POUR LE JOUR DE LA PREMIÈRE COMMUNION
Chers Enfants!
Notre divin Sauveur, comme c'était son habitude, avait passé toute une journée à prier, à prêcher, à travailler pour le salut des hommes. Il était accablé de fatigue et avait besoin de repos. Quelques pieuses femmes vinrent le trouver encore, en amenant avec elles leurs enfants, pour que Jésus leur imposât les mains et les bénit. Les disciples de Jésus étaient mécontents de voir qu'on ne laissait pas de repos à leur maître, et voulaient empêcher les mères avec leurs enfants de s'approcher de Jésus. Mais le divin Sauveur qui aimait tant les petits enfants, dit avec une bonté et une douceur inexprimables : « Laissez venir à moi les petits enfants et ne vous y opposez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent (S. Marc. X, 14.). » Puis il serra ces enfants dans ses bras et les bénit.
A) Chers enfants ! ce bonheur dont les petits enfants juifs furent favorisés, que dis-je,un bonheur bien plus grand vous est donné aujourd'hui en partage. Si en ce jour vous vous êtes présentés dans cette église, — (et pendant combien de temps n'y avez-vous pas pensé avec joie !) c'est afin d'être conduits à Jésus. Et ce même Sauveur qui accueillait avec tant de tendresse les enfants, il est présent ici dans la sainte Eucharistie, il vous attend avec l'amour le plus vif, il vous adresse aussi du fond du tabernacle ces saintes paroles :
« Laissez venir a moi les petits enfants, et ne vous y opposez pas. » Ce ne seront pas vos mères, mais les saints Anges qui vous conduiront au divin Sauveur ; il ne vous recevra pas seulement comme ces enfants dans ses bras, mais c'est vousmêmes qui le recevrez dans vos bras, sur votre langue, dans votre cœur ! 0 enfants, chers enfants ! que votre bonheur est grand, que votre joie doit être grande aussi ! — Ces enfants juifs durent ensuite s'éloigner du Sauveur, et peut-être, pendant tout le reste de leur vie, n'ont-ils plus eu l'occasion de s'approcher de lui. Mais pour vous, le divin Sauveur ne veut plus vous abandonner. Il veut rester dans vos cœurs avec son secours et sa grâce divines, aussi longtemps que vous-mêmes vous ne l'aurez pas chassé de là ; il veut vous conduire dans le chemin de la vie, jusqu'à ce qu'il fasse soir, et que le jour baisse, pour vous introduire ensuite dans le repos bienheureux de l'éternité. Et aussi souvent que vous le voulez, vous pouvez revenir près de lui, le recevoir de nouveau, vous unir encore à lui. Je vous le répète encore une fois; que votre joie doit être grande, que vos désirs doivent être ardents, que votre amour doit être tendre ! 0 chers enfants, pendant ces quelques instants qui vous restent encore, préparez-vous avec beaucoup de soin à recevoir votre Sauveur, avec foi et respect, avec humilité et repentir, avec confiance et amour, avec de vifs désirs, comme vous l'avez entendu et appris.
Je ne doute pas, chers enfants, que vous n'ayez déjà préparé votre cœur, et que vous ne le prépariez encore ; je suis certain que vous recevrez votre bien-aimé Sauveur dignement et pieusement. Mais hélas! Que sera-ce dans la suite? Au milieu de toutes les joies que je ressens, pour le bonheur que vous allez avoir aujourd'hui, la crainte et la tristesse se glissent dans mon âme, quand je me demande : Pauvres enfants, que deviendrez- vous plus tard? Combien d'enfants n'a-t-on pas vus, pieusement agenouillés comme vous, ayant fait les mêmes promesses solennelles que vous, et qui sont honteusement tombés, qui ont quitté et trahi leur Sauveur! Avec quelle facilité ce malheur ne pourrait-il pas vous arriver! Les dangers qui vous attendent sont si grands, les
tentations si fortes, les hommes corrompus si perfides, et vous, vous êtes de pauvres enfants bien faibles et inexpérimentés! Avec quelle facilité vous pourriez tomber aussi, devenir méchants , et combien grande, combien affreuse serait alors votre ingratitude, combien grand et triste votre malheur! Happelez-vous ce que je vous ai dit plus d'une fois : quelle que soit l'affection que je vous porte, j'aimerais cependant mieux vous voir tous mourir aujourd'hui, que de vous voir tomber dans le péché mortel. Mais qui donc vous préservera de ce malheur?
