D. Comment cela
R. En tant que son corps et son sang présents dans le mystère , y paraissent comme séparés l'un de l'autre.
6. D. Comment le sacrifice de la messe nous applique-t-il les mérites du sacrifice de la croix?
R. En ce que Jésus-Christ continuant à s'offrir et à intercéder pour nous dans le sacrifice de la messe , nous obtient les grâces qu'il nous a méritées sur la croix.
Après le cantique d" invocal ion , la récitation de VOraison dominicale et la Salutation angélique par un seul, on fait réciter la seizième Leçon et la sixième.
Le C. : Jusqu'à présent, mes CE., nous avons parlé de la sainte eucharistie d'une manière générale, avec l'intention de bien constater la présence réelle de J.-C. , et d'expliquer autant qu'il était possible , comment notre divin Sauveur y est renfermé, et surtout l'amour immense qu'il nous a témoifiné dans cet adorable mystère ; nous allons maintenant parler des fins principales que s'est proposées notre divin Maître : la première, c'est de nous laisser un sacrifice perpétuel qui renouvellerait les mérites de sa passion et de sa mort ; la seconde, c'est de s'unir à nous par la sainte communion ; la troisième, c'est de demeurer au milieu de nous dans nos églises pour recevoir nos hommages , écouter nos prières et nous consoler dans les peines que nous éprouvons. Quoique ces trois intentions ne soient pas formellement énoncées dans le catéchisme , je regarde comme essentiel que vous les reteniez : parmi les choses que je dirai, il y en aura
quelques-unes qui seront un peu difficiles à comprendre ; j'espère cependant les mettre à votre portée, parce que je le demande au bon Dieu, et que je TOUS engage aussi à le demander dans vos prières: d'ailleurs je dois le dire , mes enfants , pour votre consolation et pour la mienne , j'ai beaucoup à me louer de votre attention et des soins que vous prenez de repasser entre vous ce qui a été dit ; j'ai appris même , avec un grand plaisir , que vous en parliez dans votre famille et que cela produisait un excellent effet ; je suis assuré qu'un jeune homme , qui ne faisait pas ses pàques depuis quelques années, est tout à coup rentré en lui-même en entendant sa jeune sœur répéter les explications du catéchisme ; mais, ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que dans une autre maison un vieillard, qui depuis long-temps n'approchait pas des sacrements , est venu trouver M.lecuréetlui a dit que c'était aussi le récit de quelques traits historiques racontés dans la veillée qui l'avait déterminé à se rapprocher de Dieu ; quand ses deux petits enfants venaient du catéchisme, il n'avait rien de plus pressé que de leur demander si on avait raconté quelques traits historiques. Vous voyez , mes enfants, que vous pouvez tous devenir Apôtres en priant Dieu pour les personnes qui vous entendent, et en leur parlant du catéchisme. Voyons, François , nous avons parlé de la sainte eucharistie ces jours-ci : pourriez- vous me dire quelque chose de ce que vous avez retenu ?
R. M. , j'ai retenu que N.-S. J.-C. était dans la sainte hostie , qu'il y était vivant, qu'il y avait son corps, son sang, son ame et sa divinité.
Le C. : Avez- vous retenu la raison pour laquelle il avait voulu se tenir caché dans la sainte hostie, au lieu de se montrer dans la gloire et la splendeur.
R. M. , c'est que nous n'aurions pas osé nous approcher de lui s'il n'était pas caché.
Le C. : Vous n'avez pas retenu d'autres raisons?
H. Non , M. , on a dit celle-ci plusieurs fois , et je la comprends bien.
Le C. : Louis vous n'avez pas retenu d'autres raisons?
R. M. , on a dit que si N.-S. se montrait beau comme le soleil, on s'accoutumerait à le voir, comme on s'accoutume à jouir du soleil sans penser à Dieu.
Le C. : C'est très bien. Voyons , Julie , avez-vous retenu quelque chose de ce que nous avons dit sur la sainte eucharistie?
(Louise reprend chaque demande de la cinquième leçon, parle de la vie naturelle, de la vie surnaturelle, des moyens d'entretenir l'une et l'autre , de la présence réelle , des motifs qui ont engagé N.-S. à se tenir caché dans la sainte hostie, de l'union du corps, du sang, de l'ame et de la divinité , soit dans la sainte hostie, soit dans le calice ; de la comparaison du miroir , de celle de la voix qui se divise intégralement dans l'oreille de tous les assistants. On voit qu'elle a tout retenu et qu'elle en a parlé plusieurs fois avec ses compagnes et dans sa famille. )
Le C. : C'est très bien. Dites- moi maintenant quelles sont les trois intentions que s'est proposées N.-S. en instituant le sacrement de l'eucharistie?
R. N.-S. , en instituant la sainte eucharistie, a voulu nous fournir un sacrifice dans la sainte messe et une nourriture dans la sainte communion.
Le C. : N.-S. n'a-t-il pas eu une troisième intention ?
R. II a eu l'intention encore de demeurer avec nous dans nos églises pour recevoir nos hommages et pour nous consoler dans nos peines.
( Le Catéchiste fera des questions à plusieurs sur les trois intentions de N.-S. , afin de bien établir cette idée dans la mémoire des enfants et de leur faire bien apprécier le profit qu'ils doivent tirer de ces trois intentions. )
DE CATÉCHIS3IE. 211
Le C. : f^ D. Qu'est-ce que le sacrifice de la messe, François? Faites la réponse et ensuite la demande pour votre voisin, selon la méthode ordinaire.
( Quand la demande a parcouru tous les bancs, le Catéchiste dit : )
Le C. : Marin, qui vous a créé et mis au monde? Pourquoi vous a-t-il créé? Dieu est-il le maître de tout ce que vous avez, de votre ame, de %oîre corps, de votre santé, de votre fortune, de tout ce que vous possédez ?
R. Oui , M., Dieu est le maître de tout. Le C. : Si Dieu est le maître de tout ce que vous possédez , il est donc juste de l'employer à sa gloire et selon sa volonté.
R. Oui , M. , cela est juste et nous aurions bien tort de ne pas le faire.
Le C. : N'arrive-l-il pas souvent qu'on oublie de regarder Dieu comme le maître de tout ce que nous avons ?
R. Cela n'arrive que trop souvent.
Le C. : N'est-il pas nécessaire de prendre des moyens pour empêcher d'oublier que Dieu est le maître de tout ce que nous avons ?
