V. Commandement. Ai-je fait du tort à moi- même, à ma
MÉTHOI>E, ETC. 10
santé par intempérance, par des excès dans le jeu, par des jeux dangereux, soit en sautant, soit en grimpant au risque de me tuer? Etait-ce par forfanterie? Me suis-je souhaité la mort? Pourquoi? Combien de fois? Ai-je peut-être pensé ou dit : je me jetterai à l'eau, ou je me ferai mourir? Combien de fois ?
Me suis-je souvent mis dansdegrandes colères?Ai-je porté envie aux autres? Ai-je été content quand d'autres étaient malheureux ? Les ai-je dénoncés et accusés pour les faire punir ? Combien de fois? Leur ai-je porté de la haine? souhaité du mal, cherché à leur faire du tort ? à combien ? Combien de fois ? Combien de temps? Les ai-je injuriés, frappés ? Me suis-je moqué surtout des vieillards, des pauvres, des gens malheureux ? Ai-je fait du tort à la santé ou à la vie de quelqu'un par de mauvais traitements ? Combien de fois ? Ai-je fait souffrir tout exprès les animaux ? Ai-je fait tort à 1 ame du prochain, par le scandale? (péchés d'autrui) Ai-je poussé les autres à mentir, à voler, à faire de vilaines choses, ou à commettre d'autres péchés? Combien étaient-ils? Ai-je dit ou fait devant les autres de vilaines choses ? Ai-je gardé le silence sur de grands péchés commis par mes frères et sœurs, par des domestiques, lorsque j'aurais dû en informer mes parents ?
VI et IX Commandements. Ai-je aimé a entendre les autres parler de vilaines choses ? en ai-je ri ? en ai-je parlé moimême ? Quand j'étais seul, ai-je aimé à penser exprès à de mauvaises choses ? ai-je arrêté mon attention sur ces vilaines pensées, lorsque je les remarquais ? Ai-je eu la volonté, le désir de regarder ou de faire de vilaines choses ? Y ai-je pris plaisir ? Ai-je, comme Cham, jeté sur moi ou sur d'autres des regards immodestes, ou ai-je osé montrer ce que la décence m'ordonnait de cacher? l'ai-je fait en m'habillant ou en me déshabillant, en me baignant? Ai-je touché mon corps ou le corps des autres d'une manière déshonnête? me suis-je laissé toucher ? Ai-je peut-être commis un grand péché contre la modestie ? (à toutes ces questions demandez : combien de fois? Ou bien: quand ai-je commencé à commettre ces péchés? Combien de temps les ai-je commis ? Combien de fois ?).
Vile/ X Commandements. Ai -je volé ? Combien de fois? Qu'était-ce? Ai-je dérobé à mes parents de l'argent, des objets pour manger ? Ai-je aidé les autres à voler ? Ai-je eu la volonté ou le désir de voler ? Ai-je accepté des objets volés ? les ai-je gardés ? Ne les ai-je pas rendus? Ai-je gardé des objets trouvés ? les ai-je partagés avec d'autres ?
Ai-je fait du tort aux campagnes, en marchant sur le blé, aux haies, aux prairies, aux jardins, aux arbres, aux pompes publiques, aux maisons, etc ? En quoi consiste ce tort ? pourquoi l'ai-je fait ? Combien de fois ? (Comme berger ou comme domestique) ai-je laisse gâter ce qui appartenait à mes maîtres ? Ai-je négligé de travailler ?
VIII Commandement. Ai-je fait des mensonges ? Ai-je l'habitude de mentir ? Pourquoi fais-je si souvent des mensonges ? Depuis quand ? Ai-je fait du tort par mes mensonges ? Ai-je joué l'hypocrite, en faisant semblant d'être sage et pieux ?
Ai-je raconté les défauts ou les fautes des autres ? pourquoi ? — Ai-je fait du tort à l'honneur et à la réputation de quelqu'un ? de plusieurs ? Combien de fois ? Ai-je accusé faussement les autres d'un mal qu'ils n'avaient pas fait? Ai-jeexagéré leurs défauts ou leurs fautes ? Pourquoi ? Combien de fois ? Me suis-je informé des défauts ou des fautes des autres ? Ai-je répété le mal que j'ai entendu raconter d'autruir sans savoir si c'était vrai ou non ? Ai-je pensé mal d eux, sans avoir de bonnes raisons ? Ai-je été cause de disputes, par mon méchant bavardage ?
