SUR LE BAPTÊ3IE
Après le cantique d'invocation , faites réciter VOraison dominicale el]aSahiia(ion angélique. Faites réciter la neuvième Leçon selon la méthode ordinaire. Après que la leçon aura parcouru tous les bancs et que vous aurez lait quelques interrogations sans ordre , dites :
Le C. : Mes chers enfants, nous allons reprendre l'explication de la Leçon du Catéchisme qui parle du baptême , Leçon qui est si intéressante ! Je voudrais bien savoir si on a fait attention à l'histoire de saint Louis. Plusieurs se lèvent pour dire ce qu'ils ont retenu , le Catéchiste en désigne un qui la raconte avec intérêt.
Le C. : Voyez la sixième et la septième demande François ?... Toute personne peut-elle donner le baptême?. . . Que faut-il faire pour baptiser?
( Quand ces deux demandes ont parcouru les bancs, le Catéchiste demande avec quelques détails par qui le baptême doit être administré ordinairement? Répondez, Cécile.
R. Par le curé de la parroisse où il est né.
Le C. : Pourrait-on faire baptiser un enfant dans la paroisse voisine ?
R. On ne le pourrait pas sans nécessité.
Le C. : Peut-on en conscience différer Ion g- temps de faire baptiser un enfant?
R. On ne le peut pas , soit parce que cela est défendu par l'Eglise , soit parce que la vie des enfants
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est si fragile , qu'ils peuvent mourir à chaque instant , être privé du baptême et perdre le bonheur du ciel.
Le C. : Le père et la mère peuvent-ils baptiser leur enfant?
R. Ils le peuvent en cas de nécessité et s'il n'y a aucune autre personne présente.
Le C. : Le baptême donné par un juif ou par un idolâtre serait- il valide ?
R. Oui , s'ils ont l'intention de faire ce que fait l'Eglise , s'ils le font avec exactitude.
Le C. : Le baptême donné par les protestants et les autres héréliqucs^ est-il valide ? Oui, mes enfants. Le baptême donné par les protestants et les autres hérétiques serait valide s'il était donné de la manière que l'a ordonné N.-S. J.-C. Mais on s'est aperçu que depuis plusieurs années , en Allemagne , en Suisse , en Angleterre et en Amérique, il y a beaucoup de ministres qui ne suivent pas ce qui est prescrit par l'Evangile ; et alors , pour plus grande sûreté , on donne le baptême sous condition à ceux qui se convertissent. Que faut-il donc faire pour baptiser, Régis?
R. Il faut verser, etc.
Le C. : Qu'est-ce que vous entendez par les mots de l'eau naturelle?
R. M. , je pense que c'est de l'eau de puits ou de fontaine , de source ou de pluie.
Le C. : C'est bien cela. Pourrait- on se servir de la neige pour baptiser ?
R. On pourrait s'en servir après l'avoir fait fondre.
Le C. : Très-bien. Pourrait-on se servir de la glace ?
R. Oui , M. , également après l'avoir fait fondre.
Le C. : Pourrait-on se servir de l'eau de Cologne , de l'eau-de-vie ?
R. On ne pourrait pas se servir d'eau-de-vie , parce que ce n'est pas de l'eau naturelle.
Le C. : Et de l'eau de Cologne ?
R. 11 faudrait savoir de quoi se compose Teau de Cologne.
Le C. : L'eau de Cologne est une espèce d'eaude-vie , et par conséquent on ne pourrait pas s'en servir; mais l'eau de rose est une eau qui parait naturelle, qui a toutes les qualités de l'eau.
R. Si elle a toutes les qualités de l'eau, il me semble qu'on pourrait s'en servir.
Le C. : On pourrait s'en servir si on n'en avait pas d'autre ; mais si on pouvait se procurer de l'eau naturelle, on ne pourrait se servir de l'eau de rose et d'aucune des eaux qui ont deux noms joints ensemble, eau-de-vie, eau de Cologne , eau de rose, etc.
