C'est pour ranimer sa foi et la nôtre
Le C. : î*Jous arrive-t-il souvent de dire ces paroles : Seigneur , exaucez ma prière ?
II. Oui , M. , toutes les fois que nous disons quelques prières de l'Eglise.
Le C. : Je n'ose pas vous demander s'il nous arrive souvent de les dire avec attention?
( Faites les mêmes questions à plusieurs enfants. )
Le C. : Nous allons reprendre l'explication des prières que prononce le Prélat. Voyons , François , pourquoi l'Evéque dit -il : Dieu tout puissant et éternel , qui avez daigné régénérer vos enfants par l'eau salutaire et le St-Esprit? De quelle eau est-il question dans cette prière ?
R. M. , il est question de l'eau du baptême qui nous a purifiés du péché originel et nous a donné la vie de la grâce ?
Le C. : C'est bien ; mais pourquoi le Prélat se sert-il du mot , vos enfants , en parlant à Dieu?
R. Le Prélat dit : vos enfants , en parlant à Dieu, parce que le baptême nous rend les enfants de Dieu et de l'Eglise.
Le C. : Le Prélat dit à Dieu : Envoyez-leur, du haut du ciel , voire Esprit consolateur : est-ce que le Saint-Esprit vient habiter dans l'ame de ceux qui reçoivent la confirmation?
R. Oui, M., le Saint-Esprit habite dans l'ame de tous ceux qui sont en état de grâce.
( Faites ces trois questions à plusieurs, et ensuite reprenez : )
Le C. : Le Saint-Esprit quitte-t-il le ciel pour venir dans l'ame de ceux qui sont confirmés ? Je sens , mes enfants , que cette demande peut vous
embarrasser , et je me hâte d'employer une comparaison qui TOUS aidera à mieux comprendre ma pensée. Dites-moi, Louis, quand il fait beau temps et que le soleil est bien brillant , n'entre-t-il pas dans Téglise par les fenêtres ?
R. Oui, M. , il y entre , et nous le voyons même tous, dans ce moment, du côté de la chapelle de St. François.
( Tous les enfants tournent la tête de ce côté-là. )
Le C. : Le soleil n'entre-t-il pas également dans d'autres églises ?
R. Pardonnez-moi, M. , il entre dans toutes.
Le C. : Le soleil cesse-t-il pour cela d'être dans le ciel !
R. Non , M. , le soleil est toujours là haut , mais ses rayons entrent dans l'église et même dans les maisons, quand les fenêtres sont ouvertes.
Le C. : Le Saint-Esprit peut donc entrer dans nos âmes par ses rayons , par sa chaleur , par sa lumière sans cependant cesser d'être dans le ciel ?
R. Oui , M. , on comprend bien cela.
( Faites les mêmes questions à plusieurs. )
Le C. : Marie, s'il y avait une église sans fenêtres, la lumière du soleil y entrerait-elle ?
R. Non , M. , on ne verrait rien dans l'église.
Le C. : Je suppose qu'une église avait des fenêtres, mais on les a fermées avec une muraille, y verraiton dans cette église ?
R. Non, M. , on n'y verrait plus rien.
Le G. ." Mais je suppose qu'au lieu de murer les fenêtres on y a mis seulement des rideaux , qu'arriverait-il ?
R. M. , le jour entrera bien un peu , mais pas aussi clair.
Le C. : Mes enfants , voilà une belle image pour celui ou celle qui m'expliquera ce que j'ai voulu dire par là , et fera une juste application de celte comparaison.
( Personne n'ose se lever , si ce n'est Antoine qui dit : M., le Gros-Pierre m'a expliqué cela; il m'a dit que lorsque nous faisons un péché mortel, nous bouchons les fenêtres de notre ame avec une muraille , et qu'alors le Saint-Esprit n'y entre pas.
LeC. .• Qu'en pensez -vous, Rosalie?
R. M. , si j'avais osé, j'aurais dit la même chose, et j'aurais ajouté que le rideau représente le péché véniel qui alTaiblit les lumières du Saint-Esprit , mais ne les détruit pas entièrement.
Le C. : C'est très-bien, mes enfants, et d'autant plus admirable, qu'Antoine et Rosalie ne savent pas lire ; vous méritez une image l'un et l'autre , mes enfants , la voilà.
