‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 11 sur 74 · D. Qu'est-ce que les pompes et les œuvres de Satan · texte numérisé non relu

D. Qu'est-ce que les pompes et les œuvres de Satan

R. Ce sont les vanités du monde et les péchés.

DE CATÉCHISI^IE.

SLR LE BAPTÊME.

( Après le cantique d'invocation , YOraison dominicale et la Saktialion angélique , on fait réciter la Leçon sur le baptême d'après la méthode ordinaire, en faisant parcourir chaque demande l'une après l'autre dans tous les bancs , et en interrogeant ensuite sans ordre.)

Le C. : Mes chers enfants , quand on bâtit une maison, on commence par jeter les fondements, et plus la maison doit être élevée , et plus il faut que les fondements soient forts. Joseph, votre père n'estil pas maçon.

R. Pardonnez-moi , M.

Le C. : Qu'arriverait-il si on bâtissait une maison sans jeter de bons fondements ?

R. M. , la maison s'écroulerait : c'est ce qui arriva il y a quelque temps. Mon père voulait qu'on creusât les fondemenls d'une maison jusqu'à ce qu'on fût arrivé au terrain solide ; le propriétaire ne voulut pas , il prélendit que cela n'était pas nécessaire, et la maison s'écroula dès qu'on eut mis le couvert.

Le C. : Eh bien, M. E., il en est de même de rinstruction religieuse , si on ne jette pas de bons fondements, on oublie bientôt son catéchisme, et voilà pourquoi il y a si peu de personnes qui connaissent bien la religion , et qu'il y en a tant qui ne la pratiquent pas. Ce que nous avons dit sur la grâce est un bon fondement ; ce que nous allons dire sur le baptême est encore fondamental et demande beaucoup d'attenlion de votre part; mais n'oubliez pas ce que je vous ai dit souvent , qu'il ne suffit pas d'étudier son catéchisme, ni même de bien écouter les explications , il faut de plus prier Dieu et mettre en pratique les connaissaccas qu'on acquiert : Reprenons la demande. Qu'est-ce que le baplême , Paul ?

R. Le baptême est un sacrement , etc.

Le C. : Qu'est-ce qu'un sacrement ?

R. C'est un signe , etc.

Ze C. : Qu'est-ce que le péché ?

R. C'est une désobéissance, etc.

Le C. : Qu'est-ce que le péché originel ?

R. C'est celui dans leq lel nous sommes conçus et avec lequel nous venons au monde comme enfants d'Adam.

Le C, : En quoi consiste la désobéissance d'Adam et d'Eve ?

( On fait raconter aux enfants ce qui se passa dans le paradis terrestre par les conseils du démon ; comment Adam et Eve furent chassés du paradis avec toute leur postérité. On pourrait dire quelques mots sur la parabole de Mathurin ; faire les mêmes questions à plusieurs pour bien établir dans la mémoire le souvenir du péché originel. )

Le C. : Le Catécliisme dit que le baptême nous donne la vie de la grâce. Pour bien comprendre ces paroles, mes chers enfants, il faut distinguer en nous deux vies : la vie de la nature et la vie de la grâce. La vie de la nature, qu'on pourrait aussi appeler la vie terrestre , nous vient d'Adam et d'Eve ; elle nous est transmise par notre père et notre mère ; elle nous donne droit à leurs soins et à leurs biens temporels, c'est-à-dire à leur héritage ; mais Adam et Eve ayant été chassés du ciel à cause de leur désobéissance , nous avons hérité de leur prévarication et de leur condamnation : c'est ce que nous appelons le péché originel qui met notre ame sous l'empire du démon et la rend incapable d'entrer dans le ciel.

La vie de la grâce nous vient de J-C. ; elle nous est communiquée par le baptême qui efface le péché originel , nous donne la grâce sanctiflante , imprime en nous le caractère ineffaçable d'enfants de Dieu et de l'Eglise , ce qui nous donne droit d'appeler Dieu notre Père, de participer à tous les sacrements, à toutes les prières et bonnes œuvres qui se font dans l'Eglise catholique et d'entrer dans le ciel.