Il y a quelques années qu'un enfant de bonne famille étant devenu grand , et jouissantd'une grande considération , une femme du voisinage prenant plaisir à entendre parler de lui, s'empressa de dire qu'au moment de sa naissance il était en danger de mort , et qu'elle lui donna le baptême , et encore ajouta-telle que c'est avec de l'eau de rose que je le baptisai. Ce propos ayant été rapporté à celui qui en était l'objet , et qui était un homme plein de foi, il demanda instamment qu'on lui réitéra le baptême sous condition, et on le fît.
Reprenons, Charles, que faut-il faire pour baptiser ?
R. II faut verser de l'eau naturelle , etc.
Le C. : Vous dites qu'il faut verser de l'eau naturelle sur une partie considérable , c'est sur la tête et sur le front , s'il est possible , qu'il faut verser cette eau ; il faut même frotter un peu la partie sur laquelle on fait couler l'eau , dans la crainte qu'elle ne fasse que glisser et qu'elle ne touche pas la peau , car le mot baptiser signifie laver. Pendant qu'on lave
le corps la grâce purifie Tame , efface en elle le péché originel et Tenrichit de dons surnaturels. Il iaut donc laver la partie du corps sur laquelle on jette l'eau ; il faut môme la laver en faisant trois signes de croix en versant Teau. Il ne suffirait pas de jeter l'eau sur les cheveux , parce que les cheveux ne sont pas une partie considérable du corps, on pourrait jeter l'eau sur la poitrine ou sur les épaules, si on ne pouvait pas faire autrement ; mais il faut toujours préférer de la jeter sur le front. Continuons , Charles , sur quelle partie du corps faut-il jeter l'eau ?
R. M. , il faut la jeter sur la tête si on le peut.
Le C. : Faut-il se contenter de faire couler l'eau sur la tête ?
R. Non , M. , il faut frotter le front en forme de croix pendant trois fois et le laver.
Le C. : Qu'arrive-t-il à l'ame pendant qu'on lave le corps ?
R. La grâce sanctifiante purifie l'ame, efface le péché originel , et l'enrichit de dons surnaturels.
Le C. : Suffirait-il de jeter l'eau sur les cheveux?
R. Non, M. , parce que ce n'est pas une partie essentielle du corps.
( Faites les mêmes questions à plusieurs. Faitesleur bien comprendre qu'on lave le corps à l'extérieur pour faire mieux comprendre l'effet que le baptême produit dans l'ame ; vous pourriez même leur dire qu'autrefois, quand on donnait le baptême , on faisait entrer la personne qu'on voulait baptiser entièrement dans l'eau, et qu'ensuite on la revêtait d'habillements blancs. )
Le C. : En même temps qu'on verse l'eau sur la tête de l'enfant, il faut prononcer le nom du Saint qu'on donne pour patron à l'enfant , et dire : Pierre , Jacques, etc. je te baptise au nom du Père, et du Fils , et du Saiûl-Espiit.
DE Catéchisme. 117
Voyons, Louise , que faut-il dire en jetant de l'eau sur la tête de l'eufaut ?
R. Il faut prononcer le nom de baptême, et dire : Je le baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit.
Le C. : Si on se mettait deux pour donner le baptême , et que l'un jeta l'eau tandis que l'autre prononcerait les paroles , le baptême serait-il bon ?
R. Non , M. , il faut que la même personne jette l'eau et dise les paroles.
Le C. : Si on ne disait les paroles qu'après avoir versé l'eau , le baptême serait-il bon ?
R. Non, M. , il faut que les deux cboses se fassent en même temps.
(Faites les mêmes demandes à plusieurs. )
Le C. : François , savez-vous ce qu'on entend par le parrain et la marraine ?
R. M. , ce sont l'bomme et la femme qui tiennent l'enfant sur les fonds du baptême.
Le C. : Est-il nécessaire pour la validité du baptême , qu'il j ait un parrain et une marraine ?
R. Je ne sais pas si cela est nécessaire, mais je sais qu'on met toujours l'un et l'autre quand on fait un baptême à l'église.