( Le Catéchiste interroge plusieurs enfants, pour voir s'ils ont bien saisi ces comparaisons, et il voit avec plaisir que les [>lus faibles en ont fait l'application avec justesse ; il profite de l'occasion pour faire quelques autres applications de cette comparaison , en disant, par exemple, que plus il y a de fenêtres dans une église, plus il y a de jour ; que le baptême est la première ouverture qui fait entrer la grâce dans notre ame ; que la confirmation est la seconde et nous donne plus de jour, qu'il en est de même de tous les autres sacrements. )
Le C. : Revenons maintenant aux cérémonies de la confirmation. Comment l'Evêque donne-t-il la confirmation , Jules ?
R. L'Evêque donne ce sacrement , etc.
Le C. : Vous dites : en faisant le signe de la croix sur le front avec le saint chrême : Et qu'est-ce que le St. chrême? C'est un mélange d'huile d'olive avec du baume. t]e mélange est fait à l'église, le jeudisaint, par Mgr. , avec de grandes solennités. L'huile d'olive adoucit la peau, facilite le mouvement du corps : on s'en sert pour garnir les lampes et entretenir la lumière. Sous divers rapports, l'huile d'olive
représente la grâce qui nous facilite l'accomplissement de tous nos devoirs et peut entretenir dans nous le feu de la charité. Le baume qu'on met dans l'huile a une excellente odeur, et nous rappelle que le parfait chrétien doit répandre partout la bonne odeur de J.-G. par ses bons exemples et par ses vertus. L'Evêque fait l'onction en forme de croix sur le front, parce que c'est l'endroit le plus apparent du visage, et qu'un parfait chrétien ne doit jamais rougir de la croix de J.-C. L'Evêque frappe la joue de la personne qui est confirmée , pour lui apprendre qu'elle doit être disposée à souft'rir tous les outrages , même les soufflets , pour se rendre conforme à J-C. qui a souffert toutes sortes de tourments pour l'amour de nous.
Le C. : Voyons, Charles, qu'est-ce que le saint chrême ?
R. M. , c'est de l'huile qu'on a bénie.
Le C : Qu'en pensez-vous , Régis , est-ce comme cela qu'il fallait répondre ?
R. M. , il fallait dire que c'était le jeudi-saint que Mgr. bénissait cette huile.
Ze C. : Mais ne met-on pas quelque chose avec l'huile?
R. M. , je ne le sais pas, je ne l'ai pas vu faire.
Le C. : Joseph , avez-vous quelquefois vu bénir le saint chrême quand vous étiez enfant de chœur ?
R. Je l'ai bien vu ; mais sans le voir, je sais que le saint chrême est un mélange d'huile et de baume , ainsi que vous nous l'avez dit.
Le C. : C'est bien , M. E. , vous avez fait attention à ce que j'ai dit. Mélanie , qu'est-ce que le saint chrême ?
R. C'est un mélange d'huile d'olive et de baume : l'huile représente la grâce , et le baume les bons exemples que nous devons donner.
( Faites la même demande à plusieurs, afin de
leur inspirer du respect pour le saint chrême dont on se sert pour consacrer les calices , les pierres sacrées, les autels , et même les Evoques. )
Le Ç. : Pourquoi TEvêque fait- il une onction sur le ifront avec le saint chrême, Joséphine?
R. C'est pour nous rappeler qu'il ne faut jamais rougir de l'Evangile ?
Le C. : Comment recevons-nous cette leçon ? R. Par le signe de croix que Mgr. fait sur le front, et par le soulflet que le Prélat donne à ceux qui sont confirmés.
Le C. : Que représente l'huile d'olive ? R. L'huile d'olive représente l'onction de la grâce qui nous aide à remplir tous nos devoirs.
Le C. : Que représente le baume q;ui est mis daus l'huile?
R. Le baume représente les vertus que nous devons pratiquer en donnant le bon exemple ? Le C. : A quoi sert le saint chrême ? R. Il sert à consacrer les calices , les autels , les églises , et même les Evoques.
(Faites quelques demandes analogues aux enfants. Quand tout le monde a été confirmé , l'Evêque fait encore quelques prières , donne la bénédiction et impose une pénitence qui consiste à dire VOraison dominicale j la Salutation angélique et le Symbole des Apôtres. Il se recommande aux prières des nouveaux confirmés, et on dit pour lui un Paier et un Jve, Maria. Aucun des confirmés ne doit sortir de l'église avant d'avoir reçu la bénédiction. )
Le C. : Antoine , est-ce qu'on ne lit pas la Vie des Saints dans votre village , pendant les veillées d'hiver.
R. Pardonnez-moi , M. , on chante des cantiques, on fait des lectures de piété , mais on lit surtout la Vie des Saints.
Le C. : Est-ce que tout le monde écoute bien ?