Lorsqu'on conduisait les enfants à Jésus, il les embrassait et les bénissait. 0 chers enfants! Priez aujourd'hui, en ce jour qui est votre fête, priez le bon Sauveur, aujourd'hui qu'il ne peut rien vous refuser, oui, priez-le vivement, il vous serrera dans ses bras, afin que le démon ne puisse vous séparer de lui ; il vous pressera contre son cœur sacré, afin que votre cœur ne se refroidisse pas et ne perde pas la charité et la grâce; il vous communiquera sa bénédiction, alin que, fortifiés par elle, vous puissiez résister à toutes les tentations et croître en piété, en vertu, en innocence, en douceur, en humilité, etc. Promettez-lui encore tout ce que vous lui avez promis hier en vous confessant, surtout renouvelez votre propos de vouloir revenir souvent et dignement à sa sainte Table. Alors vous pouvez être tranquilles, quelque grands que puissent être les dangers, — car votre Sauveur est avec vous, lui qui est plus grand et plus fort que tous les dangers ; sa main vous protégera, vous bénira et vous conduira à la Table céleste, au banquet des cieux, au bonheur éternel.
B) Vous qui êtes les pères, les mères de ces enfants bénis ! vous les conduisez en ce jour à Jésus, comme ces mères juives dont parle l'Evangile, et vous les recevrez de nouveau de lui, sanctifiés, bénis, comblés de grâces. Réjouissez-vous et remerciez avec ces enfants votre divin Sauveur, du plus profond de votre cœur! Mais écoutez aussi, je vous en prie, cette parole d'avertissement que vous adresse le Sauveur : « Laissez venir à moi, les petits enfants et ne vous y opposez pas. » Maintenant ces enfants sont bons et pieux, et
le Seigneur en demandera un compte sévère. Pour que vous puissiez soutenir ce jugement avec avantage, pour que vous puissiez un jour présenter avec joie ces enfants à Jésus- Christ dans le ciel, il ne suffit pas de veiller, de veiller sévèrement, sérieusement sur ces enfants, sur leurs relations, sur leur conduite, etc. ; il ne suffit pas de prier pour eux. Non, pour que vos enfants demeurent sages et bons, il faut qu'ils reviennent souvent à Jésus-Christ, chercher sa grâce et ses bénédictions dans la sainte Eucharistie. C'est pourquoi, je vous en supplie au nom de Jésus : laisser venir à lui les enfants, et ne vous y opposez pas. Vous parents, vous maîtres, ne leur refusez pas au moins cette couple d'heures, au bout de quatre semaines, pour s'approcher de nouveau de la table du Seigneur. Vous n'en souffrirez aucun dommage; le Seigneur réparera amplement, par sa bénédiction, ce qui aurait été négligé ou omis dans le travail. Et lorsque les enfants d'eux-mêmes ne pensent pas à s'approcher de la sainte Communion, ayez soin de les y faire penser, encouragez-les, et Dieu vous en récompensera déjà, dès ce monde : vous aurez alors des enfants laborieux, braves et honnêtes, des domestiques obéissants, fidèles et' respectueux; mais c'est surtout dans le ciel que Dieu vous bénira et vous récompensera. Donnez-leur aussi vous-mêmes le bon exemple; car si vous-mêmes, vous ne faites aucun cas de la prière et de la fréquentation des sacrements, votre exemple ne gâtera que trop facilement vos enfants et vos sujets. Ainsi encore une fois : « Laissez venir à Jésus les enfants, et ne vous y opposez pas.
C) Et vous aussi, mes chers frères, mes bons paroissiens,qui assistez à cette belle solennité, le Seigneur vous adresse une parole de reproche, d'avertissement et de consolation. Il dit : « Le royaume de Dieu est pour ceux qui ressemblent à ces enfants »; ou, comme il s'exprimait dans une autre occasion; « Si vous ne vous convertissez pas et si vous ne devenez comme ces enfants, vous ne pouvez entrer dans le royaume des cieux. » Dans ces paroles, il y a d'abord un reproche! pourquoi n'êtes-vous plus comme ces enfants? Autrefois cependant vous étiez comme eux : Vous aussi, vous vous êtes
300 MÉTHODE POUR PliÉPARER LES ENFANTS
mis à genoux là ; comme eux, vous étiez revêtus d'un habit de fête, vous portiez sur la tête la couronne de l'innocence, et dans 1 âme la paix de Dieu. Mais hélas ! quel changement, quel triste changement s'est opéré chez un grand nombre! La robe de la pureté est souillée ou perdue, la couronne de l'innocence est froissée ou foulée aux pieds, la paix de Dieu a disparu. N'y a-t il pas une voix qui vous crie du fond de votre âme : Pourquoi n'êtes-vous pas demeuré un enfant pieux et innocent? — ah ! si du moins vous étiez mort auparavant, vous eussiez obtenu, sur votre front comme sur votre cercueil, la belle couronne des vierges; votre âme aurait paru devant le trône de Dieu avec la couronne blanche des lis de la pureté, et vous seriez maintenant au milieu de la troupe éclatante des âmes virginales qui suivent l'Agneau, partout où il va, qui sont revêtues de robes blanches, et chantent un cantique nouveau que nul ne peut chanter qu'elles seules. Mais vous avez mis en pièces la sainte couronne et jeté les perles aux pourceaux.
