D. Quelle est la meilleure manière d'entendre la messe
R. C'est de s'unir au prêtre , de le suivre, autant qu'on le peut, dans toutes les prières qu'il fait, et d'entrer dans l'esprit de chaque prière et de chaque action du sacrifice.
D1X-NEUVIÈ5IE JOUR
Après le cantique (Tini-ocaiion et la récitation du Pater elde W^ve, faites réciter la dix-sej)lième Leçon et la septième selon la méthode ordinaire.
Le C. : Nous avons dit, mes chers enfants , que le saint sacrifice de la messe était le même que celui de la croix, et que J.-G. renouvellait sur l'autel les mêmes prières et la même offrande qu'il avait fait de lui-même pour reconnaître le souverain domaine de Dieu sur toutes les créatures, pour nous obtenir le pardon de nos péchés et nne récompense éternelle dans le ciel. Il suffit de vous rappeler cette explication pour vous faire comprendre que nous ne pouvons pas offrir le saint sacrifice à une créature , parce qu'aucune créature n'a le souverain domaine sur tout ce qui existe ; aucune créature n'est assez pure et assez parfaite pour s'offrir comme victime en expiation des péchés des autres^. On ne peut donc pas offrir le saint sacrifice de la messe à la Sainte Vierge , qui, malgré sa grande puissance et ses grandes vertus, est une pure créature et n'a d'autre puissance que celle que Dieu lui donne , et d'autre mérite que celui que J.-C. lui a communiqué par ses souffrances et par sa mort ; à plus forte raison , ne peut-on pas l'offrir aux Anges et aux Saints , puisque ce serait les égaler à Dieu et devenir idolâtre. C'est ici une observation essentielle dont je désire que vous vous souveniez bien , parce qu'il y a des personnes peu ins-
truites qui tombent dans l'erreur sur cela. Reprenons la demande du catéchisme.
Le C. : V^\i. A qui le sacrifice de la messe est-il offert , Jules ?
R. Le sacrifice de la messe n'est offert qu'à Dieu seul.
Le C. : 2*^ D. Ne Toffre-t-on pas aussi à la Sainte Vierge et aux Saints ?
R. Non , mais on l'offre , etc.
Le C. : Pourquoi ne peut-on pas l'offrir à la Sainte Vierge, aux Anges et aux Saints.
R. M. , je ne saurais pas le dire.
Le C. : Pendant le saint sacrifice' de la messe, quelle est la victime qui s'immole sur l'autel pour l'amour de nous ?
R. C'est N.-S. J.-C, vrai Dieu, vrai Homme, qui renouvelle le sacrifice de la croix.
Le C. : Pourquoi N.-S. J.-C. rcoouvelle-t-il sur l'autel le sacrifice qu'il fit pour nous sur la croix?
R. C'est pour reconnaître le souverain domaine que Dieu a sur toutes les créatures.
Le C. : La Sainte Vierge a-t-elle un souverain domaine sur toutes les créatures? les a-t-elle tirées du néant ? pourrait-elle les anéantir ?
R. Non , M. , elle ne les a pas tirées du néant , puisque le monde existait avant elle : par la même raison, elle ne pourrait pas les anéantir.
Le C. : En offrant à la Sainte Vierge le saint sacrifice de la messe , ne serait-ce pas l'égaler à Dieu?
R. Oui, M., ce serait l'égaler à Dieu, ce que nous ne pouvons pas faire en conscience.
Le C. : Que demande pour nous N.-S. J.-C?
R. Il demande le pardon de nos péchés.
Le C. : La Sainte Vierge a-t-elle le pouvoir de pardonner nos péchés?
R. Non , M. , elle prie pour les pécheurs, mais elle ne peut pas les absoudre.
Ze C. : Si nous lui demandions la rémission de nos péchés en lui offrant le saint sacrifice de la messe, ne serait-ce pas l'égaler à Dieu ?
R. Oui , M. , ce serait l'égaler à Dieu , ce que nous ne devons pas faire.
Le C. : Je demande maintenant pourquoi nous ne pouvons pas offrir le saint sacrifice de la messe à la Sainte Vierge ?