R. Oui, M., cela est bien nécessaire.
Le C. : Et que faut-il faire pour ne pas l'oublier? R. Il faudrait y penser bien souvent.
Le C. : Oui, sans doute, il faut y penser bien souvent ; mais il faut quelque chose qui nous y fasse penser : or, ce qui nous y fait penser, mes chers enfants, ce sont les sacrifices que nous faisons à Dieu; ainsi, quand on fait la quête à l'église le dimanche , si je donne quelque chose pour l'église , c'est un petit sacrifice que je fais au bon Dieu pour reconnaître que je tiens de lui l'argent que j'ai. Quand je dis le benedicitc , quand je fais maigre le vendredi et le samedi , c'est un sacrifice que je fais pour me souvenir que Dieu est le maître des ali-
ments que je prends , et que je dois les prendre d'après ses ordres. Si je cesse de travailler le dimanche , je fais le sacrifice de ce jour-là pour me souvenir que tous les jours appartiennent au bon Dieu, et qu'il s'est réservé le dimanche. Il en est de même de toutes les privations , de tous les sacrifices que nous faisons pour nous rappeler la dépendance où nous sommes du bon Dieu et des bienfaits que nous tenons de lui. Comprenez -vous bien tout cela, Augustin ?
R. Oh ! oui , M. , c'est bien facile et bien juste. Le C. : Etes-vous persuadé que tout ce que nous avons vient de Dieu , qu'il en est absolument le maître , qu'il nous l'ôtera quand il voudra ?
R. M. , il n'y a pas moyen d'en douter ; il peut même nous ôter la vie.
Le C. : Il peut en effet nous ôter même la vie , et il est infiniment important que nous nous en souvenions.
R. Oui , M. , cela est nécessaire , autrement nous serions des ingrats et comme des bêtes ; car les bêtes sont comme cela, pourvu qu'elles aient de quoi manger, peu leur importe d'où cela vient.
Le C. : Que faudrait-il donc faire pour ne pas oublier que tout appartient à Dieu ?
R. M. , il faudrait, comme vous disiez , faire de temps en temps des sacrifices ; par exemple , donner l'aumône , faire maigre certains jours , s'abstenir de travailler le dimanche , faire des sacrifices qui nous rappellent que nous dépendons de Dieu.
Le C. : Quand on fait des cadeaux à quelqu'un au retour d'un voyage, le jour de sa fête , le jour de l'an , dans quelle intention le fait-on ?
R. Je pense que c'est en signe de souvenir et d'amitié , de respect , de reconnaissance.
Le C. : Pourquoi paie-t-on les impositions au roi et lui sacrifie-t-on une partie de son revenu , et de son travail ?
R. C'est aussi par respect , par obéissance , pour reconnaître sa puissance.
Le C. : D'après cela , pourriez-vous m'expliquer pourquoi le bon Dieu ayant donné la permission à nos premiers parents , Adam et Eve , de manger de tous les fruits du paradis terrestre , il leur défendit de manger ceux que produisait Tarbre de la science du bien et du mal?
R. M. , je ne comprends pas bien pourquoi.
Le C. : Et vous , Clotilde , comprenez-vous pourquoi Dieu avait défendu ce fruit à nos premiers parents ?
R. M. , il peut y avoir beaucoup de raisons que je ne connais pas, mais il me semble apercevoir que c'était un sacrifice que Dieu exigeait d'eux , afin (ju'ils se souvinssent que tous les autres fruits lui appartenaient, qu'ils devaient en être reconnaissants envers lui.
Le C. : Quels furent les premiers enfants d'Adam et d'Eve ?
R. Ils s'appelaient Caïn et Abel.
Le C. : Savez-vous quelle était leur occupation ?
R. Gain cultivait la terre , et Abel était berger et gardait les troupeaux.
Le C. : Faisaient-ils des sacrifices au bon Dieu ?
R. Oui , M. , Caïn offrait à Dieu des fruits , pour reconnaître que c'était Dieu qui les faisait croître et mûrir; Abel offrait à Dieu tout ce qu'il avait de mieux dans son troupeau.
Le C. : En étudiant l'Histoire Sainte, n'avez-vous pas observé qu'il y est souvent question des sacrifices qu'on faisait à Dieu.
R. Je l'ai bien remarqué , M. , surtout après le déluge , il est parlé des sacrifices de Noé, d'Abraham, de Moïse et de beaucoup d'autres (1).
(1) On voit cela dans les figures de la Bible , dans l'Histoire de la Religion , par Lhomond , etc.
Le Ç. : Je comprends bien pourquoi Ton offrait à Diea des prières, des fruits, des privations de travail , etc. , afin de se souvenir de ses bienfaits ^ de reconnaître sa puissance ; mais pourquoi les patriarches Noé , Abraham , Moïse et les juifs faisaient-ils des sacrifices d'animaux ? Ils les faisaient mourir tantôt d'une façon , tantôt de l'autre. Pourriez-vous m'en donner la raison , François ?
( François, Augustin, Louis, etc. Clolilde, Julie, etc. sont embarrassés, et le Catéchiste ne se presse pas de donner la raison, afin que leur embarras réveille l'attention de tout le monde , et rende tous les enfants plus attentifs. )
Le C. : Vous avez dit tou t-à-l'beure , Augustin, que Dieu était le maître de tout , même de notre vie. Y aurait-il moyen de faire à Dieu le sacrifice de notre vie ?
R. Oui , M. , il y a un moyen , c'est de l'employer conformément à sa volonté , de ne rien faire qui puisse l'offenser.
Le C. : Votre réponse est très bonne , mon enfant ; cependant tout ce que vous venez de dire n'est pas suffisant , et n'exprime pas d'une manière assez directe que Dieu est le maître de notre vie. Lui consacrer notre temps par la prière , par le chant , par des cérémonies , lui consacrer notre argent par des aumônes, notre travail en construisant des temples, etc., tout cela est bon, mais tout cela n'est pas notre vie , notre existence ; il fallait quelque chose de plus direct , de plus significatif. Vous savez , mes chers enfants , qu'après la désobéissance d'Adam et d'Eve, ils furent chassés du paradis terrestre, et comdamnés à la mort ainsi que toute leur postérité. Eh bien ! pour racheter en quelque sorte leur vie , Dieu leur prescrivit de faire mourir des animaux, afin qu'ils pussent se dire à eux-mêmes, Dieu est le maître de ma vie , comme je suis le maître
DE CATÉCniSME. 215
de la vie de ces brebis , de ces taureaux , de ces colombes, etc. N'est-il pas vrai, François, que ces sacrifices étaient plus significatifs que Tofirande du pain , des fruits de notre travail , de notre argent , etc.?
