‹ Méthode pour prérarer les enfants à la première communionChapitre 17 sur 98 · I. — L'examen de conscience · texte numérisé non relu

I. — L'examen de conscience

Qu'est-ce qu'examiner sa conscience ? Examiner sa conscience, c'est penser sérieusement à ses péchés, afin de pouvoir bien les connaître. Dans la confession il faut que vous avouiez vos péchés, que vous les déclariez, voilà pourquoi vous devez d'abord vous-mêmes les connaître ; et pour pouvoir les connaître ; il faut que vous y pensiez, que vous réfléchissiez, mais sérieusement, c'est-à-dire, avec toute l'attention et le soin qu'on emploie, quand il s'agit d'une affaire importante et grave. Lorsque quelqu'un doit rendre compte de l'argent qu'on lui a confié, il se dit : Si je ne puis pas bien exactement rendre compte de tout, je serai puni ; alors il ne réfléchit pas à la légère, ou rapidement, il ne se con-

tente pas de se demander : comment ai-je employé cet argent ? Mais il réfléchit longtemps et sérieusement, jusqu'à ce qu'il ait fait un calcul exact. Pour vous; il s'agit d'une affaire bien plus sérieuse que de rendre compte de l'emploi d'une somme d'argent. Lorsque vous voulez vous confesser, il s'agit de rendre compte de l'emploi que vous avez fait de la grâce divine, de l'emploi de votre temps, de rendre compte de votre vie, de vos péchés, et vous savez que, si vous ne le faites pas bien, vous n'obtenez pas le pardon, mais que vous vous attirez des châtiments. C'est pourquoi, chers enfants, il ne suffit pas, lorsque vous venez à l'église, de vous examiner alors quelque peu sur vos péchés, mais cet examen de conscience pour votre confession générale doit déjà commencer plusieurs jours avant, et il faut y consacrer, chaque jour, environ une demi-heure. Ces jours-là vous pouvez-vous lever une demi heure plus tôt que de coutume; ce sera le moyen de gagner du temps et de faire aussi une légère œuvre de pénitence.

Mais comment devez-vous examiner votre conscience ? Commencez d'abord par invoquer le Saint-Esprit, puisque, sans l'aide de sa grâce, vous ne pouvez absolument rien pour faire votre salut etc, ni bien connaître vos péchés, Car s'il ne vous éclaire pas, s'il n'illumine pas le fond de votre âme, comment pourrez-vous connaître toutes les fautes que vous avez commises depuis un si grand nombre d'années, et auxquelles, en grande partie, vous n'avez peut-être jamais fait attention ? Sans l'assistance du Saint-Esprit, vous pourrez encore moins vous repentir sincèrement de vos péchés, car il est nécessaire que les péchés, tels que l'intempérance, les immodesties qui vous ont causé jusqu'ici du plaisir, soient entièrement détestés, haïs, et craints ; il faut donc que votre cœur soit changé, — et cela est impossible sans la grâce de Dieu. Ensuite sans l'assistance du Saint-Esprit, vous ne pouvez pas confesser sincèrement vos péchés. En effet, s'il vous est si difficile d'avouer des fautes légères, qui sont déjà connues, combien plus difficile n'est-ce pas d'avouer des péchés graves, qu'on ne soupçonne peut-être pas en vous ? C'est pourquoi invoquez avant tout le Saint-Esprit par cette prié-

re : » Venez Esprit-Saint, éclairez etc. Puis récitez un pater en l'honneur de S. Pierre et de S. Marie-Madeleine, afin qu'ils obtiennent, pour vous, par leurs prières, la grâce de bien connaître vos péchés, de vous en repentir et de les confesser.

Dès les premiers jours, demandez-vous à vous-mêmes si jusqu'alors vos confessions ont toujours été bonnes. Votre confession a été bonne (elle vous a procuré le pardon devant Dieu) si vous avez observé exactement les cinq conditions qui sont nécessaires pour recevoir dignement le sacrement de Pénitence. Elle a été mauvaise votre confession, si une de ces cinq conditions a manqué entièrement ou a été mal remplie. Ainsi votre confession a été mauvaise dans les cas suivants :

1° Si vous avez examiné votre conscience d'une manière négligente et indifférente (quoique vous eussiez commis des fautes graves, ou ne sachant pas si vous les aviez commises). Ainsi, par exemple, vous êtes allé vite à l'église; de suite vous vous êtes mis près du confessionnal, en vous demandant : que vais-je confesser ? — ou bien vous avez copié deux ou trois péchés de votre livre de prière ou de l'examen de conscience écrit par d'autres enfants, et c'estcela que vous êtes allé dire à votre confesseur, sans examiner si vraiment vous aviez commis ces péchés, où si vous n'en aviez pas commis d'autres ; ce sont autant de mauvaises confessions, parce que l'examen de conscience manquait.

