‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 29 sur 74 · L.S. SAINTE COMMLMOX · texte numérisé non relu

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et de même le péché détruit la grâce dans notre Ame.

{ Faites les mêmes questions à Julie , Marie, etc. , à Frédéric , Paul , etc. pour les amener à faire les mêmes réponses. )

Le C. : Revenons à notre charbon : s'il était humide , pourrait-on facilement l'allumer, Louis?

R. Non, M. , on ne pourrait pas, c'est l'eau qui l'empêcherait de prendre feu.

( Faites la même question à plusieurs. )

Le C. : Voilà une image pour celui ou celle qui fera l'application de cette comparaison à la demande du catéchisme sur la communion.

( Aussitôt plusieurs se lèvent et disent que l'àme qui est en péché mortel ne peut pas recevoir les grâces attachées à la communion , parce qu'elle ressemble au charbon qui est imbibé d'eau. Le Catéchiste ne s'en lient pas là , et pour fixer l'attention des enfants sur une vérité si importante , il en interroge plusieurs séparément, afin que tous restent bien persuadés que le péché est un obstacle aux fruits qu'on peut retirer de la sainte communion. /

Le C. : 8^ D. Ceux qui com.munient indignement reçoivent-ils véritablement le corps de J.-C. , François ? Faites la réponse et la demande à votre voisin.

( Cette demande étant plus importante que le.s autres, il faut qu'elle parcoure tous les bancs et que le Catéchiste l'adresse à plusieurs sans suivre l'ordre. )

Le C. : Est-ce un grand péché que de communier en état de péché mortel , Frédéric ?

R. Oui, M., c'est un horrible sacrilège.

( Faites faire la même demande et la môme réponse à plusieurs. )

Le C. : Vous dites, M. E. , que c'est un horrible sacrilège de communier en état de péché mortel. Ou entend par sacrilège le péché que l'on commet en

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se servant des objets qui sont consacrés à la religion et au service de Dieu , pour Toffenser et lui désobéir ; ainsi , ce serait un sacrilège de se servir d'un calice pour remployer à s'enivrer ; ce serait aussi un sacrilège de se servir d'un linge ou d'un ornement d'église pour se masquer. C'est toujours un grand mal de se servir des cboscs sacrées et des bienfaits de Dieu pour l'offenser ; mais plus les bienfaits sont grands et précieux, et plus ceux qui en abusent sont coupables : or, quel bienfait peut être comparé à la sainte communion qui renferme J.-C. l'auteur delà grâce. Voyons si vous comprenez : commet- on un grand péché quand on fait la sainte communion en état de péché mortel , Raymond ?

R. Oui, M. , un très grand péché ; c'est un énorme sacrilège.

Le C. : Qu'est-ce que c'est qu'un sacrilège ?

R. C'est le péché qu'on commet en faisant servir à offenser Dieu les choses qui sont consacrées à la religion.

Le Ç. : Citez-moi l'exemple d'un sacrilège?

R. On commettrait un sacrilège si on se servait d'un ornement d'église pour se masquer.

Le C. : Le sacrilège qu'on commet en faisant la sainte communion en péché mortel, est-il plus grand, plus énormes que les autres?

R. Oui, M. , parce qu'on abuse des plus grands bienfaits de Dieu pour l'outrager.

Le C. : Comment prouvez-vous qu'on abuse des plus grands bienfaits de Dieu ?

R. Parce que dans la sainte communion nous recevons le corps , le sang , l'âme et la divinité de N.- S. J.-C. qui est la source de toutes les grâces.

( Faites les mêmes demandes à plusieurs enfants ; les filles, quisontplus instruitessur l'Histoire Sainte, citent pour exemple de sacrilège l'histoire de Bal-

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(hazard , celle des Philistins qui avaient pris Taiche d'alliance, celle d'Osa sont citées en note dans notre catéchisme. )

LeC. : Vous dites, mes chers enfants, que c'est un grand péché , un énorme sacrilège de faire la sainte communion en péché mortel ; essayons d'en concevoir une idée : il serait bien coupable celui qui jetterait la sainte hostie dans la boue ; mais Tindigne communiant est plus coupable , parce que la boue n'est que de la terre mêlée avec l'eau. Dieu a plus d'horreur pour le péché que pour la boue. Judas fut bien coupable de trahir J.-C. qui l'avait comblé de bienfaits et de le livrer à ses ennemis qui le cherchaient pour le faire mourir ; l'indigne communiant est plus coupable, puisqu'il livre J.-G. au démon , son plus cruel ennemi. Ils furent bien coupables les Juifs qui cruciQèrent J.-C. après lui avoir fait souffrir toutes sortes de tourments; l'indigne communiant est plus coupable , puisqu'il crucifia J.-C. dans son cœur, selon l'expression de l'apôtre S. Paul.