Le C. : Non, mes enfants, le parrain et la marraine ne sont pas absolument nécessaires ; mais on le fait ordinairement, parce que le parrain et la marraine sont chargés de répondre pour l'enfant , et de surveiller son éducation chrétienne au défaut des parents. Les parrains et marraines contractent donc une obligation envers l'enfant qui est baptisé , et l'enfant lui-même doit les respecter et leur obéir relativement aux devoirs religieux. Il suit de là, mes chers enfants, qu'on ne doit choisir pour parrains et marraines que des personnes recommandables par leur bonne conduite. On ne peut pas choisir des protestants, des personnes qui ne sont pas mariées à l'église, etc.
Le C. : Louis, peut-on choisir indifféremment les premiers venus pour parrains et marraines ?
R. Non, M., il faut prendre de bons chrétiens.
Le C. : Pourquoi faut-il prendre de bons chrétiens?
R. Parce que les parrains et marraines son t obligés de veiller sur la conduite de leurs filleuls et filleules, etqu'ils ne pourraient pas le faire s'ils avaient eux-mêmes une mauvaise conduite.
Le C. : Peut-on prendre pour parrain des protestants , des personnes scandaleuses ?
R. Non , M. , parce qu'ils ne pourraient pas veiller sur leurs filleuls et filleules.
Le C. : Peut-on prendre des enfants qui n'ont pas fait leur première communion ?
R. M. , je ne le sais pas; mais je pense que ceux qui sont jeunes n'ont pas assez d'autorité pour se faire obéir par leurs filleuls et filleules.
Le C. : Vous avez raison; cependant, on le peut avec la permission de Mgr. l'Evêque. Or, cette permission est accordée facilement quand on la demande pour les frères ou les sœurs de l'enfant nouveau-né. On ne l'accorde pas aussi facilement pour des enfants étrangers à la famille. Savez-vous pourquoi ?
( Le Catéchiste fait cette question à plusieurs enfants qui répondent de diverses manières , sans donner la véritable raison qu'ils ne peuvent pas savoir , mais que le Catéchiste ne se presse pas de dire , afin qu'on y fasse plus d'attention. )
Le C. : Le sacrement de baptême est si important et la qualité de parrain et de marraine est si respectable , que l'Eglise a défendu au parrain de se marier avec sa filleule ou avec sa mère ; et à la marraine de se marier avec son filleul ou avec son père. Si les uns ou les autres se mariaient sans une dispense du Pape , le mariage serait nul. Or, vous comprenez que^eLparrain ou la marraine étant
î^BLparr
DE CATÉCHISiME. 1 19
jeunes , ils peuvent oublier facilement cet empêchement. Voyons si vous avez fait attention : le parrain peut-il se marier avec sa filleule, Alexandre?
R. Oui,M.
( Il y a un mouvement général d'improbalion ; alors Alexandre se reprend et dit : Non , M. )
Le C. : Qu'est-ce que j'ai demandé , Alexandre ?
R. M. , vous avez demandé si le parrain pouvait se marier avec sa filleule? J'avais dit, oui ; mais je m'étais trompé.
Lt C, : J'aime bien cette réponse où vous convenez de vous être trompé. Savez-vous pourquoi le parrain ne peut pas se marier avec sa filleule ?
R. M. , je ne sais pas.
Le C. : Savez-vous pourquoi le parrain ne peut pas se marier avec sa filleule , Louis ?
R. M. , parce que l'Eglise le défend.
Le C. : C'est très-bien ; cependant, je voudrais savoir pourquoi l'Eglise le défend. Voilà une médaille pour celui ou celle qui me donnera la raison,
R. Cécile se lève et dit que c'est pour inspirer plus de respect pous le saint baptême et pour le titre de parrain.
Le C. : C'est très-bien : voilà cette médaille ; vous l'avez bien méritée. La marraine peut-elle se marier avec son filleul ?
R. Non , M. , par la même jaison.
Le C. : Le parrain peut-il se marier avec la mère de l'enfant baptisé?
R. Non , M. , de même que la marraine ne peut pas se marier avec le père de l'enfant baptisé.
Le C. : Le parrain peut-il se marier avec la marraine ?
R. Oui , M. , parce qu'il n'y a point d'empêchement établi par l'Eglise.
( Faites les mêmes questions à plusieurs. )
Le C. : Quelles sont les promesses que l'on fait au baptême , Augustin ?
