‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 14 sur 74 · SIR LES CÉRÉMONIES DU RAPTÊME ET SUR LA CONFIR- 3IATI0N · texte numérisé non relu

SIR LES CÉRÉMONIES DU RAPTÊME ET SUR LA CONFIR- 3IATI0N

Après le cantique (T invocation , la récitation de V Oraison dominicale et de la Salutation angclique , le Catéchiste fait réciter la onzième Leçon selon la méthode ordinaire , ensuite il fait réciter la Leçon quatrième sur la confirmation.

Nous allons expliquer ce qui regarde le sacrement de contirmalion, mes enfants; mais auparavant je voudrais savoir si on a retenu quelque chose sur

DE CATÉCniSME. 131

les deux étendards. Louis , que représenlent les étendards dont j'ai parlé hier?

R. Ils représentent ceux qui veulent suivre le démon et ceux qui veulent suivre J.-C.

Le C. • Qu'y a-l-il d'écrit sur l'étendard de ceux qui veulent suivre le démon?

R. M. , il y a qu'il faut bien s'amuser, qu'il faut faire de bons repas , qu'il faut chanter , danser , aller à la comédie.

Le C. : Où aboutit le chemin de celui qui porte cet étendard ?

R. Il aboutit à l'endroit où règne le démon , c'està-dire à l'enfer.

Le C. : Les plaisirs promis par l'étendard du démon sont-ils aussi réels qu'ils le paraissent ?

R. Je ne crois pas, M., parce qu'on ne peut jamais satisfaire entièrement ses passions; au contraire, plus on les suit, plus elles augmentent, en sorte qu'on n'est jamais content.

Le C. : Vous est-il arrivé de faire cette observation quelquefois parmi vos camarades P

R. Oui, M. , j'en avais un qui était bien riche : on lui donnait de l'argent tant qu'il voulait ; il commença par ruiner sa santé, et ensuite il élaitennuyé de la vie an point qu'il voulait se tuer.

Le C. : Clolilde , qu'y a-t-il d'écrit sur le second étendard ?

R. Il y a qu'il faut réprimer ses passions, observer les commandements de Dieu et de l'Eglise , et pratiquer l'humilité , la charité et toutes les vertus.

Le C. : Où aboutit le chemin de celui qui porte cet étendard ?

R. Il aboutit à J.-C. et au ciel.

Le C. : Croyez-vous que le second étendard ne produise que de la tristesse et de l'ennui.

R. Au contraire, M. ,il produit une joie intérieure qui dédommage des sacrifices qu'on est obligé de faire.

132 OZIÈME JOUR

Le C. : Comment le savez-vous ?

R. Je le sais par l'exemple d'une jeune personne qui était étrangère et fort adonnée à la toilette et aux plaisirs ; je l'engageai à a enir se confesser avec moi ; depuis lors elle est devenue très-sage et plus ouverte , plus gaie qu'elle ne l'était auparavant ; son père et sa mère s'en sont aperçus et m'en ont remerciée.

Le C. : Pourriez-vousme citer d'autres exemples ?

R. Oui, M, beaucoupd'autres, mais je craindrais, en les citant, de faire de la peine à quelques personnes. Il n'y a qu'une chose que je puisse dire , c'est qu'il n'y a pas de gaieté plus douce et plus soutenue que celle de nos sœurs qui ont une vertu angélique.

( On pourrait interroger quelques autres enfants et mettre en opposition les pompes du démon avec celles de J.-C. , qui se trouvent principalement dans les cérémonies religieuses, les processions, les sermons, les congrégations, etc. )

( Le sonneur vient dire quelque chose à l'oreille du Catéchiste, et celui-ci dit aux enfants : )

Le C. : Mes chers enfants, je savais qu'il devait y avoir un baptême aujourd'hui, et j'avais prié M. le Curé de le renvoyer, s'il était possible, à l'heure où finit le catéchisme. On vient de m'avertir qu'il aurait lieu dans demi-heure. M. le Curé m'a permis de vous y conduire, mais à condition que vous serez bien sages , que vous assisterez à la cérémonie avec recueillement. Je l'ai promis pour vous, mes enfants, ralifiez-vous ma promesse?

( Les enfants répondent, oui, oui, oui, et ont l'air fort contents d'être témoins de cette auguste cérémonie. )

Le G. : Avant de vous rendre témoin des cérémonies qui vont avoir lieu , je crois devoir vous les expliquer, afin que vous puissiez mieux les retenir. Nous distinguerons ce qui se fait avant le baptême et pendant le baptême.

