D. Quels sont ces effets
R. 1° La sainte communion nous unit intimement avec Jésus-Christ ; 2° elle affaiblit notre penchant au mal; 3*^ Elle augmente en nous la vie de la
grâce ; 4° elle est pour nous le principe de la résurreclion glorieuse el le gage de la vie éternelle.
7. D. La communion produit-elle ces heureux effets dans tous ceux qui la reçoivent ?
R. Non : elle ne les produit que dans ceux qui la reçoivent dignement.
8. D. Ceux qui communient indignement reçoivent-ils véritablement le corps de Jésus-Christ?
R. Oui : ils le reçoivent véritablement, mais ils commettent un horrible sacrilège ; ils mangent et ils boivent leur propre condamnation.
9. D. Qui sont ceux qui communient indignement? R. Ce sont ceux qui communient en état de péché
mortel ?
Après le cantique (V invocation, V Oraison dominicale et la Salutation angélique récitées distinctement par un seul, on fait réciter la dix-huitième Leçon et la huitième, selon la méthode ordinaire.
Le C. : Tout ce que nous avons dit sur la sainte eucharistie en général , et sur le saint sacrifice delà messe en particulier, a dû exciter votre attention, mes chers enfants , et votre reconnaissance envers N.-S. J-C; mais ce que nous allons dire sur la sainte communion est peut être plus étonnant encore et plus propre à remuer votre cœur ; c'est beaucoup sans doute, que le Fils de Dieu descende sur l'autel et se renferme miraculeusement dans la sainte hostie, pour devenir notre intercesseur auprès du Père
céleste, pour donner du prix à dos adoratioDS, à DOS aclioDS de grâces , à dos actes de coDtritioD et à toutes les demandes que dous faisons pour obtenir les secours dont dous avoDs besoin ; il semble que N.-S. J.-G. De pouvait rieu faire de plus pour dous témoigner son amour; cependaut, laleçoD du Catéchisme que DOUS allons expliquer, dous en fouruit des preuves plus é tounantes que cellesqui précédent. Voyons, François, qu'est-ce que commuuier? Faites la réponse et ensuite la demande pour votre voisin.
( Quand la demaude et la répoDse ont parcouru tous les baucs : )
Le C. : Communier, dites-vous, c'est recevoir le sacremeut de l'eucharistie ; mais qu'est-ce que le sacremeDt de l'eucharistie ? Louis , dites la répoDse et CDsuite la demande.
( Faites dire cette réponse à un certain Dombre d'eDfaDts. )
Le C. : L'eucharistie , dites-vous, est ud sacremeDt qui coDtieDtréellemeDt, etc. Avez-vous compris cette répoDse , Louis ?
R. Oui , M. , il me le semble.
Le C. : Croyez-vous que ceux qui fout la sainte commuûion, reçoivent réellement N.-S. J.-C. , le même petit eufaot Jésus qui est ué à Bethléem , qui a fait tant de miracles, qui est mort pour dous sur la croix, qui est monté au ciel ?
R. Oui, M. , je crois tout cela.
( 11 faudrait faire la même demaude à plusieurs , mais eu sous-demandes , et parcourir la vie de J.-C. pour bien faire comprendre que c'est J .-C. môme que l'on reçoit avec sa puissance , avec ses vertus , avec ses mérites ; ne craignez pas de trop iusister sur cela : est-ce le même J.-C. qui a chaugé l'eau en vin àCana, qui a multiplié les paius dans le désert, etc.?)
Le C. : Croyez- vous cela possible, Clotilde, que J.-G. se donue à nous tout vivant ?
LA SAINTE COMMUMON. 235
R. Oui , M. , je le crois possible, parce que c'est lui-même qui l'a dit dans l'Evangile.
Le C. : Je conçois que N.-S. soit caché dans la sainte hostie, qu'il vienne sur l'autel pendant la messe pour s'offrir à son Père comme noire victime; mais qu'il veuille nous servir de nourriture , c'est trop fort. Qu'en pensez-vous?
R. Je pense que N.-S. étant dans la sainte hostie, il peut réellement venir dans nous comme il reste dans le tabernacle, comme il reste dans le ciboire.
Lg C. : Mais ne nous donne-t-il pas une plus grande marque d'amour, en reposant sur notre langue, en s'incorporant avec nous.
R. Je conviens que c'est une plus grande marque d'amour, mais la puissance et la bonté de Dieu sont infinies, et rien ne doit nous étonner de sa part.
Le C. : Vous avez fait là une bonne réponse , M. E. ; comment vous est -elle venue? est-ce les sœurs qui vous ont dit cela ?
R. Oui, M., les sœurs me l'ont dit, mais je l'ai vu dans plusieurs livres de piété.
Le C. : On vous l'a dit, et vous l'avez vu dans des livres de piété; mais dites-le-moi franchement, y aviez- vous fait beaucoup d'attention ?
