D. Comment s'appelle ce changement
R. Ce changement s'appelle transsubstantiation , c'est-à-dire , changement d'une substance en une autre.
9. D. Après la consécration reste-l-il encore sur Tautel du pain et du vin ?
R. Non : il n'en reste plus que les espèces ou apparences.
10. D. Qu'entendez-vous par les espèces ou apparences du pain et du vin ?
R. J'entends ce qui payait à nos sens , comme la figure^ la couleur et le goût.
11. D. N'y a-t-il que !e Corps de Jésus-Christ sous l'espèce du pain , et n'y a-t-il que son Sang sous l'espèce du vin ?
R. Jésus-Christ est tout entier sous l'espèce du pain , et tout entier sous l'espèce du vin.
12. D. Quand le prêtre rompt ou divise les espèces , divise-t-il aussi le Corps de Jésus-Christ ?
R. Non : Jésus-Christ demeure tout entier sous chaque partie de l'espèce rompue ou divisée.
SUR l'eucharistie.
( Après le cantique d'' invocation, V Oraison dominicale et la Salutation angêliqxie , ou récite la quatorzième Leçon comme à l'ordinaire ; après on récite de même la leçon cinquième sur l'eucharistie , le tout pendant au moins demi-heure. )
Le C. : Nous avons parlé, il n'y a pas long-temps, mes enfants , des deux vies qui sont en nous : en avez- vous le souvenir , Joseph ?
R. Oui, M., c'est la vie terrestre et la vie céleste.
Le C. : Quel autre nom donne-t-on encore à ces deux vies ?
R. On les appelle la vie de la nature et la vie de la grâce.
Le C. : On pourrait aussi les appeler la vie naturelle et la vie surnaturelle ; la vie naturelle est nourrie et entretenue par les aliments, par le pain, le vin et les autres objets de ce genre ; la vie surnaturelle ou la vie de la grâce doit être nourrie aussi et entretenue par des aliments , mais ces aliments doivent être de la même nature que la vie dont ils sont ia nourriture ; la vie de la grâce , ou la vie céleste , ou la vie surnaturelle , doit être nourrie par des aliments surnaturels, par des aliments célestes qui produisent la grâce. Qu'en pensez- vous, Marin, cela ne vous paraît-il pas bien raisonnable ?
R. Oui, M. , pour la vie de la grâce , il faut des aliments qui produisent la grâce , comme pour la vie naturelle, il faut des aliments naturels.
Le C. : C'est très-bien : le pain et le vin peuventils produire la grâce?
R. Non , M. , le pain elle vin nourrissent le corps , ils le fortifient , mais ils ne nourrissenl pas noire ame.
LeC. .-Mais si Dieu le voulait ainsi, s'il avait voulu que le pain produisit la grâce , n'aurait-il pas pu le faire ?
R. M. , il me semble que le bon Dieu peut tout ce qu'il veut.
Le C. : Allons plus loin , et voyons s'il j a quelqu'un qui pourra me répondre : Dieu a-t-il voulu que le pain produisit quelquefois la grâce? Qui va répondre à cette question ?
( Personne n'ose se lever : alors le Catéchiste adresse à Clolilde les premières demandes de la Leçon cinquième de la quatrième partie du Catéchisme sur l'eucbaristie , pour lui faire comprendre qu'en efTet Dieu a voulu que le pain produisît quelquefrois la grâce.
Le C. : Qu'est-ce que Teucharistie?
R. C'est un sacrement , etc.
Le C. : Qui a institué le sacrement de l'eucharistie?
Le C. : Comment J.-C. inslitua-t-il le sacrement de l'eucharistie ? Que Gt ensuite J.-C. ? Quel fut l'effet de ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi ? Que renferme l'hostie consacrée ? Quel est l'auteur et la source de la grâce? Je demande maintenant si Dieu a voulu que le pain produisit quelquefois la grâce ?