R. Oui , M. , on sent que la vue d'un animal mourant fait plus d'impression,
Ze C. : Cette impression n'est-elle pas plus grande , quand on sait que cet animal est immolé pour nous conserver la vie ?
R. Oui, M. , cette pensée est fort touchante et fort instructive.
Le C. : N'est-elle pas propre à nous faire penser à Dieu , à nous rappeler l'obligation de lui consacrer notre vie ?
R. Oui , M. , elle remue le cœur en parlant aux yeux.
( Il est à propos de revenir sur tout ce qui vient d'être dit , sur la nécessité de penser à Dieu en faisant des sacrifices de prières, d'aumônes, de travail , de chant , de cérémonie. Il ne faut pas négliger de faire observer qu'on entretient le souvenir, l'attachement parmi les hommes, par les présents , par les sacrifices ; c'est même par là qu'il faut commencer, pour s'élever graduellement jusques aux devoirs que nous avons à remplir envers Dieu. )
Lî, C. : Vous voilà donc bien persuadés , mes chers enfants, que pour entretenir le respect, la confiance, l'amour, la reconnaissance que nous devons à Dieu, il faut lui faire des sacrifices; mais nous sommes si petits aux yeux de Dieu qui est le souverain Maître de l'univers , que nos offrandes et nos hommages ne méritent pas son attention , vu surtout que nous sommes les enfants d'un père coupable, et que souvent nous l'avons offensé ; Dieu n'a besoin ni de nos prières, ni de nos offrandes, puisque nous ne pouvons rien lui offrir que nous ne tenions de lui ;
par conséquent, si tous les hommes se réunissaient pour le prier, pour chanter ses louanges et lui offrir tout ce qu'ils ont , il n'en serait ni plus riche , ni plus heureux. Je vous l'ai déjà dit , nous sommes plus petits devant Dieu que ne le sont devant nous les fourmis et les insectes : or, dites-moi, quel cas feriezvous des fourmis et des petits insectes qui vous adresseraient la parole et vous offriraient les petits grains qui sont en leur pouvoir. Cependant, mes enfants , Dieu fait attention à nous , il exige que nous lui fassions des sacrifices , et il nous promet une récompense éternelle dans le ciel en vue des mérites de N.-S. J.-C. qui est venu sur la terre pour nous sauver , qui a prié pour nous , qui est mort sur la croix pour l'amour de nous , et qui, en nous faisant part de ses mérites , donne à nos prières et à nos sacrifices un mérite infini. Comprenez-vous bien cela, François?
R. Oui , M. , il me semble que je le comprends , parce que nous l'avons déjà dit en parlant de la grâce .
Le C. : Que sommes-nous en présence de Dieu?
R. Nous ne sommes rien ; nous sommes plus petits devant Dieu que ne l'est une fourmi devant nous.
Le C. : Nos prières et nos offrandes sont-elles dignes de Dieu? méritent-elles son attention ?
R. Non , M, , elles ne valent pas plus que les mouvements et les provisions de la fourmi.
Le C. : Nos prières et nos offrandes ne peuventelles pas être ennoblies et mériter une récompense éternelle?
R. Pardonnez -moi, M., elles sont ennoblies et méritent une récompense quand nous les faisons en état de grâce.
Le C. : D'où leur vient cette grandeur et ce mérite ?
R. Ce mérite leur vient de J.-C. qui a prié pour nous et qui est mort pour nous sur la croix.
( Faites les mêmes questions à plusieurs pour bien
faire comprendre aux enfants que c'est la vie et la mort de J.-C. qui ennoblit nos actions et les rend dignes d'une récompense éternelle. )
Le C. : Nous avons, mes C. E. , quatre devoirs à remplir envers Dieu : nous devons l'adorer , le remercier de ses bienfaits , lui demander pardon de nos péchés , et recourir à lui pour obtenir les grâces temporelles et spirituelles dont nous avons besoin. Comme le souvenir de ces quatre devoirs est de la plus haute importance et reviendra souvent, je désire qu'on le retienne bien ; c'est pourquoi je le répète et vais le faire répéter à plusieurs en abrégé. Nous devons, 1" adorer Dieu, 2" le remercier, 3° lui demander pardon de nos péchés , 4° recourir à lui dans nos besoins spirituels et temporels.
( Il faut faire répéter à plusieurs enfants ces quatre devoirs, jusqu'à ce que chacun les répète sans hésiter. )
Le C. : Dans ces quatre devoirs , il y en a trois que vous comprendrez tous facilement, qui sont de remercier Dieu de ses bienfaits, de lui demander pardon de nos péchés, de recourir à Dieu pour obtenir les grâces dont nous avons besoins. Le plus difficile à comprendre , c'est le premier. Nous devons adorer Dieu , c'est-à-dire reconnaître qu'il est notre Créateur, qu'il est notre premier Maître, que nous tenons de lui tout ce que nous avons, que nous dépendons de lui de la manière la plus absolue pour la vie et pour la mort ; c'est ce que nous avons un peu expliqué dans le dernier catéchisme ; mais cet article est si important et si peu connu , qu'il ne faut pas craindre d'y revenir plusieurs fois. Voyons , Louis , quel est le premier devoir que nous avons à remplir envers Dieu ?
R. Le premier devoir que nous avons à remplir, c'est de l'adorer.
Le C. : Que faut-il faire pour adorer Dieu ?
R. Il faut se mettre à genoux et faire sa prière.
Le C. : Toutes les prières sont-elles un acte d'adoration ?
( Louis est embarrassé , il n'ose pas répondre. )
Le C. : L'acte de contrition est-il un acte d'adoration ?
( Louis hésite encore et n'ose pas répondre. )
Le C. : Répondez , François : l'acte de contrition est-il un acte d'adoration ?
R. Non, M. , l'acte d'adoration doit exprimer la dépendance où nous sommes à l'égard de Dieu , déclarer qu'il est noire Maître de la manière la plus absolue, la plus étendue.
Le C. : Qu'en pensez-vous , Louis ? Est-ce l'idée que vous aviez de l'acte d'adoration ?
R. M. , je l'avais un peu , parce que vous l'aviez dit tout-à-l'heure ; mais je n'osais pas le répéter, je craignais de me tromper.
Le C. : Je demande donc de nouveau si l'acte de contrition est un acte d'adoration?
R. Non M., ces deux actes sont tout-à-fait diflFérents.
Le C. : En quoi consiste l'acte d'adoration?
