‹ Méthode pour prérarer les enfants à la première communionChapitre 14 sur 98 · Qu'est-ce que communier · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que communier

R. Communier c'est recevoir réellement le corps et le sang de Jésus-Christ pour servir de nourriture à rame?

« Communion » vient d'un mot latin qui signifie « s'unir. » En efl H quand nous communions, nous nous unissons à Jésus-Christ que nous recevons; et (dans un autre sens) nous sommes unis à tous les autres fidèles chrétiens, qui reçoivent la même nourriture, qui mangent à la même Table Sainte. La sainte Communion est donc proprement la réception réelle du corps et du sang de Jésus-Christ, c'est-à-dire qu'elle consiste pour nous à manger le corps de Notre-Seigneur, à nous l'incorporer comme un aliment, pour que l'âme en soit nourrie, pour que la vie surnaturelle de la grâce soit conservée ou augmentée en elle (voyez § T, q. I). Et le corps de Jésus - Christ, nous le recevons réellement, non en nous le figurant, non en pensant seulement à Jésus-Christ; mais le vrai corps de Jésus-Christ passe comme une nourriture dans notre bouche et de là dans notre poitrine.

Quand nous ne recevons pas réellement le corps de Notre- Seigneur, mais simplement en pensée et en désir, c'est-à-dire quand nous souhaitons véritablement, que Jésus vienne au dedans de nous et daigne s'unir à nous, quand nous nous le figurons comme s'il venait à nous ; alors nous recevons la communion de désir (montrez l'analogie avec le baptême de désir) qu'on appelle aussi la Communion spirituelle, dont je vous ai déjà entretenu plusieurs fois ailleurs (î). Voici quelle est la meilleure manière de la faire. Considérez que vous êtes à l'église au moment où le prêtre veut distribuer la

désobéissance et tous les autres péchés ; puis faire un acte d'offrande, de repentir et de bon propos.

(1) On l'appelle « spirituelle» parce qu'elle se fait seulement en esprit, intérieurement. Les puissances de l'esprit sont l'intelligence et la volonté. Avec l'intelligence nous pensons avec foi à la présence réelle de Jésus dans le saint Sacrement, et avec la volonté nous excitons en nous le désir de le recevoir. Ces deux actes de foi et de désir sont le fond de la Communion spirituelle ; cependant, comme dans la Communion réelle, on y aftoirte d'ordinaire tes actes de préparation et de remerciement.

sainte Commuion. Réveillez alors vos sentiments de foi dans la présence réelle de Jésus-Christ et adorez-le. Repentez-vous ensuite sincèrement de vos péchés qui l'ont tant offensé, et qui l'empêchent de venir avec joie dans votre cœur. Enfin réveillez en vous un extrême amour pour Jésus-Christ, excitez dans votre cœur un grand désir de le recevoir, en disant: « 0 mon divin Sauveur! que ne in'est-il donné de vous recevoir en ce moment! » Ainsi il faut des sentiments de foi, de contrition et de désir. Puis imaginez-vous que le prêtre vous donne le saint Sacrement, remerciez Jésus, et priez-le de demeurer dans votre cœur. Tout cela vous pouvez le dire en quelques mots, par exemple : « 0 mon Jésus, présent dans le saint Sacrement, je crois en vous et je vous adore. Je me repens amèrement de tous mes péchés. Je vous aime de tout mon cœur, et je ne souhaite rien plus vivement que de vous voir venir et demeurer en moi. 0 Jésus, pour vous je veux vivre, pour vous je veux mourir. Je suis à vous à la vie, à la mort. » Ou bien vous pouvez faire encore la communion spirituelle de la manière suivante; dites trois fois: «Seigneur, je ne suis pas digne etc. » La première fois, pensez surtout à ce mot: « Seigneur » et renouvelez votre foi en lui; la seconde fois, pensez à ces mots : « je ne suis pas digne » et renouvelez votre contrition ; la troisième fois, pensez à ces mots : « mais dites seulement une parole, » et excitez-vous à l'amour, au désir de le recevoir. Imaginez-vous alors que vous vous mettez à genoux au banc de la communion et dites : « Que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ conserve mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.

Cette pratique de la Communion spirituelle, chers enfants, est donc très-facile , elle peut se faire en deux minutes ; pour la Communion réelle, vous pouvez être souvent empêchés, vous ne pouvez la faire qu'à l'église et lorsque vous êtes à jeun, etc.; mais pour communier spirituellement, personne ne peut vous en empêcher; vous pouvez la faire en tout lieu, en tout temps, à l'église, à la maison, à la campagne, le jour et la nuit, étant à jeun ou non. Cette communion spirituelle est très agréable à Dieu. Le divin Sauveur apparut un jour à une sainte religieuse qui communiait souvent d'une manière

réelle, mais plus souvent encore d'une manière spirituelle, et lui montrait deux vases précieux, l'un en or, l'autre en argent. Dans le vase d'or, dit-il, je conserve vos communions réelles, dans le vase d'argent vos communions spirituelles ; voulant montrer par là combien ce saint exercice est précieux à ses yeux, et combien il l'aime. Il a même récompensé d'une manière miraculeuse cette pieuse pratique. Saint Stanislas, qui était un jeune homme d'une pureté angélique, avait un désir ardent de recevoir le divin Sauveur, mais la présence d'hommes méchants et impies l'en empêchait. Or, son désir fut si agréable au bon Jésus, que celui-ci envoya un ange qui donna la sainte Communion au pieux jeune homme (1).

Comme la Communion spirituelle est très-agréable à Dieu, ainsi elle est extrêmement utile à nous-mêmes. Elle fait que Jésus-Christ nous aime davantage, qu'il nous accorde des grâces abondantes, et elle sert d'excellente préparation à la communion réelle. Quand vous avez de proches parents en deux endroits différents, et que les uns vous disent souvent de venir les voir, qu'ils montrent combien votre visite leur serait agréable, tandis que les autres ne vous disent jamais rien, ne vous adressent aucune invitation, chez lesquels aimerez- vous le mieux d'aller? C'est ainsi que Jésus-Christ, vient le plus volontiers dans un cœur qui a vraiment un grand désir de le recevoir, et qui l'a invité souvent. C'est pourquoi, chers enfants, pratiquez souvent ce pieux exercice. 11 y a de saintes âmes qui le pratiquent à toutes les heures. Je vous prie seulement de bien observer ce que je vais vous dire:

i) Lorsque, le matin, vous assistez à la sainte Messe, communiez spirituellement, pendant que le prêtre communie réellement. Si vous ne pouvez assister à la sainte Messe, dans vos prières du matin unissez-vous d'intention au saint sacrifice, excitez en vous le désir d'y assister, et faites la Communion spirituelle.

2) Le soir, avant d'aller au lit, confessez-vous d'abord spirituellement, c'est-à dire, examinez votre conscience, repen-

(lJOn connaît assez lamanièrejniraculeuse dontfurent nourris S.Catherine de Sienne et S. Julienne de Falconieri (Voyez le Bréviaire romain^ et S. Raymond de Pennafort.

tez vous de vos fautes, accusez-vous en présence du divin Sauveur et faites le ferme propos d être plus sage le lendemain; puis demandez bien pardon. Communiez alors spirituellementetdites: Si je devais mourir subitement cette nuit, o mon Dieu ! faites compter ceci pour ma confession et ma communion en viatique.

3) Toutes les fois que vous rendez visite au saint Sacrement, pratiquez la Communion spirituelle, comme nous le ferons tantôt ensemble.

Q. 2. Est-ce Dieu, ou est-ce seulement V Eglise qui nous a prescrit la sainte Communion?

R. Dieu nous Va prescrite aussi, car Jésus-Christ nous a dit expressément : « En vérité je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de V homme et si vous ne buvez son sang, vous ri aurez pas la vie en vous. » (S. Jean 6-54.)

L'Eglise, par son troisième commandement, nous a ordonné de communier, comme vous le savez : « Ton Créateur tu recevras, au moins à Pâques humblement. » Mais Dieu aussi nous a fait un commandement de recevoir la sainte Communion. Notre-Seigneur a dit en effet : « Si vous ne mangez la chair, etc. » ; ce qui signifie : vous devez manger ma chair, sans cela vous n'aurez point en vous la vie, c'est-àdire, la vie de l'âme, la grâce sanctifiante; Dieu ne vous aimera pas, et, après votre mort, vous n'obtiendrez pas la vie éternelle. Donc, Dieu aussi bien que l'Eglise, nous a prescrit la sainte Communion. Dieu, il est vrai, nous a commandé en général de communier, car il n'a pas précisé quand et combien de fois nous devons le faire. D'ailleurs cela n'était pas nécessaire anciennement, parce que les premiers chrétiens étaient si fervents, que le plus grand nombre d'entre eux communiaient tous les jours, et plus tard au moins tous les dimanches. Ce fut seulement quand les chrétiens devinrent plus tièdes et ne s'approchèrent plus de la sainte Table d'eux-mêmes et avec tant de ferveur, que l'Eglise décida expressément, combien de fois, chaque chrétien était tenu

de communier, et dans son troisième commandement elle a ordonné que nous devions communier au moins une fois par an, à savoir pendant le temps de Pâques. Ainsi tous les chrétiens, parvenus à l'âge de discrétion (les petits enfants ne peuvent recevoir la sainte Communion), sont obligés, sous peine de péché grave, de communier au moins une fois chaque année, aux environs de Pâques, ensuite au moment où ils courent quelque danger de mort, par exemple, quand ils sont atteints d'une maladie grave. Mais ne devons-nous communier qu'une fois par an? C'est le moins que nous devions faire; au contraire l'Eglise désire vivement que nous recevions la sainte Eucharistie plusieurs fois dans Tannée. Plus tard je vous en dirai plus au long.

Q. 3. Pour recevoir le sang de Jésus-Christ, devons-nous boire aussi au calice 9

R. Non; c<ir en recevant Jésus-Christ sous les apparences du pain, nous recevons aussi son sang, puisque nous recevons Jésus-Christ tout entier, avec son humanité et sa divinité :

Rem. « C'est pour ce motif que Notre-Seigneur promet la vie éternelle même à ceux qui ne le reçoivent que sous les apparences du pain. » Celui qui mange ce pain, dit-il, vivra éternellement. (S. Jean, 6, 52 59.)

Vous avez entendu précédemment que le divin Sauveur a dit': « Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, etc. » Donc nous devons recevoir également son sang. Mais est-il nécessaire pour cela, que, outre la*communion sous l'apparence du pain, nous buvions encore au calice? Nullement; en effet, etc. (récapitulation de la q. 14, p. 80). Recevez-vous aussi le sang de Jésus-Christ dans le calice, sous l'apparence du vin ? Ne le recevez-vous donc pas du tout, si vous ne buvez pas au calice? Si. Quand le recevezvous? où se trouve donc le sang de Jésus-Christ? Dans son corps. Où recevez-vous son corps? Et dans ce corps ? Où recevez-vous par conséquent le sang de Jésus-Christ? (i)

1^1; Dans les églises où c'est l'habitude de donner aux enfants du vin

Nous accomplissons donc l'ordre de Jésus-Christ, celui de recevoir son corps et son sang, même quand nous ne recevons la sainte Eucharistie que sous l'apparence de pain ; et voilà aussi pourquoi le divin Sauveur a promis la vie éternelle à ceux même qui ne le recevraient que sous l'espèce du pain, c'est-à-dire la vie éternelle promise en général à ceux qui le reçoivent dignement.

Q. 4. Mais pourquoi donc Usus-Christ a-t il institué la sainte Eucharistie sous les deux espèces ?

R. Parce quil Va instituée en même temps comme sacrifice, ce qui requiert les deux espèces.

Rem. Conséquemment ce n'est pas un commandement général quand Jésus-Christ dit : « Buvez-en tous » ; ceci ne concernait que les apôtres et ceux qui leur ont succédé dans le sacerdoce, comme prêtres sacrificateurs. C'est pourquoi les prêtres, quand ils ne célèbrent pas la sainte Messe, communient seulement sous une espèce.

Il pourrait sembler, chers enfants, puisque nous recevons lesang:de|Jésus-Christ dans son corps, sous les apparences du pain, qu'il n'aurait pas été nécessaire à Jésus-Christ de nous donner^ encore particulièrement, sous les apparences du vin, son sang adorable, puisqu'il l'institua ainsi sous les deux espèces sacramentelles. Il n'eût pas été nécessaire d'aiileurs pour nous, de recevoir le divin Sauveur tout entier. Mais, comme vous le^savez, Jésus est présent dans la sainte Eucharistie non-seulement pour y être la nourriture de notre âme, quand nous le recevons, mais aussi comme victime, puisqu'il renouvelle le sacrifice de la croix d'une manière non-sanglante. Or pour cela, il est nécessaire que les deux espèces soient présentes. Car par cela seul que ces deux espèces séparées nous représentent le corps et le sang comme séparés, elles sont les figures ou les symboles de la mort sanglante que Jésus-Christ endura sur la croix, et nous représentent ainsi son sacrifice sur la croix. (Voyez p. 113. Q. 13.)

après qu'ils ont communié la première fois, on doit dire expressément aux emants que ce n'est |,as le sang de J.-C. qu'on leur donne.

Jésus- Christ, lors de la dernière cène, a dit au moment qu'il tendit le calice à ses disciples : « Buvez-en tous. » Mais par làn'a-t-il pas ordonné à tous les chrétiens de boire aussi au calice ? Nullement, aussi peu que lorsqu'en disant : « Faites-ceci en mémoire de moi (p. 107. Q. 8), »il a ordonné à tous les chrétiens de changer le pain en son corps etc, et de célébrer le sacrifice de la Messe. Ni l'une ni l'autre de ces paroles ne concernent donc tous les chrétiens, elles concernent uniquement les Apôtres et ceux qui leur ont succédé dans le sacerdoce, c'est-à-dire les prêtres, quand ils offrent le saint Sacrifice : car c'est alors que les prêtres doivent boire au calice. Aussi lorsqu'un prêtre communie, sans dire la sainte Messe, alors il ne communie que sous l'espèce de pain, comme les simples chrétiens (par exemple, le jeudi-saint, là où il y a plusieurs prêtres attachés à une église ; ou quand on porte la sainte Communion à un prêtre malade).

Vous voyez donc, chers enfants, que Jésus-Christ a ordonné seulement aux fidèles de recevoir son corps et son sang, mais il n'a pas ordonné de communier sous une ou sous deux espèces, de recevoir seulement l'hostie ou de recevoir l'hostie et le calice ensemble. D'un autre côté l'Eglise a décidé la chose ainsi : c'est que les fidèles (à l'exception des prêtres qui disent la messe) reçoivent la communion sous une seule espèce, à savoir sous l'espèce de pain, et ne boivent pas au calice. Pourquoi l'Eglise a-t-elle pris cette décision ?

Q. 5. Pourquoi l'Eglise ne distrihue-t- elle aux fidèles la communion que sous une espèce ?

R. 1) Pour préserver le saint Sang de toute prof anation ;

2) Pour faciliter à tous la réception du saint Sacrement ;

3) Pour montrer par là aux hérétiques que Jésus Christ

est entièrement présent sous chaque espèce.

Rem : Déjà aux premiers siècles de l'Eglise les malades, les prisonniers, el tous ceux qui communiaient dans leurs demeures, ne recevaient la sainte Communion que sous l'espèce du pain.

L'Eglise ne distribue pas aux fidèles la sainte Communion sous l'espèce de vin :

t) Pour préserver le saint sang de toute profanation. Vous éprouvez de la peine quand on déshonore vos parents ; vous craindriez de commettre un péché en laissant tomber un crucifix dans la boue ; pourquoi ? — Or sachez-le ; le saint Sacrement c'est ce que l'Eglise possède de plus cher et en même temps de plus saint. Ne serait-ce pas pénible pour l'Eglise et pour nous, si cet auguste Sacrement était déshonoré, profané? Or ce serait une injure, une profanation, si le saint Sang était répandu. Mais il serait impossible del éviter, si tous ceux qui communient devaient boire au calice; par exemple, lorsqu'un grand nombre de fidèles se présentent au banc de communion, les uns se lèvent, les autres s'agenouillent, celui-ci pousse et heurte celui-là pendant qu'il boit ; puis souvent ce sont de vieilles personnes qui tremhlent ou des gens grossiers, etc C'est donc afin d'empêcher le saint Sang d'être profané, que l'Eglise ne permet pas aux fidèles d'user du calice (i).

