‹ Méthode pratique de langage et de lecture d'Écriture, de Calcul, etc, a l'usage du cours préparatoire des écoles primaires. Livre du MaîtreChapitre 65 sur 70 · DE LA 41' LEÇON · texte numérisé non relu

DE LA 41' LEÇON

jusqu'à la fin du livret.

Quelques réflexions seulement.

La 41* leçon mcnlrera aux élèves comment le même verbe, conservant toujours an fond la signification première, peut exprimer pourtant des choses assez différentes, selon les divers compléments qu'il reçoit. Il y a là pour eux quelque chose de nouveau qui les surprendra et ne manquera pas de les intéresser.

La 42* leçon, la 44% la 46% la 48', la 50% la 52% la o3« et la 55* reposent sur cette idée que, lorsque nous agissons, tous nos actes partiquliers et successifs se lient les uns aux autres, se supposant ou se complétant, pour aboutir à un but final que nous avions en vue et que nous poursuivions dès l'abord. Et de même que nosactesse lient et s'enchaînent,* s'appelant l'un l'autre réciproquement, de même il s'établit un lien entre les mots qui les expriment. L'association

1. On croit pouvoir arrêter ici le livre du maître : la marche à suivre est suffisamment tracée. La leçon de lecture du livre de l'élève fournira chaque jour la matière de l'exercice de langage. Cet exercice deviendra, du reste, de plus en plus libre et de plus en plus varié, à mesure que les élèves auront à leur disposition, pour exprimer ce qu'ils pensent, un plus grand nombre de mots et de tours.

des idées entraîne l'association des mots, et cette double association ne peut manquer de favoriser singulièrement l'acte de ]a mémoire.

La 43* montre aux élèves qu'il n'y a rien.de grand, ni de petit en soi ; que les choses ne sont grandes ou petites que par comparaison. Rien de plus propre à leur faire comprendre les idées de dimension, de relation, et à les familiariser avec les adjectifs qui les expriment.

La 45' a pour objet des choses qu'on montre et qu'on nomme ; la 47% des actes qu'on accomplit; la o7' est une description. Aucune difficulté.

La 49% la 51* et la oG* ont pour objet des phrases détachées, dont chacune doit amener les élèves à concevoir nettement une idée nouvelle et à apprendre le mot qui en est l'expression.

Les leçons qui suivent deviennent plus difficiles en ce sens qu'elles amènent les élèves sur le seuil du monde des idées abslrailes et des idées morales. Cependant leur objet est tellement simple et familier qu'ils n'auront pas grand'peine à le concevoir et à en retenir l'expression.

Enfin la 6i', dont nous avons emprunté l'idée à notre

collègue M. Vessiot (Voir son Éducation intellectuelle, librairie

Lecène et Oudin), constitue un exercice des plus ingénieux, qui peut s'étendre à tous les objets dont les enfants sonl entourés et à tous les instruments dont ils se servent. A l'aide de cet exercice et d'exercices analogues, ils apprendront sans effort, et comme en se jouant, à distinguer et à reconnaître les diverses lignes et les principales figures de la géométrie.

LE PREMIER LIVIIE DE LECTURE Lectures intuitives.

Notre premier livre de lecture, auquel nous avons donné le sous-titre de Lectures intuitives pour bien marquer son objet, n'est autre chose que la continuation de notre Méthode de langage. Ces lectures ne sont guère que le résunè écrit des leçons de langage faites d'abord oralement. Ce qui les caractérise, c'est qu'elles n'ont pour objet que des

choses rues par les élèves, des actes accomplis par eux ou devant eui, et qu'on y remplace par des images ce qu'on ne peut pas meUre sous leurs yeux en nature.

Tant qu'on peut leur faire voir ce dont on leur parle, Pimage est inutile : il n'y a pas d'ailleurs d'image qui vaille la vue des choses elles-mêmes : mais du moment où la leçon a pour objet des choses qu'on ne peut pas leur mettre sous les yeux, limage devient nécessaire, sinon pour donner la notion complète et exacte de l'objet, comme le fait la vue de l'objet lui-même, du moins pour rappeler le souvenir de sa forme perçue ailleurs et pour en éveiller l'idée.

Dans notre pensée, parcourir ces deux livrets doit être l'affaire de deux semestres, avec des élèves déjà âgés, intelligents d'ailleurs et assidus ; de deux années pour les autres. l£n tout cas, ceux qui les posséderont bien, s'il s'agit d'indigènes parlant une autre langue, pourront déjà s'exprimer en français, — et s'il s'agit d'enfants ne parlant qu'un patois ou un français corrompu, ils seront capables de suivre avec profit tous les exercices du programme général du cours élémentaire des écoles primaires françaises.

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