( Faites parcourir la demande et la réponse dans tous les bancs comme à l'ordinaire ; faites de même pour la demande et la réponse suivante. )
Le C. : Vous savez , mes chers enfants , que le baptême nous donne droit d'aller au ciel. Serait-il juste d'aller au ciel sans qu'il nous en coûtât rien , Clolilde ?
R. Non, M. , dans ce monde on n'a rien sans peine , et de même il faut faire quelque chose pour mériter le ciel.
Le C. : N'avez-vous pas un de vos voisins qui a la croix de la légion-d'honneur?
R. Oui , M. , c'est le nommé Sans-Peur ; il fut le premier qui escalada les murs d'une ville qui fut prise par les soldats.
Le C. : N'avez-vous pas un de vos voisins qui a fait fortune , François ?
R. Pardonnez-moi , M. ; mais aussi c'était un homme très-actif, il se levait de grand malin, il se couchait fort lard , il allait souvent à la campagne ; voilà comment il a fait fortune.
Le C. : Vous croyez donc bien qu'il serait resté pauvre s'il ne s'était pas donné beaucoup de peine?
R. Oui , M. , et la preuve est que son frère , qui était un paresseux , a beaucoup de peine à vivre.
Le C. : Il est donc bien constant qu'on n'a rien sans peine dans ce monde , et qu'il ne serait pas juste que nous voulussions obtenir le ciel sans qu'il nous en coûtât rien ; or, ce sont les promesses du baptême qui nous méritent celle belle récompense. C'est pourquoi , il est essentiel pour nous de savoir en quoi elles consistent et les obligations qu'elles nous imposent. Remarquez bien, mes enfants , que ces promesses renferment deux choses : la première , c'est de renoncer à Satan , c'est-à-dire au démon , à ses œuvres et à ses pompes ; la seconde consiste à vivre selon les maximes et les exemples de J.-C.
Combien de choses renferment la promesse du baptême , Raymond ?
R. M., elle renferme deux choses , renoncer au démon pour suivre J.-C.
Le C. : Vous abrégez un peu, mais je n'en suis pas fâché, parce qu'on le retiendra mieux.
( Faites la même question à plusieurs. Combien de choses renferment les promesses du baptême ? )
Le C. : Vous n'avez pas oublié , mes chers enfants , qu'en venant au monde, nous sommes infectés par le péché originel et sous la dépendance du démon : le baptême nous délivre du péché originel ; mais Dieu exige que nous renoncions volontairement à la dépendance du démon. Cela n'est-il pas juste, puisque Dieu nous adop'e comme ses enfants, puisqu'il veut nous donner son héritage qui est le ciel ; il est alors bien à propos que nous renoncions au démon. Qu'en pensez- vous , Régis ?
R. M. , il me semble que cela est bien juste, parce qu'on ne peut pas être à Dieu et au démon en même temps.
Le C. : C'est très-bien : qu'en pensez-vous, Nicolas,... Julie,... Rosalie,... Marie,... etc.?
Le C. : Savez-vous ce que c'est que les œuvres du démon? C'est le péché en général : l'orgueil, l'avarice , la luxure, l'envie, la gourmandise, la colère et la paresse ; voilà les œuvres du démon. Or, peuton renoncer au démon sans renoncer à ses œuvres , Louis ?
R. Il me semble que non, M. ; ce serait ôter d'une main ce qu'on donnerait de l'autre.
Le C. : Que voulez-vous dire par là, M. E.?
R. M. , je veux dire que ce serait repousser le démon par ses paroles et ensuite l'attirer par ses actions.
Le C. : Qu'en pensez-vous , André ?
R. Je pense que ce n'est pas renoncer entièrement au démon quand on fait ses œuvres. G
Le C. : Et quelles sont les œuvres du démon ?
R. Ce sont les péchés , et surtout les péchés capitaux, l'orgueil, etc.
Le C. : Croyez-vous qu'on puisse renoncer au démon quand on fait ses œuvres, Joséphine ?
R. Non, M., pour renoncer au démon, sérieusement , il faut renoncer à ce qui lui fait plaisir.
Le C. : Et qu'est-ce qui fait plaisir au démon ?
