TROISIÈME SECTION
LA PRÉPARATION A LA CONFESSION GÉNÉRALE (i).
I. — INSTRUCTIONS SUR LA CONFESSION EN GÉNÉRAL. A. — NÉCESSITÉ ET UTILITÉ DE LA CONFESSION GÉNÉRALE.
Chers enfants, lorsque, en parlant delà sainte Communion je dus vous entretenir de la Communion indigne ou sacrilège, que je montrai combien elleest un crime horrible, quels épouvantables châtiments et quel jugement terrible elle entraîne à sa suite; alors (et je l'ai bien remarqué) vous avez été saisis d'effroi; votre cœur a frissonné de crainte, à lapensée que vous aussi, vous pourriez commettrececrime,ettomber sous le coup des malédictions. Peut-être même, que plus d'un parmi vous n'a pas été éloigné de faire le souhait des Gérasénéens (S. Mat. 8, 34), à savoir que Jésus ne descendît pas vers eux, n'entrât pas dans leur cœur. 0 chers enfants ! ne faites pas un tel souhait. Car, sans Jésus, que seriez-vous? Ne serait-ce pas infiniment triste de vivre sans lui, sans le salut, sans le bonheur, sans la paix, sans les bénédictions que lui seul peut apporter, et dont je vous ai tant parlé dans les précédentes instructions? — Et cependant si vous le receviez d'une manière indigne, le malheur serait bien plus grand encore. — N'y a-t-il donc pas un moyen pour échappera ce malheur?
(1) Donner ici une explication complète sur le sacrement de pénitence, cela nous conduirait trop loin ; nous devons supposer d'ailleurs que l'on a donné maintes fois cette explication aux enfants, avant leur première communion. Nous nous contenterons d'intercaler et de répéter les principes généraux, en nous attachant aux questions du catéchisme, qui s'y rapportent.
Aucun doux rayon de consolation ne vient-il briller entre ces sombres nuages, amassés par la crainte et l'inquiétude?
Oh oui ! chers enfants, il y a un moyen qui peut vous préserver assurément du malheur de faire une mauvaise Communion et vous aider à faire une bonne Communion, pourvu que vous vouliez employer ce moyen, tel qu'il convient; c'est pourquoi vous devez vous en réjouir de tout votre cœur. Ce moyen, quel est-il? C'est le sacrement de la Pénitence.
Mais ce sacrement, vous y avez déjà eu recours différentes fois, et cependant il se peut, que plus d'un enfant parmi vous, loin d'y avoir trouvé de grandes consolations, n'y ait rencontré que de la crainte, de l'effroi et de la confusion. C'est qu'alors, chers enfants, vous ne vous étiez pas approchés du sacrement de pénitence, comme j'espère que vous vous en approcherez maintenant. C'est qu'alors vous ne compreniez pas quel bonheur c'est, d'avoir un cœur pur et d'être absous de sts péchés. Maintenant que vous savez, qu'en recevant, en état de péché et sans un cœur pur, votre Sauveur, vous commettriez un horrible sacrilège, vos dispositions, j'en suis sûr, sont tout autres; vous vous dites en soupirant : « Si je pouvais du moins obtenir le pardon! si j'étais pur, bien pur! » Voilà aussi pourquoi vous vous approcherez du sacrement de Pénitence d'une manière bien autrement sérieuse, et avec une tout autre préparation qu'auparavant. De plus vous pourrez faire une confession tout autre que celles que vous avez faites autrefois. Non-seulement vous pourrez vous accuser des péchés commis depuis la dernière confession, mais vous pourrez faire une confession générale, c'est-à-dire une confession de toute votre vie. Là vous vous accuserez encore de tous les péchés (au moins des principaux), que vous avez commis depuis l'âge de raison, en répétant vos confessions précédentes. Et pourquoi donc devez-vous faire une telle confession?
C'est que peut-être, pour plusieurs d'entre vous, une telle confession est absolument nécessaire, afin de faire une bonne première Communion. Comme vous l'avez appris précédemment, celui qui a fait une mauvaise Confession, n'a obtenu le
pardon d'aucun péché, mais au contraire il a commis de nouveau un péché énorme. Or, si un tel veut obtenir le pardon, il n'y a pas à choisir: il faut qu'il répare toutes ses mauvaises confessions, en faisant une confession sincère de tous ses péchés, depuis le temps où il a commencé à se confesser maL. Chers enfants, n'y a-t-il personne parmi vous à qui vient ce doute: peut-être me suis-je mal confessé autrefois? N'y at-il personne qui se soit confessé mal auparavant, par ce qu'il n'a pas examiné sérieusement sa conscience? Personne qui ait caché par honte un péché grave? — Peut-être, que plus d'un parmi vous, quand je me serai expliqué, devra se convaincre qu'il ne s'est pas confessé comme il le fallait. Donc pour celui qui a cette conviction, la confession générale est absolument nécessaire, afin qu'il obtienne le pardon et puisse communier dignement.
Puis la confession générale est encore très-utile à ceux-là mêmes qui se sont toujours bien confessés. Pour ne parler que d'un seul point, votre contrition, votre amour pour Jésus-Christ ne seront-ils pas bien plus grands et plus vifs, lorsque vous aurez rassemblé, pour ainsi dire, en un seul tableau toutes les fautes, tous les péchés de votre vie entière, et que vous verrez comme par un seul coup d'oeil, comment il s'est à peine passé de jour, où vous n'ayez pas offensé Jésus-Christ; lorsque d'un autre côté, vous reconnaîtrez quellepatience et quelle miséricorde Jésus vous a témoignées, comment, malgré tous vos péchés, il ne vous a pas repoussés, il vous a comblés de bienfaits, et veut même venir maintenant jusqu'à vous? Oh ! avec quelle tranquillité d'âme, avec quelle consolation vous pourrez vous rappeler plus tard l'époque de votre première Communion et vous dire: Dieu merci! J'ai fait alors une bonne confession; je puis être tranquille au sujet des années de mon enfance !
Puisque cette confession générale, chers enfants , est si nécessaire à un grand nombre, si utile à tous, c'est pour cela que tous les enfants que j'ai préparés autrefois à la première Communion, ont fait auparavant une confession de ce genre, et j'espère que vous imiterez avec bonheur leur exemple. Si peut-être l'un ou l'autre avait la pensée, qu'une telle
confession doit être quelque chose de difficile, qu'il ne pourra pas la faire comme il convient, il ne doit pas avoir peur. Si tant de centaines d'enfants avant vous ont pu la faire comme il faut, pourquoi ne le pourriez-vous pas ? Oh non ! chers enfants, n'ayez pas peur, soyez sans inquiétude, je vous dirai tout ce qu'il faut faire, et lorsque vous vous confesserez, je vous aiderai do tout mon cœur. Je vous promets, pourvu que vous fassiez seulement ce que jevousdis,oui jevousdonne ma parole que vous ferez une bonne confession générale, et que vous communierez dignement. Donc pas de crainte, pas d'inquiétudes inutiles, mais soyez heureux, soyez contents de pouvoir faire cette confession. Je suis certain qu'elle vous procurera beaucoup de consolations, beaucoup de grâces. Mais aussi, dès maintenant et tous les jours, priez Dieu pour obtenir de lui la grâce de bien faire cette confession ! Pour moi je prierai aussi avec vous et pour vous.