2) Pour faciliter à tous la réception du saint Sacrement ; c'est-à-dire : l'Eglise veut faire en sorte que tous puissent recevoir plus facilement le saint Sacrement. En effet si tous ceux qui communient, devaient boire du calice, pour un grand nombre ce ne serait pas plus facile, mais au contraire plus difficile. Pourquoi ? D'abord parce que dans plusieurs pays, par exemple, dans les pays froids, ou dans le fond de l'Asie, il n'y a pas de vin, et qu'on ne peut l'y avoir qu'à un prix très élevé. Or si les chrétiens, toutes les fois qu'ils voudraient communier, devaient boire du calice, il faudrait beaucoup de vin, surtout s'ils communiaientsouvent, et les églises pauvres ne pourraient en couvrir les frais. De cette manière, il serait plus difficile aux personnes pieuses de communier souvent. Ensuite il y a bien des gens qui ne peuvent supporter le vin, ni par conséquent les apparences du vin qui demeurent toujours dans la sainte Eucharistie, telle que l'odeur et le goût; ce serait donc plus difficile pour eux s'ils étaient tenus de communier sous les deux espèces. De plus on ne pourrait

(1) Ce serait aussi une profanation, si le saint sang devait être conservé sous les espèces de vin et si celles-ci se corrompaient ce qu'il serait difficile d'empêcher).

guères porter la sainte Communion sous les espèces de vin, sans danger d'effusion, etc. (1). Voilà pourquoi l'Eglise à réglé, que la sainte Communion ne seraitdistribuée que sous une espèce, et depuis lors c'est bien plus facile pour le plus grand nombre etc., (car pour le pain, on en a partout ; le pain, chacun peut le supporter ; sous l'espèce du pain on peut aisément porter la sainte Communion aux malades).

3) Il y a eu des hommes qui ont prétendu que l'on devait boire aussi au calice, sinon l'on ne recevrait que la chair de Jésus-Christ, et pas son sang. Cette doctrine est une hérésie, elle est fausse, et ceux qui la soutiennent sont des hérétiques. Or si l'Eglise avait cédé aux prétentions de ces hérétiques et distribué également la sainte Communion sous l'espèce du vin, les chrétiens auraient pu penser, que les hérétiques avaient raison. Mais l'Eglise ne donne la sainte Communion que sous une seule espèce, et par là elle déclare, elle montre qu'il n'est pas nécessaire de communier sous les deux espèces ; que Jésus-Christ est tout entier présent sous l'espèce du pain.

C'est ainsi que l'Eglise en a agi depuis un grand nombre de siècles, et, depuis les premiers temps du christianisme, elle a toujours cru que la communion sous la seule espèce du pain suffisait. En effet tous ceux qui n'étaient pas en état d'aller communier à l'église, tels que les malades, les prisonniers, ne recevaient la communion que sous la seule espèce du pain. De môme ceux auxquels le prêtre remettait le saint Sacrement pour l'emporter avec eux à la maison, ne recevaient que la sainte Hostie. (Cet usage était permis alors, à cause des persécutions; car à cette époque les malheureux persécutés ne pouvaient assister parfois aux saints offices qu'après de longues intervalles, ni avoir toujours un prêtre pour leur donner la sainte Communion ; aujourd'hui cela n'est plus nécessaire et c'est sévèrement défendu.)

Que répondriez-vous maintenant, chers enfants, si un hérétique vous demandait: Pourquoi ne recevez-vous pas l'Eu-

(1) On pourrait ajouter que plusieurs personnes ne boiraient qu'avec dégoût à un vase où d'autres ont mis les lèvres avant elles.

charistie sous les deux espèces? Vous répondriez: 1° Nous recevons Jésus-Christ toutentiermême sous la seule espèce de pain ; 2° Jésus-Christ ne nous a pas prescrit si nous devions communier sous une seule ou sous les deux espèces, mais il en a laissé la décision à l'Eglise; 3° notre Eglise catholique a des raisons très graves pour ne permettre la Communion que sous une seule espèce.

Q. 6. Quelles grâces nous communique la sainte Communion 9

R. 1° Elle nous unit de la manière la plus étroite à Jésus-Christ, et augmente en nous la grâce sanctifiante;

2° Elle affaiblit nos mauvaises inclinations et nous donne le goût et la force de pratiquer le bien;

3° Elle nons purifie des péchés véniels et nous préserve des péchés mortels;

4° Elle est pour nous le gage de notre résurrection future et du bonheur éternel (S. Jean, 6, 55).

En Italie, vivait autrefois un peintre pieux qui voulait représenter la dernière Cène dans un grand tableau. D'abord il peignit les Apôtres, mais quand il dut commencer à peindre la figure du divin Sauveur et qu'il pensa à l'infinie majesté, au tendre amour, à la ravissante sainteté qui devaient rayonner sur le visage de Jésus-Christ au moment d'instituer cet auguste Sacrement, quand il se demanda comment il pourrait retracer tout cela dans cette tête adorable, il se découragea et mit timidement ses pinceaux de côté, désespérant de pouvoir jamais représenter le divin Sauveur.

Chers enfants! Ajourd'hui j'éprouve les mêmes sentiments que ce peintre. Je devrais, par mes paroles, vous donner une image de tout ce que le bon Jésus opère et produit dans l'âme de celui qui reçoit dignement la sainte Communion. Et cependant, mes bien-aimés, c'est quelque chose de si grand, de si mystérieux, qu'un ange même ne pourrait l'expliquer; car c'est un mystère divin; c'est Dieu lui-même qui, dans un amour vraiment divin, descend dans le cœur de l'homme,

pour y opérer les prodiges de sa puissance et de sa charité. Je vais essayer, chers enfants, me fiant sur l'assistance du divin Sauveur, de vous expliquer aussi bien que possible, ces effets mystérieux de la sainte Communion (î).

1° La sainte Communion nous unit de la manière la plus étroite à Jésus-Christ, c'est à-dire, elle fait que nous sommes un avec Jésus-Christ, elle fait que nous sommes en Jésus- Christ et que Jésus-Christ est en nous. La nourriture matérielle que nous prenons tous les jours, est unie à notre corps, elle se change en notre chair et en notre sang. C'est ainsi que Jésus-Christ descend dans notre âme, demeure en elle, et reste avec elle. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, dit Jésus-Christ, demeure en moi, et moi je demeure en lui.» Lorsque le prophète Elisée voulut rendre à la vie un enfant mort, il vint dans la maison du jeune défunt, mit sa bouche sur la bouche de l'enfant, ses yeux sur les yeux de l'enfant, et lui communiqua ainsi sa chaleur avec la vie ^4. Rois, 4, 32). Chers enfants, Jésus-Christ en agit de même pour nous faire participer à sa vie sainte et céleste. Son cœur divin bat contre notre cœur si froid et si misérable, afin de l'embraser du feu de celte charité dont le cœur de Jésus est tout brûlant. Et lorsque nous le recevons fréquemment et dignement, lorsque nous ne l'attristons ou ne le chassons pas par nos péchés, alors s'accomplit ce que dit l'apôtre saint Paul: « Je vis! néanmoins ce n'est pas moi, mais Jésus-Christ qui vit en moi. » Alors nous lui deviendrons entièrement semblables; de même que dans les eaux d'un lac tranquille se reflète l'azur du ciel avec son soleil rayonnant et ses étoiles scintillantes, de même dans notre âme se reflétera la vie sainte de Jésus- Christ; nous n'éprouverons d.e joie que pour les choses qui causent de la joie à Jésus-Christ, nous ne ferons que ce à

(1) Il sera bon de donner d'abord l'explication du texte du catéchisme. L"idée fondamentale qui doit être développée est celle-ci : ce que la nourrituie matérielle est pour le corps et pour la vie naturelle, la Communion l'est pour l'âme et pour la vie surnaturelle. Ensuite il faudra, sous forme de sermon ou d'exhortation, dire quelques paroles qui s'adressent au coeur et à l'âme des enfants. Pour éviter la répétition, nous avons uni les deux choses.

quoi il nous engage. Et pour nos prières, pour nos bonnes oeuvres, elles seront agréables au Père céleste, comme si Jésus-Christ lui-même les avait faites. Comme le feu échauffe peu à peu le fer, le rougit entièrement, et le change lui-même en une masse brûlante, ainsi Jésus-Christ vient pénétrer notre âme d'une manière mystérieuse et la remplir de sa vie, du feu de sa char;!:'\ Chers enfants, quel bonheur! Celui qui est la félicité des anges dans le ciel, veut être dans nos cœurs, y demeurer et y vivre. Ah ! qu'il était heureux saint Jean l'évangéliste qui put se reposer sur la poitrine de Jésus- Christ! Mais ne sommes-nous pas bien plus heureux, puisque Jésus veut reposer dans notre poitrine, sur notre cœur et ne plus nous quitter? Aussi quiconque aime Jésus, doit sentir son cœur se remplir d'une sainte joie à cette seule pensée: « Mon Jésus vient à moi, il m'appartient, il demeure près de moi ! » Voilà pourquoi les enfants pieux ressentent tant de bonheur au jour' de leur première Communion. Un enfant très vertueux disait un jour: Il faudrait que le ciel fut continuellement un jour de première Communion, parce qu'on ne peut s'imaginer un bonheur plus grand. Et cet enfant avait raison de parler ainsi. En effet, dans le ciel nous le posséderons dans sa gloire celui que, dans la sainte Eucharistie, nous possédons caché sous les espèces du pain. La sainte Communion c'est quelque chose du ciel sur cette terre.

La sainte Communion augmente en nous la grâce sanctifiante. Elle nous fait obtenir encore plus de grâces de sanctification (1), comme la nourriture nous fait conti-

(1) Ce point a dû être expliqué auparavant en exposant la doctrine des sacrements en général. On pourrait faire cette courte récapitulation : par la grâce sanctifiante nous sommes justes et saints, nous possédons une beauté inexprimable dans l'âme, et nous sommes très agréablesà Dieu ; — par l'augmentation de la grâce sanctifiante dans la sainte Communion nous devenons encore plus saints, plus beaux, plus agréablesà Dieu; par elle nous sommes les enfants de Dieu ; — parla sainte Communion nous devenons des enfants encore plus aimés, pour lesquels Dieu a des soins encore plus tendres ; par la grâce sanctifiante nous sommes les héritiers du ciel ; — par la sainte Communion nous sommes encore plus certains d'obtenir le bonheur céleste et d'arriver à un plus haut degré de gloire.

nuer de vivre, de croître, nous développe et nous fait acquérir encore plus de vie et de vigueur. Lorsque autrefois, quand on n'avait pas encore les chemins de fer, un roi opulent devait voyager dans des contrées pauvres et y passer la nuit, il apportait avec lui les objets dont il avait besoin, son lit, ses meubles les plus nécessaires, sa nourriture, etc. lï savait bien que les gens pauvres de ce pays, ne pouvaient pas lui préparer un appartement, des mets, etc, comme il convenait. Voilà ce que fait aussi le divin Sauveur. Il veut établir sa demeure dans notre âme, mais il sait bien que nous ne pouvons pas orner notre âme comme cela conviendrait. C'est pourquoi il apporte avec lui ses riches trésors célestes, il en orne notre âme pour en faire une magnifique habitation. Et quand nous le possédons dans notre cœur, avec quelle complaisance le Père céleste doit abaisser ses regards sur nous qui possédons dans notre cœur celui en qui il a mis « toutes ses complaisances ! » Et comment pourrait-il alors nous refuser quelque chose, lorsque, possédant Jésus dans notre cœur, nous le lui demandons dans nos prières.

2° La sainte Communion affaiblit nos mauvaises inclinations, c'est-à-dire, elle rend nos inclinations et notre propension au mal (par exemple, notre penchant à la paresse, à la colère à la jouissance des choses déshonnêtes, à l'orgueil), moins fortes, et de notre côté elle nous fait devenir plus forts, plus énergiques pour vaincre ces inclinations. La sainte Communion nous donne ensuite du goût et de la force pour pratiquer le bien, ce qui veut dire: elle fait en sorte que nous voulons et que nous pouvons pratiquer le bien, que nous pratiquons le bien avec joie et exactitude comme Dieu le prescrit. Si un domestique ou un journalier n'obtenait de toute la matinée rien pour se nourrir, et qu'il fût obligé de travailler fort, croyez-vous qu'il travaillerait courageusement, ou pourrait même encore travailler l'après-midi ? Aucunement. Mais quand, au diner, il a reçu une nourriture fortifiante, alors il aimera de nouveau de travailler et il pourra travailler comme il faut ; la nourriture lui a donné de nouveau du goût et des forces pour le travail. C'est ainsi que la sainte Communion,

cette nourriture surnaturelle, nous donne du goût et des forces afin de travailler avec notre âme, d'une manière surnaturelle, pour gagner le ciel, de sorte que nous aimons à bien prier, à obéir gaiment et ponctuellement etc. Chez les personnes qui communient fréquemment avec une bonne préparation, le goût, l'amour du mal diminuera toujours davantage, tandis qui- l'amour de Dieu et de la vertu augmentera sans cesse, et qu'une vie toute nouvelle, toute belle commencera à se manifester dans leur conduite. Chers enfants ! considérez la terre au milieu de l'tiiver : alors comme il fait froid, comme tout est silencieux et solitaire ! partout se montre la tristesse et l'inaction ; on dirait que tout est mort. Mais regardez la terre, deux mois plus tard ; comme tout est changé ! tout est vert dans les forêts , dans les prairies et dans les champs ; les jardins et les parterres étalent partout des plantes en fleurs ; les petits oiseaux chantent, gazouillent et se réjouissent ; on dirait vraiment que ce n'est plus la même terre. Qui a produit ce changement ? C'est le soleil. Il s'est rapproché de la terre et ses chauds rayons ont fondu la neige avec la glace, ils ont éveillé les plantes et les fleurs, ils ont donné à tout une vie nouvelle. Ce que le soleil fait pour la terre, Jésus-Christ, chers enfants, le fait pour vos cœurs quand vous le recevez souvent et dignement. Le froid et la tiédeur fondront de suite; vous verrez clairement que tous ce que vous estimiez tant autrefois, la vanité et la toilette, les bons mets et l'argent, que tout cela n'est rien et disparaît comme la neige qui se fond, et Jésus-Christ fera germer dans vos cœurs, les fleurs des plus aimables vertus, les fleurs d'une douce piété; puis une joie comme vous n'en avez jamais goûtée, une paix et un bonheur inexprimables entreront dans votre cœur, de sorte que vous croirez être des hommes tout autres qui commencent seulement à vivre. Oui, alors vous commencerez à mener une vie nouvelle et heureuse, une vie en Dieu et avec Dieu. Tout travail et la prière nous deviendront faciles et doux; même dans les souffrances et les adversités, la paix et la joie éclaireront vos cœurs, pareilles à la petite flamme de la lampe du sanctuaire qui continue debriller, pendant qu'au dehors se déchaîne la tempête sauvage. Vos joies

seront plus belles et plus nobles que les joies des pécheurs, joies auxquelles succèdent d'amers remords ; c'est ainsi que l'alouette qui s'élance dans les hauteurs du ciel, où elle envoie au Créateur ses joyeuses chansons, éprouve une jouissance bien plus pure que le vil pourceau qui se vautre et se roule dans l'ordure. Vous ressentirez quelque chose de cette félicité du ciel, que les âmes saintes et pieuses ressentaient si souvent, surtout pendant la sainte Communion ; de ce bonheur que goûtait un saint Louis de Gonzague devant le saint Sacrement, de sorte que, lorsqu'il devait quitter l'église où il avait prié longtemps, il s'écriait chaque fois: « 0 Jésus, laissezmoi m'en aller, laissez-moi partir, ne me retenez pas plus longtemps î » dece bonheur, au milieu duquel saint François-Xavier s'écriait: « 0 Seigneur, arrêtez, arrêtez! C'est trop de joie pour un cœur humain, — autrement j'en mourrais (î) î »

0 chers enfants! que vous pouvez devenir heureux! Si maintenant déjà s'élèvent dans vos jeunes cœurs de mauvaises inclinations qu'il vous semble difficile de vaincre, Jésus, pourvu seulement que vous combattiez courageusement, Jésus viendra bientôt en vous et vous fortifiera. Et, lorsque plus tard des tentations, comme autant de furieux orages, s'abattront sur vous, alors venez, venez souvent communier ; là vous recevrez celui qui autrefois commanda à la tempête et aux vagues ; il fera renaître dans vos cœurs le calme et la paix. Aussi lorsque quelques personnes disent, tout en voulant

(1) On pourrait très bien appliquer ici la comparaison de la vigne. Quand celle-ci n'est pas attachée à un pieu solide ou à un arbre, elle se traîne misérablement à terre ; elle n'a ni air ni lumière, et ne peut produire de fruits, mais elle dépérit dans la boue. Au contraire quand elle s'enlace à un pieu solide ou à un arbre élevé, alors elle s'élance joyeusement vers le ciel, et produit des grappes de raisins délicieux. Notre âme est comme cette vigne. Si elle ne s'attache pas fermement à Jésus, elle se traîne sur la terre, privée de la lumière et de l'air céleste, sans foi, sans charité, sans prière; elle ne saurait produire de fruits pour la vie éternelle; elle est dévorée par la vermine des mauvaises passions et dépérit dans la boue du péché Mais l'âme qui, par la fréquente communion, s'attache fortement au divin Sauveur, s'élève radieuse vers le ciel, elle est pleine de foi, elle vit dans la lumière du ciel, et produit des fruits doux et précieux pour la vie éternelle.

s'excuser: j'ai des tentations et des mauvaises inclinations trop fortes, je ne saurais prier, je ne puis me débarrasser de ces ennemis; le Sauveur leur demandera un jour: « Pourquoi n'êtes-voas pas venues plus souvent me trouver, pour chercher près de moi des forces, du zèle et du courage? »

3° La Communion nous purifie des pêches véniels ( — nous rend purs, sans tache; elle fait en sorte que ces péchés nous sont pardonnes) et nous préserve des péchés mortels (nous empêche de tomber dans les péchés mortels). Quand quelqu'un n'a point de quoi se nourrir, ou n'a qu'une mauvaise nourriture, il deviendra malade, et s'il continue ainsi, il finira par mourir. Si au contraire on lui donne une nourriture saine et substantielle, celle-ci le guérira de son infirmité et le préservera de la mort. Or, les maladies, les infirmités de notre âme, ce sont les péchés véniels ; la mort pour l'âme cest le péché mortel, et la nourriture céleste de la sainte Communion nous purifie des péchés véniels, en même temps qu'elle nous préserve du péché mortel.