R. Ce sont les péchés, et surtout les péchés capitaux, l'orgueil, etc.
Le C. : Qu'en pensez-vous , Rosalie ?
R. Je pense de même, qu'il faut renoncer aux œuvres du démon en même temps qu'on renonce au démon.
( Faites les mêmes questions à plusieurs. )
Le C. : Voici maintenant le difficile, mesE. , c'est de hien définir en quoi consistent les pompes du démon. Vous en faites-vous une idée , Clotilde ? comprenez-vous bien ce qu'on entend par les pompes du démon ?
R. Il me semble qu'on entend par les pompes du démon , tous les moyens que le démon emploie pour nous entraîner dans le péché.
Le C. : Et quels sont les moyens que le démon emploie pour nous entraîner dans le péché ?
R. Ces moyens sont les parures, les danses, les mauvaises fréquentations , les lectures de romans , les spectacles.
Le C. : Il paraît , M. E. , que je n'ai pas été le premier à vous faire cette question : je suis très content de votre réponse, et je voudrais bien que tout le monde la retînt. Qu'entendez-vous par les pompes du démon , Julie,... Rosalie,... etc. ?
( Toutes répondent comme Clotilde, que ce sont les moyens que le démon emploie pour nous entraîner dans le péché. )
Le C. : Il est très vrai, M. E. , que le démon se
sert des mauvais livres , des mauvaises compagnies
Eour porter au mal les personnes du sexe. Mais les ommes sont-ils à l'abri des tentations du démon ? Quels sont les moyens que le démon emploie pour porter les hommes au mal , François ?
R. M. , je pense que ce sont les mêmes moyens qu'il emploie pour séduire les femmes , les mauvaises compagnies , les mauvais livres , les spectacles , etc.
Le C. : Mais n'y en a-t-il pas de plus particuliers pour les hommes ? N'y a-t-il pas des maisons qu'ils doivent éviter avec plus de soin ?
R. Ils devraient éviter les cafés, les c^RTrets.
Le C. : C'est ce que je voulais^jisfaire dire. Voyons maintenant la difîérenfTfque vous mettez entre les œuvres du démon et les pompes du démon. Apercevez-vous cette différence ?
R. 11 me semble, M. , que les œuvres du démon sont toujours mauvaises, parce que ce sont des péchés, tandis que les pompes du démon ne sont pas toujours des péchés , mais sont souvent l'occasion d'en commettre.
Le C. : Votre réponse est fort bonne , mon cher enfant ; je n'attendais pas que vous me répondissiez aussi bien ; où avez-vous trouvé cette distinction?
R. C'est le frère qui me l'a donnée.
Le C. : Voyons si on y a fait attention : quelle différence y a-t-il entre les œuvres du démon, et les pompesdu démon, Philippe,... Antoine,.. .Emile,... Julie, etc. ?
( Tous répondent à peu près comme François qui est chargé de reprendre ceux qui se tromperaient. On interroge de même les filles que Julie est chargée de reprendre , parce qu'elle a elle-même très-bien répondu. )
Le C. : Combien y a-t-il de choses dans les promesses du baptême , Marthe ?
R. Il y en a deux principales qui sont : de renoncer au démon pour sui\ re J.-C.
Le C. : C'est très-bien. Quand nous venons au monde, de quel péché sommes-nous coupables?
R. Nous sommes coupables du péché originel qui nous vient d'Adam et d'Eve.
Le C. : Comment sommes-nous délivrés du péché originel ?
R. Nous en sommes délivrés par le baptême.
Le C. : Comment sommes-nrous délivrés de Tempire du démon ?
R. «^ en sommes délivrés par le renoncement au dém^^à ses œuvres et à ses pompes.
Le C. .-^Ii^enteudez-vous par les œuvres du démon ? ^^*^
R. Les œuvres du démon sont le péché, et surtout les péchés capitaux.
Le C. : Qu'est-ce que les pompes du démon?
R. Les pompes du démon sont les moyens qu'il emploie pour nous porter à offenser Dieu , comme les bals, les spectacles, les mauvais livres, et tout ce qui est pour nous une occasion de péché.