Dans ces paroles de reproche, se trouve néanmoins cet avis plein de charité. 0 redevenez comme l'un de ces enfants ! Il y a là une douce consolation : Oui vous pouvez encore devenir un enfant en pureté et en piété, en douceur et en patience, en obéissance et en soumission. C'est difficile, mais c'est possible; car Jésus-Christ lui-même vous y engage, il vous y prête son assistance; et de nouveau vous retrouverez d'une autre manière, le bonheur du jour de votre première Communion; le règne de Dieu s'établira de nouveau au-dedans de vous, la paix et la joie que vous aviez perdues, rentreront de nouveau dans votre cœur ; et si la mort vous appelle, alors retentira pour vous la douce parole du Sauveur : Laissez venir à moi cette âme qui est de nouveau devenue enfant, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent!
Et maintenant, o Jésus, divin ami des enfants ! Voyez, nous conduisons ces enfants vers vous, comme autrefois les mères dont parle l'Evangile. Vous l'avez dit vous-même ; « Laissez venir à moi les petits, et ne vous y opposez pas, car le royaume des cieux leur appartient. » Laissez-donc venir à vous ces chers enfants, et apportez dans leur cœur votre royaume
céleste, le règne de votre amour, de votre grâce et de votre paix. Comme les enfants des juifs, serrez-les dans vos bras adorables et prononcez sur eux votre divine bénédiction, afin que ce que je dis maintenant en votre nom, soit confirmé et accompli par votre puissance : Que la bénédiction du Dieu toutpuissant, du Père f, du Fils et du Saint-Esprit descende sur vous, prépare \os eœurs, accompagne tous vos pas et vous conduise à Jésus dans le royaume des cieux. Ainsi soit-il.
El.
Chers Enfants!
Il arrive parfois qu'un roi parcourt son pays et veut voir comment cela va aux habitants de son royaume, à ses sujets. Si c'est vraiment un bon roi, un roi généreux et que les habitants l'aiment sincèrement, ils mettent tout en œuvre pour bien le recevoir; partout dans les rues où il doit passer, on suspend des guirlandes de fleurs et des drapeaux, on le reçoit avec des acclamations de joie. A la vue de l'amour que lui portent ses sujets, le roi ressent une vive allégresse, et il leur accorde en abondance des bienfaits et des grâces. — Vous connaissez bien, chers enfants, quel est le roi qui veut venir vous visiter en ce jour, vous qui êtes ses sujets; c'est Jésus- Christ, le roi du ciel et de la terre, le monarque de tout l'univers. Aussi vous avez purifié vos cœurs par le sacrement de pénitence (j'en ai la ferme persuasion), afin de le recevoir dignement; de même que vous avez orné vos fronts de fleurs, vous avez orné intérieurement vos âmes des fleurs aimables de la vertu et de la piété. C'est pourquoi le divin Sauveur vous apportera sans doute dans votre cœur, l'abondance de ses grâces et de ses bénédictions.
Quelles sont ces grâces qu'ils vous apportera dans la Communion? C'est ce que je veux vous expliquer, du moins brièvement, aujourd'hui. Quoique vous l'ayez déjà appris plus au long dans les précédentes instructions, je veux vous en dire encore quelques mots, chers enfants, afin que vous receviez votre Sauveur, avec beaucoup de confiance, avec une joie plus vive, un désir plus ardent, et que ceux-là aussi, qui ont déjà
communié souvent, se rappellent quel trésor de grâces Dieu leur offre dans la sainte Communion.
4) La première grâce que la sainte Communion produit, est celle-ci : elle nous unit de la manière la plus étroite à Jésus - Christ et augmente en nous la grâce sanctifiante. L'enfant qui a dû vivre longtemps loin de ses chers parents, comme il désire ardemment d'être chez lui, près de son père, de sa mère, de ses frères et sœurs ! Il pense à eux jour et nuit, souvent ce souvenir du pays lui fait verser des larmes, et, dans son sommeil, il en rêve encore. Lorsque enfin il est revenu dans la maison paternelle, comme il a le cœur joyeux ! Qu'il est content de se trouver près de ceux qu'il aime! Que de choses il a à leur dire et leur raconter ! Oh ! qu'il est heureux! Chers enfants ! Vous aussi, vous avez longtemps soupiré après le jour de la première Communion, où vous devez recevoir dans votre cœur Notre Seigneur Jésus-Christ, lui qui doit vous être plus cher que vos parents. En quelques moments, en moins d'une heure, il viendra à vous ce doux Jésus qui, étant petit enfant, fut couché dans une crèche, porté dans les bras des bergers de Bethléem et du vieillard Siméon ; il viendra à vous et s'unira bien plus étroitement à vous qu'il ne fut uni aux bergers et à Siméon, puisqu'il reposera dans vos cœurs. 11 viendra à vous, et demeurera près de vous, aussi longtemps que vous le conserverez; il vous tendra la main pour vous conduire, à travers les chemins épineux de ce pèlerin nage terrestre, jusque dans les champs heureux de la patrie céleste. Chers enfants ! que vous êtes heureux aujourd'hui !