R. C'est parce que nous ne pouvons pas reconnaître qu'elle ait un souverain domaine sur toutes les créatures et qu'elle nous pardonne nos péchés.
Le C. : N.-S. J.-C. , sur la croix, n'a-t-il pas demandé pour nous le ciel?
R. Oui , M. , il a demandé pour nous le ciel et toutes les gi'àces qui nous sont nécessaires pour l'obtenir.
Le C. : N.-S. J.-G. ne demande-t-il pas les mêmes grâces pour nous quand il est sur l'autel?
R. Oui, M., il demande pour nous sur l'autel, pendant la messe , les mêmes grâces qu'il demandait sur la croix.
Le C. : Quand N.-S. J.-G. était sur la croix, aurait-il pu dire à la Sainte Vierge : Je reconnais au nom de tous les hommes le souverain domaine que vous avez sur toutes les créatures ; je vous demande pour tous les hommes la rémission de leurs péchés ; je vous prie de leur accorder le ciel en récompense de leurs bonnes œuvres ?
R. Notre-Seigneur n'aurait pas pu tenir ce langage à la Sainte Vierge , parce que ce serait l'égaler à Dieu.
Le C. : N.-S. J.-C. n'ayant pas pu tenir ce langage sur la croix, peut-il le tenir sur l'autel ?
R. Non , M. , il ne le peut pas, parce que le sacrifice de la messe est le même que celui de la croix.
Le C. : Quand on fait dire une messe à l'honneur de la Sainte Vierge, on ne peut pas demander que cette messe soit offerte à la Sainte Vierge ; on de-
2iO XIX. JOUR DE CATÉCHISME.
mande toujours que la messe soit offerte à Dieu en mémoire de la Sainte Vierge , pour le remercier des erâces qu'il a faites à la Sainte Vierge, pour demander à Marie qu'elle unisse ses prières aux nôtres. Tout ce que nous venons de dire sur la Sainte Vierge s'applique aux Anges et aux Saints; on ne peut pas offrir la sainte messe aux Anges et aux Saints, mais on remercie le bon Dieu des grâces qu'il a faites aux Anges et aux Saints, et on prie les Anges etles Saints de s'unira nous pour demander les grâces dont nous avons besoin.
( On fera les mêmes questions à quelques enfants plus intelligents, qui, parleurs bonnes réponses , établiront bien dans tous les esprits cette pensée importante, qu'on n'offre le saint sacrifice de la messe ni à la Sainte Vierge, ni aux Anges, ni aux Saints ; mais qu'on demande seulement leur protection auprès de Dieu.)
Le C. : 3. D. Par qui le sacrifice de la messe est-il offert, François ?
k. D. Pourquoi dites-vous que les prêtres, en offrant le sacrifice de la messe , sont les ministres de J.-C. et de l'Eglise?
(Faites répéter cette demande et la réponse dans tous les bancs. )
Le C. : Il ne faut pas oublier, mes chers enfants, ce que nous avons déjà dit, que J.-C, dans la sainte eucharistie, est tout à la fois prêtre et victime : prêtre, puisque c'est lui qui offre le sacrifice ; victime, puisqu'il s'offre lui-même en renouvellant le sacrifice qu'il a fait de sa vie lorsqu'il est mort pouruoussurla croix. Mais N.-S. J.-C. est invisible sur l'autel : or , nous avions besoin qu'il j eut quelque chose de sensible qui nous rappelât le sacrifice de la croix , et ce sont les prêtres qui sont chargés de cela, et qui tiennent la place de J.-C. ; ce sont les prêtres qui font descendre J.-C. sur l'autel pendant la messe et
qui pour cela fon t les cérémonies qui ont été prescrites par J.-C. et par TEglise. Il est si vrai que les prêtres agissent au nom de J.-C. , que dans la consécration ils disent : Ceci est mon corps: ceci est mon sang , qui est répandu pour le salut du monde, -or, ce n'est pas le sang du prêtre qui a été répandu pour le salut du monde, c'est le sang de J.-C. ; donc , c'est J.-C. qui prononce ces paroles par la bouche du prêtre. Avez-vous bien compris ce que j'ai dit, Augustin?