R. Il consiste essentiellement à reconnaître que nous tenons de Dieu tout ce que nous possédons , que Dieu est le maître absolu de tout ce que nous avons , de notre ame , de notre corps , de nos biens, de notre vie et de notre mort.
Le C. : Dépendons-nous beaucoup plus de Dieu que de notre père et de notre mère ?
R. Oui , M. , parce que l'autorité de nos père et mère vient de Dieu.
Le C. : Si nolie père nous ordonnait de faire quelque chose de contraire au commandement de Dieu , que faudrait-il faire ?
R. Il faudrait obéir au bon Dieu de préférence.
( Faites les mêmes questions à l'égard d'un do-
mestique envers ses maîtres. Citez l'exemple des Apôtres auxquels les Juifs défendaient de parler des miracles de J.-C. , de sa mort, de sa résurrection , et qui répondaient : Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. Citez les Martyrs, S. Maurice, etc. )
Le C. : Clotilde, quels sont les quatre principaux devoirs que nous avons à remplir envers Dieu ?
R. M., nous devons l'adorer, le remercier, lui demander pardon , lui demander les biens spirituels et temporels dont nous avons besoin.
( Faites de nouveau la même question à Augustin, à Frédéric , à Paul , etc. ; à Joséphine , à Marie , à Julie, à Rosalie, etc., de manière que ces quatre devoirs de la Religion se classent dans la mémoire de tous, et qu'ils puissent bien comprendre ce qui reste à dire sur le saint sacrifice de la messe. )
Le C. : Revenons, Clotilde, au premier devoir que nous avons à remplir envers Dieu : quel est-il ?
R. M. , nous devons adorer Dieu , c'est-à-dire , reconnaître que nous tenons tout de lui , que nous sommes sous sa dépendance de la manière la plus absolue , que nous devons lui obéir en tout et partout...
Le C. : Vous allez un peu plus vîte que je ne voulais, mais votre réponse est fort bonne. Entrons dans quelque détail. Peut -on adorer les créatures ?
R. Non, M. , ce serait un mensonge ; on ne peut pas dire aux créatures qu'elles sont maîtresses de tout , que nous dépendons d'elles de la manière la plus absolue.
Le C. : Peut-on adorer les Anges et les Saints ?
R. Non , M. , les Anges et les Saints sont sous la dépendance de Dieu comme nous: loutle bien qu'ils nous font ils le tiennent de Dieu.
Le C. : Peut-on adorer la Sainte Vierge ?
R. Non , M. , ce serait l'égaler à Dieu et par conséquent commettre l'idolâtrie.
Le C. : Mais la Sainte Vierge est si bonne et si puissante, ne peut-on pas se consacrer à elle, reconnaître qu'elle est notre Mère, que nous tenons d'elle tout ce que nous avons ?
R. La Sainte Vierge , dans le Blagnificat , avoue elle-même qu'elle tient de Dieu tout ce qu'elle a et lui en témoigne sa reconnaissance : sa puissance est donc subordonnée à celle de Dieu ; c'est donc à Dieu qu'il faut rapporter toutes les grâces spirituelles et temporelles que nous recevons par l'intercession de la Sainte Vierge.
Le C. : Les protestants nous accusent d'adorer la Sainte Vierge , ont-ils raison ?
R. Non, M., nous n'adorons pas la Sainte Vierge, nous la respectons, nous l'invoquons, mais toujours en nous rappelant qu'elle est dépendante de Dieu, que toutes les grâces que nous recevons par elle viennent de Dieu.
Le C. : Serait-ce un crime d'adorer la Sainte Vierge ?
R. Oui , M. , ce serait un crime, ce serait l'égaler à Dieu , ce qu'elle verrait avec horreur (l).
( Faites ces mêmes questions ou des questions
(I) Ou croira peut-être que nous préions aux enfants (les réponses qu'ils ne sont pas en état de faire ; mais nous pouvons assurer que beaucoup d'enfants élevés chez les frères ou chez les sœurs font des réponses équivalentes à celles que nous indiquons ici ; et nous regardons comme très avantageux que ces réponses sortent de la bouche des enfants , soit parce que les autres y font plus d'attention et v trouvent un motifd'émulation, soitparce que les enfants en parlent ensuite d'une manière plus juste entr'eux ou dans leur famille. Au reste , quand les enfants ne font pas les réponses que nous leur prétons , le Catéchiste doit les leur suggérer et les amener à les faire par des sousdemandes que le bon Dieu lui inspirera, s'il est plein de zèle et fidèle à la grâce.
DE CATÉCHISME. 2!2i
rquivalentes à quatre ou cinq enfants, garçons ou filles, qui soient intelligents et qui répondent bien ; passez ensuite à quelques-uns qui seraient moins intelligents; faites des sous-demandes qui facilitent leurs pensées et fassent bien comprendre à tous en quoi consiste l'adoration , ce que ne distinguent pas toujours assez les personnes pieuses et même des personnes qui passent pour être instruites. Dans un grand Catéchisme de persévérance, on pourrait faire apercevoir l'extravagance des peuples idolâtres, qui adoraient des statues d'or et d'argent, qui adoraient des hommes et des femmes distingués par leurs qualités et souvent par leurs crimes, comme Mercure qui était le dieu des voleurs , etc.
Le C. : Antoine, en quoi consiste l'adoration?
R. M. , elle consiste à dire au bon Dieu qu'il est le maître de nous et de tout ce que nous possédons.
Le C. : Le bon Dieu est-il le maitre de notre vie?
R. Oui, M. , il est le maître absolu de notre esprit et de notre cœur , de notre corps et de nos biens.
Le C. : Peut-on adorer les créatures ?
R. Oh ! non : ce serait les égaler à Dieu et commettre un grand crime.
Le C. : Mais si un grand roi vous donnait un beau domaine qui vous rendrait riche , ne pourriez-vous pas l'adorer, lui dire que vous tenez de lui tout ce que vous avez , qu'il est votre premier maître ?