Le C. : Quelle différence y a-t-il entre les œuvres du démon el les pompes du démon ?
R. Les œuvres du démon sont toujours des péchés ; au lieu que les pompes du démon ne sont pas toujours des pèches , mais sont souvent une occasion d'en commettre.
Le C. : Est-ce que vous croyez que la lecture des mauvais livres n'est pas toujours un péché?
R. Il y a de livres si mauvais , qu'on est toujours coupable de les lire, et que cette lecture est une œuvre du démon. H y a des livres qui sont moins mauvais, mais qui sont toujours dangereux, et ceuxlà on peut les regarder comme faisant partie des pompes du démon.
Le C. : Que faut-il penser des modes ?
DE CATECHISME. 12o
R. Il y en a qui sont indécentes el mauvaises , qui sont des œuvres du démon ; il y en a qui nourrissent la vanité, et qui sont des pompes du démon. Le C. : On parle souvent du renouvellement des promesses du baptême, mes chers enfants, on les renouvelle solennellement à l'époque de la première communion , mais il n'est pas sûr qu'on y fasse autant d'attention qu'il le faudrait; c'est cependant une chose fort importante et qui nous fait contracter l'obligation de repousser le démon , d'éviter le péché et de nous éloigner des occasions du péché. •'11 faut que je vous donne sur cela encore une e«)lica[ion. Vojons , François , si au moment dem|^naissance on promettait de vous donner xM^S^i domaine à condition que vous éviteriez d'insulter votre bienfaiteur, Irouveriez-vous mauvais que votre parrain répondît pour vous que vous remplirez la condition quand vous serez grand ?
R. Non, M.; au contraire je serais bien reconnaissant de sa complaisance.
Le C. : Ne seriez-vous pas empressé , dès que vous seriez grand , de ratifier les promesses faites par votre parrain et votre marraine ?
R. Pardonnez-moi, M., je les ratifierais avec plaisir et je ferais tout ce qu'ils ont promis pour moi. Le C. : Le ciel ne vaut-il pas plus qu'un beau domaine ?
R. Oui , M. , il vaut beaucoup plus , puisqu'il nous procure un bonheur éternel.
Le C. : Eh bien, mes enfants, voilà ce qui s'est passé au moment où vous avez reçu le baptême : vos parrains et marraines ont promis que vous éviteriez le péché et les occasions de péché , et à cette condition Dieu vous a promis le ciel : soyez donc empressés de renouveller souvent les promesses qu'on a faites pour vous au moment où vous avez reçu le baptême; évitez le péché avec beaucoup de soin,
ainsi que les occasions de péché; c'est-à-dire, renoncez au démon , à ses œuvres et à ses pompes ; mais il ne suffit pas de faire ce renoncement, il y a quelquechose de plus. Quelles sont les promesses que nous^aisons au baplème , Louis ?
R. Nous promettons , etc.
Le C. : Suffil-il de renoncer au démon , à ses œuvres et à ses pompes d'après le catéchisme, pour être un bon chrétien ?
R.Non,M. , il faut de plus vivre selon les maximes et les exemples de J.-C.
, Le C. ji^ouis, que diriez- vous à un enfant qui croirait a^^■ rempli tous ses devoirs envers son père et sa mère ei?^fe*Leur disant pas de sottises , en ne fréquentant pas leurs ennemis, ceux qui les outragent, qui les volent , qui leur font des procès.
R. M. , je croirais que cela ne suffit pas, et qu'il doit respecter son père et sa mère , leur obéir et faire tout ce qui peut leur faire plaisir.
Le C. : Un bon chrétien ne doit donc pas se contenter de renoncer au démon.
R. Non, M., il doit suivre les maximes et les exemples de J.-C.
Le C. : Que faut-il faire pour suivre les maximes et les exemples de J.-C? 11 faut, mes enfants, observer fidèlement les commandements de Dieu et les commandements de l'Eglise ; il faut bien apprendre son catéchisme , faire ses prières avec attention , assister aux offices divins , observer l'abstinence le vendredi et le samedi ; voilà comment on suit les maximes et les exemples de J.-C.