R. Il rhe semble que je l'ai compris.
Le C. : Voyons , quel est le ministre visible du saint sacriOce de îa messe ?
R. Ce sont les prêtres qui disent la messe.
Le C. : Est-ce que les autres chrétiens ne peuvent pas dire la messe ?
R. Non, M., parce qu'ils n'en ont pas reçu le pouvoir.
Le C. : Mais si un homme était bien sage , bien pieux , s'il avait fait des vœux de religion , ne pourrait-il pas consacrer le corps et le sang de J.-C. ?
R. Non , M. , pas même les Anges ni la Sainte Vierge , comme nous le disions l'autre jour.
Le C. : Est-ce réellement le prêtre visible qui fait descendre le corps et le sang de J.-C. sur l'autel et qui renouvelle ainsi le sacrifice de la croix ?
R. Non , M. , c'est J.-Ç. qui se sert de la bouche du prêtre pour prononcer les paroles de la consécration.
Le C. : Et comment savez-vous cela?
R. Je le sais parce que le prêtre dit à la consécration : Ceci est mon corps , ceci est mon sang ; or, ce n'est ni le corps , ni le sang du prêtre qui est dans la sainte hostie et dans le calice, c'est le corps et le sang de J.-C. qui sont sur l'autel ; c'est donc J.-C. qui parle par la bouche du prêtre.
( Le Catéchiste fait les mêmes demandes aux enfants les plus intelligents, filles et garçons, qui sai-
sissent cette idée et contribuent à faire comprendre à tous ce qu'il y a de profond dans ce mystère adorable sur lequel on ne réfléchit pas assez. )
Le C. : Ce que nous venons de dire, mes chers enfants, mérite beaucoup d'attention; ce que nous allons dire n'en mérite pas moins ; je pourrais même ajouter que les deux questions qui suivent sont tout à la fois plus pratiques et plus faciles à comprendre. 5. D. Pour qui le sacrifice de la messe est-il offert, François? faites la réponse et ensuite la demande pour votre voisin.
( Quand cette demande et la réponse ont été bien répétées par les enfants , il faut les développer. )
Le C. : Faites bien attention à ces paroles, mes chers enfants , le saint sacrifice de la messe est offert pour toute l'Eglise, pour les vivants et pour les morts ; par conséquent, toutes les fois que nous entendons sonner une messe, nous pouvons dire : J.-C. va descendre du ciel sur l'autel pour moi ; il va prier pour moi ; il sera sur l'autel aussi vivant qu'il l'était dans l'étable de Bethléem et qu'il l'élait sur la croix , au moment où il y fut attaché. Qu'ils sont heureux ceux qui ont la facilité d'assister à la messe ! que de grâces ils vont recueillir ! Voilà , mes chers enfants , la pensée que vous devriez avoir toutes les fois que vous entendez sonner une messe , et à plus forte raison toutes les fois que vous y assistez. Reprenons, François : pour qui est offert le saint sacrifice de la messe ?
R. M. , il est offert pour toute l'Eglise , pour les vivants et pour les morts.
Le C. : Qu'entendez-vous par l'église ? Est-ce pour le bâtiment de l'église où nous sommes, que la messe est offerte?
R. Non, M., c'est pour tous les hommes qui composent l'Eglise, l'assemblée des fidèles.
Le C. : C'est bien : qu'en pensez-vous , Roch ? Quand on dit la messe , pour qui la dit-on ?
R. On la dit pour toute l'Eglise , pour les vivants et pour les morts.
Le C. : Q'en tendez- vous ici par l'église? Est-ce le bâtiment où nous sommes réunis ?