R. M. , le Gros-Pierre en me parlant de cela me disait qu'étant soldat (car il a servi, le Gros-Pierre), un jour Napoléon était sur son trône et recevait des compliments de tous les officiers ; que dans ce moment une mouche vint le piquer si fort qu'il se donna un bon soufflet pour la tuer, ce qui lit rire tout le monde ; et alors, disait le Gros-Pierre , moi je pensais tout bas que ce ce grand maître était bien petit puisqu'il ne fallait qu'une mouche pour le déconcerter ; et puis il me disait encore qu'après la
bataille de Waterloo, il fut dépouillé de sa puissance, exilé dans une ile bien petite et bien éloignée , où il est mort comme tout le monde ; et puis il ajoutait : Mon pauvre Jacques, attachons-nous au Maître qui ne craint pas les mouches et qui ne meurt pas. Et moi je lui disais, oui bien sûr : c'est le bon Dieu tout seul qui est le premier Maître , nous ne devons adorer que lui.
Le C. : Mes enfants , nous nous arrêterons-là aujourd'hui : je ne vous raconte pas d'autre histoire ; celle qu'on vient de vous raconter doit vous suffire et vous faire bien comprendre en quoi consiste l'adoration , et qu'elle n'est due qu'à Dieu seul; dans le prochain catéchisme, je reviendrai encore làdessus ;retenezbienlesquatredevoirsquenousavons à remplir envers Dieu : nous devons l'adorer , le remercier de ses bienfaits, lui demander pardon de nos péchés, et lui demander les grâces temporelles et spirituelles dont nous avons besoin. Je réserve une belle image pour celui ou celle qui me répondra le mieux sur les quatre devoirs que nous avons à remplir envers Dieu.
Pierre, récitez les actes de foi, d'' espérance, de charité et de contrition; chantez le cantique : Sous le firmament, p. 26.
Nous ferons réciter la dix-huitième Leçon du Catéchisme et la sixième.
Aprèsle cantique à.'' invocation, V Oraison dominicale et la Salutation angélique récités lentement, bien haut et dislinctement par un des jeunes gens, faites réciter la dix-septième Leçon et la sixième selon la méthode ordinaire.
Le C. : Dans le dernier Catéchisme , mes chers enfants , nous avons parlé des quatre devoirs que la Religion nous impose à Tégard de Dieu : nous devons l'adorer, le remercier, lui demander pardon, lui demander les choses dont nous avons besoin. Nous avons beaucoup insisté sur Tadoralion qui lui est due , parce que c'est le devoir le plus important et le plus diflicile à comprendre ; nous allons y revenir un instant et parler ensuite des trois autres qui sont pliis connus et plus facilement compris. Alexandre, quels sont les principaux devoirs que nous avons à remplir envers Dieu ?
R. M. , nous devons l'adorer, le remercier, lui demander pardon de nos péchés et recourir à lui dans nos besoins spirituels et temporels.
Le C. : En quoi consiste l'adoration ?
R. Elle consiste à reconnaître que Dieu est le maître de tout ce que nous possédons , que nous dépendons de lui de la manière la plus absolue.
Le C. : Peut-on adorer les créatures? Peut-on adorer les Saints... , les Anges... , la Sainte Vierge ?
( Faites les mêmes questions à cinq ou six enfants. )
f^e C. : Il me semble , mes enfants , que vous com-
prenez bien maintenant en quoi consiste Tadoration, et qu'elle n'est due qu'à Dieu ; c'est pourquoi il est dit dans le premier commandement : Un seul Dieu tu adoreras et ahyuras parfaitement. Passons maintenant aux autres devoirs que nous avons à remplir envers Dieu. Voyons, Raymond, quand on a reçu un bienfait, n'est-il pas juste d'en être reconnaissant?
R. Pardonnez-moi , M. , rien n'est plus juste. Le C. : Puisque nous tenons de Dieu tout ce que nous avons, n'est-il pas juste de lui en témoigner notre reconnaissance?
R. Oui, M., cela est juste ; autrement nous serions des ingrats, ce qui n'est pas joli.
Le C. : Vous dites que cela n'est pas joli : vous avez raison , cela est même très laid ; on n'aime pas l'ingratitude, même quand on ne fait que de petits cadeaux , à plus forte raison est-elle odieuse envers ceux qui nous ont beaucoup donné. Eh ! bien , Raymond , que nous a donné le bon Dieu ?
R. M. , il nous a donné tout ce que nous avons dans la vie présente.
Le C. : Dieu ne nous fait-il pas de belles promesses pour la vie future ?
R. Oui , M. , Dieu nous promet le Paradis , c'està-dire un bonheur étemel si nous sommes bien sages. { Faites les mêmes questions à plusieurs enfants. ) Le C. : Vous venez de répéter plusieus fois, mes enfants, que Dieu est notre premier maître : il a donc le droit de nous commander. On est donc coupable quand on lui désobéit ; on est d'autant plus coupable qu'il est impossible de l'offenser sans abuser de ses bienfaits, puisqu'il nous a donné tout ce que nous avons. Qu'en pensez-vous, Joseph , est-on bien coupable quand on désobéit au bon Dieu ?
R. Oui , M. , on est très coupable, parce qu'on se sert de ses propres bienfaits pour l'outrager.
Le C. : Vous dites qu'on se sert de ses propres bienfaits pour Toulrager. Pourriez-vous m'expUquer cela ?
(Joseph n'ose pas répondre, et alors il faut lui faire des sous-deuiandes. )
Le C. : Diles-moi, Joseph, Dieu n'est-il pas le maître de vos mains ?
R. Oui, M., il en est le maître, il pourrait me rendre paralytique comme notre voisin qui ne peut plus se servir de ses mains.
Le C. : Voilà une bonne réponse. Eh bien ! si vous vous servez de vos mains pour voler le bien d'autrui , pour battre votre camarade , ne faites-vous pas servir à offenser Dieu la grâce qu'il vous accorde de n'être pas paralytique ?
R. Oui , M. , je conçois bien cela, et nous abusons de même de nos autres membres, de nos yeux, de nos oreilles et de nos pieds quand nous faisons du mal.
Le C. ; Dieu est le maître de votre langue : n'abusez-vous pas du don de Dieu, si vous dites des mensonges , si vous parlez mal de votre prochain , si vous jurez le saint nom de Dieu.
R. Oui , M. , on abuse de la langue , des dons de Dieu quand on dit des sottises.
Le C. : Dieu n'est-il pas le maître de votre ame, de votre raison, de votre mémoire?
R. Oui, M., nous abusons des dons de Dieu si nous pensons mal, si nous faisons de mauvais projets, si nous lisons des mauvais livres, etc.
( Après avoir fait à plusieurs enfants, avec quelques détails ces diverses questions, ajoutez : )
Le C. : Quand on a offensé Dieu n'est-il pas absolument nécessaire de lui demander pardon ?