Voilà de belles choses, mes chers enfants; elles vous paraissent peut-être difficiles à comprendre et à retenir ; j'espère cependant que vous les comprendrez et les retiendrez ; ce que je désire ardemment, parce que je le regarde comme très-essentiel. Avant d'en commencer l'explication , mettons-nous à genoux, et disons un Jve, 3Iarki , pour invoquer le secours de la Ste. Vierge.

( On pourrait aussi chanter le cantique d'invocation du St-Esprit. )

Le C. : Frédéric, combien devons-nous distinguer de vies en nous ?

R. Nous devons en distinguer deux : la vie de la nature et la vie de la grâce.

Le C. : Qu'entendez-vous par la vie de la nature ?

R. C'est celle qui nous vient d'Adam et d'Eve et qui nous est transmise par notre père et notre mère.

Le C. : Ne pourrait-on pas donner un autre nom à cette vie de la nature ?

R. On pourrait l'appeler vie terrestre.

Le C. : Quels sont les droits que nous donne cette vie de la nature, cette vie terrestre?

R. Elle nous donne droit aux soins de nos parents et à l'héritage de leurs biens temporels.

Le C. : Cette vie terrestre nous donne-t-elle le droit d'aller au ciel ?

R- Non, à cause du péché originel.

Le C. : Combien de temps dure cette vie terrestre?

R. M. , elle dure quelquefois bien peu, comme dans les enfants ; mais il est rare qu'elle dure plus de quatre-vingts ans.

(Faites ces questions à plusieurs, afin qu'ils apprennent bien à discerner la vie de la nature de la vie de la grâce. )

Le C. : Frédéric^ qu'entendez-vous par la vie de la grâce ?

R. J'entends cette vie qui nous est donnée par la grâce sanctifiante (1) , et qui fait que notre ame est comme un charbon allumé ^ ou un fer rouge.

Le C. : De qui nous vient cette vie de la grâce ?

R. Elle nous vient de J.-C.

Le C. : Comment nous est-elle communiquée ?

R. Elle nous est communiquée par le baptême

(1) La vie de la grâce pourrait être appelée la vie celeste , par opposition à la vie terrestre qui se rapporte à la vie présente , tandis que la vie de la grâce se rapporte toute entière au bonheur qui nous est promis dans le ciel. Qu'il est rare que cette vie soit bien comprise et bien pratiquée dans le monde ! Nous reviendrons sur cela en faisant voir que les sacrements sont destinés spécialement à l'entretien de celte vie céleste.

qui efface le péché originel et nous donne la grâce sanctifiante.

Le C. : Quel est le caractère que nous recevons dans le baptême ?

R. Nous recevons le caractère d'enfants de Dieu et de TEglise.

Le C. : Ce caractère est- il ineffaçable?

R. Oui, M. , nous le porterons pendant toute l'élernité.

Le C. : Quand nous avons reçu le baptême, avonsnous droit d'appeler Dieu nolie père?

R. Oui , M. , et nous lui donnons ce tilre en faisant notre prière, en disant VOraiioii dominicale.

Le C. : Les enfants n'ont-ils pas droit à l'héritage de leur père ?

R. Oui , M. , ils ont droit à l'héritage de leur père, et de même nous avons droit d'aller au ciel qui est le royaume de Dieu , et l'héritage qu'il nous promet.

Le C. ■■ Quel droit nous donne la qualité d'enfants de l'Eglise?

R. Cette qualité nous donne droit de participer à tous les sacrements, à toutes les prières et à toutes les bonnes œuvres de l'Eglise catholique.

( Le Catéchiste demande à plusieurs : Qu'est-ce que le baptême ? Qu'est-ce qu'un sacrement ? Qu'est-ce que le péché originel/ Qu'est-ce que la vie terrestre ? Qu'est-ce que la vie qui nous est donnée dans le baptême ? Quel droit nous donne la qualité d'enfants de Dieu et de l'Eglise? Quand les idées sont bien assises sur ces questions , on peut en faire de différentes dans les catéchismes lorsque les enfants sont intelligents. )

Le C. : Est-ce un grand bonheur de recevoir le baptême, Louis ?