R. Oui, M. (Tous les enfants font un éclat de rire involontaire dont le Catéchiste n'est pas fâché pour humilier un peu Roch qui n'était pas attentif; d'ailleurs ce mouvement spontané annonce que la grande majorité des enfants a compris que la réponse n'était pas exacte. )
Le C. : Je fais encore la même demande : Roch, dit-on la messe pour le bâtiment où nous sommes, qu'on appelle l'église ?
R, Non , M. , ( dit Roch, en baissant la tête. )
Le C. : Que faut-il donc entendre ici par le mot église ?
R. M. , je ne sais pas.
Le C. : Je n'en suis pas étonné , parce que vous n'étiez pas attentif lorsque François a répondu que l'église était l'assemblée des fidèles. C'est donc pour tous les fidèles , pour tous les Chrétiens que le saint sacrifice de la messe est offert. Voyons , Louis, pour qui le saint sacrifice de la messe est-il offert ?
R. Pour toute l'Eglise , pour les vivants et pour les morts.
Le C. : Qu'entendez-vous ici par le mot église?
R. J'entends par l'Eglise l'assemblée des fidèles, des chrétiens qui viennent prier Dieu ici.
Le C. : Votre réponse est bonne, mon enfant, mais elle n'est pas suffisante. Vous souvenez-vous de ce que nous avons dit l'année dernière en expliquant le chapitre de l'église?
R. AI. , je m^en souviens un peu.
£e C. : Eh bien! qu'est-ce que l'Eglise dont nous parlons ici ?
R. L'Eglise est la société des fidèles répandus par toute la terre et soumis aux légitimes pasteurs.
244 XIX. joun de catéchisme.
Le C. : C'est bien. Faites la même demande et la même réponse, Roch, Raymond , Joseph, Clotilde, Joséphine, etc.
Le C. : Quel est le fondateur de l'Eglise^ Louis ? R. C'est N.-S.J.-C.
( On pourrait ici reprendre les questions traitées l'année dernière dans le 22" jour de Catéchisme : demander quelle est la véritable Eglise ? quels sont ceux que J.-C. a établi pour gouverner son Eglise? faire observer que dans un royaume il y a des citoyens gouvernés par le Roi, les chambres, les ministres , les préfets , les sous-préfets , les maires , les tribunaux; qu'il faut toutcelapourmaintenir l'ordre: que dans TÉglise il y a des fidèles gouvernés par le Pape, les Evêques , les conciles, les curés ; que tout cela est nécessaire pour conserver la foi ; que dans un royaume on paie les impôts qui servent à entretenir les chefs, les soldats, etc.; en sorte que c'est pour le bien de tous que chacun donne sa rétribution ; de même, dans l'Eglise, chacun prie et tous participent aux avantages spirituels ; ainsi toutes les messes qui se disent profilent à tous ceux qui font partie de l'Eglise. Cet exposé facilite l'intelligence de la réponse que l'on a faite à la question : Pour qui le saint sacrifice de la messe est-il offert? Faites donc de nouveau cette question. )
Le C. : Pour qui le saint sacrifice de la messe est-il offert , Joseph ?
R. Il est offert pour toute l'Eglise, pour les vivants et pour les morts.
Le C. : Etes-vous membre de l'Eglise catholique? R. Oui , M. , par la grâce de Dieu.
Le C. : Avons-nous part à toutes les messes qui se disent même quand nous ne sommes pas dans l'église ? R. Non , M. , nous n'y avons part que quand nous y assistons.
Le ^. ; Qu'en pensez- vous, Clotilde ? N'avons-
LE SAINT SACRIFICE DE LA MESSE. 2io
nous part aux prières de J.-C. sur l'autel que quand Dous assistons à la messe ?
R. Il me semble que quand nous assistons à la messe, nous avons une plus grande part aux prières de J.-C.
Le C. Vous évitez la difficulté, M. E., il est très vrai que nous y avons une plus grande part, mais je demande si nous avons part aux prières de J.-C. dans toutes les messes qui se disent dans le monde entier.
R. Il me semble que nous y avons part à toutes. LeC. : Vous n'avez pas l'air bien afTerraie sur votre réponse : dites donc sans détour ce que vous en pensez.