R. Oui , M. , Dieu a voulu que le pain produisît la grâce, mais c'est le pain consacré à la messe.
Le C. : Voilà , mes enfants , ce que je voulais faire dire , le pain ordinaire nourrit le corps et le fortifie ; mais le pain consacré , le pain eucharistique , nourrit l'ame et produit la grâce. C'est ce qu'il y a de si beau , de si admirable dans la bonté de Dieu, de nous faire trouver la nourriture de l'ame , dans les objets
qui nourrissent le corps, de nourrir la vie surnaturelle avec du pain comme la vie naturelle. Avant de commencer l'explication de la sainte eucharistie, je tenais à vous faire cette observation , sur laquelle je reviendrai souvent en expliquant ce chapitre. Reprenons : Combien y a-t-il de vies en nous , François ?
R. 11 y en a deux : la vie de la nature et la vie de la grâce.
Le, C. : Quel autre nom peut-on donner à ces deux vies?
R. La vie delà nature s'appelle vie terrestre ou vie naturelle, et la vie de la grâce s'appelle vie céleste ou vie surnaturelle.
Le C. : De qui nous vient la vie naturelle ?
R. La vie naturelle nous vient d'Adam, par notre père et notre mère.
Le C. : De qui nous vient la vie surnaturelle ?
R. Elle nous vient de J.-C. par le baptême.
Le C. : Où aboutit la vie naturelle ?
R Elle aboutit à la mort et au cimetière.
Le C. •■ Où aboutit la vie surnaturelle ?
R. Elle aboutit au ciel.
Le C. : Gomment est nourrie et entretenue la vie naturelle ?
R. Elle est nourrie et entretenue par le pain et le vin.
Le C. : Comment est nourrie et entretenue la vie surnaturelle ?
R. Elle est nourrie et entretenue par tous les moyens qui produisent la grâce, par tous les sacrements.
Le C. : Qu'en pensez- vous, Augustin ?
R. Je pense que la vie de la grâce est nécessairement entretenue par tous les moyens qui produisent la grâce.
Le C. : Et quels sont les moyens qui produisent la grâce ?
R. Ce sont les sacrements et les prières.
Le C. : Quel est celui des sacrements qui est plus particulièrement la nourriture de l'ame ?
R. C'est Teucharislie.
(Il pourrait être utile d'insister sur ces préliminaires pour faire bien distinguer la vie de la nature de la vie de la grâce , distinction qui est peu connue ou qui du moins est souvent oubliée parmi les chrétiens. Mais je conseillerais de concentrer l'attention des enfants , dans le moment présent , sur le baptême qui donne la vie surnaturelle , sur la confirmation qui la fortifie et nous fait grandir dans la foi, et sur l'eucharistie qui lui fournit un aliment surnaturel. )
Le C. : Reprenons maintenant l'explication du chapitre. Qu'est-ce que l'eucharistie, François?
R. L'eucharistie est un sacrement, etc.
Le C. : Qu'est-ce qu'un sacrement?
R. C'est un signe sensible qui, etc.
Le C. : Quel signe sensible y a-t-il dans l'eucharistie ?
R. M. , il y a les cérémonies de la messe.
Le C. : Qu'en pensez-vous , Augustin? Quel signe sensible y a-t-il dans le sacrement de l'eucharistie ?
R. M. , il y a les cérémonies de la messe qui sont visibles.
Le C. : Quand la sainte eucharistie est dans le tabernacle , quand on donne la sainte communion, quand on la porte aux malades, est-ce qu'il n'y a pas toujours un sacrement ? cependant , on ne dit pas la messe dans ce moment là. Les cérémonies de la messe sont des signes sensibles, mais qui ne sont pas absolument nécessaires pour produire le sacrement; il n'y a de nécessaire que le pain (1) et le vin,
(1) En parlant du pain , il est essentiel de faire observer aux enfants qu'on dislingue deux espèces de pain : celui qui est fait avec du levain et qu'on emploie ordinaire-
et les paroles de la consécration : nous reviendrons là-dessus. Qu'est-ce que la sainte eucharistie, Louis?