R. Oui , M. , c'est nécessaire, puisque iaos parents l'exigent, à plus forte raison le bon Dieu.
( Interrogez plusieurs enfants pour leur faire dire
qu'il est nécessaire de demander pardon à Dieu quand on lui a désobéi. La répétition suffit sans explication pour bien faire comprendre ce second devoir. )
Le C. : Nicolas, quand vous avez besoin d'argent, à qui en demandez-vous?
R. Je le demande à mon père ou à ma mère , et aussi quand j'ai besoin d'habits, de souliers, etc.
Le C. : Pourquoi vous adressez-vous à votre père et à votre mère ?
R. Parce que je sais qu'ils sont riches et qu'ils sont bons pour moi.
Le C. : Le bon Dieu n'est-il pas riche également? N'est-il pas infiniment bon ?
R. Oh! oui, M., toutes les richesses dépendent de lui.
Le C. ■• Il faut donc aussi s'adresser au bon Dieu quand on a besoin de quelque chose ?
R. Oui , M. , c'est toujours au ^on Dieu qu'il faudrait nous adresser pour obtenir ce qui nous manque quand on est pauvre , quand on est malade, quand on veut se corriger de ses défauts.
Le C. : L'autre jour le temps paraissait très mauvais, on avait peur qu'il ne tombât de la grêle , et tout le monde accourait à l'église. Qu'allait-t-on y faire ?
R. M. , on allait prier Dieu pour demander d'être préservé de la grêle.
Le C. : Le bon Dieu peut-il nous accorder tout ce que nous lui demandons ?
R. Oui , M. j parce que le bon Dieu est tout-puissant.
Le C. : Croyez-vous que le bon Dieu soit disposé à nous accorder tout ce que nous lui demandons ?
R. Oui, M., parce qu'il est bien bon, le bon Dieu, et d'ailleurs , il a promis dans l'Evangile d'exaucer nos prières.
Le C. : Vous est-il arrivé d'obtenir des choses que vous demandiez au bon Dieu?
R. M. , plus d'une fois. L'autre jour , j'avais fait une petite sottise, j'avais cassé une assiette en voulant taire une gourmandise, et j'avais bien peur que ma mère me grondât ; j'allai tout de suite à l'église, je demandai pardon à Dieu , je promis de ne plus tomber dans la même faute si ma mère ne s'en apercevait pas ; eh bien , M. , elle ne le vit pas.
Le C. : Et avez- vous eu soin d'en remercier le bon Dieu?
R. Oui , M. , j'allai encore à l'église pour remercier le bon Dieu.
( Faites des questions à plusieurs enfants : reprenez la question générale sur les quatre devoirs. Ne craignez pas ces répétitions, elles intéresseront les enfants si vous les interrogez en détail , si vous les faites reprendre les uns par les autres , si vous leur faites faire attention à des choses arrivées sous leurs yeux , si vous leur laissez dire de petites aventures personnelles. Après avoir fait répéter ces diverses applications , pour faire bien comprendre la nécessité d'adorer Dien , de le remercier, de lui demander pardon, de recourir à lui dans nos besoins, on peut faire observer que dans l'ancienne loi on offrait à Dieu quatre sortes de sacrifices qui correspondaient aux quatre devoirs que nous avons à remplir envers Dieu : sacrifice d'adoration appelé latreutique ou holocauste , dans lequel toute la victime était détruite pour mieux faire comprendre à ceux qui l'offraient, la dépendance où nous sommes à l'égard de Dieu ; sacrifice d'action de grâce, appelé eucharistique ; sacrifice de pénitence ou à'e.rpiation ; sacrifice de demande ou d'imjjétration. On en trouve le détail dans le Catéchisme de Montpellier et dans plusieurs autres ; il pourrait être utile d'en parler dans un Catéchisme où il y aurait beaucoup d'enfants d'un esprit ouvert. )
Le C. ■■ Quels sont les quatre devoirs que nous avons à remplir envers Dieu, Roch?
R. M. , nous devons adorer Dieu , le remercier , lui dema[ider pardon , et recourir à lui dans nos besoins spirituels et temporels.
La, C. : Sommes-nous bien petits en la présence de Dieu ?
R. Nous sommes beaucoup plus petits devant Dieu que ne Test devant nous une fourmi ou un autre insecte.
ie C. : Sommes-nous capables d'adorer Dieu et de remplir nos autres devoirs d'une manière digne de lui , d'une manière qui mérite son attention et une récompense éternelle.
R. Non, M., nos prières et nos sacrifices sont trop peu de chose pour mériter l'attention de Dieu et une récompense éternelle. -
Le C. : N'y a-t-il pas dans la Religion quelque chose qui agrandit nos sacrifices et nos prières et leur donne un grand prix ?
R. Oui , M. , quand nous les faisons bien , quand nous les faisons avec dévotion.
Le C. : François, auriez-vous répondu comme cela ?
R. M. , j'aurais dit comme hier, que nos prières et nos sacrifices étaient ennoblis par la grâce de N.-S. J.-C. qui était venu sur la terre pour nous mériter le ciel , pour ennoblir toutes nos actions et leur donner du prix.
Le C. : C'est très bien. Q'en pensez-vous ^ Roch ; suffit -il de faire nos prières avec dévotion pour qu'elles soient dignes de Dieu ?
R. Non, M. , cela ne suffit pas , parce que nous sommes trop petits en présence de Dieu.
Le C. : Qu'est-ce qui ennoblit nos prières et les rend agréables à Dieu et digne d'une grande récompense ?
R. M. , c'est la grâce de Dieu qui nous a été méritée par N. -S. J.-C.
Le C. : En effet, mes chers enfants, N.-S. J.-C. nous a mérité la grâce en prenant un corps et une ame comme nous? Il nous l'a méritée par ses prières, par ses vertus , et paticulièreraent par sa mort et passion. 11 a rempli pendant sa vie, et surtout pendant sa passion , les quatre devoirs que Dieu exige de nous et que nous venons de rappeler. Il les a remplis pour lui , et il les a aussi remplis pour nous. 11 a fait des actes d'adoration , d'actions de grâces, de contrition et de demande, 11 a fait tous ces actes pour sanctifler les nôtres et les rendre dignes de Dieu , quand nous les faisons en état de grâce et en union avec N.-S. J.-C. Vous souvenez-vous de ce que nous avons dit sur cela en parlant de la grâce, Roch ?
R. Oui , M. , je m'en souviens. Je me souviens que N.-S. a prié pour nous et qu'il est mort pour nous sur l'arbre de la croix ; qu'il nous a mérité le litre d'enfants de Dieu , et une place dans le ciel par le baptême.