Il se trouve quelque fois des gens qui haussent les épaules et sourient, quand ils entendent dire que la Communion nous purifie des péchés véniels. Qu'est-ce après tout, se disent-ils, un péché véniel? Un jour Dieu montra d'une manière miraculeuse à sainte Catherine, ce qu'un seul péché véniel est à ses yeux. Mais cet aspect du péché véniel était si épouvantable, que sainte Catherine dit : « Je préfère marcher pendant ma vie sur des charbons ardents, plutôt que de voir encore quelque chose de semblable. » Voilà, chers enfants, ce que c'est qu'un seul péché véniel devant Dieu! Est-ce donc un rien, une bagatelle, d'être délivrés de pareils péchés que nous avons peut-être commis par centaines? Puis demandez aux pauvres âmes du purgatoire, ce qu'elles ont à souffrir à cause des péchés véniels; elles souffrent des douleurs plus grandes que les plus cruels maux de dents, que les plus atroces souffrances causées par les maladies, même que les plus affreux tourments endurés par les saints martyrs! Eh bien, le péché véniel qui cause de tels maux, de pareils châtiments est-ce un rien, une bagatelle? N'est-ce donc rien que d'en être préservé?

Mais surtout qu'est-ce qu'un péché mortel? Hélas! chers enfants, aucune langue humaine ne saurait l'expliquer. Voici ce que j'ai seulement à vous dire : c'est le péché mortel qui des anges a fait des démons ; c'est le péché mortel qui a causé toutes les misères, tous les malheurs du genre humain; c'est le péché mortel qui est cause que tant de centaines, de milliers et de millions d'hommes souffrent en enfer, pendant toute l'éternité, des maux si terribles qu'ils surpassent tout ce qu'on pourrait s'imaginer. N'est-ce donc rien que d'être préservé de ce malheur effroyable, en comparaison duquel tous les malheurs, toutes les infortunes de la terre ne sont rien? Les hommes n'épargnent rien, ni argent, ni fatigues, ni peines pour être guéris des maladies, pour échapper à la mort, et en définitive tout cela ne sert de rien. Cependant contre les maladies et la mort de l'âme, qui sont mille fois pires que les maladies et la mort du corps, nous avons un remède facile et infaillible; nous n'avons qu'à nous nourrir souvent et dignement de la sainte Eucharistie. Et néanmoins les hommes ne veulent pas employer ce moyen si facile.

Chers enfants! Je dois vous l'avouer; plus d'une fois, en pensant à vous, j'ai senti dans mon cœur de la tristesse et de l'effroi. Jusqu'ici vous ne soupçonnez guères les tentations et les dangers qui vous menacent. Hélas ! ils sont si grands et si graves. Vous vous trouverez bientôt avec des hommes qui voudrontvousentraîneraumal ; dans vos cœurs mêmes s'élèveront de mauvaises passions, de vilains désirs; le démon essayera de vous pousser au péché, et vous êtes sans expérience, vous êtes si faibles ! Cependant si vous tombiez dans des péchés graves, si vous perdiez la robe de l'innocence, si vous offensiez gravement le bon Dieu, après qu'il vous a montré tant d'amour, et si vous veniez enfin à vous perdre pour toute l'éternité, ah ! ce serait horrible, ce serait désolant! Cette pensée seule m'effraie tellement, que parfois je souhaite que Dieu vous fasse mourir de suite après le jour de votre première Communion, afin que vous ne tombiez pas dans cet affreux malheur. Mais il se peut que personne de vous ne meure de si tôt, et la plupart d'entre vous seront probablement exposés à ces dangers, ils devront soutenir ces tentations. Or

qui vous assistera dans ce terrible combat, dans ces dangers effrayants, vous enfants si faibles et si inconsidérés? Ah ! mes bien-aimés, je connais un moyen par lequel vous vaincrez certainement ce danger, et vous pourrez vous préserver de l'affreux malheur de tomber dans le péché mortel : communiez souvent, communiez dignement, et je puis vous donner l'assurance certaine que vous serez préservés du péché mortel. Le divin Sauveur lui-même viendra à vous dans la sainte Communion, il vous inspirera une sainte horreur du péché, il remplira vos cœurs du feu sacré de la charité, sa main vous soutiendra, vous protégera et vous conduira dans la céleste patrie. Chers enfants ! Si l'affreux malheur de tomber dans le péché mortel et de vous damner pour toujours, vous épouvante, faites maintenant le propos ferme et sérieux d'aller souvent, oui bien souvent à la sainte Table, et de recevoir toujours la sainte Communion avec de saintes dispositions, dans un cœur vraiment bien préparé. Alors vous pourrez braver avec calme et joie tous les dangers : sous la protection de Jésus vous n'aurez rien à craindre (1).

4 La sainte Communion est pour nous un gage de notre résurrection future et de notre bonheur éternel.

Quand un maître engage chez lui un domestique, il lui donne une pièce de monnaie, par exemple, une pièce de cinq francs. C'est là un gage, ou un engagement qui montre qu'il le prend réellement à son service. Il semble lui dire : aussi vrai que je vous donne cette pièce d'argent, aussi vrai je vous prends à mon service. C'est ainsi que dansla sainte Communion, Jésus-Christ nous donne également un gage que notre corps ressuscitera un jour glorieux, et que nous serons heureux pendant toute l'éternité. Lui aussi semble nous dire : aussi vrai que vous recevez dignement mon corps, aussi vrai je vous ressusciterai et je vous prendrai dans le ciel (pourvu que plus tard vous ne vous en rendiez pas indigne par des péchés

(1) Quand on demanda à S. Charles Borromée ce qui l'avait conservé si pur et si ferme dans le bien, au milieu des jeunes gens corrompus, des nombreux dangers et des séductions de la vie universitaire, il répondit : C'est la sainte Communion que je recevais tous les dimanches et jours de fête.

graves), ou bien : autant il est certain que je viens maintenant dans votre cœur, autant il est certain que vous viendrez un jour près de moi dans le ciel. Car voici la promesse qu'il a faite : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. » (Il ne peut en être autrement. Puisque la sainte Communion nous unit si étroitement à Jésus-Christ, nous devons aussi un jour aller là où il est. Et puisqu'il unit si souvent son corps adorable au nôtre, il faut aussi que notre corps devienne semblable au sien, qu'il soit transfiguré et glorifié comme il l'est lui-même.)

Chers enfants! qu'elle est consolante cette promesse! Il y a bien des gens qui s'inquiètent et se tourmentent en se disant : « Ah ! Si j'étais assuré d'aller au ciel ! si je savais que j'aurais ce bonheur. » Vous n'avez pas besoin de vous tourmenter; le ciel vous l'aurez, si vous communiez souvent, si vous communiez bien ; car vous avez la parole, la promesse de Notre- Seigneur, que, si vous faites ainsi, vous irez au ciel.

Et maintenant, chers enfants, rappelez-vous encore en quelques mots ce que je vous ai dit des effets de la sainte Communion (récapitulation), puis dites-moi : Pouvez-vous remercier assez votre divin Sauveur, de ce qu'il veut vous admettre àsasainteTable? Pouvez vous vous réjouir assez du bonheur qui vous attend? — Il y a une chose que je dois ajouter encore : En vous parlant des effets de la sainte Communion, je vous ai répété souvent ces mots : Celui qui communie souvent et dignement. Pourquoi cela? C'est que toute communion bien faite produit quelque chose de ces effets, de même que chaque aliment sain et substantiel sert à la conservation, à l'accroissement delà santé du corps, adonner de nouvelles forces, etc. Mais comme il ne suffit pas de se nourrir seulement une fois par an, ainsi, pour recevoir tous les fruits abondants de la sainte Eucharistie, il faut que l'on communie, non une fois, mais plusieurs fois, mais souvent dans l'année. Plus tard je vous en parlerai plus au long.

Q. 7. En recevant la sainte Communion, chacun reçoit-il aussi les grâces qui y sont attachées ?

W. Nullement; celui qui communie indignement, cest-à dire, celui qui la reçoit en état de péché mortel, s'attire la damnation.

Remarque. « Celui qui mange indignement ce pain, ou boit indigueinert le calice du Seigneur, se rend coupable du corps et du sang de Noire-Seigneur . Il mange et boit sa comdamnation, ne faisant pas le discernement du corps du Seigneur. » (1 Cor. II, 27-29). Comparaison avec l'arche d'alliance qui procurait aux fidèles Israélites du bonheur et des bénédictions, et causait aux impies Philistins, du malheur et des malédictions.

Vous savez, chers enfants, combien le feu nous est utile, combien il est bienfaisant ! 11 nous procure de la lumière dans les ténèbres de la nuit, il sert à préparer, à cuire nos aliments, il sert à une infinité d'autres choses; il nous réchauffe et nous empêche de mourir de froid. Mais ce même feu, comme il est terrible dans ses effets, quand on en abuse, quand on s'en sert mal ! Quel affreux tourment que de mourir dans le feu! Quels terribles désastres que les incendies causés par le feu ! Croirait-on bien que c'est le même feu qui produit de tels effets? — 11 en était ainsi de l'arche d'alliance. Aux fidèles Israélites, cette arche procurait de riches bénédictions; c'était par elle que Dieu lui-même protégeait son peuple contre les ennemis et lui donnait conseil, consolation et secours dans tous ses besoins. Mais lorsque les impies Philistins eurent enlevé cette même arche, ils ne recueillirent, au lieu de bénédictions, que des malédictions et des châtiments. Des milliers d'entre eux moururent d'une maladie dégoûtante, et ils ne furent délivrés de ce fléau, que lorsqu'ils eurent éloigné l'arche du milieu d'eux. Chers enfants ! Il en est de même de la sainte Communion. Vous avez entendu quelles abondantes bénédictions, quels magnifiques dons célestes apporte la sainte Communion quand elle est reçue dignement; mais grandes aussi sont les malédictions,

grands sont les malheurs que produit une Communion indigne. La mauvaise Communion opère précisément l'opposé de ce que produit une bonne Communion. La bonne Communion nous unit à Jésus-Christ et augmente en nous la grâce sanctifiante ; la mauvaise Communion nous sépare de Jésus-Christ, nous rend ses ennemis, nous enlève de plus en plus sa grâce, et nous en rend entièrement indignes; — la première affaiblit nos mauvaises inclinations, nous donne du goût et de 1 énergie pour le bien ; la seconde nous fait devenir les esclaves de nos mauvaises passions, nous enlève tout goût, toute ardeur pour le bien, la paix et la joie du cœur ; — celle-là nous purifie de nos fautes vénielles et nous préserve du péché mortel, celle-ci est un nouveau péché mortel et nous dispose aux crimes les plus énormes; — l'une est le gage de résurrection future et de la gloire éternelle, l'autre est en quelque sorte un engagement donné au démon, par lequel nous lui vendons notre âme et nous signons notre damnation éternelle.. C'est pourquoi le catéchisme dit en quelques mots : Celui qui communie indignement, c'est à-dire en état de péché mortel (quand, après avoir commis un péché mortel, on ne s'en purifie pas par une bonne confession), s'attire la damnation. Et l'apôtre S. Paul prononce cette parole terrible : « Quiconque mange ce pain ou boit le calice du Seigneur indignement, commet un crime contre le corps et le sang du Seigneur... Il boit et mange son jugement (c. a. d. sa damnation) parce qu'il ne fait pas le discernement du corps du Seigneur. » (c. a. d. parce qu'il ne le discerne pas de la nourriture ordinaire, parce qu'il le reçoit sans la pureté du cœur, sans préparation, comme une nourriture ordinaire). Que veut dire l'Apôtre par ces mots : Il mange et boit son jugement? Chez quelques anciens peuples, c'était la coutume, quand un coupable était condamné à mort, d'écrire sa sentence sur un papier, et le malheureux était forcé de manger, d'avaler ce papier qui portait son arrêt de mort. Par là on voulait signifier que sa sentence était passée, entrée en lui, qu'il ne pouvait plus s'en débarrasser, ni en être délivré. L'Apôtre veut donc dire par ces expressions effrayantes : un tel porte déjà dans son cœur son propre arrêt de condamna-

tien; pour lui il n'est plus besoin de condamnation, ni de sentence de la part de Dieu; aussi vrai qu'il a mangé indignement le corps du Seigneur, aussi vrai est-il, qu'il est damné (s'il meurt dans ce péché). Mais pourquoi, chers enfants, une menace si terrible, un châtiment si effroyable? C'est parce que l'indigne Communion est un péché énorme, un péché horrible.

Q. 8. Quel péché commet celui qui ose communier indignement.

R. 1° Il commet, comme Judas, un horrible sacrilège, puisqu'il s attaque au corps et au sang de JSotre-Sei~ gneur.

2° // se rend coupable de la plus noire ingratitude, puisqu'il fait au divin Sauveur la plus sanglante injure au moment même où il reçoit de lui la plus grande preuve d'amour. Ps. 54, 13.

1° Comme on vous l'a dit ailleurs, celui qui profane ou déshonore une chose sainte, consacréeà Dieu, commet un sacrilège. Celui qui outrage la statue du roi, qui souille son appartement, s'attaque à la propriété du roi, lui adresse en quelque sorte cet outrage à lui-même; mais celui qui frappe ou crache le roi même à la figure, commet un outrage bien plus grand, puisqu'il s'attaque au corps, à la personne de son maître. C'est ainsi que Dieu est outragé par celui qui profane une église, un calice, ou qui fait une mauvaise confession; alors il insulte, il attaque la propriété de Dieu ; mais celui qui communie indignement, fait à Dieu un outrage bien plus horrible, puisqu'il s'attaque au propre corps, au propre sang du Sauveur. Il commet un acte de brigandage contre Dieu, c'est ainsi qu'on exprime ce crime dans certaines langues. Que fait un brigand? il enlève avec violence, ce qu'on ne veut pas lui donner de bon gré. Eh bien! celui qui communie indignement, enlève Dieu, r'est-à-dire qu'il saisit dans sa bouche le corps de Jésus-Christ, force le Sauveur à descendre dans un cœur où il lui répugne d'entrer.