R. Oh ! M. , vous entendriez voler une mouche, surtout quand on lit l'histoire des martyrs ; l'autre jour on en lisait une qui nous faisait venir la chair de poule , comme on dit.
Le C. ; Et quelle était cette histoire? Pourriezvous la raconter?
R. M. , je m'en souviens bien , mais je n'oserais pas la raconter , parce que je ne sais pas lire et je ne dirais pas bien.
Le C. : Dites toujours comme vous le savez.
R. C'était un gouverneur de ville ou de province , qui était bien laid, et bien cruel, et bien idolâtre ; il
f)ersécutait les chrétiens et les faisait mourir dans es tourments. Un jour il y avait quarante hommes qui refusaient d'adorer les idoles , et alors il les fit rudement frapper à coup de fouet ; mais ils se laissèrent frapper sans rien dire , et alors ce malheureux ordonna d'Oter à tous leurs habillements , et de les mettre sur un étang qui était glacé afin qu'ils mourussent de froid et il avait fait faire un grand feu à l'autre bord de l'étang, pour faire chauffer ceux qui voudraient apostasier. Eh bien ! tous aimèrent mieux mourir, excepté un qui alla près du feu et qui mourut tout de suite. Le Gros-Pierre en entendant cela, disait : il avait bien mérité de mourir à cause de sa lâcheté ; et il disait encore : dans ce temps là les hommes étaient bons chrétiens , comme les femmes ; ils n'étaient pas faibles comme aujourd'hui, et tous nous disions oui^ et tout cela nous faisait prendre de bonnes résolutions.
Le C. : C'est très-bien : Antoine, vous voyez qu'il n'est pas nécessaire de savoir lire pour retenir ces belles histoires. Cependant, vous n'avez pas tout dit.
R. Oui, M.^il y a encore quelque chose, c'était des Auges qui tenaient en main des couronnes , et il les mettaient sur la tête des martyrs qui étaient persévé-
rants ; il n'y en eut que trente-neuf qui furent couronnés. Un des soldats qui était présent, voyant qu'une des couronnes était de reste , eut la pensée de la prendre pour lui, et dit tout haut qu'il était chrétien , et on le lit mourir de froid comme les autres.
Ze C. : Voilà mes chers enfants, l'effet du sacrement de confirmation , il nous donne la force de braver tous les tourments : ne l'oubliez pas, et soupirez après le moment où vous pourrez recevoir la confirmation.
Récitez les Jetés de foi , d''espérance , de charité et de contrition. Demain nous réciterons la treizième Leçon et la quatrième.
Chantez le cantique : Quel feu s'allume dans mon cœur! page 109.
QUATORZIÈ-ME JOUR
Après le cantique d'invocation, VOraison dominicale et la Salutation Angélique dites kntement par un des jeunes gens , on fait réciter la treizième Leçon et la quatrième.
Le Catéchiste demande successivement à plusieurs enfants comment l'Evêque donne la confirmation ? comment il faut se tenir pendant l'imposition des mains, etc. etc.?
Le C. : Avez-vous entendu parler des dons du Saint-Esprit, Ursule?
R. Oui, M., la sœur nous en a parlé d'après un petit livre sur la confirmation , que je me suis pro-
curé et que j'ai lu avec la plus grande attenlion (1).
Le C. : Quels sont les dons du Saint-Esprit ?
R. Il y en a sept : le don de sagesse , d'intelligence , de conseil, de force, de science, de piété et de crainte de Dieu.
Le C. : Quelle idée vous êtes-vousTormée des dons du Saint-Esprit ?
R. Je m'en suis formé une grande idée, et il me semble qu'après les avoir reçus dans la confirmation , on ne pourrait plus offenser Dieu.
Le C. : Vous avez bien raison , mais malheureusement, il n'en est pas toujours ainsi. Voyons l'idée que vous vous êtes faite de chaque don du Saint- Esprit ? C'est le prophète Isaïe qui nous les a fait connaître ; c'est dans le ciel qu'il en avait puisé la connaissance d'une manière surnaturelle ; aussi , il commence par les plus parfaits et les plus difficiles à comprendre. C'est pourquoi , au lieu de commencer par le premier, je vais commencer par le dernier, comme plus à notre portée, et nous remonterons graduellement jusqu'au premier. Le dernier don du Saint-Esprit est le don de crainte ; ce don est le commencement de la sagesse. Dites-moi , Ursule , qui sont ceux qui ont peur ordinairement ?