( Revenez quelques moments sur ce dogme fondamental, que N.-S. J.-C. n'est venu sur la terre que pour nous sauver ; qu'il s'est fait semblable à nous pour expier nos péchés, pour demander notre grâce et notre pardon , pour nous obtenir tous les secours dont nous avons besoin , afin que nous évitions le mal et pratiquions le bien , et que par là nous obtenions une récompense éternelle dans le ciel. )
Le C. .• Mes chers enfants, oui, N.-S. J.-C. nous a mérité par sa mort le pardon de nos péchés et une récompense éternelle pour toutes nos actions ; mais il y a déjà dix-huit siècles , c'est-à-dire dix-huit cents ans que J.-C. est mort , et notre divin Maître savait bien qu'il ne faut pas beaucoup de temps pour oublier les bienfaits de Dieu ; c'estpourquoi, après avoir
institué le sacrement de l'eucharistie, il dit à ses Apôtres : Faites ceci en mémoire de moi; or , par ses paroles il leur donnait le pouvoir de rendre présent son corps et son sang sur l'autel , et de rappeler en même temps le sacriiice qu'il avait offert pour nous sur la croix , et c'est pour cela qu'à l'exemple de N.-S. , le prêtre consacre séparément l'hostie et le calice, afin dere[)résenter, d'une manière plus sensible, la mort de J.-C, car au moment où il mourut son sang fut séparé de son corps. Reprenons maintenant la première demande de la seizième Leçon du Catéchisme. Qu'est-ce que le saint sacrifice de la messe, François?
R. La messe est le sacrifice du corps , etc.
Le C. ; 2® D. Le sacrifice de la messe est-il le même que celui de la croix?
R. Oui, M. , c'est le même sacrifice , etc.
( Faites parcourir ces deux demandes dans tous les bancs.)
Le C. : Savez -vous maintenant pourquoi nous offrons à Dieu des sacrifices , François ?
R. Oui, M., c'est pour adorer Dieu et lui témoigner notre dépendance , pour le remercier de ses bienfaits , pour lui demander pardon de nos péciiés , pour obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin.
Le C. : Comment nos sacrifices sont-ils ennoblis et rendus dignes de Dieu ?
R. Ils sont ennoblis par le sacrifice que J.-C. a offert pour l'amour de nous.
Le C. : Quel est le sacrifice que N.-S. J.-C. a offert pour nous?
R. Il a offert son corps et son sang adorables pour l'amour de nous sur l'arbre de la croix (1).
[i] N.-S. J.-C. a offert des sacrifices pour nous, des acte» d'adoralion , d'actions de frràccs, de contrition et de de-
LE SAINT SACRIFICE DE LA MESSr: . 231
Le C. . Pourquoi N.-S. J.-C. est-il mort sur l'arbre de la croix ?
R. 11 est mort afin de nous obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin pour mériter le ciel.
Le C. : N.-S. J.-C. a-t-il donné à ses Apôtres le pouvoir de renouveler ce sacrifice?
R. Oui , M. , il leur a donné ce pouvoir par ses paroles : Faites ceci en mémoire de moi.
Le C. : 2. D. Le saint sacrifice de la messe est-il le même que celui de la croix ?
R. Oui , c'est le même sacrifice , etc.
(Faites la même demande à plusieurs enfants. )
Le C. : Sur la croix N.-S. J.-C. a fait des actes d'adoration au nom de tous les hommes ; il fait les mêmes actes pendant la messe , car il ne faut pas oublier que N.-S. est vivant sur l'autel. Sur la croix il a fait des actes d'actions de grâces pour les bienfaits que le bon Dieu répand sur les hommes ; sur l'autel, il se livre pour nous à des sentiments de reconnaissance ; sur la croix il s'est offert , comn.e victime , pour l'expiation de nos péchés , il fait la même oflrande sur l'autel ; sur la croix il a demandé pour nous toutes les grâces dont nous avons besoin pour pratiquer la vertu , il demande les mêmes grâces sur l'autel ; sur la croix il a demandé et mérité pour nous le bonheur du ciel en récompense de nos bonnes œuvres^ sur l'autel il demande pour nous la même faveur ; sur la croix il était tout à la fois prêtre et victime , il est de même prêtre et victime sur l'autel; il n'y a de différence, comme dit le Catéchisme , que dans la manière dont il est offert. Voyons si on m'a compris : François, que fesait N.-S. J.-C. pendant qu'il était sur la croix?
mande , pendant toute sa vie ; mais il est à propos de s'arrêter plus particulièrement au sacrifice et aux actes qu'il a offerts pendant sa passion et qu'il renouvelle pendant la messe.
232 XVIIÏ. JOUR DE CATÉCniS.ME.
R. N.-S. J.-C. , sur la croix , fesait des actes d'adoration et de reconnaissance ; il demandait pardon et miséricorde pour tous les pécheurs.
Le C. : Demandait-il pardon même pour ses persécuteurs et pour ses bourreaux?
R. Oui, M., il demandait pardon pour tous les hommes.
Le C. : A-t-il demandé grâce pour vous et pour moi?
R. Oui , M. , il a demandé grâce pour tous.
Le C. : Demandait-il pour nous tous les secours dont nous avons besoin pour résister aux tentations, pour pratiquer la vertu ?
R. Oui, M., il demandait tous les secours qui nous sont nécessaires pour aller au ciel.
Le C. : Et quelle victime olFrait-il en échange des gi'àces qu'il demandait ?
R. Il oCFrait son corps , son sang , son ame et sa divinité pour notre salut , pour donner du prix à toutes nos prières, à tous nos sacrifices.
LeC. • Sur Tau telJ.-C. fait-il les mêmes prières, les mêmes offrandes^ les mêmes sacrifices que sur la croix?
R. Oui , M. , il demande les mêmes grâces et il s'offre lui-même pour cela.
( Il serait à propos de faire les mêmes demandes à plusieurs enfants. )
Le C. : 2. D. Le sacrifice de la messe est-il le même que celui de la croix , Jules?
R. Oui , c'est le môme sacrifice , etc.
Le C. : 3. D. Quelle est la différence, qu'il y a , Augustin, entre la manière dont J.-C. s'est immolé sur la croix et la manière dont il s'immole sur l'autel ?
R. Sur la croix J.-C. s'est offert, etc. (comme dans le Catéchisme. )
Ze C. ; 4. D. J.-C. est-il donc immolé dans le saint sacrifice de la messe ?