R. Oui , M. , parce que le baptême nous donne droit d'aller au ciel.

Le C. : Que faut-il penser des pères et mères (pii

négligent de faire donner le baptême à leurs enfants ? 11. Il faut penser qu'ils sont bien aveugles et bien coupables de négliger de procurer à leurs enfants un si grand avantage.

Le C. : Quel est le maître de Tame d'un enfant qui n'a pas reçu le baptême ?

R. Elle est sous l'empire du démon.

Le C. : Si l'enfant mourait, irait-il au ciel ?

R. Non, parce qu'il n'a pas la grâce sanctifiante.

Le C. : A quoi ressemble l'ame d'un enfant qui n'a pas reçu le baptême , Julie ?

R. M. , elle ressemble à un charbon éteint qui est noir.

Le C. : A quoi ressemble l'ame d'un enfant qui a icçu le baptême ?

R. Elle ressemble à un charbon allumé et tout brillant.

Le C. : Cette comparaison est bonne et juste , mais j'en voudrais une plus belle , plus noble : voyons si quelqu'un devinera ma pensée. A quoi peut -on comparer l'ame de l'enfant qui vient de recevoir le baptême , Rosalie ?

R. Elle ressemble à la lampe de l'église.

Le C. : Ce n'est pas assez dire.

Le C. : Qu'en pensez- vous , Joséphine ?

R. Elle ressemble au soleil.

Le C. : Et vous , Marie , qu'en pensez-vous ?

R. Je pense que la grâce sanctifiante la rend belle comme les anges.

Le C. : C'est bien cela , mon E. , il se fait donc un grand miracle dans ceîte ame , quand on lui donne l'eau? Il se fait un si grand miracle, mes chers enfants, et cette ame devient si belle, que si nous pouvions la voir telle qu'elle est , nous croirions que c'est Dieu lui-même qui nous apparaît , et nous nous jetterions à genoux pour l'adorer. Concluez de là , une seconde fois , combien sont coupables ceux qui

négligent défaire donner le baptêmeàleursenfants ; concluez combien sont coupables ceux qui parlent à l'église , qui se livrent à la dissipation et projettent des parties de plaisirs criminels à l'occasion d'un baptême.

Le C. : De qui dépend un enfant qui n'a pas reçu le baptême? s'il mourait, irait-il au ciel? A quoi ressemble-t-il avant le baptême ? A quoi ressemble-l-il quand il est baptisé ? Fait -on un grand miracle quand on donne le baptême ? Est- on coupable de négliger le baptême , de se livrer à la dissipation et aux danses, etc.

( Répéter plusieurs fois ces questions. )

Le C. : Voyons la 2^ demande de la S'' leçon : le baptême n'efface-t-il que le péché originel ?

R. Le baptême efface aussi, etc.

( Faites répéter cette demande , comme à l'ordinaire , avant de l'expliquer. )

Le C. : Vous dites , mes chers enfants , que le baptême efface aussi dans les adultes les péchés actuels et remet toutes les peines qui leur sont dues. Pour bien comprendre cette réponse , il faut savoir ce qu'on entend par le mot adulte, par le péché actuel et par les peines dues au péché actuel. Y a-lil quelqu'un parmi vous qui pût m'expliquer ces trois choses là ?

[ Aucun des enfants ne se lève, et alors le Catéchiste dit : )

Le C. : Dans nos pays, mes cbers enfants, on donne le baptême aux enfants dès leur naissance ; mais dans les premiers siècles de l'Eglise , quand les Apôtres travaillèrent à la conversion du monde, on donnait le baptême à de grandes personnes qui se convertissaient. Maintenant > si vous entendez lire les Annales de la propagation de la foi , vous devez voir que les missionnaires donnent aussi le baptême à de grandes personnes. Or , le mot adulte signifie

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des personnes qui ne sont plus enfants , qui sont âgées. Comprenez- vous cela, Régis?

R. Oui , M. , et même l'autre jour je vis un jeune homme qui appartenait à des parents sans religion , qui ne lui avaient pas fait donner le baptême dans son enfance et qui le reçut avant de faire sa première communion. J'étais à la cérémonie : c'était bien beau.