Le C. : Quand un homme est en péché mortel son âme est-elle encore belle ?

R. Non , M. , elle est noire comme du charbon.

Le C. : Qu'en pensez- vous , Louise , est-ce assez dire?

R. Non, M., elle est laide comme un cadavre.

Le C. : Et pourquoi la comparez - vous à un cadavre ?

R. Parce que le péché mortel lui ôte la vie en lui ôtant la grâce et en la séparant de Dieu.

Le C. : Serait-il bien coupable celui qui mettrait la sainte hostie dans un endroit sale et plein de boue?

R. Oui, M. ; cela fait peur d'y penser.

Le C. : Celui qui fait une mauvaise communion n'est-il pas plus coupable ?

R. Oui , M. , puisqu'il met la sainte hostie dans un cadavre horrible.

Le C. : Judas n'était -il pas du nombre des apôtres, Paul?

R. Oui, M. , il en était.

Le C. : N.-S. J.-C. ne lui avait- il pas accordé les mêmes grâces qu'aux autres apôtres ?

R. Oui, M., il lui avait lavé les pieds, illui avait donné la sainte communion, il lui avait accordé le pouvoir de l'aire des miracles.

Le C. : Fut -il bien coupable de vendre J.-C. moyennant trente deniers ?

R. Oh oui, M., il était horriblement coupable, c'était une ingratitude affreuse.

Le C. : Celui qui communie en péché mortel est plus coupable que Judas : savez-vous pourquoi ?

R. Je crois que oui, M. ; mais je ne saurais pas bien dire pourquoi.

Le C. : Le savez-vous, Joséphine, pourquoi il est plus coupable que Judas ?

R. Oui, M. , il est plus coupable, parce que Judas ne livra J.-C. qu'aux Juifs et que l'indigne communiant le livre au démon.

Le C. : Et comment savez-vous que l'indigne communiant livre Jésus au démon ?

R. C'est que notre âme est possédée par le démon quand on est en péché mortel.

Le C. : A quoi s'occupait N.-S. J.-C. quand il était sur la terre , Julie ?

R. 11 instruisait le peuple , il consolait les affligés, il guérissait les malades, il ressuscitait les morts.

Le C. : Les Juifs furent-ils bien coupables et bien cruels envers J.-C. pendant sa passion ?

R. Oui, M., ils étaient bien coupables, bien cruels et bien ingrats, parce qu'ils lui dirent des injures, le mirent tout en sang avec des verges; parce qu'ils le couronnent d'épines , parce qu'ils

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rattachent à la croix avec de gros clous en lui perçant les pieds et les mains.

Le C. : L'indigne communiant fait de même , il le tue dans son âme autant qu'il en est capable ; il le crucifie de nouveau, dit saint Paul. Qu'en pensez-vous , Rosalie ?

R. M., je pense que l'indigne communiant est plus coupable que les Juifs.

Le C. : Gomment le prouveriez -vous qu'il est plus coupable que les Juit's ?

R. C'est que les Juifs donnèrent la mort à J.-C. dans le moment où ce Dieu sauveur élait décidé à faire le sacrifice de sa vie pour l'amour de nous , et afin d'obtenir notre pardon; au lieu qu'il veut vivre dans la sainte eucharistie pour s'unir à nous par la communion , et malgré cela le pécheur lui ôte la vie qu'il avait dans la sainte hostie.

Le C. : La mort de J.-C. sur le calvaire était-elle utile aux hommes ?

R. Oui, M. ; sur le calvaire J.-C. mourut pour obtenir le pardon de tous les pécheurs, même de Judas et des bourreaux qui le crucifièrent.

Le C. : La communion indigae est-elle utile à quelqu'un ?

R. Non, M. , elle est nuisible à celui qui la fait dans ces mauvaises dispositions ; elle le tue spirituellement en le rendant coupable d'un horrible sacrilège.