Que c'est affreux quand des brigands, après avoir enlevé une personne de distinction, renferment au fond d'une caverne, pour l'y laisser pourrir vivante, parmi des squelettes et des cadavres! Et Jésus-Christ a mille fois plus d'aversion et d'horreur pour le péché mortel, que nous n'en avons pour un cadavre en putréfaction. Et celui qui fait une Communion sacrilège, force Jésus-Christ à descendre dans son cœur noir comme l'enfer, et tout rempli de l'affreuse pourriture du péché mortel ! Voilà le traitement qu'il fait subir au Fils de Dieu, à celui qui le tient continuellement sous sa puissance, qui pourrait le faire tomber mort à l'instant même et le lancer dans l'éternité au milieu des flammes inextinguibles de l'enfer î

Le crime de celui qui communie indignement, ressemble d'une manière frappante au crime de Judas. Ecoutez et jugez-en par vous-mêmes. Judas alla trouver les ennemis de Jésus-Christ et leur dit : « Que voulez-vous me donner si je vous le livre? » Et ils lui donnèrent trente pièces d'argent. — L'enfant qui veut communier indignement, demande aussi au démon : « Que me donneras -tu si jeté livre Jésus? — Et le démon répond : « Tu n'auras pas besoin de confesser tel péché... Tu pourras continuer de vivre dans telle mauvaise habitude ». Et le malheureux enfant est satisfait du marché, sa résolution est prise !

Jésus-Christ avertit Judas pendant la dernière Cène ; il lui montre qu'il connaît son noir projet ; il dit ouvertement : « L'un d'entre vous me trahira » ; et comme Judas avait encore l'effronterie de lui demander : « Seigneur est-ce moi ?» — Jésus lui dit clairement : « Oui, vous l'avez dit »; puis il veut l'effrayer, le détourner de son crime par cette terrible menace : « Malheur à l'homme, par qui le Fils de l'homme sera trahi ; mieux aurait valu pour lui de n'être pas né ! » Mais Judas persiste dans son affreux projet, rien ne fait impression sur lui. Or Jésus avertit également l'enfant sacrilège, qui veut communier indignement; il l'avertit par des voix intérieures, par les reproches de sa conscience ; il l'effraie par les menaces qu'il lui fait entendre dans les instructions où il lui apprend combien l'indigne Communion est un forfait épou-

vantable ; il l'avertit par la bouche du confesseur dans le tribunal de la pénitence ; mais c'est en vain ! Le malheureux enfant demeure insensible, il résiste avec une malice infernale à tous ces avis ; il est déterminé à commettre l'horrible sacrilège.

Judas vient accompagné des ennemis de Jésus-Christ, et antre dans le ja? -un des Olives ; il s'avance vers son divin Maître et presse ses lèvres hypocrites sur la face de l'Agneau de Dieu ; Jésus ne repousse pas ce baiser qui lui cause une peine infinie ; il lui dit avec une profonde tristesse : « Mon ami ! pourquoi êtes-vous venu ? Est-ce donc ainsi que, par un baiser, vous trahissez le Fils de l'homme ? » Et les ennemis de Jésus tombent sur lui, ils amoncellent sur sa tête divine, les injures, les douleurs les mépris et les tortures de toute espèce. — L'enfant qui communie indignement, vient dans l'église, amenant avec lui, dans son cœur, le péché mortel et le père du péché, le démon ; là sous les yeux de Dieu qui sait tout, en présence des anges invisibles qui entourent le tabernacle et se voilent tristement la face, devant ses parents, ses frères et sœurs, ses proches et ses camarades, il s'approche du divin Sauveur qui lui adresse un dernier avis : « Mon enfant ! mon enfant ! pourquoi es tu venu ? Je t'aime tant ; est-ce ainsi que tu agis envers celui qui est ton Sauveur? » Mais le malheureux enfant ne se laisse pas toucher ; il s'avance hypocritement, il s'agenouille, comme s'il était plein de respect et d'amour pour Jésus, il reçoit la sainte Communion, il presse ses lèvres sacrilèges sur le corps précieux de Notre-Seigneur, il le reçoit dans son cœur, le livre en quelque sorte au démon, qui règne en maître dans son âme, et le forfait abominable est accompli ! Ce qu'il y a de plus saint, de plus sacré est déshonoré ! Satan triomphe ! mais de la bouche de l'ange vengeur sort cette parole : « Malheur ! Malheur ! » ou plutôt cette sinistre parole, elle sort de la bouche du divin Sauveur lui-même. « Malheur ! » crie-t-il, ce Jésus si bon, si aimable, « Malheur à cet enfant ! Mieux aurait valu pour lui de n'être jamais né ! »

2° // se rend coupable de la phis noire ingratitude, oui de l'ingratitude la plus odieuse, la plus détestable. Il est ingrat,

celui qui ne montre pas de la reconnaissance pour un bienfait reçu ; il est plus ingrat encore, celui qui paie le bienfait par des injures ; mais le comble de l'ingratitude, c'est d'abuser du bienfait même pour outrager le bienfaiteur. Un père s'est mis à travailler jour et nuit ; à table, à peine a-t-il osé manger quelques bouchées, et cela afin d'acheter des habits à ses enfants. L'un des enfants prend l'habit que le père lui donne et ne dit pas un mot de remerciement ; le second ne dit rien non plus, et il va même, pendant ces quelques moments, jusqu'à désobéir à son père ; le troisième prend l'habit, puis le jette à terre, le foule aux pieds et va jusqu'à le lacérer en face de son père, au milieu d'un torrent d'injures et d'outrages. Lequel de ces trois malheureux est le plus ingrat? — 0 chers enfants ! Jésus a fait infiniment plus pour nous, que jamais père n'en a fait ou n'en fera pour ses enfants ; non-seulement, pendant l'espace de trente-trois ans, il a travaillé, il s'est épuisé ; non-seulement il a sacrifié sa vie pour nous, mais il a voulu encore se donner tout entier pour notre salut : il nous présente son corps, son sang pour devenir la nourriture de notre âme. C'est une grande ingratitude, si un chrétien ne l'en remercie pas pendant toute sa vie ; une ingratitude plus grande encore, s'il désobéit à son divin Sauveur, s'il l'offense par le péché, mais c'est mettre le comble à l'ingratitude, c'est se montrer ingrat de la manière la plus monstrueuse, quand il communie indignement, parce que alors il s'attaque à Jésus-Christ lui même, à ce corps adorable qui a été mis en croix pour lui, à ce corps précieux qui lui a été donné en nourriture ; ce corps sacré, il en abuse pour outrager le divin Sauveur de la façon la plus odieuse, et cela au moment même où il se donne au malheureux avec un amour admirable (1).

(1) Voici encore un exemple qui pourrait être cité à propos : Un jeune nomme avait été dévalisé par des brigands et pendu à un arbre In voyageur passe à cheval près de là, il s'aperçoit qu'il y a encore un peu de vie dans le pendu, coupe la corde avec le couteau qu'il porte sur lui, et fait reprendre connaissance au jeune homme, en lui faisant avaler quelques gouttes de vin. Il le fait ensuite monter à cheval derrière lui et le transporte ainsi plus loin, afin de pouvoir le soigner. Le misérable qu'il a sauvé, re-

L'histoire parle beaucoup d'un illustre païen, nommé Jules César, que plusieurs Romains, dans un conspiration, avaient juré de faire mourir. Lorsque ses ennemis se précipitèrent sur lui, le poignard à la main, il commença à ce défendre vigoureusement contre eux. Mais tout à coup il découvrit parmi les conjurés qui l'attaquaient, un certain Brutus, qu'il avait adopté comme enfant, aimé comme un père et comblé de bienfaits. A p^ine l'eut-il aperçu, qu'une indicible douleur s'empara de son cœur à la vue de tant d'ingratitude chez son fils adoplif, et, d'une voix déchirante, il s'écria: «Et toi aussi, mon fils ?» — Dès lors il ne se défendit plus, il se couvrit la tête d'un pan de son manteau et tomba percé de coups, sous le fer de ses ennemis. Chers enfants ! Le divin Sauveur ne devrait-il pas dire la même chose, si l'un d'entre vous l'attaquait par le crime monstrueux d'une communion sacrilège? ne devrait-il pas lui adresser aussi ces paroles : « Et toi aussi, mon enfant, toi que j'aimais tant, tu es aussi parmi mes ennemis, tu m'outrages ? » Que les infidèles le blasphèment, que les impies l'outragent, ce n'est pas si effrayant ; mais qu'un enfant, auquel il a porté tant d'amour, qu'il a comblé de tant de caresses et de bienfaits, devienne son meurtrier, son assassin, et s'unisse à ses plus cruels ennemis, c'est ce qui doit faire infiniment de peine à son divin cœur (î).

Combien l'indigne Communion est un péché énorme, c'est ce que vous pouvez comprendre par les châtiments que Dieu v a attachés.

marque que son sauveur porte sur lui une somme d'argent, que fait-il? Il soustrait adroitement le couteau qu'il plonge tout entier dans la poitrine du voyageur bienfaisant ; il se sert du couteau même qui lui a sauvé la vie !! (li C'est ainsi qu'un père qui est malade et accablé de douleurs doit ressentir une douleur au dessus de toutes les autres, quand son propre fils qu'il a beaucoup aimé, lui fait des reproches, l'injurie etc.

47t) MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS

Q. 9. Quelles sont en général, dès cette vie, les suites d'une communion indigne ?

R. Ce sont V aveuglement et V endurcissement du cœur, quelquefois la mort subite et d'autres châtiments temporels.

Exemple : La fin malheureuse de Judas dont le Sauveur a dit : « Mieux vaudrait pour lui, de n'être pas né. » S. Matth. 26, 24. — Comp, la lre Ep. aux Cor. II, 30.

Le châtiment qui, d'ordinaire, succède bientôt à la communion indigne, c'est le remords déchirant de la conscience. Le malheureux enfant a trahi son Sauveur, — et à peine le crime affreux est-il commis, qu'aussitôt la malédiction, le cri de réprobation retentit au fond de son cœur. Jamais, non jamais un tel enfant (à moins de faire une sincère pénitence) ne peut recouvrer la véritable paix de l'âme. Une vie misérable, une vie sans joie et sans repos, est son partage. Mais Dieu a coutume de faire suivre, si pas toujours, du moins généralement, d'autres châtiments après l'indigne Communion. En effet le cœur de celui qui communie indignement, est frappé d'aveuglement, c'est-à-dire qu'il devient comme aveugle ; de même qu'un aveugle ne voit aucun chemin et marche droit vers des précipices, devant lesquels ceux qui voient, reculent avec épouvante, de même celui qui a communié indignement, devient souvent aveugle dans son âme ; il ne voit plus du tout le triste et terrible état dans lequel il se trouve ; il ne pense plus ni au ciel ni à l'enfer ; il ne pense plus à changer de vie, et c'est ainsi qu'il s'avance droit vers sa perte, vers l'abîme de l'enfer.

Ou bien son cœur devient endurci. Endurci est le cœur quand il ressemble à la pierre, dont la dureté ne laisse rien pénétrer; tout passe sur le cœur, les avis, les prières, les exhortations, les menaces, sans l'amollir ou le changer (exemples de Pharaon, de Judas). Souvent ces sortes de personnes se disent: Je suis sur un mauvais chemin, je marche à ma perte éternelle ; je serai damné, si je ne me confesse et ne me corrige pas ; mais (chose effrayante à dire) elles ne veulent pas se confesser,

elles ne veulent pas se convertir ; elles endurcissent leur cœur contre la voix de Dieu. Or cet endurcissement est une des plus terribles punitions de la justice divine, et suit assez souvent de près la communion indigne. Judas, déjà longtemps avant la dernière Cène, avait péché par avarice, par tromperie, il avait déjà formé le dessein de livrer le divin Sauveur ; cependant Jésus continua toujours de le supporter, de prendre patience. Mais après que le traître eut fait sa communion sacrilège, le démon, dit l'Ecriture sainte, le démon entra en lui (parole qui fait frémir) ! Judas se jeta dans le crime affreux du déicide, — puis il s'en alla, et se pendit. — Il y avait autrefois un jeune homme qui s'était livré à une vie très criminelle, mais de temps en temps il sentait encore des remords de conscience; il tremblait quand il était sur le point de commettre un nouveau péché, et se sentait porté à la pénitence. Il en parla à un vieux coquin (1) qui avait blanchi dans le crime. Celui-ci lui donna un conseil vraiment infernal, c'était de faire des communions sacrilèges. Et le malheureux s'empressa de suivre cet avis ; en effet, dès ce moment il n'eut plus de remords de conscience, plus d'appel au repentir, aussi en était-il arrivé au point de commettre, sans frémir, les péchés les plus abominables ; il était raffermi dans son mauvais chemin : il était endurci !

Et ce qu'il y a de plus effrayant, c'est que ces personnes meurent dans leur endurcissement, dans leur impénitence. Elles ne veulent pas entendre parler de confession ni de conversion, et quelquefois Dieu permet qu'elles meurent subitement, de sorte que, si elles voulaient même se confesser, elles n'en auraient plus le temps. S. Cyprien (qui vivait il y a 1600 ans) rapporte qu'une femme qui allait recevoir indignement le corps de Notre-Seigneur, tomba tout à coup à la renverse devant la Table sainte, et rendit son esprit au milieu d'affreuses convulsions. Je vais vous citer encore deux exemples de morts pareilles, arrivées il n'y a pas si longtemps.

Dans une ville de France, les enfants faisaient leur première Communion. Ils venaient de recevoir le divin Sauveur, quand soudain au milieu d'eux, un jeune garçon qui avait

• 1; Voltaire.

178 MÉTHODE l'olli PRÉPARER LES ENFANTS

communié aussi, tomba étendu à terre. Il était là couché pour mort, et l'on se hâta de le rapporter dans la maison la plus voisine ; le prêtre tacha de le rappeler à la vie, et quand il eut enfin rouvert les yeux, le ministre de Dieu essaya de lui inspirer de la confiance et du courage, de le consoler, de lui rappeler le bonheur qu'il venait dégoûter. — Mais le malheureux enfant ne laissa échapper de ses lèvres pâles et frémissantes, que ces paroles : « J'ai fait une Communion sacrilège. » Un instant après c'était un cadavre (i).

Un homme qui avait vécu longtemps en état de péché mortel, devient gravement malade; on va chercher le prêtre qui le confesse. Mais lorsque le ministre de Dieu veut lui donner la sainte Communion, le misérable le repousse avec les deux mains, en s'écriant : « Retirez- vous, Monsieur, je n'ai jamais Communié qu'une seule fois en ma vie, et cette Communion a été un sacrilège... Je suis damné. » Après ces mots il retombe dans d'horribles convulsions; comme on veut lui parler, il cache sa tête sous les couvertures, et quand on les retire on voit que le malheureux est mort!

Un petit garçon pieux et appliqué, eut le malheur de fréquenter de mauvais camarades, qui étaient corrompus jusqu'au fond de l'âme, et il se laissa entraîner par eux à un affreux péché. Ses bons parents n'en soupçonnaient rien. Arriva le temps où il dut faire sa première Communion. Il assista aux instructions, à la retraite, se confessa, mais il fit une confession sacrilégeet s'approcha ainsi de la sainte Table. Après cette Communion indigne, il étaitsensiblementchangé. Il s'en revint chez lui sombre et triste (car les remords de la conscience ne lui laissaient pas de repos), il devint désobéissant, insolent vis-à-vis de ses maîtres, insupportable, irascible à l'égard de ses camarades, et pour le punir on fut obligé de l'enfermer. Quand le temps fut venu de le laisser sortir de la chambre où on l'avait mis aux arrêts, l'homme qui devait

(1) En rapportant ce fait, le catéchiste, s'il le juge à propos, peut faire remarquer que lorsqu'un eufant tombe îaible après la Communion, les autres doivent bien se garder de soupçonner cet enfant d'avoir fait une Communion sacrilège.

lui ouvrir, écouta à la porte; tout était tranquille, il n'enten dait ni bruit ni mouvement. Il frappa quelques coups, mais ne reçutpas de réponse. Enfin on ouvrit la porte de vive force et l'on trouva (chose horrible à dire) on trouva le malheureux enfant mort, il s'était pendu, il était mort comme le traître Judas (i) !