R. Oui, M., j'y avais fait un peu d'attention; mais j'avoue que je n'en avais pas autant fait qu'aujourd'hui.
Le C. : Et , qu'est-ce qui vous a fait faire plus d'attention ?
R. M. , c'est le détail que vous avez fait de la vie de N.-S. J.-G. : en pensant que le jour de ma première communion, j'aurai dans ma bouche et dans mon cœur N.-S. qui a fait tant de miracles , cela m'a fait une profonde impression.
{ Faites des questions équivalentes à plusieurs pour remuer leur attention : demandez même à quelques-uns s'il leur est arrivé, comme à Glotilde, d'éprouver une profonde sensation? )
Le C. : Joseph, avez-vous fait attention quand j'ai demandé si N.-S. J.-C était tout vivant dans notre bouche , quand nous faisons la sainte communion ?
R. J'y ai fait tant d'attention que cela ma fait peur.
Le C. : Et pourquoi cela vous a-t-il fait peur ?
R. Je ne saurais pas le dire, mais j'ai pensé que N.-S. pourrait me faire mourir si je n'étais pas bien disposé à le recevoir.
Le C. : Roch , avez-vous eu peur en pensant que N.-S. J.-G. était vivant dans la sainte hostie, quand on fait la communion ?
R. M. , en pensant à cela , je me suis souvenu qu'on avait voulu me faire manger un poisson qui est dans une coquille, qu'il faut manger tout vivant pour qu'il soit bon, et je n'ai jamais osé en manger.
Le C. : Et pourquoi ne vouliez-vous pas en man-
R. Je ne saurais pas bien dire pourquoi, mais ce pauvre poisson me faisait de la peine.
Le C. : Et vous, Antoine, avez-vous peur en pensant que J.-G. est vivant dans la sainte hostie ?
R. Non, M., parce que le Gros-Pierre m'a dit que jamais il ne faut avoir peur de ceux qui nous aiment et qui veulent nous faire du bien ; or, N.-S. J.-G. nous aime, il est mort pour nous, il descend du ciel pour nous , il se donne à nous dans la sainte communion , parce qu'il nous aime et qu'il veut nous faire du bien.
Le C. : Louise, N.-S. J.-G. doit-il vous faire peur quand vous ferez la sainte communion ?
R. M., il ne me fera pas peur, mais il m'inspirera une certaine crainte qui vient du respect, qiii vient de ce que nous pouvons n'être pas bien disposé.
LeC. : Lacrainterespectueuseest bonne, M. E., mais on peut facilement se délivrer de la seconde crainte en purifiant bien sa conscience , en nourris-
LA SAmXE COMMUNION. 257
sant son cœur dans la piélé , rameur , la reconnaissance , et cela dépend loiijours de nous.
Le C. : Et vous, Joséphine, aurez-vous peur en faisant la sainte communion.
R. Au contraire, M., j'ai un grand désir de la faire.
Le C. : Mais l'idée que N.-S. est tout vivant dans votre bouche, dans voire corps, ne vous inquiéterat-elle pas?
R. Non, M. , parce que je me souviendrai de ce que vous nous avez dit, que N.-S. s'est caché dans la sainte hostie pour ne pas nous faire peur.
Le C. : Pourquoi N.-S. a-t-il voulu se cacher dans le pain plutôt que dans toute autre chose ?
R. Il me semble. M., que c'est toujours par amour pour nous, parce que tout le monde aime le pain.
Le C. : Cette raison est bonne, mais il y en a d'autres que je vous donnerai plus tard ; dans le moment, je voudrais savoir s'il y en a d'autres qui ont peur.
(Interrogez encore quelques enfants, pour leur bien inculquer la pensée que Jésus est vivant dans la sainte hostie, mais qu'il ne faut pas en avoir peur. )
Le C. : 2. D. Est-il commandé aux chrétiens de communier, François? Faites la réponse et ensuite la demande à votre voisin.
( Quand la demande et la réponse ont parcouru les bancs : )
Le C. : Pour bien comprendre cette réponse, mes chers enfants , il faut vous souvenir de ce que nous ayons dit en parlant des sacrements : nous avons distingué la vie de la nature et la vie de la grâce ( page 100, ) la vie terrestre et la vie céleste. De quelle vie veut parler N.-S., Charles, quand il dit que nous n'aurons pas la vie si. nous ne communions pas?
R. Il veut parler de la vie de la nature.
2o8 XX. JOUR DE CATÉCHISME.
Le C. : Qu'est-ce que la Tie de la nature ou la vie naturelle?
R. M. , je ne sais pas.
Le C. : Vous avez donc répondu sans savoir ce que je demandais , M. E. , il aurait mieux valu dire que vous ne compreniez pas ce que je vous demandais. Quelle est la vie naturelle , Joseph ?
R. C'est la vie que nous avons touS;, quand nous ne sommes pas morts.
Le C. : Ce que vous dites est vrai , mais ce n'est pas bien clair. Qu'en pensez- vous, Louis? quelle est la vie naturelle ?