R. C'est un sacrement qui contient réellement, etc.
Le C. : Vous dites qui contient réellement le corps, le sang, Tame et la divinité de N.-S. J.-C. ; mais quoi! M. E., vous croyez que J.-C. est dans la sainte hostie ?
R. Oui , M. , elle renferme le corps , le sang , Tame et la divinité de N.-S. J.-C.
Le C. : N.-S. est-il aussi réellement dans la sainte hostie qu'il l'était dans Tétable de Bethléem?
R. Oui , M. , mais il n'y est pas sous la forme d'un enfant.
Le C. : Est-il vivant dans la sainte eucharistie comme il l'était à Nazareth , à Jérusalem , pendant qu'il faisait des miracles , qu'il ressuscitait des morts ?
R. Oui, M. , il y est avec la même puissance.
Le C. : J.-C. esl-il dans la sainte eucharistie aussi réellement qu'il l'était sur la croix où il est mort pour nous?
R. Oui, M., il est dans la sainte hostie dans un état de mort apparente ; mais il y est vivant comme dans le ciel.
Le C. : J.-C. est-il dans la sainte hostie avec le même corps qu'il a dans le ciel ?
R. Oui , M. ; mais son corps est caché pour ne pas nous faire peur, parce que s'il se montrait à nous
ment à table , et le pain sans levaîn comme les gâteaux , les gatifres, les oublies, les galettes , etc. Il y a des pays où l'on dit la messe avec du pain ordinaire ; mais dans la France, en Italie, etc. on la dit avec du pain sans levain, appelé hosties. Toutes les fois qu'il est question du pain à l'occasion de la sainte eucharistie, nous voulons parler du pain sans levain, c'est-à-dire, des hosties.
brillant comme le soleil, nous n'oserions pas le regarder.
Le C. : Je suis bien content de vos réponses , M. E. : qui vous a appris tout ce que vous venez de dire?
R. Il y a deux ans que j'assistais à une première communion , et le prêtre avant de donner la sainte communion dit tout cela aux enfants; je ne Tai jamais oublié , aussi j'ai bien envie de faire ma première communion.
(On pourrait faire ces sous-demandes à plusieurs, mai* auparavant, ou immédiatement après ^ je conseillerais de faire mettre à genoux tous les enfants pour faire un acte de foi sur la présence réelle de J.-C. dans la sainte eucharistie. )
Le C. : Vous dites sous les apparences du pain et du vin, c'est-à-dire, mes CE., qu'il n'y a plus de pain dans la sainte hostie, il n'y a que les apparences, c'est-à-dire la couleur, la ligure et le goût. Marie, dans la sainte hostie, quand elle est consacrée, N.-S. J.-G. y est-il tout entier?
R. Oui , M. , il y a son corps, son sang, son ame et sa divinité.
Le C. : N.-S., dans la sainte hostie, voit-il tout ce qui se passe dans l'église?
R. Oui, M. , il voit tout, il entend tout.
Le C. : N.-S. , dans la sainte hostie, a-t-il le pouvoir de faire des miracles comme lorsqu'il était sur la terre ?
R. Oui , M. , il y est tout puissant comme il l'était sur la terre , comme il l'est dans le ciel.
Le C. : N.-S. est-il aussi bon , aussi compatissant dans la sainte hostie qu'il l'était pendant sa vie mortelle ?
R. Oui , M. , je dirais même , si j'osais , qu'il est meilleur pour nous dans la sainte hostie.
Le C. : Vous avez raison de dire, si j'osais, parce
DE CATÉCHISME. 18o
que, en effet, il ne faut pas oser. N.-S. est infiniment bon dans la sainte hostie comme il Tétait sur la terre et comme il Test dans le ciel ; cependant il est vrai que dans la sainte eucharistie il fait pour nous de grands prodiges d'amour.