Et pensez-y, chers enfants, si le sort de ceux qui font une Communion sacrilège est déjà si effrayant en ce monde, que doit-ce donc être dans l'autre monde, où commence seulement le jour delà vengeance et des châtiments! Oh non ! la justice de Dieu n'atteint pas toujours, dès ce monde, les profanateurs sacrilèges de l'Eucharistie, tous ne meurent pas subitement; tous ne sont pas frappés de punitions temporelles, comme de maladies et d'autres fléaux, mais tous (s'ils ne se convertissent pas et nefontpas pénitence, ce qui, hélaslarrive bien rarement chez ceux qui communient indignement et surtout pour la première fois) — mais tous ces imitateurs du sacrilège Judas sont atteints, dans l'autre monde, par ce châtiment épouvantable, à cause duquel Notre-Seigneur cria à Judas : « Malheur! » Chers enfants! Voila que ce misérable

(1) Dans une ville du Grand-Duché de Bade, vit encore une femme possédée, K..., qui s'est attirée évidemment son effroyable état par une Communion indigne. Etant âgée de 22 ans, après avoir été se confesser, ainsi que plusieurs autres jeunes filles qui demeuraient avec elle, elle s'était querellée avec celles-ci et avait maltraité l'une d'entre elles. Toutes se réconcilièrent, et, avant d'aller à la sainte Table, elles se rendirent encore auprès de leur confesseur, après avoir conjuré la malheureuse K .. de faire de même. Mais celle-ci répliqua :uJe veux communier indignement, je veux savoir ce que c'est.» Elle communia en effet, revint à la maison, se mit au lit, ne prit plus aucun aliment pendant plusieurs jours, de sorte qu'on fut obligé de lui ouvrir la bouche de vive force, et depuis lors commença le misérable état, où elle se trouve encore actuellement.

Plusieurs jeunes gens, dans une ville de la Belgique, avaient fait le complot de communier d'une manière sacrilège, et s'en vantèrent ensuite comme d'un exploit héroïque. L'un d'eux, peu de temps après, fut atteint à la bouche d'une maladie mystérieuse; il consulta plusieurs médecins distingués, aucun ne fut en état d'expliquer le mal qui, comme un cancer horrible, rongeait la bouche du malheureux. Le traducteur tient le fait de la famille même d'un médecin de Liège, qui fut consulté personnellement par le sacrilège.

souffre depuis plus de 1800 ans les tourments les plus affreux, à eause de son saerilége, et lorsque 1800 ans, oui 18,000 ans se seront de nouveau écoulés, il continuera encore de souffrir. Ah! que ne puis-je vous faire regarder un moment au fond de ce terrible abîme de l'enfer et vous montrer les malheureux damnés qui y souffrent et y souffriront pendant toute l éternité, avec un désespoir affreux, et cela pour les Communions sacrilèges qu'ils ont osé commettre !

Et maintenant, chers enfants! Réfléchissez encore une fois à tout ce que je vous ai dit sur la Communion sacrilège; rappelez-vous combien le péché de Judas, le sacrilège est horrible, et quelles punitions l'attendent; ah! si parmi vous il devait y avoir un enfant coupable de sacrilège!!... (et cela n'est pas impossible; n'y avait-il pas un Judas parmi les douze apôtres?) N'êtes-vous pas effrayés à cette pensée? une sainte terreur ne vous fait-elle pas frissonner jusqu'au fond du cœur? Et ne vous dites-vous pas, comme les apôtres, avec un certain effroi : « Est-ce moi, Seigneur? »

Ah! chers enfants! si je savais que parmi vous il y eût un Judas, je prierais de toute l'ardeur de mon âme, le bon Dieu, oui, je le supplierais de laisser du moins mourir cet enfant, avant le jour de la première Communion, avant qu'il ne commette un tel crime. Tous, nous prierons ijourd'hui, chers enfants, devant le très saint Sacrement, et da fond de notre cœur, pour que Dieu nous préserve d'un i :'ime et d'un malheur pareils; nous lui dirons : « Hélas! Soigneur, mon cœur frémit d'effroi et de crainte, quand je considère que je pourrais faire une Communion sacrilège. Ah ! Ne permettez pas que je devienne pour vous un autre Judas. Avant d'avoir ce malheur, faites que je meure plutôt dans votre sainte grâce! »

Nous prierons les unspourles autres, comme ces quarante soldats martyrs dont parle l'histoire de l'Eglise, et nous dirons : « Seigneur! nous sommes ici au nombre de.... (dites le nombre des enfants), voilà ceux que vous avez choisis ; faites que tous, tant que nous sommes ici, nous vous recevions dignement; ne permettez pas qu'il y ait un traître, un Judas parmi nous! » — Mais avant tout nous demanderons : « Seigneur, que dois-je faire pour être préservé d'un aussi grand

malheur? Voyez je suis tout à fait disposé à faire ce que vous désirez de moi, quelques peines qu'il puisse m'en coûter (1). »

Chers enfants! si telles sont vos dispositions, je puis vous donner l'assurance consolante, que vous ne vous approcherez pas indignement de la table de Communion. En effet, quand même vous auriez été jusqu'ici des enfants méchants, quand même vous auriez souvent offensé le bon Dieu par des péchés mortels, et souillé votre cœur par de vilaines fautes, il y a un moyen qui peut vous rendre de nouveau purs, vous réconcilier avec Jésus-Christ et vous empêcher de faire une Communion sacrilège. Le catéchisme vous indique ce moyen quand il dit :

Q. 10. Que doit-on faire par conséquent, lorsqu'on a commis un péché grave ?

R. On doit, avant de communier, faire une bonne confession.

« Que l'homme s'éprouve soi-même, et qu'alors il mange de ce pain « et boive de ce calice. » I Cor. II, 28.

Oui, avant de communier vous devez faire une bonne confession, une confession qui compte devant Dieu, une confession pleine de sincérité et de contrition. Elle nous procurera de nouveau le bonheur d'une conscience pure, bien pure, de sorte que vous pourrez vous approcher de la sainte Table et de votre Dieu, avec cette pureté et cette sainteté qu'il exige de vous. Soyez heureux de pouvoir faire cette confession, etdès aujourd'hui jusqu'au jour de votre première Communion, dites journellement une bonne prière, afin d'obtenir la grâce de faire une excellente confession. Ne craignez pas de ne

(1) si le catéchiste a des motifs de craindre qu'il n'y ait parmi les enfants des âmes craintives et scrupuleuses, il doit déclarer ici, comme plus tard quand il s'agira de la préparation à la confession générale, il doit déclarer expressément que celui-là seulement fait une Communion sacrilège, qui ose recevoir Jésus-Christ quand il sait très-bien qu'il a un péché mortel sur la conscience; que par conséquent ils n'ont pas besoin d'avoir peur de faire une mauvaise Communion, s'ils ne le savent ou ne le veulent pas.

pouvoir bien vous confesser, je vous expliquerai tout ce qui est nécessaire pour cela; je vous aiderai, et Dieu lui-même vous aidera. Seulement soyez bien disposés et fortement résolus à faire consciencieusement ce que je demande de vous, alors je vous réponds que vous ferez une bonne confession, une bonne Communion (1).

Jusqu'ici je vous ai dit seulement, ce que l'on doit faire pour que la Communion ne soit pas un sacrilège, à savoir, que celui qui a sur la conscience un péché mortel, doit le confesser. Mais pouvez et devez-vous vous contenter de cela? Non, chers enfants. Il ne suffit pas que l'on soit pur de tout péché mortel. D'après la parole de S. Jean Chrysostôme, celui qui reçoit le Dieu de toute pureté, doit être pur comme le rayon du soleil; celui qui mange le pain des anges doit avoir la pureté et la piété des anges. Alors même que nous ne serions pas en état de posséder cette pureté et cette piété, #nous devons faire du moins tout ce dont nous sommes capables pour y parvenir. C'est pourquoi le catéchisme demande :

Q. 11. Comment doit-on ensuite se prépare?* du côté de Vâme?

R. On doit \° s efforcer de purifier le cœur,mê?ne des péchés véniels ; 2° y exciter la ferveur et la dévotion.

Nous devons donc faire tous nos efforts, 1° pour purifier le cœur des péchés véniels, moins graves (en tâchant d'obtenir.le pardon des péchés commis, par une confession pleine de repentir, par l'assistance à la sainte Messe, par de fréquents actes de contrition etc., et en prenant la résolution de ne plus en commettre volontairement); 2° pour exciter en nous la ferveur (un sincère désir, des sentiments de joie, de saintes aspirations) et la dévotion (en pensant volontiers à la sainte Communion, en demandant avec ardeur cette grâce, en éloignant les pensées inutiles ou frivoles).

Représentez-vous, chers enfants, que quelqu'un doit venir en visite chez vous, quelqu'un dont vos parents font beaucoup

(1) La préparation à la confession est contenue dans la 3e Partie.

de cas et qu'ils aiment de tout leur cœur; quelqu'un qui les a comblés de grands et de nombreux bienfaits; que feront vos parents? Sans doute ils lui prépareront une belle chambre, ils auront soin de la nettoyer, de la rendre bien propre, d'en faire disparaître non-seulement les plus vilaines ordures, mais aussi les plus petites taches, d'ôter partout la poussière, etc. Cependant quelque propre que soit une chambre, si elle n'a que ses quatre murs nus, un étranger de distinction n'aura guères de goût d'y loger. C'est pourquoi vos parents ne manqueraient pas sans doute de l'orner, d'y placer de beaux meubles, d'y mettre des bouquets de fleurs, d'y suspendre des tableaux ou de belles gravures etc. — Chers enfants! il y a aussi un hôte qui veut venir loger dans vos cœurs, un hôte, une personne extrêmement distinguée et riche, infiniment aimable: c'estla deuxième personne de la sainte Trinité, Jésus-Christ qui veut venir au dedans de vous. C'est pourquoi il faut que la petite chambre de votre cœur soit avant tout.

1° Bien purifiée ou nettoyée. Autant il déplaît à un homme distingué de se trouver dans une chambre malpropre et remplie de poussière, autant il est désagréable à Jésus de se trouver dans uneâme souillée de péchés. Il n'est rien qu'il haïsse tant que le péché, et je vous ai déjà fait voir (p. 165, 3e) combien le péché véniel même est odieux à ses yeux. Vous savez combien doivent être purs les vases sacrés, le calice, le ciboire, l'ostensoir, etc, qui sont en contact avec le saint Sacrement ou qui servent à le garder î Eh bien! vous devez être des calices, des vases vivants, dans lesquels est déposé le corps de Notre-Seigneur. C'est pourquoi je vous en conjure de nouveau : rendez-vous bien purs; proposez- vous, non-seulement de confesser avec douleur vos moindres fautes, mais avant tout, combattez avec un nouveau couragevos défauts journaliers! Chaque matin renouvelez fermement votre résolution de vous corriger, comme on vous l'a enseigné auparavant. Chaque soir, voyez, par un soigneux examen de conscience, si pendant le jour la poussière et les taches des péchés véniels ne sont pas venues s'attacher à votre âme, et efforcez-vous d'essuyer cette poussière du péché, par un repentir sincère et de bonnes résolutions.

2° Tâchez ensuite d'orner vraiment votre cœur de tout ce qui peut plaire à votre aimable Sauveur. Ornez-le de fleurs, c'est-à-dire, de ferventes prières, de pratiques de piété qui font monter vers Dieu un parfum, comme celui des fleurs les plus précieuses. Récitez, avec une pieuse attention, les prières que je vous ai déjà indiquées ailleurs ; assistez à la sainte Messe avec une dévotion toujours plus grande; visitez le très saint Sacrement, faites surtout plus fréquemment et avec plus de ferveur la Communion spirituelle, etc. Ornez aussi votre cœur de tableaux ou d'images, d'images de saints. Comment pouvez-vous faire cela? Les images sont, comme vous le savez, des copies d'une personne avec les principaux traits qui la font distinguer des autres. Or, en pratiquant les vertus que les saints ont pratiquées, vous retracez dans votre âme leurs traits distinctifs. Ainsi par exemple, lorsque vous vous exercez dans la vertu de pureté, vous portez dans votre cœur une image de saint Louis de Gonzague; quand vous pratiquez la vertu de douceur, vous avez en vous l'image de saint François de Sales, etc. Il y a surtout une image que vous devez avoir, c'est celle de l'enfant Jésus, si pieux, si obéissant. Ah! le divin Sauveur en trouvant dans votre cœur ces images saintes, en éprouvera bien plus de joie que vous, lorsque vous possédez de magnifiques images, peintes avec de belles couleurs. Faites donc tous vos efforts, chers enfants, pour pratiquer de telles vertus. Obéissez ponctuellement, afin de plaire au bon Jésus ; faites de temps en temps une petite mortification à table,etc. (en gardant le silence, en vous tenant bien tranquilles); pratiquez quelques œuvres de charité. Ne laissez passer aucun jour sans vous imposer l'une ou l'autre de ces œuvres. Et comme vous n'êtes que des enfants pauvres qui avez peu, et ne pouvez pas grand' chose, faites comme les pauvres gens ont coutume de faire: mendiez chez les riches, c'est-àdire chez les saints du ciel, priez-les de vous aider (par leur intercession), afin que vous puissiez acquérir les vertus qui en eux ont tant plu au divin Sauveur. Invoquez surtout l'intercession de la sainte Mère de Dieu, de saint Joseph, de votre patron et de saint Louis de Gonzague. Cet angélique et saint jeune homme communiait tous les dimanches, et chaque fois

A LA PREMIÈRE COMMUNION. ÏSô

il s'y préparait trois jours d'avance, avec la plus pieuse ferveur, par des prières et des bonnes œuvres; puis, pendant les trois jours suivants, il remerciait Jésus de sa bonté.

C'est pourquoi aussi il a reçu des grâces admirables et nombreuses dans la sainte Communion. Car, remarquez le bien, chers enfants: vous recevez d'autant plus de grâces dans la sainte Communion que vous serez mieux préparés; et moins bien vous serez préparés, moins grandes aussi seront les grâces que vous obtiendrez. La même pluie tombe sur plusieurs terres en même temps; dans celle qui est bien cultivée, elle produira des fruits en abondance; dans les terrains mal cultivés, moins de fruits, et sur les parties pierreuses de la montagne, elle serat out à fait inutile. C'est ainsi que le même Sauveur descend dans un grand nombre de cœurs; dans les cœurs préparés avec soin, il répandra des grâces en abondance, mais dans les cœurs purifiés et préparés avec négligence, il n'apportera que peu de bénédictions. Voilà pourquoi saint Bonaventure a dit : « Je crois que, au moyen d'une seule communion faite avec une bonne préparation, on reçoit plus de grâces que par dix communions fréquentes faites avec peu de préparation (1) ». Aussi remarquez bien ce que demande le catéchisme :

Q. 12. Les péchés véniel s rendent-ils la sainte Communion indigne ou sacriléget

R. Non, ils ne la rendent pas indigne ou sacrilège, mais ils diminuent en elle les effets de la grâce.

Quiconque a commis des péchés véniels et va communier dans cet état, sans en être purifié par la confession ou par un autre moyen (tel que l'assistance à la sainte Messe, des œuvres de pénitence, etc.), ne reçoit pas indignement la sainte Communion, mais les péchés véniels diminuent les effets de la

(1 S. Marguerite, fille du roi de Hongrie, ne se contentait pas de se confesser avec la plus grande attention et de purifier son cœur avec grand soin des moindres taches, avant d'aller à la sainte Table, mais elle passait encore en prières toute la nuit qui précédait la Communion. Le jour même où elle avait communié elle demeurait à jeûne jusqu'au soir, etc.

grâce, c'est-à-dire : ils sont cause que la sainte Communion produit dans une personne disposée de la sorte, moins de grâces quelle en aurait produit autrement, si elle avait été mieux préparée. C'est ainsi qu'une fenêtre dont les vitres sont couvertes de poussière et de vapeur, n'empêche pas la lumière du soleil de pénétrer dans la chambre, mais elle empêche la lumière d'y briller dans tout son éclat; de même etc.

0- 13. Comment peut-on exciter dans le cœur la ferveur et la dévotion ?

R. Par de pieuses méditations et des actes de, piété.

Méditer, cela signifie : arrêter quelque temps sa pensée sur un objet, y réfléchir sérieusement. Ainsi lorsque vous regardez le crucifix et que vous vous mettez à réfléchir, à penser à tout ce que Jésus-Christ a souffert pour vous, à l'amour qu'il vous a porté en mourant sur la croix, aux exemples de patience, de douceur, de soumission, etc, qu'il a donnés pendant sa passion, cela s'appelle méditer.