Le C. : Augustin, pour être un bon chrétien suffit-il de renoncer au démon , à ses œuvres et à ses pompes?
R. Non, M. , il faut suivre les maximes et les exemples de J.-C.
Le C. : Que faut-il faire pour suivre les maximes et les exemples de J.-C.
R. Il faut observer les commandemenls de Dieu et ceux de l'Eglise.
Le C. : Quelles sont les œuvres du démon ?
R. Ce sont les péchés^ et surtout les péchés capitaux.
Le C. : Quelles sont les œuvres de J.-C? Ce sont les vertus opposées à l'orgueil , à l'avarice , à la luxure, à tous les péchés capitaux. Le démon approuve tous les vices; et J.-C. nous exhorte à pratiquer toutes les vertus et nous en donne l'exemple; il est né bien pauvrement dans une élable pour nous apprendre à mépriser les richesses ; il a soufîert toutes sortes de tourments pendant sa passion pour nous donner des exemples d'humilité, de patience. Tâchez, mes enfants, de bien faire attention à ces deux choses: le démon favorise tous les vices et J.-C. toutes les vertus ; ainsi pour être bon chrétien il faut renoncer au démon en évitant tous les vices , et imiter J.-C. en pratiquant toutes les vertus. Voyons, Marie , que faut-il faire pour renoncer au démon ?
R. Il faut éviter tous les péchés et surtout les péchés capitaux.
Le C. : Que faut-il faire pour suivre J.-C. ?
R. Il faut observer les commandemenls de Dieu et de l'Eglise et pratiquer l'humilité , la charité et toutes les vertus.
( Faites ces questions à plusieurs pourbien mettre en opposition les œuvres du démon et celles de J.-C.
Le C. : Nous avons dit, mes chers enfants, que les œuvres du démon étaient tous les péchés et tous les vices; et que les œuvres de J.-C. étaient toutes les vertus. Nous avons dit aussi que les pompes du démon étaient les choses qui nous portent au péché, les pompes de J.-C. ce senties choses qui nous portent à la pratique delà vertu . Je suppose qu'ily ait ici deux ieunes gens qui se présentent avec deux étendards , l'un a mis sur son étendard : Mes amis, voulez-vous
bien vous amuser , venez avec moi , nous ferons de bons repas , nous irons à la danse , nous chanterons des chansons libres et amusantes , nous lirons des romans , nous passerons notre vie dans les plaisirs ; Tautie a mis sur son étendard une croix et il a écrit : mes amis, les plaisirs de ce monde ne durent qu'un moment , ils amènent avec eux beaucoup de regrets et de remords J on perd son argent et sa santé dans les cabarets et dans les parties de plaisir ; croyez-moi, suivons les exep>ples de J.-C. et ceux des Saints, nous mènerons une vie moins bruyante, mais plus' consolante et qui nous conduira au ciel.
Quel est celui des deux qui suit les pompes du démon , François ?
R. M. , c'est le premier.
Le C. : Quel est celui qui est plus agréable à suivre?
R. M. , c'est le premjler.
Le C. : Mais en le suivant , où va-t-on ?
R. On va dans l'empire du démon qui est l'enfer.
Le C. : Où conduit le second étendard ?
R. Le second étendard conduit àl'empire de J.-C, c'est-à-dire au ciel.
LeC. : Le premier étendard rend-il heureux ceux qui le suivent ? Non , mes enfants, non , les plaisirs du monde sont courts et ne rendent pas heureux ; au contraire , ils font perdre la joie de l'ame et quelquefois la santé et le ciel.
Ceux qui suivent le second étendard ne sont pas aussi malheureux qu'ils le paraissent , et la preuve , c'est qu'en général on voit une douce gaielè régner parmi les personnes pieuses , et surtout dans les communautés religieuses.
Je vous livre celte pensée des deux étendards, mes enfants , afin que vous choisissiez.
Faites réciter le Je erois en Dieu lentement par un seul ; faites aussi chanter : Le monde en vain, p. Ii9. Nous ferons réciter demain la dixième leçon de la
DE C.VTÉCHISxME. 129
quatrième partie du Calécliisme ; nous ferons réciter aussi la quatrième leçon qui est sur la confirmation.