Il acquiert le titre d'enfant de Dieu et de l'Eglise
Le C. : Quels sont les droits qui lui sont conférés dans la vie présente ? ,
R. Il a droit à toutes les prières de l'Eglise et à tous les sacrements.
Le C. : Quels sont les guides et les protecteurs qui lui sont donnés?
K. Il a pour protecteur particulier le Saint dont il porte le nom.
138 0NZIÈ5IE JOUR
Le C. : Vous ne parlez pas du guide qu'il reçoit et qui veille sur lui ?
R. M. , son guide est un bon Ange qui l'accompagne partout.
Le C. : Comment : vous croyez qu'un Ange vient du ciel pour être toujours avec nous ?
R. Oui, M. , c'est ainsi que l'enseigne l'Eglise.
Le G. : Mais quelle est donc la destinée de cet enfant pour que le bon Dieu en prenne tant de soins? Sa destinée , c'est de régner avec Dieu dans le ciel : sa place y est marquée depuis le moment que l'eau a coulé sur ses membres; il lui arrive comme aux enfants des rois qui sont destinés à régner; les plus grands seigneurs les entourent et veillent sur eux. Diles-moi, Louis, est-ce que vous avez un Ange gardien qui est toujours à côté de vous ? est-ce qu'il Yous voit quand vous faites des sottises?
Le G. ; Est-ce que votre place est marquée dans le ciel?
R. Oui , M.
Le G. : Mais à quelle condition vous sera-t-elle donnée ?
R. A condition que j'observerai les commandements de Dieu et de l'Eglise et les promesses de mon baptême.
Le G. : Pensez-y tous sérieusement, mes cbers enfants, pendant qu'on donnera le baptême auquel nous allons assister.
Immédiatement après avoir donnél'eau , le prêtre fait une onction avec le saint chrême , en forme de croix, sur le front de l'enfant. On lui met sur la tête un voile blanc ou une petite robe blanche, et on allume un cierge que les parrains et marraines prennent en main au nom de l'enfant : la robe blanche rappelle la grâce sanctifiante dont Tame de l'enfant est enrichie, et le cierge représente l'amour de Dieu qui doit brûler en lui et le rendre un modèle de vertu dans
DE CATÉCHIS3IE. 139
toute TEglise. On met un instant cet enfant sur l'autel comme poui l'offrira Dieu, et on se rend à la sacristie pour inscrire le jour où l'enfant a été baptisé. Mes cLers enfants, en voyant ce qui se passe sur la terre, il ne faut pas oublier ce qui se passe dans le ciel , au moment où l'eau baptismale coule sur la tête de l'enfant, les mérites et les vertus de J.-C. coulent dansson ame, une place lui est marquée dans le ciel, et un Ange se détache de la cour céleste pour devenir son gardien et l'accompagner partout.
(Le Catéchiste doit reprendre la cérémonie et demander pourquoi on dit le f/Tf/o .3 pourquoi on fait les trois actes de renoncement ? pourquoi l'enfant est oint avec l'huile des catéchumènes? pourquoi on lui fait faire la profession de foi aux trois Personnes divines? pourquoi on le lave avec de l'eau? pourquoi on l'oint avec le saint chrême sur le front? pourquoi on lui remet un linge blanc et une robe blanche? pourquoi on lui remet un cierge allumé?)
Nous terminerons là le catéchisme aujourd'hui, parce que nous allons voir conférer le baptême. Je ne vous raconterai qu'une petite histoire. Un missionnaire qui était dans les missions étrangères écrivait, il y a quelque temps , qu'ayant donné le baptême à un sauvage , il resta long-temps sans le voir. La Providence lui ayant fourni l'occasion de le rencontrer, il lui fit quelques questions sur sa conduite, et s'il avait tenu les promesses de son baptême ? Le sauvage fut presque scandalisé de cette question, et répondit : Est-ce qu'on peut manquer aux promesses qu'on fait à Dieu ? Oh non, mon père, je ne les ai pas oubliées. Plût à Dieu que nous puissions tous en dire autant !
Demain je ferai réciter la onzième Leçon et la quatrième. Dites les .4ctes de foi, etc., et chantez le cantique swr les promesses du baptême.
liO DOUZIÈME JOUR
DE CATÉCIIIS:!ÏE.
SUR LA C0NFIR3IÀTI0N.
Après le cantique (Vinvocaiion , l'Oraison dominicale, etc., on fait réciter la onzième Leçon et la quatrième selon la méthode ordinaire.