Et Jésus ne vient pas avec les mains vides. Anciennement, lorsque n'existaient pas encore les chemins de fer, et que les rois voyageaient de temps à autre dans des contrées très pauvres, ils avaient coutume de faire porter avec eux les objets dont ils avaient besoin, tels que des tapis, des meubles, des mets très fins, etc., sachant bien que, dans les pauvres auberges, ils ne trouveraient pas ce qui leur convenait et ce qu'ils désiraient. Jésus-Christ en agit de la même manière. Il sait bien que votre cœur n'est pas aussi bien disposé, aussi orné de vertus, que l'exige sa sainteté; c'est pourquoi il apporte lui-même les ornements qu'il voudrait voir dans vos cœurs,
il augmente en vous la grâce sanctifiante. Qu'elles sont belles et magnifiques les habitations que Ton prépare aux rois î Comme tout resplendit de dorures et de glaces ! Comme partout s'étalent des tentures de velours et de soie, des tapis somptueux, de riches tableaux ! Mais combien donc ne doit pas être belle surtout la demeure que se prépare à lui-même le plus puissant, le plus généreux des rois, le souverain maître du ciel! Quelle doit être belle, admirablement belle, une âme dans laquelle Jésus est entré avec sa grâce ! Surtout quelle doit devenir belle par de fréquentes communions bien faites ! Et avec quelle douce complaisance, le Père céleste doit abaisser ses regards sur vous, chers enfants ! avec quel amour il doit vous contempler, lorsque dans votre cœur réside Celui en qui il a mis toutes ses complaisances !
2) La sainte Communion nous préserve ensuite des péchés mortels.
Il y a un grand nombre d'années, je passai un jour dans une communequi présentait l'aspect le plus gai et le plus charmant; mais, il n'y a pas longtemps, un incendie y a éclaté et a réduit tout le village en cendres. Ah ! que c'était triste à voir! Les maisons, naguères si jolies à vofr, étaient renversées, il n'en restait plus que quelques murs noircis et des poutres carbonisées qui fumaient encore; les habitants, jadis riches, étaient réduits à mendier, et quelques-uns, en gémissant, erraient au milieu de ces ruines. — Bien plus grand est le malheur, bien plus effrayant est aux yeux de Dieu, le spectacle d'une âme tombée dans le péché mortel. Chez elle aussi a disparu cette beauté qui réjouissait les anges, s'est évanoui ce contententement, cette gaité d'autrefois, ce bonheur en Dieu et dans la prière; chez elle aussi ont été anéantis les bonnes œuvres et les mérites pour le ciel ; tout ce qui y reste ce sont les œuvres odieuses du péché, la fumée et la puanteur du crime. Et ce qu'il a y de plus triste, c'est que celte âme, si Dieu ne la ressuscite pas d'entre les morts, est perdue pour toute 1 éternité et ruinée pour toujours. Bien des personnes,en réfléchissant bien et en pensant qu'elles pourraient encore finir par tomber dans un péché mortel, forment ce désir: 0 que ne suis-je déjà morte, morte dans la grâce de
Dieu, pour que je ne tombe pas dans cet affreux malheur ! Et elles voudraient se laisser couper tous les membres, plutôt que de commettre un péché mortel; tellement, à leurs yeux, le péché est un grand mal.Etcependant, combien facilement les hommes, et vous, pauvres enfants! vous pouvez y retomber! Que de dangers et de tentations vous attendent ! et néanmoins vous êtes si faibles. Qui donc vous protégera, qui vous défendra, qui vous tendra la main pour vous conduire, afin que vous ne tombiez pas? C'est Jésus-Christ, votre Sauveur ; voilà pourquoi il vient à vous; et, pourvu que vous vous attachiez fortement à lui, que vous reveniez souvent et dignement à sa sainte Table, vous pouvez être certains que vous ne retomberez pas dans des péchés graves. C'est pourquoi, promettez de nouveau, comme vous l'avez promis hier, de revenir bientôt et bien souvent à Jésus dans le saint Sacrement; promettezle avec une entière sincérité. Dites avec une piété vraie et toute filiale: 0 aimable Jésus, vous voyez quel enfant pauvre et faible je suis. C'est pourquoi restez avec moi, bon Jésus; restez avec moi et ne m'abandonnez pas ; permettez que je meure, et encore aujourd'hui, dans l'innocence et la pureté, plutôt que de vous perdre et d'être perdu pour l'éternité.