R. Oui , M. , je crois que nous avons part à toutes les messes qui se disent.
Le C. : El sur quoi vous fondez-vous pour le croire? R. Parce que la messe se dit pour toute l'Eglise, pour tous les fidèles vivants et morts.
Le C. : Vous avez part aux messes qui se disent à Rome, à Paris, dans l'Amérique ?
R. Oui , M. , nous avons part à toutes celles qui se disent dans le monde entier, parce que toutes se [ disent pour l'Eglise, pour les vivants et pour les/ morts.
( Faites les mêmes questions à plusieurs enfants , et conduisez-les à faire les mêmes réponses et à leur bien persuader que J.-C. sur l'autel prie pour tous les fidèles. )
Le C. : Mes enfants, je crois comme vous qu'en effet nous avons pari aux prières de J.-C, toutes les fois qu'on célèbre la messe; mais cela étant ainsi, nous n'avons peut-être pas beson d'assister à la messe? Qu'en pensez- vous, Antoine?
(Antoine s'arrête; il faut lui faire des sous-demandes pour lui faciliter une réponse juste. )
Le C. : Ceux qui n'assistent pas à la messe, ont-ils droit aux mêmes grâces que ceux qui y assistent ?
R. Il me semble que non , M. , parce que le proverbe dit : Aide-toi et je f aiderai , et que celui qui ne va pas à la messe ne fait pas ce qu'il faudrait faire. Le C. : Ceux qui assistent à la messe sans dévotion, ont-ils autant de part aux prières de J.-G. que ceux qui sont bien attentifs et bien dévots ? R. Cela ne doit pas être.
Le C. : Ceux qui sont en état de péché mortel , reçoivent-ils les mêmes grâces à la messe que ceux qui sont en état de grâce ?
R. Non , M. , cela ne doit pas être.
Le C. •■ Vous avez fort bien répondu , il est vrai que cela ne doit pas être , et que cela n'est pas : Retenez bien ces réponses.
( Faites les mêmes questions à plusieurs enfants. ) Le C. : Voyons, Antoine, avons-nous part à toutes les messes qui se disent dans le monde entier? Cette part est-elle la même quand on n'assiste pas à la messe ou quand on y assiste mal ? Est-elle la même l pour ceux qui assistent étant en péché mortel ? , Le C. : Antoine, vous avez répondu fort bien en i tout; mais voici une question qui peut-être vous embarrassera : Les hérétiques qui ne sontpasmem- ^ bres de l'Eglise catholique, ont-ils part aux grâces que nous procure la sainte messe ?
R. Puisque vous dites qu'ils ne sont pas dans l'Eglise, la messe n'est pas pour eux. Si vous vouliez. Monsieur, je vous dirais comment le Gros-Pierre arrangeait tout cela?
Le C. : Je le veux bien , dites.
R. M., j'étais un jour à la campagne avec le Gros- Pierre , et il me montra un beau poirier couvert de fruits, et il me dit: Vois, Antoine, l'Eglise est comme ce bel arbre , les bons catholiques ressemblent aux branches où il y a beaucoup de fruits ; les catholiques un peu tièdes ressemblent aux branches qui ont beaucoup de feuilles et très peu de fruits ; ceux
qui sont en péché mortel ressemblent à ces branches mortes que tu vois, et qui n'ont ni feuilles, ni fruits, elles tiennent à l'arbre, mais elles ne reçoivent pas de sève , il ne faudrait qu'un peu d'orage pour les casser. Vois -tu ces branches mortes qui sont par terre que le vent a fait tomber ou qui ont été coupées par le jardinier; eh bien , ces branches représentent les hérétiques, ils sont séparés de l'Eglise comme les branches sont séparées de l'arbre , ils ne reçoivent plus de sève et ne peuvent pas porter de fruits. Voilà, M., comment il arrangeait cela, et alors je comprenais bien comment les grâces de la sainte messe sont distribuées à chacun.
Le C. : Cette comparaison est fort bonne , M. E., voyons si on l'a retenue et si on en ferait bien l'application.