Le C. : Convenez , mes enfants , que c'est une belle chose que d'assister aux cérémonies de l'Eglise, quand on les comprend. Qu'en pensez -vous, François ?
R. J'y ai pensé hier tout le jour, et je crois que de ma vie je n'oublierai la grâce que le bon Dieu m'a l'aile en assistant à ce baptême.
( Plusieurs enfants disent la même chose. Le Catéchiste leur dit que la confirmation affermira leurs résolutions. )
Le C. : Qu'est-ce que la confirmation , François? Dites la réponse et ensuite la demande pour votre voisin.
( Quand cette première demande a été bien répétée, il faut l'expliquer. )
Le C. : Vous dites que la confirmation est-un sacrement; et qu'est-ce qu'un sacrement, Jules ?
Le C. : Combien y a-t-il de sacrements?
Le C. : Qu'est-ce que le St-Esprit ? Qu'est-ce que la Sainte Trinité ? Quel est le sacrement qui nous rend chrétiens? Le baptême est-il un sacrement des vivants? Pourquoi l'appelez-vous un sacrement des morts? La confirmation est-elle un sacrement des vivants? Pourquoi l'appelez-vous un sacrement des vivants?
DE CATÉCHIS3IE. lil
( Faîtes les mêmes questions à plusieurs enfants, pour lier cette leçon avec les leçons précédentes. )
Le C. : 2."^*^ D. Quelle est la grâce particulière du sacrement de confirmation ?
Le C. : La ccntirmation augmente-t-elle en nous la grâce sanctitianle ?
Le C. : Cette grâce de force que donne le sacrement de confirmation est-elle différente de la grâce sanctifiante ordinaire? Oui , mesenfants , elle estdifférente en ce sens , qu'elle est plus abondante , qu'elle met des lumières particulières dans notre esprit et dans notre intelligence; elle nous donne plus de facilité pour comprendre les vérités de la religion , et plus de courage pour les mettre eu pratique.
Le C. : Qu'est-ce que la grâce sanctifiante , Rosalie ?
Le C. : La confirmation augmente-t-elle en nous la grâce sanctifiante ?
R. Oui, M.j comme tous les sacrements des vivants.
Le C. : La grâce que nous donne la confirmation est-elle différente de la grâce sanctifiante ordinaire ?
Le C. : Quel est le caractère particulier de cette grâce ?
R. La grâce de la confirmation éclaire notre intelligence d'une manière plus forte pour comprendre les vérités de la leligion.
Le C. : La grâce de la confirmation n'agit-elle que sur notre esprit et notre intelligence ?
R. Elle agit également sur notre cœur en nous faisant aimer les vérités de la religion et en nous donnant plus de courage pour les pratiquer.
Le C. : Quand vous sortirez de l'église après avoir reçu la confirmation , serez-vousplus forte que lorsque vous êtes venue.
R. Je serai plus forte d'esprit , mais non pas de corps.
( Faites les mêmes questions à plusieurs , afin que tous comprennent bien que la confirmation ajoute quelque chose à la grâce du baptême. )
Le C. : Le baptême nous donne la vie, nous fait naître dans le sein de la religion, mais nous laisse dans un état d'enfance spirituelle ; la confirmation, au contraire , nous fait grandir dans la foi , dans la piété. Charles, y a-t-il une différence entre un enfant de naissance et un homme fait , un homme qui a grandi ?
R. Oui , M. , il y a une grande différence : l'un n'a pas de force et l'autre au contraire en a beaucoup.
LeC. : Pourriez-vous appliquer cette comparaison au baptême et à la confirmation ?
R. 11 me semble que celui qui a reçu le baptême est encore un enfant aux yeux de la religion , il n'a
fias beaucoup de force pour remplir ses devoirs ; au ieu que celui qui a reçu la confirmation , est comme un grand garçon plein de force et de courage pour combattre les ennemis de son salut.
Le C. : C'est cela, M. E. , on pourrait même dire que ce n'est pas seulement un grand garçon, mais que c'est un soldat, un militaire qui a de bonnes armes pour se défendre. Quelle est la grâce particulière du sacrement de confirmation , Jules ?
