‹ Méthode pour prérarer les enfants à la première communionChapitre 2 sur 98 · AVIS DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

AVIS DU TRADUCTEUR

Nous savons qu'il ne manque pas de Manuels pour préparer les enfants à la première Communion. Depuis quelques années surtout, on en a publié un grand nombre en France, en Allemagne, en Belgique, et la plupart de ces ouvrages semblent écrits avec beaucoup de soin. Rien n'y manque, ni pour le choix des expressions, ni pour la noblesse du style,'ni pour l'harmonie des phrases; en un mot, la correction y est unie à l'élégance, et les exigences des oreilles les plus délicates doivent y trouver leur compte. Tout cela est fort bien ; nous n'y trouvons qu'un seul défaut, c'est, nous semble-t -il, celui d'être trop bien écrits pour la classe de ceux à qui ces ouvrages sont spécialement destinés. Prenez en effet la plupart des enfants, c'est-à-dire ceux qui appartiennent aux classes pauvres, aux familles d'ouvriers, ou qui vivent dans les campagnes, que comprennent-ils le plus souvent à ces belles et élégantps expressions qu'ils n'ont jamais entendues, à ces périphrases riches et harmonieuses qu'ils ne peuvent déchiffrer, à ces comparaisons originales et poétiques dont ils ignorent l'objet, à ces instructions bien arrangées, soigneusement limées, dignes parfois d'être prêchées dans la chaire d'une vaste cathédrale? Les pauvres enfants souvent n'y comprennent rien, et conséquemment quels fruits peut-on espérer de cette littérature presque académique, où l'écrivain semble avoir pensé trop souvent à lui-même, au lieu de s'oublier?

L'auteur et le traducteur de cette Méthode, au risque de passer pour de piètres écrivains, s^ sont bien gardés de vouloir viser à cette élégance et même à la correction que prescrivent les règles de la syntaxe; ils n'ont eu qu'une seule chose en vue : être utile aux enfants, sauver leur âme précieuse, et pour cela, se faire comprendre. C'est pourquoi ils se sont efforcés d'adopter, autant que possible, le langage

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dos enfants, langage simple, naïf, parfois même incorrect; ils ont choisi, entre différentes expressions, celle qui est la plus claire, la plus populaire; ils n'ont pas craint, au lieu de recourir aux relatifs en y, dont etc., de répéter souvent le mot propre, afin de mieux fixer l'attention des enfants et de se rendre plus intelligibles; en un mot, ils se sont faits enfants avec les enfants, et se sont plus à bégayer en quelque sorte un langage qu'on ne rencontre guère dans les livres. Pourvu que leur travail produise du bien, qu'ils puissent être compris des enfants, cela leur suffit ; les éloges ou les critiques des littérateurs ne les inquiètent pas.

Que ce nouveau livre aille donc dans le monde, accompagné des bénédictions du divin Ami des enfants!

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