( Le Catéchiste la fait répéter en tout ou en partie. )
Le C. : Reprenons. Pour qui le saint sacrifice de la messe est-il offert , Charles ?
R. 11 est offert pour toute l'Eglise, pour les vivants et pour les morts.
Le C. : Les morts peuvent-ils tous participer aux mérites du saint sacrifice de la messe ? Non . ils ne peuvent pas tous y participer. Pour comprendre cette réponse , il faut distinguer dans l'autre vie trois sortes de positions où sont les morts; les uns sont dans le ciel, les autres dans le purgatoire, il en est qui sont dans l'enfer. La sainte messe ne sert de rien à ceux qui sont dans l'enfer , parce que leur sort est décidé pour toujours ; la messe réjouit les saints qui sont dans le ciel, mais elle ne peut pas augmenter leur mérite et leur récompense ; il n'en est pas ainsi des âmes du purgatoire, la sainte messe diminue et abrège leurs souffrances.
( Demandez aux enfants si le saint sacrifice sert aux damnés, aux Saints et aux âmes du purgatoire. Ils peuvent répondre facilement à toutes ces questions. )
Le C. : Voilà , mes enfants , des choses bien essentielles sur le saint sacrifice de la messe ; passons à la question suivante qui, je l'espère, vous paraîtra facile à comprendre, si vous avez bien retenu ce que nous avons dit sur les quatre devoirs que nous avons à remplir envers Dieu. Eh bien, voyons, Jules, quels sont les quatre devoirs que nous avons à remplir envers Dieu ?
R. Nous devons l'adorer, etc.
( On fait la même question à cinq ou six enfants.) Le C. : Quelle fin l'Eglise se propose-t-elle en offrantlesaintsacrificede lamesse, François? Faites la réponse et ensuite la demande à votre voisin.
( Quand la question et la réponse ont parcouru les bancs : )
Le G. : François , y a-t-il une différence entre les devoirs que nous avons à remplir envers Dieu, et les intentions que se propose l'Eglise en offrant le saint sacrifice de la messe?
R. Oui , M. , il y a une différence.
Le C. : Louis , trouvez - vous qu'il y ait une différence ?
R. Non , M. , il n'y en a point.
( Quelques autres f;arçons et quelques filles étant interrogés, répondent tous qu'il n'y a point de différence. )
Le G. : Il s'en suit de là , mes chers enfants , que nous avons un moyen sûr de rendre à Dieu les hommages que nous lui devons, et que même les hommages que nous lui rendons sont dignes de lui. Joséphine, quels sont les devoirs que nous avons à remplir envers Dieu ?
R. Nous devons l'adorer , le remercier , lui demander pardon et recourir à lui dans nos besoins.
Le C. : Les prières que nous faisons à Dieu en l'adorant et le remerciant, sont-elles dignes de lui? R. Non , M. , parce que nous sommes trop peu de chose devant Dieu qui est si grand.
LE SAIÎiT SACRIFICE DE LA MESSE. 2i9
Le C. : Pourquoi nos prières sont-elles dignes de Dieu quand nous assistons à la messe ?
R. Quand nous assistons à la messe , J.-C. prie pour nous et avec nous sur l'autel , ce qui donne du prix à nos prières.
(Faites les mêmes demandes à plusieurs enfants. ) Le C. : 7. D, Dans quelles dispositions faut-il assister au saint sacrifice de la messe , Alexandre ? R. Il faut y assister, etc.
Le G. : Quand on regarde de côté et d'autre pendant la messe , quand on parle à l'église, quand on se lient debout tout le temps, y assiste-t-on avec des sentiments de foi ?
( 11 faut diviser cette demande , et la faire à plusieurs qui prononceront peut-être leur condamnation.)
£e G. : Qu'est-ce que la foi nous apprend relativement à la sainte messe, François, Louis, etc., Glotide , Joséphine , etc. ?
R. La foi nous apprend que J.-C. descend sur l'autel afin de prier pour nous, d'adorer Dieu le Père, etc.
Le C. .• Quand J.-G. descend sur l'autel, y est-il tout seul ?