R. C'est une grâce de force qui , etc.
Le C. : Vous dites qui nous fait confesser J.-C. :
Î[u'est-ce que cela veut dire confesser J.-C. ? Conesser J.-C, c'est reconnaître que J.-C. est notre Maître , que nous devons lui obéir en pratiquant ouvertement l'Evansile, en faisant courageusement , sans respect humain , ce que la religion nous prescrit, quand même on se moquerait de nous, quand même on nous persécuterait. Répondez, Charles, que signifient ces paroles : Confesser J.-C. R. Elles signifient que nous devons reconnaître J.-C. comme notre Maître.
DE CATÉCHISiME. 143
Le, C. : Qui sont ceux qui pratiquent ouvertement l'Evangile ?
R. Ce sont ceux qui remplissent leurs devoirs sans respect humain.
Ze C. : Ceux qui n'osent pas venir se confesser à Pâques , pratiquent-ils ouvertement l'Evangile ?
R. Non , M. , ce sont des lâches qui sont dominés par le respect humain.
Le C, : Mais si c'était un soldat qui eût assisté à plusieurs batailles, pourrait-on l'appeler uu lâche?
R. Oui, M., toujours, parce qu'il se laisserait dominer par la crainte, et il n'y a que les lâches qui ont peur.
Le C. : Vous dites pratiquer l'Evangile malgré les contradictions du monde : qui sont ceux qui contredisent l'Evangile ?
R. Ce sont les incrédules , les libertins et tous les mauvais chrétiens.
LeC. : Y en a-l-il beaucoup de mauvais chrétiens?
R. Oui , M. , il y en a beaucoup qui ne pratiquent pas la religion, surtout dans les villes.
Le C. : Comment peut-on se préserver de leurs mauvais exemples ?
R. On s'en préserve en recourant au bon Dieu et en mettant à profit la grâce qu'on reçoit dans la confirmation.
Le C. : Mais quand ce mauvais exemple est donné par des personnes qui ont beaucoup d'esprit, qui occupent un rang dans la société , que faut-il faire?
R. Il faut se tenir plus fortement attaché à ses devoirs et à la grâce qu'on reçoit dans la confirmation .
Le C. : Mais si ce mauvais exemple était donné par votre oncle , par votre frère , ou même par votre père ? ^
R. Rien ne doit nous ébranler ; on est toujours fort quand on a pour soi le Ïout-Puissant.
Le C. : Mais si votre père vous grondait ou vous
ikk- DOrZlÈME JOUR
frappait pour vous faire travailler le dimanclie , que feriez -vous ?
R. Je me souviendrais qu'il faut obéir à Dieu avant tout, parce qu'il est notre premier Père.
( Faites ces mêmes questions à plusieurs enfants. Nous avons trouvé beaucoup d'enfants qui nous ont fait les réponses que nous citons ici.)
Le C. : 3.™*^ D. Quels sout les ministres du sacrement de confirmation ?
( La réponse n'étant pas difficile , il faut la faire répéter seulement à quelques enfants. )
Le C. : Les simples prêtres peuvent-ils donner l'absolution de tous nos péchés ? peuvent-ils faire descendre J.-C. sur l'autel? peuvent-ils nous donner la communion ?
R. Oui, M. , ils le font tous les jours.
Le C. : Mais n'est-ce pas une grande grâce de ressusciter les consciences qui sont mortes par le péché ? N'est-ce pas même un plus grand miracle de commander à J.-C, dele faire descendre du ciel? Ne faut-il pas avoir reçu du bon Dieu une grande puissance pour faire tout cela?
R. Oui, M. , il faut avoir beaucoup de puissance pour faire tout cela.
Le C. : Cependant, mes enfants, les simples prêtres n'ont pas le pouvoir de donner la confirmation et de faire descendre le Saint-Esprit, ce qui doit vous donner une grande idée de ce sacrement et vous faire comprendre combien il est nécessaire de se bien préparer d'avance à le recevoir.
( Faites sur cela des sous-demandes à plusieurs, qui leur inspirent une grande idée du sacrement de confirmation. Dites-leur que les Evêques sont les successeurs des Apôtres, et que N.-S. J.-C. a voulu que les simples chrétiens devinssent parfaits chrétiens, par le ministère de ceux qui, comme les Apôtres, ont la plénitude du sacerdoce.