DE CATÉCniSJIE. 133

Avant le baptême, l'enfant est présenté à la porte de l'église. Savez-vous pourquoi, Julie?

R. Non , M., on ne me l'a jamais dit.

Le C. : Et vous, Louis, savez-vous pourquoi on ne fait pas entrer l'enfant dans l'église ?

R. M., c^est parce qu'il n'est pas encore baptisé.

Le C. : Ce que vous dites est vrai , mais ne donne pas la raison principale. Pourquoi ne laisse t-on pas entrer l'enfant avant qu'il soit baptisé?

( Les autres enfants interrogés donnent diverses raisons qui ne sont pas exactes ; le Catéchiste les laisse ainsi talonner , afin qu'ils comprennent mieux le niolif pour lequel on tient l'enfant hors de l'église. )

Le C. : Qu'en pensez-vous, Clolilde ? Pourquoi l'entrée de l'église est-elle interdite à cet enfant?

R. M., c'est parce qu'il n'est pas enfant de Dieu et de l'Eglise.

Le C. : Qu'est-ce qui l'empêche d'être enfant de Dieu et de l'Eglise?

R. C'est le péché originel.

Le C. : Vous y voilà à peu près.

Le C. : Tant que l'enfant n'est pas purifié du péché originel , de qui est-il le sujet ?

R. 11 est sous l'empire du démon.

Le C. : Voilà , mes E. , ce qu'il faut savoir et ce qui vous fera comprendre la plupart des cérémonies. En commençant, le prêtre demande au parrain et à la marraine le nom de l'enfant, c'est-à-dire le nom du Saint et de la Sainte qu'on lui donne pour prolecteurs; il demande ensuite à l'enfant ce qu'il veut, l'enfant est trop jeune pour répondre , le parrain et la marraine répondent pour lui qu'il vient chercher la foi et la vie éternelle ; le prêtre souille trois fois sur la figure de l'enfant et fait une prière pour chasser le démon. Celte cérémonie fait voir combien le démon est faible, puisqu'on le cliasse aussi facilement par le souille que si c'était une plume, ou quelques grains de poussière : dès lors J -C.

13i OXZIÈME JOUR

commence à prendre possession de l'enfant ; c'est pour cela qu'on lui fait le signe de la croix sur la poitrine , afin qu'il aime la croix , et sur les épaules, afin qu'il la porte courageusement. Le prêtre dit quelques oraisons en tenant la main sur la tête de l'enfaut comme pour prendre possession de lui au nom de l'Eglise ; il lui met un peu de sel béni dans la bouche pour nous apprendre que nous devons nous préserver de la corruption du siècle et nous nourrir du sel de la sagesse ; il dit quelques autres oraisons qui renferment une malédiction contre le démon , fait un signe de croix sur le front de Tenfant pour lui apprendre à ne pas rougir de la croix.

Il est dit, dans l'Evangile, qu'un sourd et muet ayant été présenté à N.-S. , il le guérit avec de la salive, et en disant : Ephphcta, c'est-à-dire, ouvrezvous ; le prêtre prononce les mêmes paroles et fait un signe de croix avec de la salive et sur l'oreille de l'enfant et sur ses narines, pour nous disposera entendre la parole de Dieu et à respirer la bonne odeur des vertus de J.-C. ; après cela, il introduit l'enfant dans l'église , le fait approcher des fonds baptismaux. Voyez, mes enfants, si vous avez retenu ces premières cérémonies et quel en est l'esprit.

Le C. : Pourquoi l'enfant est-il retenu à la porte de l'église , Auguste ?

R. M., c'est qu'il est encore sous l'empire du démon et qu'il n'a pas droit de participer aux prières de l'église et aux sacrements.

LeC. : C'est très bien. Pourquoi lui donne-t-on le nom d'un Saint et d'une Sainte ?

R. C'est afin qu'il les prenne pour protecteurs et pour modèles.

Le C. : Pourquoi le prêtre souffle-t-il sur le visage de l'enfant?

R. C'est pour chasser le démon qui n'a pas plus de consistance qu'une paille ou qu'une plume, quand on ne le relient pas en suivant des affections déréglées.

Le C. : Pourquoi fait-on le signe de la croix sur la poitrine de l'enfant ?

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