R. Non, M. ; comme il est le Roi du ciel, la cour céleste, c'est-à-dire les Anges y viennent avec lui. Le C. : 8. D. Quelle est la meilleure manière d'entendre la messe ?
R. G'est de s'unir au prêtre , etc.
( Faites cette demande à plusieurs, et ajoutez que la réponse est claire, et ne demande pas d'explication ; que la meilleure manière d'entendre la messe est d'avoir un livre et de lire attentivement les prières qui y sont renfermées. Il est cependant à propos de suggérer aux enfants de se proposer une intention particulière, une grâce à demander pour euxmêmes , pour leurs parents , etc.
Quand on ne sait pas lire , on peut dire son chapelet en pensant aux quatre devoirs que nous avons à remplir envers Dieu, dire la première dixaine pour adorer Dieu en union avec J.-G. et la Sainte Vierge ; la seconde dixaine, pour remercier Dieu des grâces que nous avons reçues et qu'il faut se rappeler en détail ; la troisième dixaine , pour demander pardon de nos péchés dont il faut aussi se rappeler en détail , la quatrième dixaine, demander les grâces pour soi, pour ses parents et ses amis; la cinquième dixaine, pour les âmes du purgatoire.
( Insistez quelques moments sur ces diverses manières d'assister à la messe , surtout auprès des enfants qui ne savent pas lire. Demandez s'il suffit d'être présent de corps pour remplir l'obligation d'assister à la messe ? quel jour on est obligé d'y assister? si c'est un péché mortel de manquer la messe les jours d'obligation , etc. ?
Le C. : Je vais vous raconter une histoire que vous connaissez peut-être déjà, mais elle est si instructive et si touchante , qu'on ne saurait la rappeler Irop souvent.
Sainte Elisabeth, reine de Portugal, avait un page extrêmement vertueux , dont elle se servait pour la distribution de ses aumônes secrètes. Un autre page, jaloux de la faveur dont son confrère jouissait à cause de sa vertu , résolut de le perdre, et pour y réussir, il persuada au roi que ce page se conduisait mal avec la reine. Le prince , que la corruption de son cœur portait à mal penser des autres , ajouta foi à la calomnie , et forma le projet doter la vie au prétendu coupable. Il dit à un maître de four à chaux qu'il lui enverrait un page , pour lui demander s'il avait exécuté ses ordres , et que c'était là le signal auquel il le reconnaîtrait. « Vous le prendrez, ajou- « ta-t-îl, 2t îe jetterez dans le four. Il a mérité la « uort, pour avoir justement encouru mon indi-
« gnation. » Au jour marqué, le page fut envoyé au four à chaux. Ayant passé devant une église , il y entra pour adorer Jésus-Christ. Il entendit une messe, indépendamment de celle qui était commencée quand il entra. Cependant le roi impatient de savoir ce qui s'était passé , envoya le délateur s'informer si Ton avait exécuté ses ordres. Le maître du four, prenant celui-ci pour le page dont le prince lui avait parlé , le saisit et le jeta dans le feu , qui le consuma en un instant. Le page de la reine, après avoir satisfait sa dévotion , continue sa route, arrive au four, et demande si l'ordre du roi est exécuté ; et, comme on répond aflirmativement, il revient au palais rendre compte de sa commission. Le roi fut singulièrement étonné en le voyant de retour, contre son attente ; mais lorsqu'il eut été instruit des particularités de l'événement, il adora les jugements de Dieu, rendit justice à l'innocence du page, et respecta toujours depuis l'innocence et la sainteté de la reine. 11 serait à désirer que les mères de famille allassent à la messe môme les jours ouvriers , quand elles le peuvent , pour attirer les bénédictions de Dieu sur leurs maris et sur leurs enfants.
Demain nous ferons réciter la dix-huitième Leçon et la huitième.
Dites le Sxjmbole des Jpôtres lentement et distinctement, Antoine ; chantez le cantique : Plein de respect , etc.
2o2 XX. JOUR DE CATÉCHISME.