Le C. : Avant de vous expliquer comment les Evêques donnent le sacrement de confirmation , je crois nécessaire de fixer votre attention sur les eCTets que la réception du Saint-Esprit produisit sur les Apôtres. Je vous ai déjà dit , mes enfants, en parlant de la grâce, que les Apôtres étaient presque tous de bons paysans qui n'avaient point reçu d'éducation ; c'étaient des artisans , des cultivateurs , des patrons, des pécheurs de poissons. N.-S. J.-C. les avait appelés auprès de lui et les instruisait en public et en particulier ; il les avait rendus témoins des plus grands miracles ; il leur avait donné le pouvoir de chasser les démons et de guérir les maladies d'une manière miraculeuse. Eh bien , malgré cela, leur foi était faible, ils ne comprenaient pas le Catéchisme qu'il leur faisait , les mystères qu'il leur annonçait ; ils s'imaginaient que N.-S. devait établir sur la terre un royaume temporel , et qu'il leur ferait partager ses richesses , sa puissance et son bonheur. Quand N.-S. leur prédisait qu'il serait persécuté , outragé , attaché à la croix , ils ne pouvaient pas le croire : malgré tous les exemples d'humilité qu'il leur donnait, ils se disputaient souvent pour savoir qui aurait la première place dans son royaume temporel. Lorsque N.-S. fut arrêté par des soldats au jardin des Olives, ils se sauvèrent tous ; Judas l'avait trahi et vendu pour trente deniers ; saint Pierre le suivit de loin , mais ensuite le renia , disant qu'il ne le connaissait pas , ce qui était un gros mensonge et une grande ingratitude de sa part ; il n'y eut que S. Jean qui accompagna le Sauveur jusqu'au calvaire. Tout cela est bien étonnant, mes chers enfants, mais tout cela est bien instructif. Voyons si vous l'avez compris et si vous l'avez retenu, Augustin : les Apôtres étaient-ils d'une grande condition ?
R. Non , Monsieur , c'étaient presque tous des
Ii6 DOUZIÈME JOUR
paysans, des cultivateurs, des pêcheurs de poissons.
Le C. : Profitaient -ils bien des instructions que leur faisait N.-S. ?
R. Il paraît que non : ils ne les comprenaient pas.
Le C. : Et Comment savez-vous quïls ne les comprenaient pas ?
R. C'est qu'ils étaient persuadés que N.-S. voulait établir un royaume terrestre, un bonheur temporel.
Le C. : Les miracles dont ils étaient si souvent témoins ne leur faisaient-ils pas impression ?
R. Ils y faisaient attention un moment, et ensuite ils n'y pensaient plus.
Le C. : Quand N.-S. fut arrêté dans le jardin des Olives , que firent-ils ?
R. Ils se sauvèrent tous et ils l'abandonnèrent.
Le C. : De quel crime Judas se rendit-il coupable ?
R. Il trahit N.-S. et il le vendit à ses ennemis.
Le C. : Et saint Pierre , que fit-il ?
R. Saint Pierre suivit N.-S. pendant quelques temps; ensuite il le renia, il déclara qu'il ne le connaissait pas.
Le C. : Les Apôtres étaient donc bien faibles dans ce moment là ?
R. Oui , M. , il fallait bien qu'ils le fussent pour se conduire ainsi.
( Faites les mêmes questions à plusieurs en les variant un peu , mais toujours avec l'intention de faire ressortir la faiblesse des Apôtres , afin que les enfants comprennent mieux le changement qu'opéra le Saint-Esprit parmi eux, et celui qu'ils peuvent espérer s'ils reçoivent comme il faut le sacrement de confirmation. )
Le C. : Vous savez , mes chers enfants , que N.-S. J.-C. ressuscita trois jours après sa mort, c'est-àdire , qu'après avoir rendu le dernier soupir sur la croix le vendredi, on le mit dans un tombeau , et qu'il ea sortit vivant le dimanche suivant de grand
matin. N.-S. avait prédit à ses Apôtres sa résurrection : malgré cela , quand les saintes femmes leur annoncèrent que N.-S. était ressuscité, ils avaient beaucoup de peine à le croire ; ce n'est qu'après l'avoir vu au milieu d'eux , qu'ils furent plus tranquilles ; peudant quaraole jours N.-S. leur apparut plusieurs fois ; il leur expliqua alors ce qu'ils avaient à faire pour convertir le monde , et pour organiser l'Eglise de la manière qu'elle l'est aujourd'hui ; il leur expliqua les sacrements, leur donna le pouvoir de baptiser, de donner la confirmation, de remettre les péchés au tribunal de la pénitence, de faire l'ordinalion et de faire tout ce qui était nécessaire pour établir et conserver la foi catholique ; il leur annonça qu'ils seraient persécutés comme lui, qu'on les accuserait injustement et qu'ils seraient mis à mort. Les Apôtres , comme vous sentez , devaient avoir peur , parce qu'ils avaient fait l'expérience de leur faiblesse. N.-S. le savait bien ; aussi , il leur promit de leur envoyer le Saint-Esprit et les engagea à faire une retraite de dix jours dans la ville de Jésusalem. Après leur avoir dit tout cela , il les conduisit sur la montagne des Oliviers, et là, ils le virent s'élever vers le ciel tout rayonnant de gloire et de majesté. Clotildc , avez- vous retenu ce que j'ai dit ?