Savez-vous, mes cbeis eiifanis, combien de miracles fait N.-S. J.-C. en demeurant dans la sainte hostie? JI en fait un grand nombie que je vous ferai apercevoir à, mesure que l'occasion s'en présenlera; je veux surtout attirer votre attention sur quelquesuns : depuis la résuireclion , le corps de N.-S. J.-C. est dans le ciel spirituel , lumineux, impassible et immortel ; eh bien , en venant dar)s la sainte hostie , il prive sou corps volontairement de sa splandeur, et le met dans un état de mort , dans une espèce de prison, aQn de ne pas nous faire peur, comme le disait loul-à-l'heure Louis, et il fait ce miracle pour l'amour de nous, afin que nous puissions approcher de lui sans crainte ; il est plus anéanti dans la sainte hostie qu'il ne l'a été pendant sa vie mortelle.
Le C. : Le corps de N.-S. est-il dans le ciel, comme il était sur la terre , Joseph ?
Tx. Non, depuis sa résurrection, il est dans un état surnaturel, spirituel, lumineux, impassible, immortel.
Le C. : Pourquoi N.-S. J.-C. ne se monlrc-t-il pas brillant dans la sainte hostie?
R, M. , je pense que c'est par amour pour nous , et aOn que nous puissions approcher de lui ; sans cela nous n'oserions pas.
Le C. : Il se fait donc un grand miracle dans le sacrement de la sainte eucharistie ?
R. Il s'en fait plusieurs , mais le plus étonnant de tous, est l'état d'anéantissement où J.-C. se met pour l'amour de nous.
Le C. : Est-ce que N.-S. J.-C. est plus anéanti dans la sainte hostie , que dans la crèche à Beth' ïéem ?
R. Il me semble que oui , M. , parce que dans la crèche il avait la forme d'un petit enfant tout aimable, les bergers et les mages venaient le caresser, les Anges chantaient ses louanges ; tandis que là, il est sans mouvement et sans vie.
Le C. : N.-S. J.-C. est-il plus anéanti dans la sainte hostie, que pendant sa vie mortelle?
R. Oui ,M. , parce que pendant sa vie mortelle , il faisait des discours qui ravissaient tout le monde , il faisait des miracles qui étonnaient et convertissaient ; tandis que dans la sainte hostie , il est en silence, et si j'osais , je dirais qu'il fait des miracles à l'envers, car il fait des miracles pour s'anéantir.
Le, C. : N.-S. J.-C. est-il plus anéanti dans la sainte hostie que pendant sa passion et pendant qu'il était attaché à la croix ?
R. Oui , parce que, pendant sa passion, il donnait des preuves visibles de sa puissance et de ses vertus ; il renversa par une parole ceux qui voulaient l'arrêter dans le jardin des Olives ; au moment de sa mort, il y eut un tremblement de terre et une éclipse de soleil; tandis que dans la sainte hostie, on ne voit rien qui distingue la sainte hostie consacrée de celle qui ne l'est pas.
Le C. : Tout ce que vous dites-là , mes enfants, est bien vrai et bien frappant , et doit nous inspirer une grande reconnaissance envers N.-S. J.-C.
( Faites les mêmes questions à plusieurs et tâchez d'obtenir les mêmes réponses ^ pour faire bien ressortir l'amour que J.-C. nous témoigne dans la sainte eucharistie. )
Le C. : 2'^ D. Qui a institué le sacrement de l'eucharistie , Julie ?
R. C'est N.-S., etc.
Le C. : Aiez-vous fait attention à ces paroles, mes enfants : c'est N.-S. J.-C. qui a institué le sacrement de l'eucharistie la veille de sa passion ?
R. Oui, M., j'y ai fait attention, c'est-à-dire, qu'au moment où les juifs cabalaient pour le faire mourir , il faisait les plus grands miracles pour nous donner les preuves les plus louchantes de son amour.