Le C. : Et vous , Marie , comprenez-vous ce que signifie le mot adulte ?

R. Oui , M. ; on entend par là des personnes qui ont l'âge de raison ; ainsi nous tous qui assistons ici au catéchisme nous sommes adultes.

Le C. : C'est très-bien.

( Le Catéchiste pourrait faire la même demande à quelques autres ; il pourrait demander à un enfant , combien il a de frères ou de sœurs ? quel âge ils ont? celui qui est né depuis quelques semaines est-il adulte ? celui qui a dix ans est-il adulte ? mais votre sœur qui n'a que cinq ans estelle adulte ? Le répondant est embarrassé ; on en interroge plusieurs qui répondent les uns d'une façon , les autres différemment. Il n'y a que Julie qui répond nettement qu'un enfant de cinq ans n'a pas l'âge de raison et no peut être appelé adulte. )

Le C. : Vous dites que le baptême remet les péchés actuels : qu'est-ce que cela veut dire, Jules?

R. Nous avons dit l'autre jour qu'on distingue deux espèces de péchés, savoir le péché originel et le péché actuel. Le péché originel est celui que nous a transmis Adam à cause de sa désobéissance et qui le fit chasser du paradis terrestre. Celui-là nous l'avons tous en naissant, et c'est pour cela qu'il est appelé originel.

Le C. : C'est très-bien , M. E. ; comment avezvous appris cela ?

R. M. , je l'ai appris à l'école et dans un livre qui l'explique bien.

Le C. : Qu'est-ce que vous entendez par les péchés actuels ?

R. Ce sont ceux que nous commettons en désobéissant aux commandements de Dieu ou aux commandements de TEglise.

Le C. : Citez-moi quelques exemples de péchés actuels.

R. Quand on vole le bien d'autrui , quand on fait des jurements , quand on désobéit à ses parents, etc. , on fait des péchés actuels.

Le C. : Un enfant de trois ans peut-il être coupable de péchés actuels ?

( Jules est embarrassé : ses voisins lui soufflent oui , non , et il a assez de bon sens pour garder le silence. Quelqu'un laisse échapper le mot d'âge de raison : il saisit ce mot et dit : On ne fait pas de péché quand ou n'a pas Tâge de raison , et alors on n'est pas coupable de péchés actuels. )

Le C. .En effet , M. E. , pour commettre un péché , il faut avoir la connaissance et l'âge de raison , qui est ordinairement vers l'âge de sept ans, jusque là il est rare que les enfants commettent de grandes fautes. Je dis vers l'âge de sept ans, parce qu'il y a des enfants plutôt formés que d'autres ; il y en a qui ont plus de malice à cinq ans que d'autres à neuf ans ; et c'est à cause de cela qu'on fait confesser les enfants à sept ans et même quelquefois avant. Mais revenons à ma demande. Qu'est-ce que le péché actuel, Antoine ?

R. Le Gros-Pierre m'a dit que c'était les sottises que l'on fait par malice, avec connaissance et liberté.

Le C. : Quand on reçoit le baplème avant l'âge de raison , de quel péché est-on puriGé ?

R. On est délivré du péché originel et on reçoit la grâce sanctifiante.

Le C. : Et quand on reçoit le baptême ayant l'âge de raison , de quel péché est-on délivré par le baptême ?

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R. On est délivré en même temps du péché originel et des péchés actuels.

Le C. : Que dites-vous de toutes ces réponses , Augustin ?

R. M. , il me semble qu'elles sont toutes honnes.

Le C. : Et vous, Marie , qu'en pensez-vous ?

R. Je pense qu'Antoine a bien répondu.

( Le Catéchiste fait à plusieurs les questions qu'il a faites à Antoine , afin que tous comprennent les effets du sacrement de baptême sur les enfants et sur ies adultes. )

Le C. : Mes enfants , il reste encore une chose à expliquer: le Catéchisme dit que le baptême remet toutes les peines qui sont dues aux péchés actuels. Essayons d'expliquer cela. Quand vous allez vous confesser, mes enfants, le confesseur vous donne une pénitence pour vous faire expier les fautes que vous avez commises. Il fait comme votre père et votre mère qui vous mettent en pénitence quand vous n'avez pas été sages. Emile , votre père ne vous a-t-il jamais mis en pénitence ?