R. M. , ce sont les enfants , ce sont les faibles?
Le C. : Dans la religion , qui sont ceux qui sont faibles , qui sont enfants dans la foi ?
R. M. , ce sont ceux qui n'ont reçu que le baptême , ils sont encore enfants ; c'est la confirmation qui nous fait grandir.
Le C. : Quand on a reçu la confirmation, est-ce qu'il ne faut plus avoir peur d'offenser Dieu ?
R. M. , je crois que nous devons toujours craindre notre faiblesse , et prendre des précautions pour nous éloigner des occasions de péché.
(1) On ferait bien de se procurer ce petit lirrc , ou quelqu'autre dans le même genre.
Le C. : Vous voyez donc que la crainte est toujours utile. Mais quand les enfants ont peur , à qui ontils recours ?
R. M. , ils ont recours à leur père , à leur mère ; ils se jettent dans leurs bras , ils les caressent.
Le C. : A qui doivent avoir recours ceux qui ont peur d'oCTenser Dieu ?
R. M. , ils doivent recourir à Dieu qui est notre père , à la Sainte Vierge qui est notre mère , en les priant j en se livrant à la piété.
Le C. : Par conséquent , le don de crainte nous conduit au don de piélé , en remontant ; mais la piété doit-elle être aveugle ? ne faut-il faire que les prières qui nous passent par la tête?
R. Non, M. , il faut avoir la science du salut, la science du catéchisme, la science de l'Evangile, ce qui est encore un don du Saint-Esprit.
Le C. : La science suffit-elle pour être bien sage ?
R. Non , M. , on a besoin de force pour mettre en pratique les commandements de Dieu et de l'Eglise.
Le C. : Et cette force, où la puisons-nous ?
R. C'est la grâce qui nous la donne , et c'est surtout dans la confirmation qu'on reçoit le don de force.
Le C. : N'arrive-t-il pas quelquefois qu'on va trop vite dans les pratiques de piété? Il y en a qui négligent certains devoirs pour faire des choses qui ne sont pas d'obligation ; par exemple , une mère de famille qui néglige ses enfants , son ménage , a-t-elle besoin de quelque chose pour régler sa conduite ?
R. Oui , M. , elle a besoin du don de conseil , elle a besoin d'un sage directeur qui l'éclairé , la soutienne dans la pratique de ses devoirs.
Le C. : Les bons directeurs ne manquent pas , mais on ne suit pas toujours leurs conseils.
R. Il me semble que le don de conseil nous sert à profiter des conseils que nous recevons , et à diriger les personnes qui sont sous notre conduite.
166 QCAT0RZIÈ3IE JOUR
Le C. : A-t-on toujours rintelligence nécessaire pour discerner ce qui est bon , ce qui est utile? n'arrive-t-il pas souvent qu'on est plus disposé à suivre un mauvais conseil qu'un bon ?
R. M., cela n'arrive que trop souvent; mais nous recevons , dans la confirmation , le don d'intelligence qui nous aide à faire ce discernement.
Le C. : Le don d'intelligence fait plus encore, mes enfants , il nous aide à comprendre les grandes vérités de la religion , à méditer sur les mystères de l'incarnation , de la rédemption , de la sainte eucharistie , et à tirer des conséquences pratiques de toutes ces importantes vérités; et pour cela n'avonsnous pas besoin de quelqu'aulre don ?
R. Oui , M. , nous avons besoin du don de sagesse qui nous fait mettre la main à l'œuvre et nous fait prendre les moyens les plus efficaces pour devenir des saints.
Le C. : A percevez -vous une grande différence entre la sagesse des Saints et celle des hommes du monde les plus savants , les plus prudents dans la conduite des affaires temporelles , et les plus prévoyants , mais qui n'ont pas de religion?
R. Je suis persuadé qu'il y a une grande différence ; mais je n'ose pas dire ma pensée.
Le C. : Essayons de la développer. De quoi s'occupent les Saints? qu'est-ce qui leur tient à cœur?
R. Les Saints s'occupent du ciel avant tout.
Le C. ■ Quel bien nous procure le ciel?
R. H nous procure la plénitude du bonheur le plus parfait.
Le C. : Combien de temps dure le bonheur du ciel?
R. Il dure éternellement.
Le C. : Sommes-nous assurés d'obtenir le ciel , si nous le voulons?
R. Cela dépend entièrement de nous.
Le C. : Et moi , j'ajoute que c'est la seule chose qui dépende de nous.