Pour les commandements de l'Eglise, nous nous sommes examiné sur le premier et le quatrième, en parlant du troisième commandement de Dieu ; quant au sixième, examinez si vous n'avez pas mangé de la viande les jours défendus, combien de fois et pour quelle raison ?
Pour les pèches capitaux, examinez-vous encore si vous avez péché par orgueil (si vous avez été fiers de votre naissance, de vos habits, de votre beauté, de la fortune de vos parents, — si vous avez méprisé les autres), par gourmandise (surtout en buvant du vin ou même du genièvre), par avarice (en étant
dur envers les pauvres), par paresse (en négligeant d'apprendre vos leçons, de vous lever à temps, de travailler).
Vous devez aussi vous examiner sur le nombre de fois que vous avez commis ces péchés, du moins quand il s'agit de péchés graves, et vous demander : combien de fois ai-je fait cela ? Pour certains grands péchés que vous avez commis rarement, vous en trouverez facilement le nombre. Si vous ne le savez pas exactement, tâchez de trouver au moins combien de fois à peu près, vous avez commis ce péché. Pour les fautes que vous avez eu l'habitude de commettre depuis longtemps et souvent, vous pouvez-vous demander : quand ai-je commencé à commettre ce péché ? Depuis quel temps en ai-je contracté l'habitude? Combien de fois depuis lors, l'ai-je commis par semaine ou par jour ? Vous pouvez aussi vous accuser, en vous exprimant de cette manière : Depuis l'âge de neuf ans jusqu'à telle époque, j'ai fait cela... le plus souvent une fois par jour, souvent moins (surtout après que j'avais été à confesse, je ne le faisais pas pendant une ou deux semaines).
Vous devez penser ensuite aux circonstances qui ont accompagné les péchés mortels, surtout aux circonstances qui rendent le péché bien plus grave, et contraire à plusieurs commandements ; par exemple, si vous aviez volé quelque chose à l'église, vous n'auriez pas péché seulement contre le septième commandement, mais aussi contre le premier ; si vous aviez fait de vilaines choses contre la modestie, en présence d'autres, surtout devant des enfants innocents qui ne connaissaient encore rien de ces vilenies, ce serait contraire au sixième commandement et au cinquième.
Chaque fois, après vous être examinés sur deux ou trois commandements, excitez-vous vivement à la contrition des péchés dont vous vous êtes trouvés coupables, demandez pardon au bon Jésus, et soyez résolus à ne plus les commettre.
Enfin, après avoir passé en revue tous les commandements, demandez-vous : quel est mon plus grand péché ? Quel est celui que je commets le plus souvent? Quel est celui qui m'entraîne le plus à commettre d'autres péchés ? (par exem-
pie : l'orgueil conduit à la désobéissance, aux querelles, à l'envie, aux jurements, aux mensonges, à l'hypocrisie ; la paresse à l'omission des prières, à la désobéissance, à l'irritation des parents, des maîtres, etc; l'impureté à la négligence dans les prières, aux distractions, au sacrilège, parce que souvent on a peur de confesser ce péché, — au scandale, etc). Quel est, par conséquent, le péché que je dois combattre le plus à l'avenir ?
Je ne puis m empêcher, chers enfants, en vous parlant de l'examen de conscience, de vous rappeler encore que vous devez vous habituer à cette belle pratique, qui vous a été conseillée auparavant et qui consiste à vous confesser chaque soir spirituellement, c'est-à-dire à vous examiner sur la manière dont vous avez passé la journée. Eh quoi ! tous les jours vous lavez votre figure, vos mains, vous nettoyez vos souliers etc, et seriez-vous moins attentifs à nettoyer, à purifier votre àme ? Que vous auriez facile de vous préparer chaque fois à la confession, si, chaque soir, vous aviez soin d'examiner votre conscience ! Faites-le donc, chers enfants, je vous en conjure, par amour pour votre bien-aimé Sauveur Jésus- Christ.