2° Votre confession a été nulle et mauvaise, si vous n'avez pas eu une douleur vraie, intérieure et surnaturelle de tous vos péchés (du moins de tous vos péchés mortels) ; si vous vous êtes contentés de lire simplement des actes de contrition dans votre livre de prières, sans que dans votre cœur vous eussiez un vrai regret d'avoir offensé Dieu ; si vous avez été tristes d'avoir commis le péché, non parce que vous avez mérité l'enfer, perdu l'amitié de Dieu et le ciel, outragé Dieu, votre bon père et votre Sauveur, mais uniquement parce que vous craigniez d'être punis de vos parents, et de devoir rougir devant votre confesseur, etc.

3° Votre confession n'a rien valu, elle a été nulle, si vous n'avez pas fait ce ferme et sérieux propos: « Je veux ne plus commettre ces péchés (que j'ai commis), j'aime mieux tout

souffrir, plutôt que do commettre de nouveau un seul péché mortel. —Votre confession a été mauvaise, si vous vous êtes dit, quand il s'agissait d'un péché mortel : « je le ferai encore; » si voas n'avez pas pris la résolution d'éviter l'occasion prochaine du péché mortel, quoique le confesseur vous eût dit : Vous n'irez plus avec tels camarades ni dans tel endroit.

4° Votre confession a été nulle et mauvaise, si, par une fausse honte, vous avez caché un péché mortel, ou caché quelque chose que vous regardiez comme un péché mortel, ou dont vous doutiez fortement si c'était un grand péché; ou bien encore si, tout exprès, vous avez déclaré vos péchés de telle manière, que le prêtre ne pouvait pas vous comprendre ; ou si vous avez déclaré la chose tout autre qu'elle n'a été; par exemple, si vous avez dit:« j'ai eu des pensées immodestes, » tandis que vous aviez raconté ou commis des choses immodestes, — ce dont vous n'avez pas parlé. (Si vous aviez caché des péchés véniels ou oublié, sans votre faute, des péchés même mortels, la confession ne serait pas nulle ou mauvaise. Seulement il faut que vous déclariez, dans la confession suivante, le péché mortel oublié, si vous vous le rappelez.)

o° Votre confession a été nulle et mauvaise, si vous vous êtes dit, dans le confessionnal, quand le prêtre vous donnait une pénitence: « je ne la ferai pas; » si vous n'avez pas eu la volonté de réparer les torts graves que vous aviez causés au prochain, de rendre les objets (que vous aviez pris injustement, etc. (Avez-vous eu la volonté d'accomplir la pénitence, etc., quoique plus tard vous l'ayez négligée, votre confession a été bonne, mais vous devez vous en accuser dans la confession suivante.)

Or, si vous avez eu le malheur de faire ainsi une mauvaise confession, vous devez répéter toute la confession qui a été nulle, déclarer de nouveau les péchés mortels dont vous vous étiez accusés, puisque aucun péché, pas plus que ceux que vous aviez cachés et omis, ne vous a été pardonné, et vous devez dire que votre confession a été mauvaise. Ensuite (si vous avez fait exprès une mauvaise confession, et que vous ne l'ayez pas déclaré, ni répétée, quoique vous vous en souvinssiez dans les confessions suivantes) vous êtes obligés de

recommencer toutes les confessions faites depuis la première qui fut mauvaise, parce que toutes celles qui l'ont suivie, ont été également mauvaises. Lorsque je boutonne ma soutane et que je n'introduis pas le premier bouton dans la première boutonnière qui y correspond, tous les autres boutons qui suivent seront également mal mis; je serai obligé de nouveau à les faire sortir de leurs boutonnières (jusqu'au premier qui a été mal mis) et puis de recommencer à boutonner. Il en est de même de la confession. Maintenant répondez-moi en silence, dans le fond de votre cœur: avais-je tort de dire tantôt que, pour plusieurs d'entre vous, une confession de toute la vie serait nécessaire?

Maintenant en examinant votre conscience demandez-vous: combien de mauvaises confessions ai-je faites ? Une fois ou plusieurs fois? Quand les ai-je faites? Savais-je bien que je faisais une mauvaise confession? Combien de fois ai-je été me confesser depuis ce temps? N'ai-je jamais préparé cette confession? Ai-je su depuis longtemps que je devais la réparer? Après cela, demandez-vous en général: combien de temps suis-je resté sage? Pourquoi suis-je devenu méchant, polisson, irréligieux ? Combien de temps le suis-je resté?

Repassez alors les dix commandements : chaque jour vous pouvez passer en revue deux ou trois commandements de la manière que je vais vous indiquer (1).

(1ï Le catéchiste, si le temps le permet, expliquera en peu de mots ce que chaque commandement ordonne et défend ; il devra se convaincre, par les questions qu'il posera, si les enfants le savent encore, et en parlant de tel péché, indiquer rapidement ce qui est le plus propre à exciter le repentir sur cette faute, par exemple : pourquoi ce péché déplaît particulièrement à Jésus-Christ, comment Dieu l'a puni en telle circonstance. — (Dans les questions qu'on adresse aux enfants pour savoir s'ils ont commis tel péché, il vaut mieux de leur poser la question affirmativement que négativement; car d'ordinaire, si la question est posée d'une façon négative, la réponse de l'enfant sera négative aussi. Ainsi lorsqu'on lui demande: n'avez-vous pas volé? il dira de suite : non; tandis que si on lui dit: avez-vous volé quelquefois? l'enfant réfléchira, et répondra exactement, si la honte ne lui ferme pas la bouche. C'est une observation plus importante qu'on ne croit.)