3) La sainte Communion nous donne du goût et de la force pour le bien, nous met une sainte joie, une douce paix dans le cœur. Les enfants du siècle, les hommes qui ne soupirent qu'après les biens de ce monde, s'imaginent que vivre vertueusement, c'est mener une vie dure, pénible et triste, qu'on n'y goûte aucun plaisir, qu'on doit pencher tristement la tête, être mélancolique, etc. Ah! qu'ils se trompent, ces pauvres gens! S'ils avaient goûté seulement une fois, combien le Seigneur est doux pour ceux qui le cherchent! Celui qui, par la grâce de Dieu, est une fois parvenu à être réellement juste et vertueux, éprouve quelque chose de semblable à ce que ressent un homme qui après avoir croupi dans une prison obscure sale et humide, revient à l'air pur et sent le souffle tiède du printemps. 11 éprouve tant de bonheur, il sent une telle joie dans son cœur, qu'il voudrait souvent le proclamer à haute voix, et raconter à tous combien il est heureux .et combien Dieu est bon. Bien des personnes ont dit : c'est maintenant
seulement que je commence à vivre, c'est-à-dire que je suis tout autre, un homme tout nouveau. Et ce bonheur, cette paix sainte et douce, nous l'obtenons précisément par la fréquente et digne Communion. Dans la sainte Communion Jésus vient dans notre cœur, comme il vint autrefois à ses disciples, et il nous apporte, comme à eux, la paix, la paix céleste que le monde ne peut nous dünner et ne peut non plus nous ravir. Quiconque a une fois trouvé cette paix, a trouvé le plus grand trésor, un bonheur, en comparaison duquel tout le bonheur du monde est comme une vaine poussière, comme un peu de cendres. Et c'est à ce bonheur, chers enfants, que Jésus-Christ vous appelle aujourd'hui ; ensuite, si selon votre promesse, vous le recevez souvent et dignement, ce bonheur, cette paix fleurira tranquillement et doucement dans vos cœurs comme une fleur merveilleusement belle. Alors vous ne voudrez plus rien savoir des joies criminelles du monde, telles que les cherchent ceux qui mènent une vie, appelée vie de plaisirs ; votre joie sera tout autre. La grenouille se plaît dans les fossés bourbeux, et le pourceau se roule, se vautre avec volupté dans la boue infecte, tandis que l'alouette s'élance dans les hauteurs d'un ciel d'azur,vers le soleil radieux, en gazouillant et en chantant avec gaîté son cantique de louanges à son Créateur. C'est ainsi, chers enfants, que vous mépriserez les joies criminelles, les plaisirs coupables qui ressemblent à la boue et au fumier, pour ne chercher votre bonheur que dans Jésus et dans son divin amour, dans les saints désirs, dans l'espérance, et dans l'avant-goût du ciel, de l'éternelle félicité !
Je ne puis vous expliquer plus en détail, les autres effets de la sainte Communion, le temps est trop court. Je vous engage seulement à bien profiter des quelques instants qui vous restent encore avant la sainte Communion, et à toujours mieux vous préparer par de ferventes prières et de pieux désirs. Car mieux votre cœur sera préparé, plus votre prière sera ardente, plus vos désirs de recevoir la sainte Communion seront vifs, et plus riches aussi seront les bénédictions, plus précieux seront les dons que Jésus-Christ vous apportera.
Et maintenant encore un mot à vous, mes chers frères, qui vous êtes déjà approchés souvent de la sainte Table. Avezvous éprouvé aussi en vous-mêmes les effets de la sainte Communion, tels que je viens de les décrire? Vous rappelezvous encore ce beau jour où vous reçûtes votre divin Sauveur pour la première fois? Pourquoi ce bonheur et cette félicité ont-ils dispari et ne veulent-ils plus revenir? Peutêtre l'un ou l'autre parmi vous s'est-il imaginé, qu'il pouvait mener une vie sage et vertueuse, sans être pour cela un bigot ou une dévote (comme certaines gens appellent toutes les personnes pieuses) ; qu'il suffisait d'aller à la sainte-Table une fois par an; puis il a cherché son bonheur, sa consolation autre part. Mon cher frère, ma chère sœur! Que vous vous êtes trompés! vous avez abandonné la source des eaux vives, pour vous égarer dans des solitudes stériles et arides; vous avez cru pouvoir trouver seuls le chemin du ciel, et vous avez abandonné le guide céleste. Ah ! revenez sur vos pas. Peut-être qu'en ce moment une douce émotion, une sainte tristesse agite votre cœur! Il s'en échappe comme un soupir après ces beaux jours de l'enfance et de la vertu, après le jour de votre première communion. C'est la voix du bon pasteur, qui vous rappelle au bercail, vous pauvre brebis égarée! Ecoutez sa voix, répondez à son appel! Revenez bientôt et revenez souvent vers lui, cherchez votre bonheur, votre joie sur son cœur! L'innocence de vos premières années, la paix, la joie de votre enfance viendront de nouveau habiter dans votre âme, et le jour de votre première communion reviendra avec toutes ses délicieuses émotions.