R. C'est celle que nous avons appelée la vie terrestre , la vie de la nature.
Le C. : Tout cela est vrai, mais ce n'est pas assez clair. Voyons, Clotilde, combien y a-t-il de sortes de vies?
R. M. , il y en a deux , la vie de la nature et la vie de la grâce, qu'on pourrait appeler la vie terrestre et la vie céleste.
Le C. : Qu'est-ce que la vie naturelle ?
R. C'est celle que nous tenons d'Adam notre premier père, et qui nous est transmise par nos parents.
Le C. : De qui tenons-nous la vie de la grâce ?
R. Nous la tenons de J.-C.
Le C. : Quel est le sacrement qui nous donne celte vie de la grâce ?
R. C'est le baptême qui nous donne la grâce sanctifiante.
Le C. : Qu^est-ce qui nous fait perdre la vie naturelle ?
R. C'est la mort, comme on l'a dit tout-à-l'beure.
Le C. : Qu'est-ce qui nous fait perdre la vie de la grâce ?
R. C'est le péché mortel qui nous sépare de Dieu et nous fait mériter l'enfer.
Le C. : Quelle est la vie dont N.-S. dit que nous
serons privés si nous ne faisons pas la sainte communion ?
R. C'est la vie de la grâce.
Le C. : Reprenons la demande. Est-il commandé aux chrétiens de communier ?
R. Oui, J.-C. nous l'ordonne sous peine de n'avoir pas la vie en nous , et l'Eglise le commande aussi à tous les fidèles, etc.
Le C. : Est-ce que ceux qui ne communient pas , sont privés de la grâce ?
R. Oui, M., et s'ils mouraient sans sacrement, ils seraient damnés éternellement.
Le C. : Voilà , mes chers enfants, qui est bien sérieux et qui mérite beaucoup d'attention de votre part.
( Faites de nouveau à plusieurs enfants les principales sous-demandes qui viennent d'être faites. Demandez : Est-il commandé à tous les chrétiens de communier ? Qui est-ce qui fait ce commandement? Ceux qui ne communient pas ont-ils la vie de la grâce ? S'ils mouraient sans ce sacrement iraient-ils au ciel ? Vous autres, mes enfants , qui n'avez pas communié, êtes-vous en péché mortel à cause de cela? Non : ce n'est qu'après avoir fait votre première communion. A quel âge faut-il commencer àfaire la communion? Combien de fois par an faut-il faire la sainte communion ? Faites remarquer le commandement de l'Eglise : Ton Créateur ht, recevras au moins à Pâques humblement. Tous ceux qui ne font pas leurs Pâques sont-ils en péché mortel? Que faut-il faire quand on a des parents qui ne font pas leurs Pâques ? Profitez de l'occasion pour recommander aux enfants de prier pour leurs parents quand ils ne pratiquent pas la Religion. Tout cela est facile à comprendre : nous savons par expérience que les enfants peuvent répondre, et les réponses qu'ils font restent gravées
dans leur mémoire; elles circulent dans la paroisse et produisent souvent beaucoup d'effet auprès des personnes qui manquent à leurs devoirs religieux. Le C. : 3. D. Est-il nécessaire, pour accomplir le précepte de J.-C, de recevoir reucharislie sous les deux espèces du pain et du vin ?
R. Non : J.-G. étant tout entier, etc. Le C. : Qu'entendez-vous par ce mot tout entier , Charles ?
R. M. , j'entends qu'il y a son corps , son sang , son ame et sa divinité.
Le C. : Ce que vous dites est vrai, mais je voudrais quelque chose de plus : J.-C. est-il vivant dans la sainte hostie et dans le calice ?
1\. Oui, M.; dans la sainte hostie et dans le calice il y a son corps , son sang , son ame et sa divinité.
Le C. : Mais le vin du calice ne représente que le sang de J.-C. , par conséquent J.-C. n'est pas tout entier dans le calice.
R. M., le Catéchisme dit que J.-C. est tout entier sous chaque espèce.
Le C. : En effet le Catéchisme le dit ; mais je voudrais savoir pourquoi J.-C. est tout entier dans le calice. Nous l'avons dit il n'y a pas long-temps. Qui va me donner celte raison ?
( Aussitôt cinq ou six enfants se lèvent et disent presqu'en même temps: que J.-C. étant vivant dans le calice, son sang ne peut pas être séparé de son corps. Le Catéchiste fait répéter cette réponse et en lire la conséquence qu'il n'est pas nécessaire de communier sous les deux espèces, comme le veulent les protestants, et qu'il faut se conformer à la pratique de l'Eglise catholique. On pourrait même donner d'autres raisons qu'on trouvera dans plusieurs grands Catéchismes. )
Le C. : i. D. Les fidèles doivent-ils désirer de communier ?
LA SAINTE COMMOION. 261
5. D. Pourquoi les fidèles doivent-ils désirer de communier ?