(Obs. du traducteur).

I. Commandement. Ai-je eu du dégoût pour la prière? Ai-je omis mes prières du matin et du soir, avant et après les repas? Suis-je peut-être resté longtemps sans dire la moindre prière? Combien de temps ? Ai-je omis pendant longtemps de faire des aetes de foi, d'espérance et de charité?En priant, ai-je aussi fait des efforts pour penser à Dieu ? ou bien, ai-je pensé tout exprès à d'autres choses? Ai-je regardé autour de moi, ri? Ai-je eu l'habitude de prier sans attention? Combien de temps cette habitude dure-t elle? etc. Ai-je omis d'ôter ma casquette en passant devant un crucifix, de me mettre à genoux devant le saint Sacrement, de faire le signe de la croix, était-ce par crainte d'être moqué?Me suis-je mal tenu à l'église? Y ai-je causé? Y ai-je ri? N'y ai-je pas troublé les autres ou fait des méchancetés? Combien de fois? Etait-ce une habitude? Depuis quand? Depuis quand ne le fais-je plus aussi souvent?

Ai-je aimé d'entendre les mauvais discours que d'autres tenaient contre la foi et la religion? Ai-je été assez impertinent pour penser ou pour dire : Je ne puis pas croire cela, quoique Dieu l'ait dit? Ai-je repoussé de suite les doutes contre la foi, ou m'y suis-je arrêté volontairement? Combien de fois? Ai-je négligé d'assister au catéchisme, ou y ai-je été paresseux et inattentif?

Quand je faisais un péché, ai-je pensé : cela ne fait rien, je pourrai m'en confesser? ou bien : Dieu me pardonnera toujours, je me corrigerai plus tard? Est-ce arrivé souvent? Combien de fois? (Ai-je désespéré de la bonté et de la miséricorde de Dieu en pensant: Dieu n'est pas bien disposé pour moi, il ne m'aidera pas, il ne me pardonnera jamais?) Ai-je eu de l'aversion pour Dieu? Ai-je murmuré contre lui, par exemple, quand il faisait mauvais temps, etc? Ai-je montré du dégoût quand j'entendais parler de Dieu ou des choses divines?

II. Commandement. Ai-je l'habitude de prononcer légèrement, à chaque occasion le nom de Dieu, de Jésus et de Marie ? Y ai-je ajouté d'autres mots ? lesquels ? Ai-je juré ainsi quand j'étais en colère ? Depuis quand ai-je contracté cette habitude ? Combien de fois le fais-je par jour (ou par se-

mai ne)? Ne me suis-je pas corrigé? Depuis quand ai-jc fait des efforts pour nie déshabituer de ce péché ?

Ai -je blasphémé? Ai-je fait des malédictions contre moi ou contre d'autres, c'est-à-dire : ai-je souhaité aux autres un grand mal ? quel mal ? N'ai je pas abusé en même temps de paroles saintes ? Combien de fois ? N'ai-je jamais parlé avec mépris de Dieu, des Saints, et des choses saintes? Ne me suis-je pas moqué des cérémonies religieuses, des objets saints? l'ai-je fait souvent?

N'ai-je pas fait de serment, en disant : j'appelle Dieu à témoin, — sur mon âme, — je veux mourir si ce n'est pas vrai, etc ? Est-ce mon habitude? Ai-je fait un serment pour assurer un mensonge ? Combien de fois ? Ai-je poussé les autres à faire un serment?

Ai-je fait un vœu sans le tenir ? quel vœu ?

III Commandement. (1 et 4 commandements de l'Eglise). Ai-je manqué la messe par ma faute les dimanches et les jours de fête ? Pourquoi? Combien de fois ? Y suis-je venu trop tard ou en suis-je sorti trop tôt? N'ai-je pas manqué d'attention pendant la sainte Messe ? troublé les autres ? L'après-midi ai-je couru avec de mauvais camarades? Ai-je profané le jour du Seigneur par des péchés ?

IV Commandement. Ai-je méprisé dans mon cœur mes parents (mes maîtres, mes supérieurs ou mes chefs) ? Me suisje moqué de leurs défauts, ou eu ai-je parlé aux autres ? Me suis-je montré grossier et insolent à leur égard ? Leur ai-je peut être donné de vilains noms? combien de fois? Ai-je prié pour eux ? Ai-je eu de l'aversion pour eux, de la haine? Leur ai-je souhaité du mal, la mort, etc? Les ai-je attristés ou fâchés ? Combien de fois ? Ai-je refusé de les écouter, surtout dans les choses importantes ? Me suis-je moqué de leurs avis? leur ai-je résisté quand ils voulaient me punir ? Ai-je eu le malheur de lever la main sur eux pour les frapper? Une fois ou plusieurs fois ?

Ai-je porté de la haine à mes frères et sœurs (ou à d'autres membres de la famille)? Les ai-je mis fort en colère? injuriés ? battus ? poussés à mal faire ? Combien de fois ?

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