( Faites la même demande à plusieurs , et tâchez d'obtenir la même réponse pour bien faire ressortir le contraste qu'il y a entre la malice des juifs et la bonté de J.-G. ; vous pourriez demander quel jour de la semaine J.-C. est mort? quel jour a-t-il institué la sainte eucharistie ? )
Le C. : 3*' D. Comment J.-C. institua-t-il l'eucharistie ?
Le C. : 4° D. Que fît-il ensuite?
Le C. : 5® D. Que fit J.-C. par ces paroles : Ceci est mon corps , ceci est mon sang ?
( Il faut faire répéter ces trois questions à plusieurs. )
Le C. : La manière dont N.-S. consacra le pain et le vin, mes enfants, n'est pas difficile à comprendre , mais c'est la cinquième question qui exige beaucoup d'attention au moment où J.-G. prononça ces paroles : Ceci est mon corps. A la place de la substance du pain il y mit son corps d'une manière miraculeuse; s'il ne l'avait pas fait, il aurait dit un mensonge : or, ce serait vme impiété de faire une pareille supposition. C'est donc réellement son corps que J.-C. présenta à sesApôtres en leur disant : Ceci est mon corps. C'est un grand mystère, sans doute, mais ce mystère n'est pas au-dessus de la puissance de Dieu. 11 n'y pas long-temps que nous lisions dans l'Evangile ce qui se passa aux noces de Cana en Galilée : quelqu'un de vous s'en souvient-il ?
R. Plusieurs se lèvent et disent simultanément : oui , M. , oui , M. , et quelques-uns commencent à raconter le miracle.
Le C. : Mes chers enfants, il ne faut pas parler tous à la fois , racontez le miracle successivement. Commencez , François.
188 QLL\ZIÈ.ME JOUR
R. M., il y avait à Cana^ dans la Galilée, un grand repas de noces, elle vin manqua, ei alors N. -S J.-G. se fil apporler de Teau qu'il cliangea en vin.
LeC. : Vous laconlez cela un peu cavalièrement, mon cher François. Comment auriez -vous dit, Louis ?
(Louis ajoute quelques mots, mais toujours d'ime manière trop abrégée et peu piopre à inspirer la piélé. Le C. s'adresse à Clolilde et à quelques autres filles , qui ne manquent pas de l'aire intervenir la Sainte Vierjj^e, sa bonté, Tinfluence qu'elle avait sur J.-C, la confiance que nous devons avoir en elle. )
Le C. : C'est fort bien , mes enfants , mais je voudrais savoir si la subtauce du vin est la même que celle de l'eau , Louis ?
K. Non, M. , ce n'est pas la même.
Le C. : N.-S. J.-C. a donc changé la substance de Teau et a mis à sa place celle du vin ?
K. Oui , W. , et on ])ourrait dire qu'il y a eu changement de substance dans ce miracle.
Le C. : Eh bien, mes enfants, voilà ce qui arrive dans la sainte eucharistie : le corps de J.-C. prend la place de la substance du pain , c'est un miracle plus grand que celui des noces deCana, mais ce dernier miiacle nous aide à comprendre celui qui se fait dans la sainte eucharistie. Reprenons, M. E. , la cinquième demande : Jules , que lit J.-C. en disant ces paroles : Ceci est mon corps ?
(On feia bien de ne parler en commençant que du changement qui se fait dans la sainte hostie, alin de ne pas embrouiller les idées des enfants ; quand ils auront bien compris ce qui regarde la sainte hostie, il comprendront facilement ce qui regarde le changement du vin qui est dans le calice. )
R. M., en disant ces paroles, N.-S. fit un grand miracle.
Ze C. : Et quel miracle fît-il ?
R. Il mit son corps, son sang, son ame et sa divinité, à la place du pain dans la «ainle hostie.
Le C. : Pourriez-vous me citer un miracle qui eût quelques rapports avec celui qui se fait dans la sainte hostie ?