Vous faites des actes pieux, quand vous pratiquez certaines vertus, comme je vous le montrerai dans la question suivante. Ces pieuses pensées, ces méditations, ces actes, on doit avoir soin de s'y livrer, déjà la veille du jour de la Communion. En allant vous coucher le soir de ce grand jour, dites-vous en vous-mêmes : « Demain mon bien-aimé Jésus veut venir à moi ! » Puis réjouissez-vous, et désirez ardemment de le recevoir, etc. Le matin, quand vous vous éveillez, votre première pensée sera celle-ci : « Aujourd'hui mon doux Jésus vient à moi ! »C'est, occupés de ces pansées, que vous devez vous habiller et aller à l'église, toutes les fois que vous communiez. Mais c'est principalement à l'église même, un peu avant la sainte Communion, que vous devez vous efforcer de faire ces sortes d'actes avec beaucoup de dévotion et de ferveur.

Q. 14. Quels sont les meilleurs actes avant la sainte Communion ?

R. Ce sont les actes \ù de foi et d 'adoration ; 2° d'humilité et de repentir 3° d'espérance, de charité et de désir.

A LA PREHIÉKE COMMUNION. 187

Ces actes, chers enfants, sont pour ainsi dire les réponses de votre âme à ces trois questions : 1° Quel est celui qui veut venir à moi ? (c'est Jésus, mon Dieu et mon Sauveur.) A qui veut-il venir? (à un enfant pauvreet pécheur.) 3° Pourquoi veut-il venir ? (parce qu'il m'aime et veut me sauver.)

1° Quel est celui qui veut venir? C'est Jésus. Et qu'est-ce donc qui vous le fût ? Votre foi.

A. C'est cette foi que vous devez ranimer avant tout. Rappelez-vous donc d'abord que Jésus Christ lui même a dit : « Ceci est mon corps. » Or ce qu'il a dit est plus certain que la présence du soleil qui brille dans le ciel, car nos sens et notre intelligence peuvent se tromper, tandis que la parole de Jésus-Christ ne trompe jamais Réveillez-donc, chers enfants, une foi tellement ferme et vive dans vos cœurs, comme si vous étiez dans la salle de la dernière Cène, comme si vous voyiez Jésus de vos propres yeux, comme si vous entendiez sortir de sa bouche cette parole : « Ceci est mon corps ». Dites-lui : « 0 Jésus, qui êtes l'éternelle vérité, vous avez dit : Ceci est mon corps ; ces paroles saintes sont pour moi plus vraies, plus certaines que tout ce que me disent les sens et la raison ; oui, je crois d'une foi ferme et vive, que vous êtes véritablement, réellement et substantiellement présent dans la sainte Hostie, que vous êtes le même Jésus qui mourûtes un jour sur la croix, et qui êtes maintenant dans le ciel. Je le crois avec une telle conviction, que je préférerais plutôt renoncer à la vie qu'à cette croyanee ». — S. Vincent de Paul et d'autres âmes pieuses avaient une foi si vive, que, lorsqu'ils se mettaient à genoux devant le saint Sacrement, on eût dit qu'ils voyaient avec les yeux du corps, le divin Jésus, qu'ils s'entretenaient face à face avec lui, tellement leur visage étaitenfîammé, tellement ils oubliaient toutes les choses terrestres, tellement leur cœur était attaché tout entier à Jésus.

B. Quel est celui qui vient à vous ? C'est Jésus, votre Dieu et votre Sauveur. Que lui devez-vous donc d'abord ? L'adoration.

Pensez-y bien, chers enfants ! 11 vient à vous celui qui, par une seule parole, a tiré du néant le ciel et la terre, et qui,

par une soûle parole, pourrait les replonger dans le néant; — celui en présence duquel, tout l'univers est seulement comme un petit grain de sable, la mer comme une légère gouttelette de rosée se balançant à un brin d'herbe. Il vient a vous, celui qui suspend le soleil dans l'immensité des cieux comme une lampe inextinguible, et montre aux étoiles la route qu'elles doivent suivre ; — celui devant lequel la terre tremble et les tempêtes s'apaisent ; celui devant lequel les saints anges se couvrent la face en frémissant. Il vient à vous, celui qui un jour vous jugera, — qui vous fera entrer dans les demeures célestes, ou vous repoussera avec les damnés dans l'enfer. S'il vous fallait paraître devant un roi de la terre, vous seriez tout saisis d'effroi et remplis du plus profond respect; et cependant un roi, après tout, n'est qu'un homme comme vous. Dans la sainte Communion se donne à vous, celui devant lequel les princes, les rois, les empereurs les plus puissants de la terre, sont moins qu'une goutte d'eau comparée à la vaste étendue de la mer. Chers enfants ! Lorsque vous considérez tout cela, quelles devront être les sentiments, les dispositions de votre cœur ? Les mêmes que ceux de S. Thomas, lorsque, ayant reconnu le divin Sauveur ressuscité, il tomba à ses pieds et s'écria avec un saint respect : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » les mêmes que ceux de S. Pierre, lorsque, reconnaisant le Fils tout-puissant de Dieu à l'occasion de la pêche miraculeuse, il tomba tremblant à genoux et s'écria : « Seigneur, éloignez-vous de moi, parce que je suis un homme pécheur ». Adorez donc le divin Jésus avec le même respect et dites-lui : « Seigneur, Dieu tout-puissant, devant qui le ciel et la terre s'inclinent et les saints anges se voilent la face en tremblant ; je me prosterne à vos pieds avec le plus profond respect, je vous adore comme mon Sauveur et mon juge ! » — Et puisque vous n'êtes pas à même de l'adorer autant qu'il convient, appelez à votre secours les anges et les bienheureux, priez-les pour qu'ils l'honorent, le louent et l'adorent à votre place, comme il le mérite.

2. Quel est celui h qui Jésus veut venir ?Cest un enfant pauvre et pécheur tel que je suis. Réveillez par conséquent en vous :

A. des sentiments à' humilité (i). Considérez, chers enfants, que c'est le Dieu infiniment grand qui vient à vous! Devant lui, les esprits les plus sublimes, les plus élevés, ne sont que comme une étincelle passagère comparée au soleil resplendissant. En un instant il pourrait créer des millions d'hommes et d'anges, qui seraient des milliers et des millions de fois meilleurs que vous. Et néanmoins il vient à vous, qui êtes de misérables créatures, si misérables devant Dieu, que nulle comparaison ne pourrait l'exprimer; à vous qui êtes en outre de pauvres pécheurs, chargés de tant de fautes, souillés de tant de péchés qui sont une horreur, une abomination aux yeux de Dieu! Quels seraient les sentiments d'un homme pauvre, malade, couvert d'ulcères, si le pape ou l'empereur venait le voir dans sa cabane, pour le consoler et lui apporter de riches cadeaux? L'admiration et la confusion l'empêcheraient de dire un mot, il ne saurait plus parler. Et Celui qui vient à vous chers enfants, est infiniment plus grand que le pape et l'empereur! — Un officier avait prié un jour le divin Sauveur de vouloir bien guérir son domestique; dans son étonnante bonté Jésus dit : « Je vais venir et je le guérirai . » Alors l'officier qui s'effraya de son néant et de sa misère, à la pensée que le Fils de Dieu allait venir chez lui, répondit à Jésus : « 0 Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit, mais dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Dites la même chose (vous entendrez répéter d'ailleurs trois fois par le prêtre, ces saintes paroles) : « o* Seigneur, Dieu tout-puissant! Je ne suis pas digne que vous entriez dans mon cœur, car vous êtes le Dieu grand, le Dieu fort, le Dieu saint et terrible, devant qui les cieux ne sont pas purs, et moi je suis une faible et misérable créature, un pauvre enfant, un pécheur qui vous ai offensé si souvent. Mon cœur est

(1) Le catéchiste, s'il le trouve convenable, peut d'abord, en forme de récapitulation, montrer dans l'exemple du publicain iS. Luc. 18 , ce que c'est que l'humilité; que celui-là est humble qui reconnaît sa bassesse, sa faiblesse, sa culpabilité, qui avoue que tout ce qu'il y a de bon en lui, vient de Dieu, qui s'estime moins que les autres, qui ne s'exagère pas son mérite, ne méprise pas le prochain, etc. On peut faire de même pour les vertus suivantes.

encore loin d'avoir cotte pureté, cette dévotion, cet amour et les autres vertus qui vous plaisent. Mais dites seulement une parole et mon âme deviendra pure etdigne de vous recevoir. » Réveillez également en vous :

B. des sentiments de contrition ou de repentir. Lorsque Tentant prodigue était à l'étranger où il souffrait cruellement de la faim, il se repentit amèrement d'avoir fait de la peine à son père, et quitté si imprudemment la maison paternelle. Il retourna sur ses pas, et il eût été vraiment heureux, si son père avait voulu le recevoir seulement au nombre de ses domestiques. Mais lorsque à son retour, le père vint à sa rencontre, qu'il le serra sur son cœur, le baisa, fit préparer un festin et l'aima encore plus qu'auparavant, que dut il se passer dans le cœur du tils ? Ah! qu'alors il dut être triste et afiligé d'avoir causé tant de chagrin à un père si bon, si aimable! Comme, à ce moment, il dut se repentir de ses fautes, non à cause de la misère qui l'avait accablé, mais par amour pour son père ! Chers enfants ! faites-en maintenant l'application à vous-mêmes. Vous aussi, comme l'enfant prodigue, vous avez été désobéissants au Père céleste, à l'aimable Sauveur; vous avez perdu étourdiment la grâce de Dieu, vous avez oublié votre Dieu et Sauveur; il ne s'est pas passé de jour sans que vous l'ayez offensé. Vous a-t-il puni, comme vous le méritiez?vousa-t-illaissédans lamisèredevos péchés? vous at-il répoussé?Non. Il vousappellepar une voix intérieure, vous disant de revenir à lui ; puis dans la confession, il vous pardonne tout, tout... Il ne veut plus même penser à votre méchanceté, il vous adopte de nouveau comme ses enfants chéris, et dans la sainte Commuuion, il veut venir lui-même à vous avec tout son amour et toutes ses grâces ! Et ce Dieu Sauveur, si bon, si aimable, vous avez pu l'oublier si longtemps, l'offenser si gravement! vous avez osé affliger son divin cœur! (Considérez les cinq plaies sacrées dans son corps que vous recevrez — c'est vous qui en avez été la cause, etc). C'est pourquoi regrettez tout le mal que vous avez fait, haïssez, détestez vos péchés du fond de votre cœur et dites : « 0 Jésus! mon doux Jésus? La confusion et la douleur bouleversent mon cœur, quand je considère comment je me

suis conduit à votre égard. Hélas ! que je vous ai oublié longtemps! que de fois je vous ai offensé, en foulant aux pieds vos commandements! Et vous êtes si bon pourtant! vous ne m'avez pas puni ! vous m'avez tout pardonné et vous consentez encore à venir dans mon cœur. 0 Seigneur! quepuis-je faire autre chose, que de tomber à vos pieds comme Marie-Madeleine, et pleurer amèrement mes péchés, en vous promettant de ne plus jamais vouloir vous offenser de propos délibéré (1). » — Demandez- vous ensuite :

3° Pourquoi Jésus vient- il à moi ? Parce qu'il m'aime et veut me rendre éternellement heureux.

A) Voilà ce qui doit animer votre espérance ou votre confiance.

Chers enfants, à ne considérer que ce que je vous ai exposé jusqu'ici, vous devriez être uniquement saisis de crainte et d'effroi, et vous n'oseriez guères vous hasarder à venir à Jésus. Mais vous n'avez qu'à vous rappeler 1° tout ce que Jésus a fait pour vous; pensez à la crèche où pour vous, il souffrait déjà comme enfant ; — pensez à ces trente-trois années d'une vie dure, pauvre et fatigante ; — pensez à cette sueur de sang, à cette sanglante flagellation, à cette mort douleureuse sur la croix et dites-moi : Avez-vous encore besoin de craindre celui qui a enduré tout cela pour vous ? Ne pourrait-il pas dire aussi : « Mon enfant ! qu'aurais-je encore pu faire de plus, pour montrer combien je vous aime, combien je suis disposé à faire tout pour vous? » Rappelez-vous 2° combien Jésus se montrait aimable et bon envers les pauvres,... les malades... les pécheurs; comment il les prenait sous sa protection, les guérissait et les bénissait; rappelez-vous ce seul exemple, c'est quand il adressa à Marie-Madeleine, cette grande pécheresse, les paroles si douces : « Allez en paix; vos péchés vous sont pardonnées ! » Et dites-moi maintenant : i\e pouvez-vous pas tout espérer

(I) On pourrait aussi attirer l'attention des enfants sur les sentiments que dut éprouver S. Pierre, lorsque le divin Sauveur ne lui reprocha point son reniement, mais le remplit de confusion et de consolation en lui demandant : « Simon, m'aimez- vous? »

de lui? Si vous êtes pauvres, il est puissant et riche; si vous êtes vraiment malades dans votre âme, d'une seule parole il peut vous guérir; si vous avez été des enfants coupables, très méchants, il est venu tout exprès sur la terre, à cause des pécheurs. — Rappelez-vous 3° comment il aimait surtout les enfants, les prenait avec tendresse dans ses bras et les bénissait; comment il prononça ces paroles à jamais mémorables et si consolantes pour vous : «Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas, car le royaume des cieuxleur appartient ;» conséquemment aussi pensez combien volontiers il vous accueillera. — Enfin rappelez vous4°qu'ila institué spécialement ce saint Sacrement, afin que nous allions à lui avec une entière confiance, et qu'il pût nous apporter du secours, des consolations et des bénédictions, ainsi qu'il l'a déclaré lui-même: « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui, — il possède la vie éternelle; » et comme il nous le crie encore du fond des saints Tabernacles : « Venez à moi, vous qui êtes affligés et accablés ; je vous soulagerai. » Quand vous pensez à tout cela, chers enfants, pouvez vous encore éprouver de la crainte? Non; excitez en vous une pleine et entière confiance; dites (à l'exemple du lépreux) : « Seigneur, je suis très pauvres et très criminel, c'est vrai ; je ne suis vraiment pas digne que vous veniez à moi ; mais, Seigneur, je sais que vous êtes tout-puissant; si vous voulez \ous pouvez me rendre pur ; vous êtes infiniment bon, c'est par un excès d'amour que vous voulez venir à moi, et vous m'avez même promis vos grâces. Aussi j'ai la ferme confiance, que ces grâces, vous me les apporterez, que vous me donnerez tout ce dont j'ai besoin, pour devenir vertueux et sauver mon âme. Surtout ranimez