Mais peut-être en est-il plusieurs qui communient souvent et qui néanmoins ne reçoivent pas les effets, ni les bénédictions qu'on devrait en attendre; pourquoi cela? Je vous en dirai le motif : voyez! ces enfants se sont préparés à la communion de ce jour, pendant plusieurs semaines ; c'était leur unique joie, leur plus grand désir ; ils ont prié avec ferveur, ils se sont donné des peines sérieuses, pour éviter, durant tout ce temps, ce qui aurait pu attrister le divin Sauveur. Voilà aussi pourquoi Jésus-Christ aime tant de venir à eux, voilà pourquoi il leur apporte tant de grâces et de béné-
dictions, la paix et le bonheur. Préparez-vous aussi, avec la même dévotion, à chaque communion que vous ferez, comme si c'était la première (une seule communion faite ainsi, vous profitera plus que dix autres, faites sans une bonne préparation), et vous goûterez, dans toute leur plénitude, les fruits de la sainte Communion.
Pour vous, ô divin Sauveur, ô adorable Jésus, qui demeurez caché dans cet auguste Sacrement, et qui y avez renfermé les plus riches trésors de votre grâce, abaissez un regard de bonté et de tendresse sur ces enfants que vous avez choisis, pour leur faire connaître la richesse de vos grâces et de vos bénédictions. Fortifiez leur foi, augmentez leur espérance, enflammez leur charité, agrandissez leurs désirs, dilatez leur cœur, afin que vous puissiez entrer chez eux avec toute l'abondance de vos grâces. 0 bénissez-les d'une main invisible, au fond de votre sanctuaire, comme je vais le faire visiblement ici en votre nom. Que la bénédiction du Dieu tout-puissant, du Père,f, du Fils et du Saint-Esprit descende sur vous, dispose vos cœurs, vous protège dans tous les périls et vous conduise à la vie éternelle! Ainsi soit-il.
Chers Enfants!
Lorsque les Rois-Mages vinrent d'un pays éloigné, pour chercher et adorer l'enfant Jésus, il y eut une étoile miraculeuse qui leur montra le chemin ; cette étoile, ils la regardaient avec confiance, et, malgré des fatigues nombreuses, ils firent ce long voyage avec joie jusqu'à ce qu'ils trouvèrent Jésus, le divin enfant qu'ils adorèrent avec un saint respect et prirent dans leurs bras, avec une joie, et un amour inexprimables. Chers enfants, jusqu'ici la pensée de votre première Communion a été comme une aimable étoile pour vous. Que de fois vous avez arrêté vos regards sur cette pensée, que de fois vous avez réfléchi à ce beau jour, soupiré ardemment après lui, et ressenti de la joie en le voyant s'approcher ! Oui, je le sais, aussi me suis-je réjoui de votre joie. Et voilà que cette étoile vous a conduits à Jésus; le jour de la première Communion
est arrivé, et, à l'exemple des trois Rois, vous pouvez aujourd'hui vous approcher du cher enfant Jésus, et lui offrir vos cœurs ; comme les Rois-Mages, vous pouvez prendre dans vos bras l'aimable Jésus, mais non, vous êtes bien plus heureux, vous pouvez le recevoir dans votre cœur. Les trois Rois durent ensuite s'éloigner de Jésus, et il ne leur fut plus donné de revenir près de lui. mais Jésus vient à vous, et il veut rester près de vous ; oui toutes les fois que vous le voulez et que votre cœur le désire, il vous est permis de revenir à lui et de recevoir le Seigneur votre Dieu. C'est pourquoi ce jour est pour vous le jour du bonheur le plus pur et le plus ravissant, c'est vraiment « un jour que le Seigneur a fait, » qu'il a préparé lui-même dans sa toute-puissance et dans son amour pour vous; un jour « où vous devez vous réjouir et tressaillir d'allégresse. » En effet, aujourd'hui vous avez le plus grand de tous les bonheurs qu'il soit donné à l'homme de goûter sur la terre; aujourd'hui votre aimable et bon Sauveur vient à vous et veut établir sa demeure dans vos âmes ; aujourd'hui le Sauveur descend pour vous du ciel, et les anges vous environnent, prient avec vous, se réjouissent avec vous. Voilà pourquoi vous êtes aujourd'hui ornés de fleurs et ceints de couronnes ; car les fleurs et les couronnes sont le signe de la joie; de même que, le jour de la Fête-Dieu, on orne de fleurs les maisons, les rues, les autels, où passe et où s'arrête l'aimable Sauveur, de même vous avez été ornés aujourd'hui et parés de beaux habits, parce que le même Sauveur fait aujourd'hui son entrée dans vos cœurs. Mais ces fleurs, comme je vous l'ai déjà dit dans d'autres instructions, doivent vous rappeler encore quelque autre chose, chers enfants. Elles doivent vous rappeler, que vous devez orner votre cœur des douces et aimables fleurs des vertus, des fleurs parfumées de la piété, qui sont plus belles et plus aimables que les fleurs les plus magnifiques qui croissent sur la terre. J'en suis convaincu, vous avez eu soin de purifier vos âmes par le sacrement de pénitence, et Dieu lui-même les a embellies de sa grâce; mais, chers enfants, il vous reste encore quelque temps avant d'aller à la table du Seigneur. Profitez bien de ce temps, car il est précieux. — Rappelez-
vous quel est celui qui vient à vous : c'est Jésus, votre Dieu, votre Sauveur, et réveillez dans votre âme une foi bien vive, comme si vous l'entendiez dire lui-même : « Ceci est mon corps ; » adorez-\e avec le plus profond respect, avec une grande piété, à l'exemple des Rois-Mages, des pieux bergers et du vieillard Siméon. Rappelez-vous ensuite, à qui Jésus daigne venir ; c'est à vous, à des enfants pauvres et coupables ; adorez-le alors avec le centenier, dans une profonde humilité, en disant : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous veniez à moi; je ne suis qu'un pauvre enfant qui ai commis bien des péchés, et vous, vous êtes le Dieu tout-puissant! » Ensuite excitez-vous à une vive contrition, à une grande douleur de vos péchés. Enfin demandez-vous pourquoi Jésus veut venir à vous : C'est parce qu'il vous aime et qu'il veut vous rendre heureux, vous sauver; c'est pourquoi ayez confiance en Jésus, qui vous aime si tendrement, recevez-le sans effroi et sans crainte dans vos cœurs; — aimez-le de tout l'amour dont vous êtes capables, offrez-lui encore une fois tout votre cœur et promettez-lui de l'aimer toujours, de lui obéir avec soin, de ne l'offenser par aucun péché; puis réjouissez-vous, soupirez après le moment de son arrivée et dites au divin Sauveur qu'il vienne à vous.