R. Pardonnez-moi, M. , il voulait qu'on ne me donnât que du pain à déjeuner , quand je n'avais pas été obéissant.

Le C. : Et le maître d'école ne vous a-t-il pas mis en pénitence quelquefois?

R. Il me faisait mettre à genou quand je ne savais pas bien ma leçon.

Le C. : Mes enfants, le confesseur est obligé aussi d'imposer une pénitence à ceux qui se confessent ; cette pénitence n'est pas bien grande ordinairement ; mais après la mort, nous serons obligés de la faire beaucoup plus grande et beaucoup plus longue.

Quand on meurt après avoir fait une faute actuelle, si on n'en a pas fait pénitence dans ce monde, il faut la faire dans l'autre. Eh bien , mesE. , quand

on reçoit le baptême étant adultes, on obtient le pardon du péché originel , des péchés actuels , et de la pénitence que mériteraient les péchés actuels; en sorte que si on venait à mourir après avoir reçu le baptême , on irait tout de suite au ciel sans rester en purgatoire.

Répondez , Nicolas : qui sont ceux qu'on appelle adultes ? quand ils reçoivent le baptême sont-ils délivrés du péché originel ? sont -ils délivrés des péchés actuels? sont-ils délivrés des peines attachées aux péchés actuels ?

( Faites les mêmes questions à plusieurs autres : vous pourriez dire en passant que le sacrement de pénitence nous purifie des péchés actuels, qu'il nous délivre de la peine éternelle attachée au péché mortel j mais il ne nous délivre pas des peines du purgatoire. )

Le C. : Passons à la 3*^ demande de la 3® leçon. Gomment le baptême nous rend-il enfants de Dieu , Emile ?

(Faites répéter la demande et la réponse à plusieurs ; cette réponse est difficile à saisir , mais elle est très importante. Essayez de la faire comprendre aux plus intelligents. On trouve de belles choses sur cela dans Bourdaloue , et particulièrement dans son sermon sur l'état du péché et l'état de la grâce , le mercredi de la 5^ semaine du carême. )

Le C. : Parle baptême que J.-C. a institué, il nous adopte comme ses frères, et comme il est le Fils de Dieu , nous devenons parcetteadoptionlesenfantsde Dieu ; ce n'est pas même assez dire , nous devenons membres de J.-C, nous pouvons appeler Dieu notre Père comme le fait J.-C. ; nous avons droit d'aller au ciel comme J.-C; nos bonnes actions ont devant Dieu le même mérite que celles de J.-C. ; elles méritent une récompense éternelle tant que nous sommes en état de grâce. Comprenez- vous cela, Auguste ?

108 NECVIÈME JOUR

R.M.,jelecomprendsunpeu:parlebaplêmeJ.-C.

nous adopte comme ses frères et même comme ses membres, et alors nos actions ont le même mérite que celles de J.-C.

Le C. : C'est bien , nos actions , quand nous sommes en état de grâce, ont-elles autant de mérite que celles de J.-C. ? méritent-elles une récompense infinie comme celles de J.-C. ?

R. Oui , M. , elles méritent le ciel.

Le C. : Mais quand on est en péché mortel est-on frère de J.-C. , et nos actions peuvent-elles mériter le ciel ?

R. Quand on est en péché mortel, on est esclave du démon , et on ne peut pas être uni au démon et à J.-C. en même temps.

( Ne vous arrêtez sur cette théologie sublime que pour donner une grande idée de la dignité du chrétien ; mais n'insistez que dans le cas où vous feriez un catéchisme de persévérance, auquel assisteraient des personnes tout à la fois très-pieuses et très-intelligentes. )

Le C. : Quatrième demande. Le baptême est-il absolument nécessaire pour être sauvé , Philippe ?

(Faites dire la demande et la réponse à plusieurs.)