Le C. : Voyons maintenant de quoi s'occupent les personnes sans religion , qui ont de l'activité , de la science et de la prudence?
R. Elles s'occupent des biens de cette vie qui durent peu et qu'elles ne sont pas assurées d'obtenir.
Le C. : Est- elle grande la différence qu'il j a entre la sagesse d'un Saint et celle des gens du monde les plus sages, les plus prudents?
R. Il T a toute la différence du temps à l'éternité.
Le C. : Eh bien , mes enfants , voilà ce que le Saint-Esprit nous fait bien comprendre et pratiquer par le don de sagesse , d'intelligence , de conseil , de force, de science , de piété et de crainte de Dieu.
( Insistez plus ou moins sur le développement des dons du Saint-Esprit , selon que votre catéchisme est plus ou moins composé d'enfants intelligents. Il y a cependant quelques pensées qui sont à la portée de tout le monde et qu'il faut bien inculquer :
1° Qu'il n'y a de profonde sagesse que dans les Saints qui préfèrent le ciel à la terre , et qui prennent les moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour l'obtenir , qui sont la fuite du péché , des occasions de péché , et la pratique des vertus.
2° Que le salut est la seule chose qui dépende de nous. Il ne dépend pas de nous d'avoir la santé , la fortune , les talents ; au lieu qu'il dépend entièrement de nous d'être Saints : Dieunous en a donné tous les moyens. )
Le C. : Si vous comprenez bien , mes chers enfants, combien sont précieuses et abondantes les grâces attachées au sacrement de coniirmation , vous comprendrez aussi très facilement dans quelles dispositions il faut le recevoir. Que faut-il donc faire lorsque l'Evêque impose les mains et fait l'onction du saint chrême, François? Répondez et faites la demande.
( On fait répéter cette demande et cette réponse du Catéchisme dans tous les bancs. )
Le C. : Cette réponse, mes chers enfants , ne renferme rien de difficile à comprendre ; l'essentiel est de la mettre en pratique.
Roch , sont-ils bien recueillis ceux qui parlent sans besoin comme vous venez de le faire ? Seraient-ils bien disposés à receroir le Saint-Esprit ?
R. Non , M. , et je ne le ferai plus.
Le C. : J'aime bien cette réponse, M. E. ; n'oubliez pas que nous sommes dans le lieu saint et que Dieu nous voit. Sont -ils bien disposés à recevoir le Saint-Esprit, Mélanie, ceux et celles qui regardent à droite et à gauche , ceux qui se poussent pour passer les premiers , ceux qui rient quand ils voient donner un soufflet à la personne qui est confirmée?
R. Non, M. , ils ne font pas assez d'attention au grand mystère qui s'opère dans leur ame.
Le C. : Que se fait-il dans leur ame quand TEvêque fait l'onction du saint chrême sur le front ?
R. Il se fait comme une espèce d'ouverture dans Tame , par laquelle s'introduisent les rayons du St- Esprit et ses précieux dons.
Le C. : Que faudrait-il donc faire dans ce moment?
R. Il faudrait, comme dit le Catéchisme, adorer le Saint-Esprit, lui ouvrir son cœur pour que rien ne mette obstacle à ses dons.
Le C. : Ne faut-il s'occuper alors que du présent?
R. Il faut aussi penser à l'avenir , prévoir ce qu'il faut éviter et ce qu'il faut faire pour vivre en vrai chrétien.
( Ces sous-demandes attirent l'attention des enfants, sur chaque parole. Tous peut-être ne répondront pas aussi bien que Mélanie, mais le talent du Catéchiste doit s'exercer à obtenir des réponses équivalentes. )
Le C. : Tous ceux qui reçoivent le sacrement de
DE CATÉCniSJIE. 169
confirmation , reçoivont-ils le St-Esprit, François?
( François répond et fail la demande à son voisin comme à l'ordinaire. On fait de même ponr la demande snivante qui est une des plus importantes pour la pratique. )
Le C. : An moment où l'Evêque fait l'onction du saint chrême siu- le front , il faut être recueilli comme nous venons de l'expliquer ; ce sont là les dispositions prochaines pour recevoir la çtrâce du sacrement ; mais il y en a dans lesquelles il faut se nourrir d'avance , et ce sont celles dont il est parlé dans cette dernière réponse. Quelles sont les dispositions nécessaiies pour recevoir le sacrement de confirmation, Raymond?
R. M. , il faut prendre son plus bel habit.
( Les enfants n'osent pas éclater de rire , parce qu'on les a repris , mais ils sourient de cette réponse. )
Le C. : Croyez-vous , M. E. , que le bon Dieu fait attention à notre habit , et qu'il accorde plus de grâces à ceux qui sont mieux habillés?