Et il viendra, ce bon Sauveur, il viendra dans quelques moments; mais demeurera-t-il avec vous, chers enfants? Le garderez vous avec sa grâce dans vos cœurs, par la vertu et par une vie véritablement chrétienne? ou bien le chasserezvous de votre cœur, par la tiédeur, l'amour des plaisirs et le péché? Je le sais bien, chers enfants : maintenant vous êtes bien disposés, maintenant vous faites toutes sortes d'excellentes promesses à votre divin Sauveur ; mais que sera-ce plus tard? garderez-vous vos promesses? êtes-vous disposés à vaincre toutes les tentations, tous les dangers qui, pareils à des tempêtes furieuses, s'agiteront autour de vous, ou vous entoureront comme autant de serpents perfides?
Nous lisons dans l'histoire de la Rible que le jeune Tobie dut un jour entreprendre un voyage long et périlleux. Le Seigneur qui aimait beaucoup ce brave jeune homme, lui envoya l'archange Raphaël sous la forme d'un jeune guide.
Ce saint ange entreprit le voyage avec Tobie, l'aida à arranger ses affaires, le protégea contre tous les dangers et le ramena enfin heureusement dans la maison paternelle. Ah chers enfants! Si Dieu daigirait vous donner aussi un ange saint pour conducteur, afin de vous protéger au milieu de tous les dangers et vous conduire heureusement dans la céleste patrie, que vous seriez heureux!
Chers enfants ! Jésus, votre Dieu, est encore plus généreux, plus aimable à votre égard, qu'à l'égard de Tobie. Aujourd'hui il ne vous envoie pas seulement un ange pour vous guider; non, c'est lui-même, le roi des anges qui, en ce jour, vient à vous; il veut être votre guide dans le chemin de la vie. S'il survient des dangers, il vous protégera; s'il arrive des tentations, il vous fortifiera et vous donnera du courage; s'il se présente des adversités et des douleurs, il vous consolera et vous assistera ; et lorsqu'arrivera enfin la dernière heure de la vie, il vous sanctifiera et vous prendra avec lui dans son royaume céleste. C'est pourquoi, chers enfants, attachez-vous toujours fortement à ce guide céleste. Promettez-lui aujourd'hui de suivre sa direction, d'éviter toutes les occasions du mal, de bien prier et de revenir souvent à la sainte Table, avec une pieuse préparation. Si vous le faites, alors les tentations, les dangers et les tempêtes auront beau faire, vous serez en assurance dans les bras de Jésus, sur le cœur de Jésus ; et quand même vous deviendriez pauvres, quand même vous seriez souffrants et abandonnés, vous seriez toujours riches, heureux et honorés, car Jésus est près de vous ;et le jour de votre première Communion, comme un chaud soleil de printemps, répandrait ses rayons sur toute votre vie; ce jour la rendrait radieuse, charmante et gaie, il répandrait encore son doux éclat sur votre lit de mort, sur les dernières heures de votre vie, qui seraient comme le soir d'une vie pieuse et calme sur la terre, et l'aurore d'une vie éternellement heureuse dans le ciel.
Chers parents de ces enfants heureux ! Que de jours sont déjà passés, depuis le jour où, dans l'église, vous avez présenté pour la première fois vos enfants à Dieu, afin qu'ils devinssent aussi les enfants de Dieu dans le saint Baptême!