R II me semble, M. , que je l'ai retenu.
( Clotilde répèle exactement toutes les circonstances de la passion , de la résurrection de l'apparition de J.-G. , l'histoire de saint Thomas , les pouvoirs accordés aux Apôtres , la recommandation de faire une retraite et l'Ascension de J.-C. , sans oublier les deux Anges qui apparurent aux Apôtres, et qui leur annoncèrent que J.-C. reviendrait à la fin des siècles environné de puissance et de majesté. Après cette espèce de répétition , le Catéchiste fait des demandes aux enfants, soit pour voir s'ils ont retenu , soit pour faciliter aux plus faibles le moyen
de relenii' les principales circonstances qui précédèrent la descente du Saint-Esprit. Quand on a fini d'interroger les enfants , le Catéchiste reprend : )
Le C. : Mes chers enfants , les Apôtres et les Disciples, après avoir vu J.-C. monter au ciel, s'en allèrent bien tristement à Jérusalem pour faire une retraite. Là, ils faisaient la méditation, ils jeû^ naient , ils s'entretenaient de choses pieuses entr'eux et avec la Sainte Vierge. Le dixième jour, vers les neuf heures du matin , il se fit un grand bruit comme il arrive dans le commencement d'une tempête ; la maison où les Apôtres étaient rassemblés fut ébranlée jusque dans ses fondements ; un nuage de feu s'introduisit dans la maison et se partagea en forme de langues, qui se reposèrent sur tous ceux et celles qui étaient présents; dès lors , ils furent tous changés et furent tous remplis des lumières et de l'ardeur du St- Esprit. Aussitôt après les Apôtres sortent du cénacle, c'est-à-dire de la maison où ils étaient réunis pour faire leur retraite ; ils vont sur la place publique où ils rencontrent beaucoup de monde et commencent à prêcher l'Evangile : ils reprochent aux juifs qui étaient présents d'avoir fait mourir J-G. sur la croix, quoiqu'il eût fait des miracles au milieu d'eux; mais, ajoutent-ils, c'est en vain que vous l'avez mis dans le tombeau , il en est sorti vivant , nous l'avons vu et beaucoup d'autres personnes aussi; c'est de sa part que nous vous annonçons la nécessité de faire pénitence , si vous voulez que Dieu vous pardonne et qu'il vous reçoive dans le ciel.
Représentez- vous , mes chers enfants, l'étonnement que devait éprouver la foule d'entendre ces pauvres paysans parler avec tant de force et se faire comprendre à tous les étrangers qui étaient présents , et qui ne parlaient pas la même langue ; mais représentez-vous aussi la fureur de ceux qui avaient participé à la mort de Jésus-Christ : ils
ne pouvaient pas nier leur crime , il n'y avait pas deux mois que Jésus-Christ était mort, la place de la croix était connue de tout le monde, son tombeau était encore ouvert , toute la ville de Jérusalem l'avait vu passer portant sa croix quand on le conduisait au calvaire. Dites-moi , Louis , y avait-il moyen de révoquer en doute la mort et la résurrection de J.-C. dont parlaient les Apôtres ?
R. Non , M. , puisque tout le monde l'avait vu. Le C. : Le changement qui se fit dans les Apôtres était-il naturel ?
R. Non , M. , puisqu'ils n'avaient point reçu d'éducation : la facilité qu'ils avaient d'attirer l'attention et de convertir était miraculeuse.
Le C. : S'il y avait dans l'église où je fais le Catéchisme des Italiens, des Allemands, des Anglais, des Espagnols et des Russes, et si tous me comprenaient quand je parle en français, cela serait-il naturel ?
R. Non , M. , ce serait évidemment un miracle. Le C. •■ Vous sou venez- vous , Louis , lorsque je parlais à Roch dont le père est pécheur de poissons comme saint Pierre, et que je lui demandais ce qu'il répondrait à son père, s'il lui proposait d'aller à Lyon pour convertir toutgjiajsùlle et la faire changer de religion ?