R. Non, M. , certainement, non ; mais il faut prendie son plus bel habit par respect pour le sacrement, afin que tout le monde voie que le jour où l'on est conlirmé , est un jour de fête où l'on reçoit beaucoup de grâces.
Le C. : Je suis très content de votre réponse , Raymond , quoiqu'elle ne se rapporte pas à la demande que je vous faisais. Je profite de l'occasion qui se présente , mes E. , pour vous faire observer , de nouveau , qu'il ne faut pas se presser de condamner ceux qui répondent ; il y en a qiielques-uns qui souriaient en entendant la réponse de Raymond; et cependant, cette réponse était bonne et me fournit l'occasion de vous dire un mot des dispositions extérieures, dans lesquelles il faut entrer pour recevoir la confirmation : il faut s'habiller proprement, se laver les mains, le visage et surtout le
front , avoir un mouchoir propre pour essuyer la sueur quand le temps est chaud ; il faut même être à jeun si on reçoit la confirmation le matin. Sur ce dernier point, vous suivrez les ordres de M. le curé.
( Il sera bon d'interroger quelques enfants sur les dispositions extérieures qu'il faut apporter à la réception de la confirmation ; demander s'il faut s'habiller proprement , se laver les mains , le front, être à jeun , etc. Ce sont des choses que les enfants retiennent aisément. )
Le C. : 11 ne faut pas négliger les dispositions extérieures ^ mes chers enfants ; mais les dispositions intérieures sont bien plus importantes.
Le C. : Quelles sont les dispositions nécessaires pour i*ecevoir le sacrement de confimation, Jules ?
R. 11 faut : 1° être en état de grâce ; 2° être suffisamment instruit des vérités de la foi , et particulièrement de celles qui regardent ce sacrement ; 3° désirer avec ardeur de recevoir le Saint-Esprit.
( Faites ces questions à plusieurs enfants , et après faites des sous-demandes en séparant les trois dispositions, afin qu'on y fasse plus d'attention; vous expliquerez ensuite chaque disposition séparément. )
Le C. : Quelle est la première disposition ?
Le C. : Quelle est la seconde disposition ?
Le C. : Quelle est la troisième disposition nécessaire pour recevoir la confirmation ?
Le C. : Quelle est la première disposition nécessaire pour recevoir la confirmation , Joséphine ?
R. C'est d'être en état de grâce.
Le C. : Pourquoi faut-il être en état de grâce en recevant la confirmation ?
R. Parce que c'est un sacrement des vivants.
Le C. : Mais puisque la confirmation produit la grâce , il n'est pas nécessaire de l'avoir auparavant.
R. Les sacrements des vivants augmentent la
grâce , mais ne nous donnent pas la première grâce , la vie de la grâce.
Ze C. : Quels sont les sacrements qui nous donnent la vie de la grâce ?
R. C'est le baptême et le sacrement de pénitence.
Le C. : Que faut- il donc faire avant la confirmation pour être en état de grâce ?
K. Il faut se confesser de tous ses péchés, en recevoir l'absolution et faire la sainte communion si on le peut.
Le C. : C'est très-bien , M. E. ; cependant il me reste encore quelque chose à demander qui exige un peu d'attention. Pourquoi faut- il être en état de grâce quand on reçoit la confirmation ?
R. Si on n'était pas en état de grâce , on profanerait le sacrement, on commettrait un sacrilège.
Le C. : Tout cela est vrai, mais je voudrais quelque chose de plus. Pourquoi commet-on un péché , un sacrilège, quand on reçoit la confirmation en état de péché mortel ?
Voyons qui va me répondre ? Plusieurs enfants se lèvent, mais Joséphine , qui est interrogée, se presse de dire :
R. M. , quand nous sommes en état de péché mortel, c'est le démon qui règne dans notre ame , et le St-Esprit ne veut pas venir là où est le démon.
Le C. : C'est la réponse que j'attendais : auriezvous répondu comme cela, Louis , quand vous vous êtes levé ?
R. Oui , M. , et je me servirais d'une comparaison : je dirais que lorsqu'un gobelet est plein d'eau , on ne peut pas y mettre de l'huile en même temps ; l'eau représente le péché , et l'huile le Saint- Esprit.
Le C. : Faut-il faire la sainte communion avant de recevoir la confirmation ?