B) Votre amour. Chers enfants, vous aimez tout ce qui est beau, tout ce qui est bon. Lorsque vous vous trouvez au sommet d'une haute montagne, et que vous voyez le soleil se lever lentement, au milieu d'un ciel qui semble tout d'or et de feu, lorsque le soleil se mire ensuite dans des millions de gouttes de rosée, comme dans autant de petits miroirs de couleur, que les petits oiseaux se mettent à gazouiller tous

ensemble leurs chansons matinales, que tout est tranquille et solennel clans les champs, les forets et les vallons, comme dans une grande église où l'on dit la messe, n'est-il pas vrai que cela est beau, que cela vous va au cœur et que vous aimez de voir ce spectacle? Eh bien! sachez-le, chers enfants, toute cette beauté sur la terre, n'est qu'un pâle reflet de la beauté de Dieu; elle est, en comparaison de la beauté de Dieuy comme la flamme d'une petite lampe à côté du soleil étincelant qui jette partout ses rayons. Quand vous voyez un enfant vrai ment pieux, bon et innocent, vous êtes portés à l'aimer, vous ne pouvez faire autrement. Chez S. Louis de Gonzague, chez S. Agnès et d'autres saints, la pureté de l'âme, l'amour de Dieu, la douceur angélique rayonnaient tellement dans leurs regards et leurs traits, qu'on dût les aimer. Mais, chers enfants, qu'est-ce que la pureté d'un S. Louis à côté delà pureté de Jésus? l'amour d'un S. François Xavier, la douceur d'un S. François de Sales, à côté de l'amour et de la douceur de Jésus? Combien plus donc devez-vous aimer celui qui est le « plus beau d'entre les enfants des hommes, » celui qui brille dans la splendeur de l'infinie sainteté, qui étincelledans la gloire de la suprême beauté et de l'inexprimable béatitude? Vous aimez vos parents, parce qu'ils vous ont fait beaucoup de bien et montré tant d'affection. Mais toute cette affection, tous ces bienfaits que sont-ils en comparaison de l'amour et des bienfaits dont vous comble Jésus? Qu'a fait Jésus-Christ pour vous? Qu'a-t il souffert et que veut-il faire encore maintenant pour vous? Pensez à sa crèche, à sa croix,... à la sainte Eucharistie. Vos parents ont-ils aussi répandu leur sang pour vous, au milieu des cruelles souffrances de la mort, etc? Qui est-ce donc que vous devez aimer davantage? Chers enfants ! imaginez-vous que vous êtes profondément endormis pendant la nuit; tout à coup le feu se déclare dans la maison où vous demeurez, et avant que vous ne l'ayez remarqué, tout est en flammes ; les escaliers sont déjà tout brûlants, et nulle part il n'y a plus de sortie possible, plus moyen de s'échapper. Voilà qu'arrive un étranger, il se précipite courageusement au milieu du feu, vous enveloppe de son manteau qu'il a mouillé, mais en même temps il se brûle

lui-même à la figure, aux mains et aux pieds, de sorte qu'il en devient gravement malade et que dans son lit il est en proie aux plus terribles douleurs. Dites-moi, cet homme, qui vous a montré tant d'amour, ne l'aimeriez-vous pas ? Ne voudriez-vous pas souffrir vous-mêmes, afin de pouvoir le guérir? Ne voudriez-vous pas faire bien volontiers, tout ce que vous soupçonnez pouvoir lui être agréable? Combien plus devez-vous aimer votre divin Sauveur ? Il vous a sauvé du feu éternel de l'enfer; mais en vous sauvant, il lui a fallu perdre lui-même la vie, au milieu des plus cruelles souffrances. C'est pourquoi aimezle de tout votre cœur; aimez à penser souvent à lui, priez-le avec une sainte joie, montrez-lui votre amour, en faisant de bon cœur tout ce qui lui plait; — soyez obéissants, humbles, patients, et faites de temps en temps un léger sacrifice pour lui. Puis, avant la sainte Communion, dites-lui avec un cœur tout embrasé d'amour : « 0 mon Jésus! 0 Dieu infiniment beau, saint et grand, qui, par amour pour moi, avez tant fait, tant souffert, qui voulez encore vous unir maintenant à moi, de la manière la plus étroite, comment pourrai-je vous récompenser de tant d'amour? 0 Seigneur, je veux vous aimer de nouveau d'un cœur fidèle et sans partage ; par amour pour vous, je veux éviter tout ce qui pourrait vous déplaire ou vous attrister ; par amour pour vous, je veux prier, travailler, souffrir, et faire tout ce que je sais être commandé par vous. Par amour pour vous, je veux vivre et mourir ! »

C. Acte de désir. Si votre père ou votre frère, que vous aimez de tout cœur, avait été longtemps absent dans un pays étranger, et qu'il arrivât une lettre pour vous annoncer, qu'il est en chemin, qu'il vous rapporte beaucoup de belles choses, qu'il arrivera dimanche; comme vous seriez contents, et désireux de voir arriver ce dimanche ; vous auriez de la peine à l'attendre ; le désir d'y être déjà, vous empêcherait de dormir, vous en rêveriez même pendant la nuit, et plus cet heureux jour serait proche, plus ardents aussi seraient vos désirs. Et voici, chers enfants, que votre père et frère céleste, votre bien-aimé Jésus, vous a fait dire qu'il veut venir à vous après peu de jours, et vous apporter de riches, oui de bien riches présents, des grâces. Ah ! Combien vous de-

vez vous réjouir, désirer et souhaiter qu'il vienne bientôt. S. Mechtilde avait coutume de dire : « Pour pouvoir aller communier, je voudrais volontiers me précipiter à travers les flammes d'un bûcher ; » et S. Catherine, quand elle ne pouvait communier, était toute malade, rien qu'à cause des désirs et des aspirations qui faisaient battre son cœur. Vous aussi, chers enfants, excitez en vous un sincère et vif désir de la sainte Communion ; faites souvent avec ferveur la communion spirituelle ; adressez fréquemment des prières jaculatoires à Jésus, par exemple, en disant : « 0 Jésus, venez bientôt !» « 0 Jésus qu'il me tarde de vous voir venir ! » — « 0 Jésus ! venez, venez dans mon cœur ! » Avant que de communier, dites : « 0 Jésus vous voulez venir maintenant. Seigneur je soupire après vous, comme le cerf altéré soupire après les sources d'eau vive. Sans vous, Jésus ! je ne puis vivre. Ah ! venez à moi, venez et ne tardez pas davantage ! Venez et restez près de moi. Ainsi soit-il (1). »

Jusqu'ici, chers enfants, vous avez entendu comment nous devons préparer notre âme pour communier. Maintenant nous devons examiner encore quelle préparation est nécessaire, quant au corps.

Q. 15. Comment doit-on se prépare?* ensuite quant au corps ?

R. On doit être 1° a jeun, c'est-à-dire n'avoir rien bu ni mangé depuis minuit ; 2° être honnêtement vêtu en paraissant à la sainte Table.

A commencer à douze heures de la nuit, si vous voulez communier, vous ne pourriez prendre la moindre partie de nourriture et de boisson ; ainsi ni café, ni lait, ni bouillon, ni

(1) Ces actes peuvent très bien se rattacher aux paroles que l'on répète trois fois : « Seigneur, je ne suis pas digne, etc. ; » en renouvelant d'abord des sentiments de foi et d'adoration, quand on dit : « Seigneur» ; en s'humiliant et en se repentant, quand on dit pour la seconde fois : « Je ne suis pas digne » ; en réveillant dans le cœur l'espérance, l'amour et le désir, quand on dit pour la troisième fois : « mais dites seulement une poroleetc. Cp. la Q. I sur la Communion.

eau, ni pastilles, ni médecine. Et si par oubli ou par distraction, vous aviez mangé ou bu quelque chose, sachez bien qu'en ce cas, il vous est défendu de communier. Si vous étiez un peu dérangé, si vous tombiez faible, on ne pourrait pas vous donner du bouillon ou de l'eau à avaler ; si on le faisait, vous ne pourriez pas aller à la sainte Table ce jour là. D'après S. Augustin, ce furent les Apôtres qui établirent l'obligation de rester à jeun ; d'ailleurs, d'après toutes les convenances, il faut que cette nourriture divine, le corps de Notre-Seigneur soit reçu avant la nourriture terrestre et ordinaire.

De plus, celui qui veut communier doit être vêtu honnêtement, selon son état; il ne doit donc pas s'approcher du banc de communion avec des habits déchirés ou sales. Cela ne veut pas dire cependant qu'il doit être habillé avec luxe, ou avec vanité. Non, chers enfants, car des habits malpropres et négligés montreraient que vous n'avez pas de respect pour le Dieu trois fois saint; des habits superbes, que vous n'avez guères d'amour pour lui, puisque vous aimez mieux le luxe et la vanité. Je vous ai déjà dit ailleurs, comment vous devez vous conduire le jour de la première Communion, sous le rapport des habillements, et je vous prie encore de ne pas y penser, mais de penser surtout à orner votre âme.

Q. 16. Quels sont ceux qui sont dispensés d'être à jeun pour communier ?

R. Ceux qui, étant dangereusement malades, reçoivent la sainte Communion en viatique.

La loi du jeûne, que je viens de vous expliquer, est trèssévère et aucun confesseur, pas même l'évêque ne peut vous permettre de communier, si ce jour-là vous avez mangé ou bu la moindre chose. Ceux-là seulement peuvent communier, alors même qu'ils ne seraient pas à jeun, qui sont dangereusement malades, c'est-à-dire ceux qui sont en danger de mourir bientôt, et auxquels on donne la sainte Communion comme viatique.

Q. 17. De quelle manière doit-on se présenter à la sainte Table ?

R. Avec le plus grand respect, les mains jointes et les yeux baissés.

Quand, comment et dans quel ordre vous devrez vous avancer vers la sainte Table, etc, c'est ce que je vous montrerai plus tard. D'abord on doit voir à tout votre extérieur, à votre manière d'agir, qu'un saint respect remplit votre cœur et que vos pensées sont près de Jésus. C'est pourquoi vous devez joindre les mains en signe d'adoration, tenir les yeux baissés pour marquer l'humilité et pour ne pas vous distraire en regardant les autres. Puis imaginez-vous ; que vous vous avancez vers la crèche et que la très sainte Vierge va vous mettre dans les bras le divin enfant Jésus.

Q. 18. Comment doit-on se conduire en recevant la sainte Hostie ?

R. On doit tenir la nappe devant la poitrine, élever la tête, avancer la langue sur la lèvre inférieure, et recevoir ainsi, avec beaucoup de respect, la sainte Hostie.

Remarque : Qu'on ait bien soin de ne pas conserver la sainte Hostie dans la bouche, jusqu'à ce qu'elle soil entièrement consommée. Si elle s'attache au palais, on doit la détacher avec la langue et non avec les doigts.

Je vous montrerai comment vous devez faire tout cela. Arrivés devant le banc de communion, faites avec attention la génuflexion et attendez là, avec des sentiments de respect et de désir, jusqu'à ce que le prêtre vous donne la sainte Eucharistie. Pendant que vous la recevez, dites en silence avec le prêtre : « Que le corps de Notre-Seigneur garde mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il. » Attendez jusqu'à ce que toute la rangée ait communié, levez-vous, faites une respectueuse génuflexion et retournez à votre place dans le même ordre que vous êtes partis (4).

(1) Le motif pour lequel on ne peut pas garder la sainte Hostie dans la

0. 19. Que doit-on faire après avoir reçu la sainte Communion ?

R. On doit se rendre avec la plus grande modestie dans un endroit tranquille de r église, et y demeurer encore quelque temps à prier avec attention.

Remarque. Il n'est pas de temps plus précieux et plus favorable que celui après la sainte Communion; c'est pourquoi on doit tacher d'en profiter le mieux que l'on peut. Ce serait mauvais signe, si on ne restait pas en prières près du bon Sauveur, pendant une demi-heure ou au moins un quart d'heure.

Chers enfants, il est très important que vous restiez en prières et en silence, pendant quelque temps, (une demi-heure, ou au moins un quart d'heure,) après la sainte Communion. C'est ce que demande de vous :

1° Le respect, la reconnaissance et l'amour que vous devez à Jésus.

S. Philippe de Néry vit un jour un homme qui quittait l'église de suite après avoir communié, sans faire la moindre action de grâces (la moindre prière pour remercier Jésus- Christ). Aussi le saint le fit- il suivre de deux enfants de chœur, munis de flambeaux allumés. L'homme tout surpris, demanda ce qu'ils voulaient. Les petits servants lui dirent que Philippe les avait envoyés. Il se dirigea comme une flèche verslesaint,et lui demanda ce que cela signifiait. « Mon fils, répondit Philippe, quand le corps de Notre-Seigneur est porté à un malade, le respect exige, que l'on porte une lumière devant le saint Sacrement. Vous vous êtes sauvé de l'église, pendant que le corps de Notre-Seigneur reposait encore dans votre cœur, c'est pourquoi il convenait de faire porter des flambeaux allumés devant vous. » Ce saint voulait montrer par là, combien ils

bouche, jusqu'à ce qu'elle soit consommée ou fondue, ne peut guères être bien expliqué aux enfants. C'est parce que sans cela la présence de Jésus- Christ aurait cessé, avant que la manducatiou ait eu lieu, et conséqueniment la mauducation du corps de Jésus Christ, à laquelle sont encore attachées des grâces et des effets sacramentels, n'aurait pas lieu. — D'un autre côté, il sera bon de rendre les enfants attentifs à ce qu'ils s'abstiennent, pendant quelque temps, de cracher après la communion.

manquent au respect qu'on doit à Jésus-Christ, ceux qui omettent de remercier Jésus-Christ après la sainte Communion.

En effet, supposez, chers enfants, le cas où un homme distingué, qui vous a fait beaucoup de bien, vienne dans votre maison, uniquement pour vous rendre visite, et que vous, après lui avoir vite adressé un salut, vous le laissiez seul, pour aller travailler ou vous amuser; ne serait-ce pas une insulte ou un mépris, une ingratitude et une grossièreté, qui devrait lui causer de la peine? Sans doute. — Or, sachez-le bien, chers enfants, dans la sainte Communion, Jésus votre Dieu et votre maître, votre plus grand bienfaiteur qui vous aime tant, vient pour vous visiter. Eh bien ! quand vous sortez de l'église après une courte prière, quand au lieu de prier vous vous occupez de pensées mondaines, inutiles, et que vous laissez en quelque sorte votre divin Sauveur seul, cela ne doit-il pas lui causer de la peine? Ne serait-ce pas un signe, que vous n'avez pas de respect, de reconnaissance et d'amour pour lui, — conséquemment comme le dit le catéchisme, ne serait-ce oas un mauvais signe?

2° Votre propre avantage exige, que vous fassiez après la sainte Communion, de pieuses actions de grâces. Si vous donniez à un mendiant une bonne aumône, et s'il ne vous en remerciait pas, — la fois suivante lui feriez-vous encore si facilement la charité? Et Jésus, si vous ne le remerciez pas, ou si vous le remerciez mal des aumônes si riches qu'il vous a données dans la Communion, croyez-vous qu'il vous accordera de nouveau des grâces aussi abondantes? — Et cependant que de grâces nombreuses ne pourriez-vous pas obtenir , après la sainte Communion, par une fervente prière? Et tout cela vous le négligez, vous le perdez si vous négligez votre action de grâces. Le temps qui suit la sainte Communion est selon le catéchisme et les paroles de sainte Térèse, le temps'/e plus précieux, qui pour vous a plus de valeur que les plus grands biens de la terre ; et pourquoi est-il si précieux? Parce qu'il est le plus riche en grâces, parce que vous pouvez y obtenirplusdegrâcesquepartoutailleurs. Imaginez-vous, chersenfants, qu'un prince extrêmement riche vous prenne avec lui

dans la chambre où se trouvent ses trésors, et vous dise: «Voici que vous avez une demi -heure de temps; tout l'argent que vous pouvez compter durant cette demi-heure, vous appartient. » Or, pendant cette demi-heure, au lieu de compter de l'argent, vous amuseriez-vous à regarder par la fenêtre, à exa mier les tableaux, ou à bavarder? Sans doute que non ; et si vous l'aviez fait, plus tard, j'en suis sûr, vous en auriez bien des regrets. Ecoutez! quand vous avez reçu la sainte Communion, Jésus-Christ vous conduit aussi, pour ainsi dire, dans sa chambre aux trésors, à savoir dans son divin cœur, et vous engage à y choisir des grâces, à les lui demander, parce qu'il veut tout vous donner. Quelle perte ce serait donc pour vous, si vous passiez ce temps précieux à penser à des niaiseries, à des bagatelles, et si vous perdiez ainsi ces avantages spirituels? Comme vous en auriez des regrets plus tard, lorsque Dieu, en vous jugeant, vou-^ montrerait combien de grâces, vous avez négligées ainsi !

Tout cela, les Saints le savaient bien, et c'est pourquoi ils ont fait, après la sainte Communion, de longues et ferventes actions de grâces, la plupart pendant une heure, souvent pendant plusieurs heures. Vous, chers enfants, employez aussi, après chaque Communion une demi-heure, ou, si vous n'avez pas assez de temps, au moins un quart d'heure pour adorer et remercier Jésus-Christ.

Mais comment ferez-vous cette action de grâces, ou comme le demande le catéchisme :

Q. 20. Quelles prières doit-on faire surtout après la sainte Communion?

R, Celles par lesquelleson s'humilie devant Notre-Seigneur, on le remercie, on s'offre à lui, on Vaime et on lui demande des grâces.

