dore la cîme des arbres, et des oiseaux qui volti-

gent de branche en branche. Mais tout à coup, sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi, il ne voit plus rien, tout est noii devant lui. Il se frotte les yeux et cherche le trou de la bonde ; sa main rencontre quelque chose de velu ; il le saisit, le tire à lui, et aussitôt il se sent emporté, lui et son tonneau, avec une rapidité vertigineuse. Il reconnaît alors qu'il tient la queue d'un renard et que l'animal, en s'enfuyant, traîne le tonneau après lui.

Ce véhicule d'une nouvelle espèce rebondit sur les pierres du chemin et Edouard ainsi cahoté se meurtrit les coudes et les genoux.

Heureusement qu'une pierre plus aiguë que les autres enfonce une des douves du tonneau et que, cette douve crevée, les autres se détachent Tune après l'autre.

Edouard voyant sa prison s'écrouler sur lui lâche la queue du reaard et reste étendu sur le sol, à moitié mort, mais libre.

Son premier soin, quand il peut se relever, est de se mettre à la recherche de son ami qu'il trouve dans la triste situation que nous avons décrite.

Il le délivre aussitôt et tous deux retournent au collège qu'ils n'auront plus de si tôt l'envie de quitter.

Si incroyable que vous paraisse cette histoire, je vous en garantis l'authenticité, non que feu aie été le héros ou le témoin, mais elle m'a été racontée par des personnes qui, jamais que je sache, n'ont menti.

Exercice 34bis-

1. Où sont Edouard et Arthur et dans quelle position sont;ils? — 2 Que cherchent-ils? — 3. Comment cherchent-ils à s'évader de la caverne? — 4. Que dit Arthur? — 5. Que fallaitil qu'ils fissent, suivant Arthur? — 6. Ronflez-vous en dormant?

— 7. Pourquoi fallait-il qu'Edouard et Arthur ronflassent. — 8. Comment ronflent les deux enfants? — 9. Qui éveillent-ils?

— 10. Que se demande le chef? — 11. Est-il rare que vous écriviez vos exercices sans fautes? — 12. De quoi est-il bon

pie le chef s'assure ? — 13. De quoi était-il bon que le chef .s'assurât? — 14. Qu'est-ce qui s'échappe du gosier d'Edouard?

— Que fait le brigand après avoir rallumé la lampe? — 16. Quelles paroles murmure Arthur en entourant de ses deux bras le cou de son terrible gardien? — 17. A quelle idée sourit le brigand? — 18. Est-il difficile que vous appreniez une langue si vous ne l'étudiez pas? — i9. Que vaut-il mieux que fassent les brigands, suivant leur chef? — 20. Qu'ordonne le chef après avoir pris la résolution de relâcher ses deux prisonniers? — 21. Dans quoi renferment-ils Edouard? — 22. Le pauvre Edouard s'amuse-t-il beaucoup dans son tonneau? — 23. Que fait-on d'Arthur? — 24. Les voleurs restent-ils là après avoir attaché Arthur? — 25. Cela vous étonne-t-il qu'Edouard, lorsqu'il revient à lui ait la certitude de sa fin prochaine? — 26. Que cherche-t-il à faire? — 27. Malgré quoi le tonneau reste-t-il parfaitement clos? — 28. Y a-t-il encore quelque espoir pour le pauvre Edouard? — 29. Dans quel cas y a-t-il de l'espoir pour lui? — 30. Dans quel cas y aurait-il de l'espoir pour lui? — 3J . Que se dit, d'un autre côté, Arthur attaché à son arbre?

— • 32. Est-ce qu'il est peureux? — 33. Auriez-vous eu peur à sa place? — 34. Que cherche Arthur, dans sa tête? — 36. Quand Edouard lâche-t-il la queue du renard? — 37. Quel est son premier soin quand il peut se relever? — 38. Comment finit l'histoire ?

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