‹ Méthode pratique de langage et de lecture d'Écriture, de Calcul, etc, a l'usage du cours préparatoire des écoles primaires. Livre du MaîtreChapitre 33 sur 70 · REVISION · texte numérisé non relu

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Le musée scolaire.

Au point où en sont arrivés les élèves, si les leçon?; précédentes ont été bien comprises et si Ion y a joint les jeux en fiançais pendant les récréations (V. ci-après), ils connaissent assez le mécanisme delà langue pour pouvoir déjà soutenir de petits entreliens sur les choses qui les entourent et les objets dont ils se servent Le musée scolaire va permettre au maître d'étendre, comme il le voudra et autant qu'il le voudra, le cercle dans lequel il a dû jusqu'ici, pour pouvoir être toujours compris, rcnrermer ses leçons de langage.

La composition de ce musée variera suivant les pays et suivant les milieux : en tout cas, on y réunira de préférence des objets que les élèves voient et qu'ils manient tous les jours en dehors de l'école. A l'aide de ces objets, le maître leur fera exécuter des actes quelconques et ils diront ce qu'ils font. La leçon de langage s'étendra et se développera en une série de propositions exprimant des faits qui s'appellent et s'enchaînent, pour aboutir à un fait final qui est le but qu'on poursuit.

Soit donné ce sujet : Allumer une chandelle. Le matériel nécessaire pour la leçon est peu compliqué : il y suffira d'une chandelle et de la boîte d'allumettes qui sera dans le bureau du maître.

Le Maître. — Henri, prenez la boîte d'allumettes qui est dans le tiroir de mon bureau.

Henri. — Je prends la boîte d'allumettes qui est dans le tiroir du bureau.

Un élève quelconque ; puis, tous les élèves en chœur : Henri prend la boîte d'allumettes...

Le Mmtre. — Ouvrez-la, prenez-y une allumette et refermez-la.

Henri. —J'ouvre la boîte d'allumettes, j'y prends une allumette et je la referme.

Tous les élèves. — Henri ouvre la boîte d'allumettes, il y prend...

Le Maître. — Frottez sur le côté de la boîte le bout soufré de ralknnelte.

Henri. — Je frotte. — Tous les élèves : Henri frotte...

Le Maître. — Dites ce que vous voyez.

Henri, puis tous les élèves : Le phosphore prend feu, le soufre prend feu, le bois brûle et répand de la tlamme, etc..

Ou, tout simplement : L'allumette prend feu, elle s'allume, elle est allumée.

Le Maître. — Henri, ajtprochez l'allumette entlammée de la mèche de la chandelle, etc., etc.

La leçon terminée, on pourra la roprendre au passé composé:

IlENUi. — Jai d'abord pris la boilo d'allumettes qui était dans le bureau ; je l'ai ouverte, etc. Un élève quelconque s'adressant à Henri : Tu as d'abord pris la boîte d'allumettes, etc. Tous les élèves en chœur: Henri a d'abord pris la boite d'allumettes...; puis il a frotté... ; alors il a approché l'allumette enflammée de la mèche de la chandelle, etc. ; eiifin, etc..

On procédera de même pour : allumer une lampe, allumer le feu; brosser ses habits, cirer ses souliers, se laver les mains, se peigner les cheveux, etc.; arroser la salle de classe, la balayer, essuyer la poussière; ouvrir une porte fermée à clef, la refermer; remplir, boucher, déboucher une bouteille, préparer un verre d'eau sucrée; peler une pomme avec un couteau, tailler un crayon avec un canif; faire un paquet, le ficeler, etc.; scier un bout de planche, enfoncer un clou, casser des noisettes, etc.; enfiler une aiguille, faire une couture, raccommoder un accroc, etc.; plier une lettre qu'on vient d'écrire, la mettre dans une enveloppe et l'envoyer; dire ce que fait un élève qui lit, qui écrit, qui calcule, qui dessine, etc. ; mesurer avec un mètre une table, la longueur et la largeur de la classe, la taille de plusieurs élèves adossés au mur, etc.; simuler des échanges, des ventes et des achats à l'aide de diverses pièces de monnaie ; peser (soupeser avec les mains, vérifier avec un peson, une balance), etc., etc.

On ne peut guère, on le voit, assigner de limite à ces exercices de langage, que le maître multipliera et continuera autant de temps qu'il le voudra. Insensiblement et tout naturellement il les transformera en leçons de choses dans lesquelles il demandera, non plus seulement le nom de l'objet et ses qualités, mais sa forme, de quelle matière il est fait, ses diverses parties, à quoi sert chacune d'elles, etc.

Ce qui importe, c'est qu'il ne laisse parvenir à l'esprit de ses élèves que des idées justes et qu'il les amène à s'exprimer avec clarté et précision sur tous les objets qui frappent leurs sens. Il écartera donc de ses leçons, pour le moment du moins, tous les termes généraux et abstraits correspondant à des idées qu'ils n'ont pas encore pu former, tous les mots figurés supposant des comparaisons qu'ils n'ont pas encore faites, et aussi tous ceux qui expriment des faits de l'àme qu'ils ne sauraient encore ni distin- LLuer, ni reconnaître.

« Il faut, dit Pestalozzi, se garcrer de faire nommer aux enfants « la tête, l'œil, la main, avant que la vue répétée de ces objets en « ait empreint l'idée dans leur cerveau ; de même il ne faut leur « parler d'amour, de reconnaissance, de confiance, que lorsque « ces sentiments ont déjà jeté de profondes racines dans leur o cœur. ■> Autrement, il faut toujours que l'idée précède l'expression et en fasse sentir le besoin; que l'expression vienne après l'idée, comme pour lui donner un corps qui lî^ précise et la fixe.

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