TîTl répondrait à son père que tout le
m^fide se moquerait d'eux.
te C. : Cependant saint Pierrre convertit beaucoup de monde à Jérusalem et dans plusieurs autres villes , même à Rome : tout cela se faisait par l'opération du Saint-Esprit, de cet Esprit divin que nous recevons dans la confirmation.
( Faites plusieurs questions aux enfants relatives à la descente du Saint-Esprit ; engagez-les à se rappeler bien souvent les grâces qu'ils recevront dans ce sacrement , s'ils le reçoivent comme' les Apôtres
dans de saintes dispositions ; mais surtout après avoir invoqué bien souvent la Sainte Vierge ; c'est particulièrement à Tépoque où l'on doit recevoir la confirmation qu'il faut insister sur cela. )
Demain , mes enfants , nous ferons réciter la douzième leçon du Catéchisme et la quatrième sur la confirmation. Récitez lentement le Symbole des Jpô- Ires , Roch ? Chantez le cantique pour la Pentecôte : sur les Jpôtres assemblés ^ etc. p. 189.
Après le cantique à'' invocal ion , M Oraison dominicale et la Salutation angélique qu'un seul doit dire bien haut et bien lentement , on fait réciter la douzième et la quatrième leçon.
Le C. : J'espère , mes chers enfants , que vous n'avez pas oublié ce que nous avons dit sur la faiblesse des Apôtres , sur la force que leur donna le Saint-Esprit quand ils l'eurent leçu le jour delà Pentecôte. Voyons, Pierre, les Apôtres étaient- ils bien riches et bien savants ?
R. Non , M. , ils étaient comme moi.
Le C. : Est-ce que vous pourriez devenir un Apôtre , vous ?
R. Oui , M. , si le bon Dieu voulait : j'ai mon oncle qui avait été élevé dans la maison , maintenant il est dans la Chine où il fait des conversions.
Le C. : Vous croyez donc, mes enfants, que le Saint-Esprit pourrait vous rendre tous Apôtres, et vous donner le pouvoir de convertir beaucoup de monde ?
DE CATÉCmSME. 151
R. Oui , M. , on est bien fort et bien savant quand le bon Dieu le veut.
Le C. : Esl-ce que nous ne sommes pas tous obligés de convertir quelqu'un ?
R. Non , M. , quand on n'est pas prêtre on n'est pas obligé de convertir les autres.
Le C. : Qu'en pensez-vous , Julie? est-ce que nous ne sommes pas tous obligés de convertir quelqu'un , même quand on n'est pas prêtre?
R. 11 me semble que les pères et les mères, les maîtres et les maîtresses , sont obligés de travailler à la conversion de leurs enfants ou de leur domestiques.
Le C. : Vous avez bien raison , M. E. , je vous sais bon gré d'avoir eu cette pensée, ce n'est cependant pas ce que je voulais dire : il y a une autre personne que nous sommes tous obligés de convertir.
R. M. , Je pense que nous sommes tous obligés de nous convertir nous-mêmes , et que nous recevons les grâces pour cela.
Le C. : C'est ce que je voulais vous faire dire ; mais encore un mot essentiel : quand on a reçu le Saint-Esprit, on acquiert assez de grâces pour convertir beaucoup de monde ; ne serait-il pas malheureux que ces grâces concentrées sur nous seuls ne fussent pas suflisantes pour nous attacher invariablement à nos devoirs.
R. Oui , M. , ce serait un grand malheur et même un grand crime.
Le C. : Concevez donc un grand désir , mes chers enfants , de recevoir la confirmation dans de saintes dispositions, et faites une attention particulière aux cérémonies que nous allons expliquer : Comment TEvêque donne-t-il le sacrement de confirmation ?