R. Oui, M. , c'est le miracle que N.-S. fit aux noces de Cana où il changea l'eau en vin.
Le C. : La subslance du \in est-elle la même que la substance de l'eau ?
R. Non, M. , oh ! certainement non; ceux qui aiment le vin ne le changeraient pas pour de l'eau.
( Tous les enfants sourient, mais sans éclat , et le Catéchiste ne dit rien. )
Le C. : Il y eut donc aux noces de Cana une substance mise à la place de l'autre ?
R. Oui , M. , le vin fut mis à la place de l'eau.
Le C. : Et dans la sainte hostie qu'est-ce qui est mis à la place du pain ?
R. M., c'est le corps de J.-C. qui est mis à la place du pain.
( Faites les mêmes questions à phisieurs enfants , même aux faibles. )
Le C. : Mes E. , vous m'expliquez bien ce que fît J.-C. en prononçant ces paroi; s : Ceci est mon corps ; mais si N.-S. avait mis une image dans la sainte hostie , aurait-il pu dire en concienoe : Ceci est mon corps ? Qu'en pensez-vous , Augustin ?
R. Non , M. , il aurait dit un mensonge , ce qui serait un blasphème.
Le C. = Vous croyez donc que N.-S. n'aurait pas pu dire : Ceci est mon cor2n , si réellement sou divin corps n'y éîait pas ?
R. M. , c'est bien évident : je sais bien que je ne voudrais pas dire un pareil mensonge.
Le C. : Si J.-C. avait dit long-temps d'avance à ses Apôtres, qu'il leur donnerait son corps à manger
et son sang à boire, aurait-il tenu sa promesse en ne leur donnant que l'image de son corps?
R. Certainement non , ce serait encore une tromperie.
Le C. : Si J.-C. avait dit : Je suis le pain vivant , si quelqu'un mange de ce pain , il vivra éternellement ; le pain que je donnerai est ma propre chair, si vous ne mangez pas ma chair el ne buvez pas mon sang, vous n'aurez point la vie en vous. Mon corps est vraiment une nourriture , et mon sang un breuvage (1) : ne serait-ce pas une nouvelle preuve qu'il n'a pas voulu donner la figure de son corps et de son sang, mais qu'il a voulu les donner réellement. Ajoutez à cela que depuis les Apôtres jusqu'au xvi* siècle , c'est-à-dire pendant quinze siècles, tous les chrétiens ont cru que J.-C. était réellement présent dans la sainte eucharistie: croiriez-vous, mes chers enfants, que malgré cela Calvin a osé dire que J-C. n'était qu'en figure dans la sainte hostie! voilà ce qu'enseignent les calvinistes. Hélas ! mes enfants, ils sont bien à plaindre d'être dans l'erreur ; mais nous serions aussi coupables qu'eux, si, étant persuadés que J.-C. est dans la sainte hostie, nous nous tenions mal dans l'édise, si nous n'assistions pas au saint sacrifice de la messe , si nous négligions de faire la sainte communion.
( Il pourrait être utile de faire répéter encore aux enfants tout ce qui vient d'être dit sur la présence
(1) Ce sont en effet les paroles de J.-C. que rapporte St. Jean dans l'Evangile , chapil. 6. U promit long-temps d'avance, à ses Apôlres, de leur donner un pain céleste , plus firécieux que la manne qui fut donnée aux Israélites dans e désert ; il ajoute que , ce pain est son corps et son sang adorable ; en ajoutant que sa chair est une véritable nourriture , et son sang un véritable breuvage, tous les auditeurs le comprirent de la sorte, d'une manière réelle et non en figure.