Que de jours vous avez passés dans le travail, les soucis et les inquiétudes ! Vous devez donc bien vous réjouir et être bien reconnaissants, d'avoir vécu jusqu'à cette heure où, pour la seconde fois, vous pouvez conduire au Seigneur ces enfants, purifiés et sans tâche comme au jour de leur baptême, ce jour où ils vont renouveler les promesses qu'ils ont faites alors, et où vous les recevrez de nouveau des mains de Dieu, comblés de grâces et devenus doublement sacrés. Ah! Pensez combien votre bonheur sera grand, surtout lorsque vous pourrez les conduire un jour dans le ciel, devant le divin Sauveur, et lui dire : Voyez, Seigneur, tous ceux que vous m'avez confiés sont là, et aucun d'entre eux ne s'est perdu. Au contraire quel épouvantable malheur, quelle terrible responsabilité ne serait-ce pas, si l'un de ces petits était enlevé au divin Sauveur, et allait se perdre par votre faute ! Pour que cela n'arrive point, pour que vous puissiez les présenter tous devant le trône de Dieu, promettez aujourd'hui au Seigneur d'avoir soin d'eux, de veiller . sur leur conduite, sur leurs relations, sur leurs sorties, etc. sur toute leur vie. Si vous êtes obligés de les confier à des personnes étrangères, je vous en prie et je vous en conjure; ne les confiez qu'à des maîtres chez- qui régnent la piété chrétienne, la discipline, la surveillance et les mœurs chrétiennes, et ayez bien les yeux sur la manière dont vos enfants se conduisent dans ce poste. Ayez bien soin ensuite, vous parents et maîtres, de faire en sorte que ces petits ne soient pas scandalisés ou corrompus par des ouvriers ou des domestiques plus âgés; donnez- leur le temps et l'occasion, je vous en prie, de venir souvent encore recevoir la sainte Communion.
Et vous tous, chers paroissiens, qui devrez plus tard vous mettre en rapport avec ces enfants, gardez- vous bien de scandaliser le moindre de ces enfants, de leur donner jamais de mauvais exemples ! Lorsque le roi des Huns, Attila, un prince sauvage et barbare, s'avança, à la tête de plusieurs millions de soldats, contre la ville de Rome, pour la livrer au pillage et à la destruction, un pauvre et faible vieillard, n'ayant d'autres armes que son bâton pastoral, le pape S. Léon vint à sa ren-
contre ; il fit des reproches au conquérant cruel et l'engagea à abandonner ses plans criminels, à s'éloigner avec son armée des murs de Rome. Et voyez ! Ce roi sauvage, qui n'avait pas reculé devant les plus vaillantes armées, trembla devant un faible vieillard ; pourquoi donc trembla-t il? C'est qu'il voyait à côté du saint pontife, l'apôtre saint Pierre qui menaçait de le frapper du glaive dont sa main était armée, et de le tuer. Cette vision l'effraya tellement, qu'il obéit aux avertissements du pape. Mes chers frères ! à côté du pape S. Léon, se tenait S. Pierre; mais à côté de chaque enfant se trouve son ange gardien, se tient Jésus-Christ, se tient Dieu lui-même. Aujourd'hui il les prend sous sa protection, et celui qui pervertit ou corrompt un de ces petits, aura à faire au divin Sauveur qui a lancé cette menace : « Malheur à celui qui scandalise un de ces petits; il aurait mieux valu pour lui, d'avoir au cou une pierre de moulin et d'être couché au fond de la mer. » Pensez-y, vous qui, vis-à vis des enfants, êtes si imprudents dans votre conduite, vous qui ne vous gênez pas, pour tenir devant eux de sales et honteux propos, de leur donner de mauvais exemples et de gâter ainsi ces âmes innocentes, en leur inoculant le poison du vice. Si l'amour pour Jésus-Christ et pour ces enfants, n'est pas capable de vous arrêter, quand vous êtes sur le point de donner de mauvais exemples, du moins que l'effroi vous arrête, en pensant au glaive vengeur que la justice, divine brandit sur la tête de chacun de ceux qui scandalisent ces petits, et ne vous chargez pas de la terrible malédiction qui menace un pareil corrupteur.
Et vous, ô aimable Sauveur, qui vous êtes choisi ces petits enfants, qui leur témoignez aujourd'hui un amour si ineffable : abaissez un regard de bonté et de tendresse sur eux! De même que vous avez prié autrefois votre Père pour vos disciples, en disant : « Père saint, conservez-les en votre nom! » de même nous vous prions maintenant de les conserver en votre nom, de faire en sorte qu'aucun d'eux ne se perde. Confirmez par votre main toute-puissante, ce que nous allons dire en votre nom, et versez les torrents de votre grâce dans ces cœurs que vous avez choisis aujourd'hui ,
pour votre demeure. Chers enfants ! Que la bénédiction du Dieu tout-puissant, f du Père, du Fils et du Saint-Esprit descende sur vous, prépare vos cœurs, vous garde dans toutes vos voies, vous protège dans tous les dangers et vous conduise à la vie éternelle! Ainsi soit-il.