Lorsque vous avez reçu la sainte Communion, imaginezvous que, dans ce moment, comme autrefois Siméon, vous portez le cher enfant Jésus dans vos bras, ou que vous reposez sur la poitrine de Jésus, comme jadis saint Jean, lors de la dernier«' Cène. Saluez alors votre bien-aimé Jésus avec l'a-

mour le plus affecteux, la joie la plus sincère; adressez-lui intérieurement dans votre cœur, des paroles de respect, d'amour, de reconnaissance, etc., comme Dieu vous les inspirera. N'ayez pas peur d'être trop peu poli pour parler avec Jésus-Christ, il ne désire pas de belles paroles bien arrangées, mais des paroles qui viennent du cœur. Tenez-vous dans ces pensées aussi longtemps que vous le pouvez. Ensuite vous pouvez prendre votre livre de prières, et réciter les prières d'actions de grâces, mais lentement, en vous arrêtant après chaque phrase ou après chaque page pour redire à Jésus, par vos propres paroles, ce que vous avez lu.

Je vais vous indiquer encore en quelques mots, la manière dont vous pouvez faire l'action de grâces, sans J'aide d'un livre de prières. Il y a trois demandes (comme dans la préparation) auxquelles vous pouvez répondre dans votre âme, à savoir : 1° Qui est Jésus et qui suis-je, moi ? 2° Qu'a fait Jésus pour moi — et qu'ai-je fait pour lui? 3° Que désire de moi Jésu.s, et que puis-je désirer de lui ?

1° Qui est Jésus? Le Fils du Dieu vivant, l'incommensurable, le créateur de l'univers, le maître suprême de tout ce qui existe, — mon juge. Et qui suis-je moi? Je suis comme un pauvre petit ver qui rampe sur la terre, — un pécheur qui a tous les motifs de trembler devant le Dieu de toute sainteté (i). Et néanmoins ce Dieu si saint, si grand dans son amour et sa bonté ineffables, a daigné descendre en moi. Puis formez (comme je vous l'ai appris) un acte de foi, d'humilité, d'admiration, et de sainte allégresse. Lorsque Marie, la mère de Dieu, visita sa cousine Elisabeth, celle-ci s'écria avecadmiration: « D'oùmevient ce bonheur, quela mère démon Seigneur vienne à moi? » Combien plus de raisons n'avez-vous pas, de vous étonner et de demander au Sauveur : « D'où me vient ce bonheur que vous, ô mon Seigneur et mon Dieu ! vous veniez à moi qui suis un pauvre enfant, une créature si méchante? » Maxi mi lien, l'ancien roi de Bavière, était un monarque d'une bonté ravissante, qui se plaisait à parler aux gens les plus pauvres. Un jour qu'il était allé se promener, il rencontra dans

(1) Voyez le développement de cette pensée Q. 14 sur la Communion.

son chemin un pauvre ouvrier occupé à casser les pierres de la route. Le roi entra en conversation avec lui et parla avec tant de familiarité, que le casseur de pierres, ayant oublié toute crainte, finit par demander au roi, avec une cordiale naïveté, s'il ne voulait pas partager avec lui son dîner. Et voilà que le roi s'assit à côté du pauvre journalier sur un tas de pierres, et se mit à manger, avec les cuillers de fer-blanc noirci, le grossier et insipide brouet du casseur de pierres. A cette vue, le pauvre homme fut tellement touché de la condescendance et de la bonté de son roi, qu'il sentit les larmes lui venir aux yeux, et se jeta à genoux en s'écriant : « 0 mon Dieu ! je ne pourrais jamais témoigner à mon prince toute ma reconnaissance pour sa bonté et son affabilité à mon égard ; vous du moins, ô mon Dieu, recompensez-le par d'abondantes bénédictions? » Si cet homme fut si étonné, si touché de voir manger son roi avec lui , combien plus donc ne devriez -vous pas être étonnés et touchés de ce que le roi du ciel et de la terre veut, non pas manger avec vous, mais vous servir lui-même de nourriture, à vous pauvres petits enfants? C'est pourquoi adorez-le avec une profonde humilité, un grand amour, une sainte joie, et comme vous n'êtes pas en état de l'adorer autant qu'il le mérite, invitez tous les Saints, les Anges et surtout la très sainte Vierge Marie, à joindre leurs adorations aux vôtres et dites avec un sincère désir : « Que ne puis-je adorer mon Sauveur comme le font les bienheureux dans le ciel ! »

2° Qu'a fait Jésus-Christ pour moi? Le divin Sauveur que vous recevez dans la Communion a été couché pour vous dans une crèche; là il a souffert pour vous la faim, le froid, etc ; enfin, après une vie pleine de contradictions et de souffrances, il a expié vos péchés dans le jardin des Olives, — à la colonne de la flagellation, — sur le chemin du Calvaire, et sur le gibet de la croix où il exhala son âme noble et sainte, au milieu des plus affreuses douleurs. Et tout cela, il l'a souffert, non parce qu'il y était forcé, non parce qu'il devait en tirer quelque profit, mais uniquement par amour pour vous. Il ne se contenta pas en quelque sorte, de vous ouvrir le ciel, non ; mais il voulut encore vous conduire, pour ainsi dire par la main dans le paradis ; c'est pour cela qu'il résolut

de demeurer près de vous dans la sainte Eucharistie et de descendre dans votre cœur, comme une nourriture divine.

Pensez-y, chers enfants! quel est l'homme qui ait jamais fait la millième partie de tout cela pour un autre homme? Et voilà cependant ce que le Fils de Dieu a fait pour vous! Vous êtes pleins de reconnaissance, quand vous obtenez quelques fruits ou quelques pièces d'argent, — vous remerciez ceux qui viennent vous voir quand vous êtes fort malades, — vous ne sauriez comment remercier assez celui qui vous aurait sauvé la vie. Or, sachez-le, votre divin Sauveur a fait infiniment plus pour vous, il est maintenant dans vos cœurs ! et vous ne voudriez pas le remercier? 0, oui ! remerciez-le du plus profond de votre âme ; invitez de nouveau tous les Saints, tous les Anges avec Marie, à le remercier pour vous, et offrez au bon Jésus toutes leurs actions de grâces !

Et qu'ai- je fait pour Jésus? Que feriez- vous pour quelqu'un, qui vous aurait sauvé la vie et qui plus lard viendrait vous demander une bagatelle, un petit service ? Oseriez-vous le lui refuser ? Eh bien ! Jésus qui a tant fait pour vous, vous a dit si souvent, par la voix de votre conscience : Mon enfant ! fais ceci... par amour pour moi ; récite tes prières... sois obéissant... Evite ces camarades, par amour pour moi. — Et n'est-ce pas une honte pour vous, de n'avoir pas même voulu faire si peu pour celui qui vous a sauvé de la mort éternelle, pour votre rédempteur ! Mais que dis-je ? Vous saviez que le péché lui avait causé tant de cruels tourments ; vous saviez combien tel. ..et tel péché lui étaient odieux, et malgré cela, ce péché vous l'avez commis ! Qu'aviez-vous mérité pour votre ingratitude? Le moins que Jésus-Christ aurait dû faire, c'était de vous abandonner. Mais Jésus ne l'a pas fait. 11 vous a tout pardonné, oui tout ! et il veut entrer maintenant dans vos cœurs, pour vous appartenir tout entier. Oh, chers enfants ! Combien devriez-vous être confus, quelle douleur ne devriezvous ressentir dans votre âme d'en avoir agi ainsi avec votre divin Sauveur! Un jeune officier rencontra un jour un trappiste (un religieux) auquel il demanda le chemin qui conduisait à la ville voisine. Le religieux, à qui sa règle défendait de parler, se contenta d'indiquer la route, en la montrant du

204 METHODE POUR MtÉPAREU LE^ EMANTS

doigt. L'officier, s'imagïnant que le trappiste ne voulait point parler par mépris pour lui, descendit de cheval et maltraita tellement le pauvre religieux à coups de cravache et à coups de poings, qu'il le fit rouler à terre tout sanglant. Il voulut s'éloigner au galop, mais son cheval était devenu tellement sauvage et ombrageux, qu'il ne put se remettre en selle. Lorsque le pauvre moine maltraité vit son embarras, il se releva avec peine du sol, et alla tenir l'étrier à celui qui l'avait frappé si brutalement. Ah ! que cet officier dut alors se sentir honteux, qu'il dut se repentir de sa cruauté (1) ! Chers enfants ! vous avez maltraité Jésus bien plus cruellement, et voilà qu'il vous comble encore de tant et de si grands bienfaits ! Et vous, ne devez-vous pas être remplis de confusion et vous repentir de vos fautes !

Mais cela ne suffit pas. A l'avenir voulez-vöus encore offenser le divin Sauveur ? Non. Demandez-vous plutôt à vousmêmes :

3° Que désire Jésus de moi ? Voyez ! il a tant fait pour vous, il vous a procuré tant de bonheur ? ne voulez-vous rien faire pour lui à votre tour, ne voulez-vous pas lui causer un plaisir ? Oh si ! il s'est donné tout à vous, avec son corps, son sang, son âme, sa divinité, tous ses mérites ; offrez-lui donc aussi tout ce que vous êtes et tout ce que vous avez. Offrezlui vos yeux, en lui promettant de ne plus rien regarder de mauvais, mais de les employer uniquement au bien ; de même consacrez-lui vos oreilles, votre langue, vos mains, votre

(1) Au lieu de cet exemple, on pourrait citer le fait suivant arrivé dans les derniers temps. A l'époque où le cLoléra sévissait à Paris, une sœur de la charité fut insultée de la façon la plus brutale en pleine rue, par un ouvrier à moitié ivre. La bonne sœur supporta l'outrage sans rien dire. Le lendemain on apporta dans l'hôpital, où cette même sœur était de service, un cholérique dans lequel elle reconnut de suite l'ouvrier de la veille, qui l'avait insultée si indignement. On refusa de recevoir le malade, parce que tous les lits étaient occupés ; mais l'excel'ente sœur pria et insista si longtemps, qu'enfin il fut admis. Elle-même lui prépara son lit et le soigna jour et nuit, avec le plus admirable dévouement, de sorte qu'il recouvra la santé. Mais la sœurelle-même devint victime de sa charité et mourut. — Sans doute que depuis lors cet ouvrier prie et pleure chaque jour sur le tombeau de la noble sœur

esprit... votre cœur... votre volonté... votre argent etc. Diteslui : « 0 mon bien-aimé Jésus! Que voulez-vous que je fasse? » 11 vous dira, j'en suis sûr, ce qu'il veut de vous : c'est que vous quittiez ce péché, ces camarades, que vous pratiquiez ces vertus ; c'est que vous fréquentiez de nouveau, à telle époque, les Sacrements. Prenez aussi la résolution de le faire, en disant : « Oui mon bon Jésus ! je vous le promets de nouveau ; par amour pour vous, je vais faire tous mes efforts pour exécuter ce que vous me demandez ». Et puis, si vous accomplissez la volonté de Jésus, il exaucera aussi vos prières. Mais vous dites : Dans mes prières

Que dois je demander à Jésus? Chers enfants ! après la sainte Communion, surtout après la première Communion, vous avez une espèce de pouvoir sacré sur le cœur de votre Sauveur. Si vous priez bien, bien sincèrement avec beaucoup de confiance, il ne peut rien vous refuser. C'est pourquoi priez, oui priez ! Avant tout, priez, chers enfants, pour obtenir la grâce de demeurer toujours sages, de ne pas commettre de péché mortel ; oui priez avec ferveur et instance ; en lui disant : « 0 aimable Jésus, vous qui êtes la joie de mon âme, mon Dieu et mon tout ! ah ! ne permettez pas que je vous offense encore mortellement à l'avenir : faites-moi plutôt mourir dans l'innocence et la pureté ! » Puis, priez pour vos parents, vos frères et sœurs, les membres de votre famille, vos maîtres, vos bienfaiteurs et priez aussi un peu pour moi. Si vous avez quelque grande peine, par exemple si quelqu'un de vos parents ou de vos proches suit un mauvais chemin, ah ! priez alors et ne cessez pas de livrer des assauts au cœur de Jésus. Plus d'un enfant, au jour de sa première Communion, a obtenu pour d'autres de grandes, de trèsgrandes grâces. Priez donc bien, avec beaucoup de confiance, puisque vous pouvez tout obtenir par Jésus-Christ; dites-lui : « Aimable Jésus ! Vous m'aimez tant, que vous êtes venu dans mon pauvre cœur ; me refuseriez-vous maintenant cette grâce...? Non, vous me l'accorderez, vous devez me l'accorder : je ne cesserai de vous importuner par mes prières, et je vous rappelle votre propre parole : Si vous demandez quelque chose en mon nom, ce vous sera accordé ».

Q. 21. De quelle manière doit-on passer le jour delà Communion ?

R. On doit, autant que possible, le passer dans les exercices de piété, fuir les amusements et les plaisirs mondains.

Après la grand' Messe du jour de votre première Communion, je vous conduirai de nouveau chez moi ou à l'école, et là je vous donnerai un souvenir de votre première communion (1). Puis vous retournerez paisiblement à la maison. Alors il vous est permis d'être bien joyeux, car, après tout, c'est le jour le plus beau de votre vie ! Mais avant tout, chers enfants, n'offensez pas le bon Jésus ; soyez sobres dans le boire et le manger. Puis pensez à ceci : A quoi sert-il de chauffer fort le poêle dans une chambre, si, de suite après, on ouvre portes et fenêtres ? La chaleur se dissipera, et le froid rentrera dans cette place. Gardez-vous aussi de laisser refroidir la pieuse chaleur de votre cœur, par des conversations mondaines, par la participation aux jeux, aux amusements bruyants ! Pensez plutôt et bien souvent au divin Sauveur, adressez-lui des prières jaculatoires, en disant, par exemple : «Seigneur, restez près de moi, ne me quittez pas!» — L'après-midi revenez encore à l'église pour assister aux vêpres, au salut, et y renouveler vos promesses de baptême. Après cela nous irons ensemble faire un petit pèlerinage à une chapelle de la sainte Vierge, où nous chanterons quelques beaux cantiques et où nous prierons le chapelet. Là vous vous mettrez de nouveau sous la protection spéciale de Marie, vous lui promettrez d'être ses enfants fidèles et dévoués. Chacun retournera alors dans sa maison, ou, si vous devez encore faire visite à des parents, ne vous y arrêtez pas trop longtemps, et prenez bien garde d'y faire des excès dans le boire et le manger. Quand on »eut vous faire prendre du vin ou des liqueurs, n'en buvez pas, où, si vos parents vous le permettent, n'en prenez que fort peu. La visite au cabaret

(1) Dans quelques endroits on remet ces souvenirs après les vêpres.

vous est sévèrement défendue, de même que les amusements et les divertissements qui ne conviennent pas à la sainteté et à la gravité de ce jour. Le soir occupez-vous encore à lire dans un livre pieux, renouvelez souvent vos remerciements et vos bonnes promesses, surtout pendant la prière pariaquelle vous tâcherez de finir saintement ce beau jour (1).

Ah ! puissiez-vous tous finir ce jour et le garder dans votre mémoire comme la pieuse Honorine, une fille qui fit sa première communion, il y a environ trente ans. Tous ceux qui la voyaient, étaient touchés de l'innocence, de la foi et du bonheur qui éclataient sur son visage. Elle conjura le divin Sauveur, en le recevant à la Table sainte, de la laisser mourir plutôt que de lui laisser perdre son innocence. En souvenir de sa première communion, Honorine conservait soigneusement les habits et les livres dont elle s'était servie en ce jour. Souvent elle les baisait avec respect, et quand on lui demandait pourquoi elle faisait cela, elle répondait : « Ces objets me rappellent ce jour où j'étais tellement à Jésus-Christ, tellement heureuse, que j'éprouve encore quelque chose de ce bonheur, rien qu'en regardant les habits, etc ». La pieuse enfant obtint ce qu'elle avait demandé au jour de sa première communion ; elle mourut avec la robe sans tache de l'innocence, à l'âge de quinze ans. Chers enfants ! puisse ce beau jour être également cher à votre souvenir ; et cette robe nuptiale de l'innocence que Jésus-Christ vous accordera sans doute en ce jour, puissiez-vous, comme cette vertueuse enfant, l'apporter devant son trône, où le vrai, l'éternel jour de la communion vous unira à jamais à lui, dans un bonheur et une gloire sans fin !

(1) Dans la préparation aux communions suivantes on doit indiquer aux enfants, comment ils doivent se conduire pendant la journée, ce qu'ils doivent éviter, ce qu'ils doivent lire, etc ; qu'on les engage surtout à pratiquer, par reconnaissance, quelque bonne œuvre, par exemple, à donner une aumône; s'ils ont communié le dimanche, à visiter l'après-midi un pauvre qui est malade, etc.

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