Le C. : La réponse à cette demande est si claire , mes chers enfants, qu'elle n'exige aucune explication ; mais il est à désirer que nous y fassions une grande attention , afin d'exciter en nous des sentiments de reconnaissance pour la grâce que nous avons reçue dans le baptême, et pour toutes celles qui en sont la suite. Le baptême nous délivre du péché originel ; il met en nous la grâce sanctifiante ; il nous donne droit d'en recevoir l'augmentation dans les autres sacrements , et il nous procure une place dans le ciel. Nous avons déjà dit beaucoup de choses sur cela ; mais il est bon de les réunir ici pour en faire un ensemble. Voyons , Nicolas , quel est le péché dont le baptême nous délivre ?

DE CATÉCHIS3IE. 109

R. Il nous délivre du péché originel.

Le C. : Quelle grâce nous procure le baptême ?

R. 11 nous procure la grâce sanclifîante.

Le C. : Peut-on recevoir les autres sacrements quand on n'a pas reçu le baptême ?

( Nicolas est embarrassé , parce qu'il n'a pas fait assez d'attention à ce que vient de dire leCaléchiste. )

Le C. : Louis , qu'ai-je demandé à Nicolas ?

R. M. , vous avez demandé si on pouvait recevoir les autres sacrements quand on n'avait pas reçu le baptême ?

Le C. : C'est bien cela : que répondez-vous à cette question ? quand on n'a pas reçu le baptême peut-on recevoir la conQrmation? peut-on faire la sainte communion? peut-on se confesser, etc. ?

R. Oui, M., on peut recevoir la confirmation, on peut se confesser.

Le C. : Qu'en pensez-vous, François?

R. M. , vous avez dit que sans le baptême on ne pouvait recevoir aucun autre sacrement.

Le C. : Oui , je l'ai dit , mais en êtes vous persuadé ? croyez-vous qu'on ne peut pas se confesser quand on n'a pas reçu le baptême ? Est-ce qu'un juif ne pourrait pas dire ses péchés à un prêtre ? est-ce qu'il ne pourrait pas recevoir la sainte hostie ? Il le pourrait tout comme un autre , ce me semble. Qu'en pensezvous, Augustin ?

R. M., il pourrait bien se confesser et recevoir la sainte hostie , mais il ne recevrait pas la grâce qui est attachée aux sacrements.

Le C. : Voilà ce queje voulais vous faire dire. Non , sans le baptême on ne peut recevoir aucune des grâces attachées aux autres sacrements.

(Insistez un peu sur cela, en faisant des questions particulières, et faites bien comprendre la nécessité du baptême pour recevoir la rémission du péché originel, la grâce sanctifiante, la grâce atta-

chée aux autres sacrements , et le bonheur d'aller au ciel.)

Le C. : Il est donc bien important de recevoir le baptême , et nous ne saurions trop remercier le bon Dieu de la grâce qu'il nous a faite en nous donnant des parents chrétiens, qui nous ont procuré le baptême dès les premiers jours de notre naissance. Hélas, mes chers enfants, convenez qu'on ne pense pas beaucoup à remercier Dieu de celle première faveur ; failes-y plus d'attention à l'avenir, et allez quelquefois auprès des fonds de baptême , pour réfléchir sur la grâce que vous avez reçue et pour en remercier le bon Dieu.

Puisque le baptême est si nécessaire , mes chers enfants , et que cependant tout le monde ne peut pas le recevoir , ne peut-il pas être suppléé. C'est la cinquième demande : faites-la i François, ainsi que la réponse ?

(Quand la demande et la réponse auront parcouru les bancs comme à l'ordinaire , reprenez l'explicaliou. )

Le, C. : Le baptême peut donc être suppléé , mes chers enfants , par le martyre et par l'amour de Dieu ; c'est ce qu'on appelle le baplême de sang et le baplême de désir. Supposons qu'un sauvage qui n'a pas reçu le baptême, fréquente l'église et que ses camarades le tuent , à cause de cela , seraitil sauvé , François ?