( Quand cette demande a parcouru tous les bancs, le Catéchiste dit : )
Le C. : Avant de donner la confirmation , tout le
1 52 TTEIZIÈME JOUR
monde se met à genoux, et on chante le premier verset du Vcni, Creator, pour engager le Saint-Esprit à présider la cérémonie et à bien disposer ceux qui vont être confirmés. L'Evêque étend les deux mains vers ceux qui vont recevoir la confirmation ; il fait cela pour imiter les Apôtres qui étendaient ainsi les mains comme pour donner une image delà protection que le Saint-Esprit exercera sur ceux qui vont le recevoir (1). Dans le même moment , TEvêque fait des prières pour invoquer le divin Esprit et rappeler tous les dons qu'il va distribuer à tous ceux qui le recevront comme il faut. Chacun doit être à genoux pendant l'imposition des mains. Quand TEvêque s'approche, il faut présenter le billet sur lequel est écrit votre nom de baptême. Ce billet doit être écrit et signé par le curé de la paroisse : on lit ce billet à l'Evèque , après quoi il trempe le pouce de la main droite dans le saint chrême et fait un signe de croix sur le front de chacun de ceux qui ont donné leur billet pour être confirmé, et un des prêtres qui accompagnent Mgr. , enlève avec du coton le saint chrême qui serait resté sur le front , afin qu'il ne soit pas profané.
Quand il fait bien chaud , il faut , un instant avant l'onction , essuyer son visage , surtout son front ; après l'onction , Mgr. donne un coup sur la joue du confirmé. Ces cérémonies sont toutes respectables et renferment des instructions utiles; nous lâcherons de vous les faire comprendre. Voyons d'abord si vous avez retenu ce que j'ai dit. Que chante-t-on au moment de la cérémonie , Augustin ?
11. On chante le premier verset du Fcni, Creator ^ afin d'invoquer les lumières du St-Esprit.
(1) On pourrait faire remarquer aux enfants que ceux qui promettent leur protection à quelqu'un étendent rers eux la main droite comme pour leur faire comprendre qu'ils les défendront contre ceux qui voudraient les attaquer.
Le C. : Quand le premier verset du Feni, Creator, est chanté , que fait Mgr. ?
R. Il étend les deux mains vers ceux qui doivent être confirmés , et fait des prières adressées à l'Esprit saint , pour le prier de les bénir et de leur accorder ses grâces et ses dons.
Le C. : Tous les enfants peuvent-ils se présenter pour la confirmation ?
R. Non : il n'y a que ceux qui ont reçu un billet de leur curé.
Le C. : Ceux qui se présentent pour la confirmation doivent-ils être à genoux?
R. Ils doivent être à genoux pendant l'imposition des mains , et au moment ou l'Evêque leur fait l'onction sur le front avec le saint chrême (1).
Le C. : Quand il fait bien chaud et que le visage est en sueur , que doit-on faire ?
R. Il faut avoir soin d'essuyer son visage avec un mouchoir , nn instant avant que Mgr. fasse l'onction sur le front.
Le C. : Quand Mgr. a fait le signe de la croix sur le front avec le saint chrême , peut-on s'essuyer le front avec son mouehoir , André ?
R. Oui, Monsieur.
Le C. : Vous voilà toujours un peu étourdi , mon enfant : vous ne faites attention ni à ce que l'on vous demande , ni à ce que vous répondez. Qu'en pensez-vous , Augustin ? peut-on se frotter le front avec un mouchoir, quand on a reçu l'onction du saint chrême?
R. Non , M. , on ne doit pas le faire pour ne pas profaner le saint chrême. C'est un prêtre qui accom-
(1) Quand il y a beaucoup de monde à confirmer, ceux qui doiyent l'être immédiatement et qui sont dans le premier rang, doivent être à genoux ; les autres peuvent se tenir debout ou même s'asseoir jusqu'à ce que Mgr. soit près d'eux.
pagne Mgr. qui fi oUe le front du confirmé avec du coton.
(Faites les mêmes questions à plusieurs, afin qu'ils retiennent bien ce qu'il y a de visible et de matériel dans l'administration de ce sacrement , et qu'ils puissent mieux comprendre ce qu'il y a d'intérieur et de spirituel. )
Le C. : Mes chers enfants, maintenant que vous avez bien dans la mémoire les cérémonies extérieures qui ont lieu pour le sacrement de conûrmation , je vais essayer de vous les expliquer. Nous avons dit que la confirmation nous donne le Saint-Esprit avec l'abondance de ses grâces : c'est pour cela que la cérémonie commence parle Feni, Creator. On invite cet Esprit divin à descendre du ciel et à préparer par sa grâce ceux qui vont le recevoir. L'Evêquc étend les mains vers ceux qui doivent être confirmés, pour leur faire comprendre que cet Esprit divin va les protéger, les éclairer et devenir le maître de leur cœur. La prière en latin que prononce l'Evèque pendant ce moment-là est analogue à cette demande. Ecoutez-en avec attention la traduction en français :
SpiritusSanctus super- Que le Saint-Esprit
veniat in vos, et virtus descende sur vous, et que
Altissimi custodiat vos à la puissance du Très-
peccalis. Amen. Haut vous préserve du
péché. Tout le monde ré-
jjojul : Ainsi soit-il.