réelle de J.-G. dans la sainte hostie , surtout dans les pays qui avoisinent les protestants. Après avoir bien établi la croyance de la présence de J.-C. dans la sainte hostie , on pourra employer la même marche pour expliquer la présence du sang de J.-C. dans le calice. )
Le C. : Nous avons expliqué, raesE. , ce qu'avait fait J-C. en disant : Ceci est mon corps; disons maintenant ce qu'il a fait en montrant le calice où il y avait du vin et disant : Ceci est mon sang. Il a fait un second miracle, il a mis son sang adorable à la place du vin ; autrement il aurait trompé les Apôtres, soit quand il avait annoncé qu'il donnerait son sang à boire, soit en leur disant : Ceci est mon sang. Pourrait-on dire, André, que J-C. n'a présenté alors que la figure et l'image de son sang?
R. Non , M. , on ne pourrait pas le dire , les paroles de N.-S. sont trop claires.
Le C. : Elles sont d'autant plus claires, que N.-S. ajoute dans l'Evangile que ce sang serait répandu pour eux, pour la rémission des péchés. Or, N.-S.
{)endant sa passion , n'a pas répandu la figure et 'image de son sang , il l'a répandu en réalité ; donc le sang qui est dans le calice est le sang réel de J-C. Saisissez- vous bien celte réflexion, François?
R. Je la saisis parfaitement, et je ne conçois pas comment les protestants peuvent se persuader que N.-S. J.-C. a voulu tromper ses Apôtres en leur disant qu'il leur donnerait son corps et son sang en forme de nourriture, quoiqu'il ne leur en donnât que la figure.
( On pourra interroger quelques enfants sur cela ; mais il n'est pas nécessaire d'insister beaucoup , parce que les fidèles, ne faisant la communion que sous l'espèce du pain , mettent moins d'intérêt au changement qui se fait dans le calice. ) Le C. : Après avoir dit : Ceci est mon sang , N.-S.
ajoute : Faîtes ceci en mémoire de moi : Quel fut l'effet de ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi? François, faites la réponse et ensuite la demande pour votre voisin.
8. D. Quand se fait le changement du pain au corps de J.-C. et du vin en son sang?
(Quand ces deux questions ont parcouru tous les bancs, vous direz : )
Le C. : Est-ce que les prêtres font descendre le corps de J-C. à la place du pain dans la sainte hostie, elle sang de J.-C. à la place du vin, François?
R. Oui, M. , ils font le même miracle que lit J.-C. en instituant Teucliaristie la veille de sa passion.
Le C. : Dans quel moment le prêtre fait-il ce miracle ?
R. C'est pendant la messe , au moment de la consécration.
Le C. : Les Anges ont-ils le pouvoir de faire descendre J.-C. sur Taulel? Non, mes enfants, ils ne l'ont pas : la Sainte Vierge elle-même ne le peut pas, quoiqu'elle soit bien puissante; il n'y a que les prêtres qui ont reçu ce pouvoir dans l'ordination, ce qui doit vous inspirer pour eux un grand respect.
Le C. : Il est rapporté dans les divines écritures, que Josué voulant compléter la victoire qu'il avait remportée conlre les ennemis du peuple de Dieu, commanda au soleil de s'arrêter dans son cours, de manière que le jour fut plus long, et qu'il eût le temps de poursuivre et de disperser l'armée ennemie; c'était un grand miracle, satïs doute, mes chers enfants, de commander au soleil de s'arrêter; cependant, le miracle que fait le piètre à l'autel est beaucoup plus grand et plus étonnant, parce que le soleil, après tout, quoique bien beau, n*est qu'une créature inanimée qui périra avec le monde ; tandis que J.-C. qui obéit au prêtre en descendant sur l'autel , est le Maître du soleil et de toutes les créa-
tures. Pensez-y quelquefois , mes chers enfants , et cette pensée vous inspirera beaucoup de dévotion pendant le saint sacrifice de la messe.
Demain nous réciterons la quinzième Leçon et la cinquième.
Récitez les actes , Raymond , chantez le cantique : Oh! prodige d'amour, etc. page 123.