R. Oui , M. , il sera sauvé , parce qu'il a souffert le martyre.

Le C. : Supposons qu'un enfant est né de parents sans Religion , qui ne lui ont pas fait donner le baptême ; mais il est bien sage , il aime le bon Dieu de tout son cœur , il a un grand désir de recevoir le baptême , et malheureusement il est mort avant de l'avoir reçu : croyez-vous que cet enfant sera damné, Clotilde?

R. Non, M., il ne sera pas damné, parce qu'il aura le baptême de désir.

Le C. : Est-ce que le baptême de sang et le baptême de désir donnent la grâce sanctifiante ?

R. Oui, M. , le martyre et le baptême de désir donnent la grâce sanctifiante comme le baptême ordinaire.

Le C. : Mais si le jeune bomme dont nous parlons avait eu la possibilité de recevoir le baptême et ne l'avait pas reçu par sa faute ?

R. M., alors il serait coupable et il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même s'il n'était pas sauvé.

Le C. : Je suppose un enfant qui est né parmi les sauvages et qui n'a jamais entendu parler du baptême : celui-là peut-il avoir le baptême de désir ?

R. Il me semble que non , parce qu'on ne peut pas désirer ce que l'on ne connaît pas.

Le C. : Cet enfant n'a donc aucun moyen de se sauver, et il sera nécessairement damné?

R. Je n'ose pas bien dire ce que je pense sur cela ; mais il me semble que le bon Dieu est trop bon pour condamner aux peines de Tenfer ceux qui sont dans l'ignorance et qui sont dans l'impossibilité d'en sortir.

Le C. : C'est très-bien , M. E. ; vous pouvez et vous devez croire que le bon Dieu nous jugera d'après les connaissances que nous avons et d'après les grâces qu'il nous a accordées. Nous pouvons regarder comme certain que Dieu ne punira que ceux qui l'ont mérité. (Voyez le sermon de Bourdaloue sur la prédestination. )

( Le Catécbiste fera les mêmes questions à plusieurs , surtout s'il a lieu de croire que les entants seront exposés à entendre des propos contre la Religion ; il pourrait aussi parler des enfants qui meurent sans recevoir le baptême, et dire qu'il est de foi que ces enfants n'iront pas au ciel et ne verront

jamais Dieu , ce qui doit de plus en plus faire apprécier la grâce du baptême. Dans ce moment, le Catéchiste entend quelques soupirs et voit deux jeunes personnes sortir leur mouchoir pour essuyer leurs larmes ; il demande à Julie pourquoi elle pleure ? )

R. C'est que j'ai un petit frère qui est mort sans recevoir le baptême. Oh quel malheur de ne pouvoir pas voir le bon Dieu et encore d'aller à l'enfer.

Le C. : Je ne crois pas que les enfants qui meurent sans recevoir le baptême aillent à l'enfer ; ils vont dans les limbes , et là ils ne verront pas Dieu , mais ils ne souffriront pas les tourments des damnés ni ceux des âmes du purgatoire. Ils ne jouiront pas du bonheur des Saints dans le ciel , mais ils n'est pas de foi qu'ils soient souffrants et malheureux. Je vous engage , mes enfants , à lire ce qui est dit sur cela dans un petit livre intitulé : Pieux souvenir des âmes du purgatoire ; mais je vous engage de nouveau à remercier le bon Dieu de la grâce qu'il vous a faite de recevoir le baptême et d'avoir ainsi le droit d'aller au ciel.

Nous lisons dans la Vie de saint Louis, roi de France , qu'il avait reçu le baptême dans une paroisse des environs de Paris, appelée Poissy. Toutes les fois qu'il allait dans celle paroisse , il remerciait le bon Dieu de la grâce qu'il lui avait faite dans celle église, et il attachait tant d'imporlance au sacrement de baptême qu'il voulait qu'on l'appelât Louis dePoissy , et non Louis de Paris ; et quand on lui en demandait la raison , il disait qu'à Paris il avait acquis le droit de monter sur le trône de France ; mais qu'à Poissy , il avait reçu le droit d'occuper un trône éternel avec les bienheureux.

Demain je ferai réciter la neuvième Leçon.

Récitez les y^ctes de foi , d^spérance , de charité et de contrition , Charles. Chantez le cantique : Quand l'eau sainte du baptême , p. 164.

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