R. Oui, M. , quand on le peut.
( Arrêtez-vous quelques moments sur cette première disposition inlérieure qui est la plus essentielle ; faites toutes les questions qui peuvent inspirer l'horreur du péché ; demandez combien de temps le Saint-Esprit reste dans Tame après qu'on a reçu la confirmation ; les enfants répondent assez ordinairement que le premier péché mortel qu'on commet chasse le Saint-Esprit. Demandez- leur quelques exemples de péché mortel, c'est-à-dire, s'enivrer, voler , manquer la messe le dimanche , manquer ses pâques, etc. )
Le C. : Quelle est la seconde disposilon nécessaire pour rece\oir le sacrement de confirmation, Joseph?
R. C'est d'être suffisamment instruit, etc.
Le C. : Peut-on se présenter pour la confirmation, quand on ne sait pas son catéchisme?
Le C. : Peut-on en conscience murmurer contre M. le curé de ce qu'il n'a pas voulu donner un billet à un jeune homme qui ne savait pas ce que c'est que la confirma lion?
Le C. : Peut-on savoir son catéchisme quand on ne l'étudié pas? Peut-on le comprendre qtiaud on n'assiste pas aux explications ? La réponse à ces questions n'est pas difiicile, mes enfants, et les parents et les maîtres sont doublement injustes quand ils ne permettent pas à leurs enfants et à leurs domestiques de venir au catéchisme, et que cependant ils murmurent de ce qu'on ne les admet pas à la première communion ou à la confirmation. Quoique toutes les réponses aux sous-demandes que nous venons d'indiquer soient faciles , il est à propos d'exiger ces réponses , afin d'attirer l'attention des enfants et des parents.
Le C. : Quelle est la troisième disposition nécessaire pour recevoir la confirmation , Cécile ?
R. Il faut : 3** désirer avec ardeur de recevoir le Saint-Esprit.
Le C. : Pourquoi faut-il désirer avec ardeur de recevoir le Sl-Esprit ?
II. Il faut le désirer à cause des grâces qu'il noiîs apporte en venant dans notre ame.
Le C. : Et quelles grâces nous apporfe-l-il ?
R. 11 nous apporte une augmenlalion de grûcc sanctifiante, et ensuite les dons précieux dont nous avons parlé.
Le C. : Et quels sont les dons du St-Esprit?
R. La sagesse, riulelligence, etc.
( 11 faut toujours chercher à lier les vérités déjà développées avec les nouvelles qui se présentent].
LeC. : Savez-vous ce qu'il faut faire, mes enfants, pour nourrir en nous le désir de recevoir le Saint- Esprit? il faut, comme on vient de le dire, penser souvent aux giàces que le St-Esprit nous procure, il faut lui adresser des prières, il faut chanter avec plus d'attention le canti([ue d'invocation, il faudrait même quelquefois réciier ce cantique en forme de prière, et le dire lentement san« le chanter, en livrant son cœur aux sentiments que ces paroles nous inspirent.
( Depuis la page 103 du recueil jusqu'à la page lli2, on trouve plusieurs cantiques pleins d'onction que le Catéchiste pourrait commenter pour indiquer la manière de les méditer et d'en tirer du profit. Le Catéchiste pourra dire un mot de la retraite préparatoire avant la confirmation, comme un grand moyen de se disposer à recevoir le Saint- Esprit ; il citerait l'exemple des Apôtres qui s'étaient réunis dans le cénacle avec la Ste. Vierge, pour se préparer à recevoir le Si -Esprit ).
Le C. : Le sacrement de confirmation est-il nécessaire pour être sauvé ?
( Faites répéter à quelques enfants cette demande et la réponse. )
Le C. : Quoique ce sacrement ne soit pas néces-
17i QUAT0EZIÈ3IE JOUR
saire pour entrer dans le ciel , ceux qui , par leur faute et surtout par mépris, négligent de le recevoir se rendent coupables , parce qu'ils se privent de toutes les grâces qui sont attachées à ce sacrement et qui sont en grand nombre comme nous l'avons expliqué. Si un soldat allait à la guerre sans armes, il ne pourrait pas se défendre et il perdrait bientôt la vie ; il en est de même d'un clirélien qai néglige de se procurer les armes dont nous avons besoin pour combattre les ennemis de notre salut. Je demande donc de nouveau, à Philippe, si le sacrement de confirmation est nécessaire pour être sauvé? R. 11 n'est pas d'une nécessité absolue, etc. Le C. : Mais si la confirmation n'est pas absolument nécessaire pour entrer dans le ciel , il ne peut pas y avoir de mal à négliger de le recevoir ?