Adjutorium noslrum C'est dans le nom du
in nomine Domini , Seigneur que nous de-
Qui fecit cœlum et ter- vous chercher notre for-
ram. ce , continue le Prêtre ,
Domine , exaudi ora- parce que c'est lui qui a
tionemmeam, créé le ciel et la terre.
Et clamor meus ad te Seigneur , exaucez ma
veniat. prière , et que les cris de
Dominus vobiscuin , Et cum spirilu tuo.
Oremus.
Omnipotens sempiterne Deus , qui regenerare dignalus es hos famulos tuos ex aquâ et Spiritu Sancto , quique dedisti eis reraissionem omnium peccatorum , emitte in eos sepliformem Spirilum tuum Sanctum paracletum de cœlis.
Amen.
Spiritura sapientiae et inteilectûs. Amen.
Spiritum consilii et foititudinis. Amen.
Spiritum scientiae et pielatis. Amen.
Adimple eos Spiritu limoris tui , et consigna eos signo crucisfChrisli, in vitam propitialus œternam. Per eumdem Dominum nostrura Jesum Christum Filium tuum , qui tecum vivit et régnât in unitate ejusdem Spirilûs Saneti Deus, per omnia secula seculorum.
Amen.
mon cœur parviennent jusque vers vous. Que le Seigneur soit avec vous tous et avec votre esprit.
Prions tous ensemble :
Dieu tout-puissant et éternel , qui avez daigné régénérer vos enfants par Teau salutaire et le Saint- Esprit , et qui leur avez accordé la rémission de tous leurs péchés , envoyez sur eux , du haut du ciel , votre St. Esprit consolateur avec les sept dons qui viennent de lui.
Ainsi soit-il.
Donnez -leur l'esprit de sagesse et d'intelligence. Ainsi soit-il.
L'esprit de conseil et de force. Ainsi soit-il.
L'esprit de science et de piété. Ainsi soit-il.
Remplissez -les de l'esprit de votre crainte , et marquez-les du signe de la croix de J.-C. , afin qu'ils puissent obtenir la vie éternelle. Nous vous demandons cette grâce, ô Dieu 1 par le même J.- C. N.-S. qui vit et règne avec vous en l'unité du même Saint-Esprit , pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
lo6 TREIZIÈME JOUR
L'EvCqne nomme chaque vidividu par son nom de baptême ou parle nom du saint protecteur qu'il a choisi pour recevoir la confirmation, et prononce les paroles suivantes :
N. Signo te signo cru- N. Je fais sur vous le
cis Y et confirme te cbris- signe de la croix et je
mate salutis , in nomine vous confirme avec le
Palris -f , et Filii 7 , et clirême du salut, au nom
Spiritùsj Sapcti. du Père, et du Fils, et
Amen. du Sl-Esprit. Ainsi soit-il.
Le C. : Convenez , mes enfants , que ces paroles sont bien belles , et qu'elles expriment bien ce qui se passe dans Famé au moment où le Prélat donne la confirmation. Voyons, Clolilde , pourquoi la cérémonie commeuce-t-elle par le premier verset du Fenij Creator?
R. M. , c'est pour inviter le Saint-Esprit à descendre sur tous ceux qui vont être confirmés.
Le C. : Pourquoi TEvêque étend-il les deux mains vers ceux qui a ont être confirmés ?
R. C'est pour leur faire voir que l'Esprit Saint va descendre sur eux, les éclairer et les protéger.
Le C. : A qui s'adresse Mgr. quand il dit : Que le Saint-Esprit descende sur vous et que la puissance du Très-Haut vous préserve de pécbé ?
R. Le Prélat s'adresse à ceux qui vont être confirmés , et voilà pourquoi ils doivent répondre : Amen ou Ainsi soit-il.
Le C. : Pourquoi l'Evêque rappelle-t-il que nous devons cbercher notre force dans le nom du Seigneur qui a créé le ciel et la terre ?
R. C'est pour ranimer notre confiance et nous rappeler que c'est au nom du Tout-Puissant que le Prélat agit ; en sorte que rien ne doit nous étonner
dans les grâces qui sont promises à ceux qui reçoivent ce sacrement.
Le C. : Pourquoi Mgr. demande -t- il à Dieu d'exaucer sa prière ?