(Adressez les mêmes questions à plusieurs enfants afin d'imprimer fortement dans leur âme, l'horreur qu'ils doivent avoir pour la communion faite en élat de péché mortel. Entrez dans quelques détails sur les divers péchés qui rendraient la communion mauvaise ; par exemple, si un enfant ne disait pas tous ses péchés eu confession , s'il ne disait pas qu'il a manqué la messe par sa faute , qu'il a travaillé le dimanche , qu'il a blasphémé le saint nom de Dieu ;

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s'il ne disait pas qu'il a fait des fautes graves contre la modestie , qu'il a volé le bien d'autrui , qu'il a dit des mensonges qui portent préjudice au prochain , etc. , etc. )

Le G. : Pour vous faire mieux comprendre ce que nous venons de dire , je vais vous raconter un miracle arrivé à Paris , l'an 1290. Une femme pauvre avait mis sa robe en gage chez un juif appelé Jonathas , pour l'emprunt de trente sols , qui alors valaient environ vingt-quatre francs. Quelques jours avant Pâques , qui cette année-là tombait le 2 avril , elle pria le juif de lui rendre sa robe pour cette fête, afin qu'elle remplit avec plus de décence le devoir pascal. « Volontiers , dit le juif, je vous la laisserai même pour toujours sans intérêt , si vous voulez m'apporter l'hostie que vous recevrez à Téglise , et que vous autres chrétiens appelez votre Dieu ; je voudrais voir s'il l'est en effet. Celte horrible proposition fut acceptée ; la femme alla recevoir la communion à Saint-Méry , sa paroisse, réserva secrètement la sainte hostie, et l'apporta au juif.

Ce malheureux la mit sur une table, la perça à coups de canif, et l'on vit couler du sang. Sa femme accourut, et fit tous ses efforts pour empêcher son mari de porter l'impiété plus loin. Il n'en devint que plus endurci ; il enfonça un clou dans l'hostie , qui seigna de rechef; il la jeta dans le feu , d'où elle sortit enlièrc, et volîigea par la chambre. Il la mit enfin dans l'eau bouillante qui, en un moment, parut ensanglantée. L'hostie s'élevant encore parut alors sous la forme d'un crucifix.

La maison où ce prodige s'opérait était dans la rue des Jardins, qui a pris depuis lors le nom des Biliettes , espèces de barillets qui servaient d'enseigne pour le commerce du juif. Un de ses fils , encore très jeune, était à la porte, comme on sonnait la messe à Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Il dit à

plusieurs personnes qu'il y voyait aller : « Vous ne trouverez plus voire Dieu, mon père vient de le tuer. » La plupart des i>assants ne flrent point d'attention à ce propos d'enfant ; mais une femme , plus curieuse que les autres , entra dans la maison , sous prétexte d'y prendre du feu. Elle vit la sainte hostie qui voltigeait encore, et qui vint d'elle-même se reposer dans le vase préparé pour y mettre son feu. Elle la porta au curé de la paroisse , qui est Saint-Jeanen-Grève, et lui raconta le fait en présence d'une foule de peuple que le bruit d'une chose aussi extraordinaire grossissait à chaque instant. L'évèque de Paris, Simon de Bussi, fit arrêter le juif avec toule sa famille. Sa femme et ses enfants se convertirent ; mais le malheureux profanateur, en confessant son crime , persévéra jusqu'à la mort dans l'endurcissement.

L'hostie miraculeuse était gardée, avant la révolution , dans l'église de Sainl-Jean-en-Grève. Le canif dont elle fut percée et le vase où elle vint se reposer entre les mains de la femme chrétienne, étaient chez les Carmes de la rue des Bilieltes, établis au lieu où était la maison du sacrilège. Dès l'année 1295, un bourgeois de Paris, nommé Régnier Flaming, y fit bâtir un oratoire qu'on nomma la chapelle des Miracles. Le roi Philippe-le-Bel y établit, quatre ans après , les frères hospitaliers de la Charilé-de-Notre-Dame , que remplacèrent plus tard les carmes. Ce miracle fut attesté par une foule de bous citoyens de Paris , et il est raconté comme incontestable paroles auteurs les plus dignes de foi.

Le C. : Il était bien coupable , mes enfants , ce juif qui perça la sainte hostie avec son canif. Qu'en pensez-vous, Antoine?

R. Oui , M. , il était bien coupable ; cependant , le Gros-Pierre , en me racontant cette histoire, me disait que celui qui communie en état de péché mortel était plus coupable que le juif.

Le C. : Et comment prouvait-il cela?

R. Il me disait que le juif, en faisant cela, ne croyait pas à la présence réelle , au lieu que le pécheur chrétien catholique sait que J.-C. est tout vivant dans la sainte hostie, et il lui fait violence pour le mettre dans l'ordure , pour le livrer au démon et pour le faire mourir dans son cœur.

Le C. : Mes E. , je vous conseille et vous recommaude particulièrement de réfléchir sur tout cela, parce que nous en parlerons encore dans le prochain Catéchisme. Nous allons dire un Pater et un yive , Maria pour demander au bon Dieu , par l'intercession de la sainte Vierge , qu'il n'y ait ici personne qui fasse une mauvaise communion. Chantez le cantique : Oh ! si l'on pouvait bien comprendre^ etc., p. 34.

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