R. M., il y a du mal, parce qu'on se prive des grâces dont nous avons besoin pour combattre les ennemis de notre salut.
Ze C. : Et quelles sont les armes que nous fournit la confirmation ?
R. La confirmation nous procure la force dont nous avons besoin pour éviter le mal et pratiquer le bien , pour surmonter tous les obstacles que nous rencontrons dans la pratique de la vertu.
Le C. : Peut-on recevoir le sacrement de confirmation plusieurs fois ?
R. Non , M. , parce qu'il imprime un caractère dans notre ame.
Le C. : Le baptême imprime en nous le caractère d'enfant de Dieu et de l'Eglise, la confirmation imprime dans notre ame le caractère d'homme fort , de soldat de J.-C. munis de toutes les armes nécessaires pour combattre le monde , le démon et toutes nos passions.
( Faites quelques demandes aux enfants sur cela, pour voir s'ils l'ont retenu ; n'oubliez pas surtout de
demander si ce caractère est ineffaçable , si nous le porterons dans l'éternité , s'il excitera la reconnaissance des bienheureux dans le ciel et le désespoir des réprouvés ? Voyez la page 93. )
Le C. : Quel est le caractère que le baptême imprime dans notre ame ?
R. Le baptême imprime en nous le caractère d'enfant de Dieu et de l'Eglise.
Le C. : Quel est le caractère qu'imprime dans notre ame la confirmation ?
R. La confirmation imprime en nous le caractère de soldat de J.-C.
Le C. : Si un soldat allait se battre sans armes, pourrait-il se défendre?
R. Non, M., les ennemis le tueraient.
Le C. : Quels sont les ennemis que nous avons à combattre ?
R. Ce sont les tentations du démon, les mauvais exemples du monde, les passions, etc.
Le C. : On m'a demandé quel âge il fallait avoir pour recevoir la confirmation? Je réponds qu'on peut la recevoir à tout âge, même avant l'âge de raison; mais que, pour l'ordinaire, on ne la donne qu'à ceux qui ont fait leur première communion , afin qu'ils comprennent mieux les avantages et les grâces attachés à ce sacrement.
Le C. : Dans le temps des persécutions , on donnait la confirmation à tout le monde , même aux petits enfants. Pourquoi cela?
R. C'était afin qu'ils eussent le courage de subir les tourments qu'on leur fesait souffrir.
Le C. : Oui, mes chers enfants, le sacrement de confirmation augmente nos forces et notre courage : nous en avons un grand exemple dans les Apôtres et dans les Martyrs. Vous avez certainement retenu ce que nous avons dit sur les quarante Martyrs , sur le courage que montrèrent les Apôtres après avoir
reçu le Saint-Espril le jour de la Pentecôte : dès ce jour-là, ils deviuieut courageux comme des lions ; ils pièciièrent sur la place publique, reprochèrent aux juifs le crime qu'ils a\aienl commis en cruciiiaut J.-C. : on les mit en piison, on les frappa de verges, rien ne put afïaiblir leur persévérance, il en a été de même de tous les martyrs ; qu'il en soit aussi de même de chacun de vous, mes cbers E.; vous n'avez pas à craindre les tourments, mais vous avez à craindre le respect humain, les jeunes gens surtout: accoutumez- vous de bonne heure à le braver courageusement en vous montrant fidèles à tous vos devoirs et surtout à faire vos prières, à venir à la messe et aux vêpres, à vous confesser, etc. J'ai tort de dire que vous n'avez |)as à craindre les tourments. Il uy a pas bien long-temps que la religion a été persécutée en France de la manière la plus violente, et qu'il a fallu avoir le courage des martyrs pour conserver la foi. Il y a quelques jours que Louis vous cita l'exemple de son oncle qui aima mieux aller en prison que de faire le serment qu'on exigeait des piètres pendant la révolution. Beaucoup d'aulres prêtres, et même de simples fidèles, furent exilés ou guillotinés, à cause de leur attachement à la religion. On rapporte que dernièrement deux soldais français lurent faits prisonniers en Afrique, et qu'on leur proposa d'apostasier ou de perdre la tète : ils aimèrent mieux mourir.
Le C. : Demain nous ferons réciter la quinzième Leçon de la quatrième partie du Catéchisme et ensuite la cinquième sur la sainte eucharistie. Dites les Actes de foi , d'espérance, de charité et de contrition, Anthelme , mais bien haut et bien lentement. Faites chanter le cantique: Bravons les enfers,^. 101.