R. Oui , il est immolé mysliquement.
Le C. : 5. D. Comment cela ?
R. En tant que son corps , etc.
Le C. : 6. D. Comment le sacrifice de la messe nous applique-t-il les mérites du sacrifice de^la croix ?
R. En ce que J.-C. , etc.
( Faites répéter ces quatre demandes à plusieurs. Ces quatre demandes ne sont pas difficiles à comprendre, quand on sait bien que le sacrifice de la messe est le même que le sacrifice de la croix; il n'y a qu'une chose qui peut embarrasser les enfants, c'est le mot mystiquement , qui est dans la quatrième demande, mais la cinquième demande en explique le sens ; il faut dire aux enfants que J.-C. n'est pas mis à mort sur l'autel, parce que maintenant il est immortel ; mais pour nous rappeler sa mort d'une manière sensible, on consacre le pain et le vin séparément; le pain pour mettre à sa place le corps de J.-C. , et le vin pour en changer la substance et mettre à sa place le sang de J.-C.
Le C. : N.-S. J.-C. est-il réellement mort sur la croix, Julie?
R. Oui, M., il rendit le dernier soupir après avoir recommandé la Sainte Vierge à saint Jean.
Le C. : N.-S. J.-C. est-il mis à mort sur l'autel pendant la messe ?
R. Non , M. , N.-S. ne peut plus mourir.
Le C. : Le Catéchisme dit qu'il est immolé mystiquement. Qu'est-ce que cela veut dire ?
R. Cela veut dire que par la consécration du pain et celle du vin, faites séparément, on donne une image extérieure de la séparation de son corps et de son sang , afin de rappeler sa mort d'une majiière plus sensible.
Le C. : Mais puisque N.-S. ne peut plus mourir, on ne peut pas dire que le sacrifice de la messe est le même que celui de la croix.
23i XVIII. JOUR DE CATÉCHISME.
R. On peut dire que c'est le même , parce que N.-S. étant vivant dans la sainte hostie et dans le calice , il offre de nouveau sa vie pour l'amour de nous comme il l'avait fait sur la croix. Il fait les mêmes actes d'adoration, d'action de grâces, de contrition, de supplication qu'il faisait pour nous sur la croix.
Le C. : Qu'est-ce qui fait le mérite d'un sacrifice? Est-ce la chose matérielle qui en fait l'objet , ou les sentiments dans lesquels on en fait l'offrande ?
R. Les objets matériels ne sont rien en euxmêmes , il n'y a que les sentiments de l'esprit et du cœur qui plaisent à Dieu.
Le C. : C'est très bien : je vous engage , mes enfants, à j faire bien attention, surtout pendant la sainte messe ; il ne suffit pas d'y assister de corps , mais il faut unir vos sentiments à ceux de J.-G. afin que par là ils soient sanctifiés et acquièrent un mérite infini.
( Vous pourriez faire ces mêmes questions à d'autres; si les enfants sont jeunes et peu intelligents, il ne faut pas insister beaucoup sur les explications. Cependant il est utile de les demander à ceuxquisontplusintelligenls.Lesautresnesauraient pas répondre ; mais en écoutant il arrive souvent qu'ils comprennent très bien, surtout quand ils ont la conscience pure , parce qu'alors la grâce les éclaire d'une manière particulière: nous en avons trouvé dans l'exercice du St. ministère qui ne savaient pas lire et qui avaient des idées très justes sur les quatre devoirs que nous avons à remplir envers Dieu, sur l'impossibilité où nous sommes de faire des actions dignes de Dieu , sur le prix que l'incarnation de J.-C. donne à nos prières et à nos sacrifices , sur l'application que J.-C. nous fait de ses mérites pendant la messe. )
Le C. : Mes chers enfants, quand N.-S. mourut
sur le calvaire il y avait beaucoup de monde autour de sa croix ; c'étaient des impies , des soldats , des juges, des bourreaux qui l'insultaient etse moquaient de lui , et s'endurcissaient dans le mal ; il y avait cependant quelques pécheurs qui voyant sa patience et sa vertu se convertissaient ; il y avait aussi des saintes âmes, comme la Sainte Vierge , saint Jean , sainte Magdeleine qui le plaignaient et s'unissaient à lui d'esprit et de cœur. Il en est à peu près de même dans nos églises pendant la messe ; il y a dansl'église quelquefois près de l'autel, des incrédules , des libertins qui outragent J.-C. ; il y a aussi de saintes âmes qui l'adorent et s'unissent à lui par le cœur avec dévotion : Dieu vous fasse la grâce d'être de ce dernier nombre.
Demain nous réciterons la dix-septième Leçon du Catéchisme et la septième.
Recitez les Actes de foi , (Vespcrance , de charité et de contrition , Jacques. Chantez le cantique : Oh f prodige d'amour ^ page 123.
LEÇON SEPTIE},[E
DE LA lyms PARTIE DU CATÉOJIS^IE DE EELLEY. Sur le saint Sacrifice de la Messe.
1. D. A qui le sacrifice de la messe est-il offert? R. Le sacrifice de la messe n'est offert qu'à Dieu
seul.
2. D. Ne l'offre-t-on pas aussi à la Sainte Vierge et aux Saints ?
R. Non : mais on l'offre à Dieu en mémoire des Saints , et pour le remercier des grâces qu'il leur a faites.
3. D. Par qui le sacrifice de la messe est-il offert? R. Il est offert par les prêtres, qui sont en cela
les Ministres de Jésus-Christ et de l'Eglise.
4. D. Pourquoi dites-vous que les prêtres, en offrant le sacrifice de la messe , sont les Ministres de Jésus-Christ et de l'Eglise?
R. Parce que Jésus-Christ, et avec lui toute l'Eglise , offrent à Dieu ce sacrifice par les mains et par le ministère des prêtres.
5. 0. Pour qui le sacrifice de la messe est-il offert? R. Il est offert pour toute l'Eglise, pour les vivants
et pour les morts.
6. D. Quelle fin l'Eglise se propose-t-elle en offrant à Dieu ce sacrifice ?
R. Elle se propose 1® d'adorer Dieu ; 2° d'apaiser sa justice ; 3° de le remercier de ses bienfaits ; 4° de lui demander les grâces dont nous avons besoin. ^
7. D. Dans quelles dispositions faut-il assister au saint sacrifice de la messe ?
R. Il faut y assister avec des sentimens de foi et de religion , et témoigner son respect par beaucoup de modestie et de recueillement.